Parallèle

Depuis mardi soir, je suis en vacances scolaires. J’ai encore quelques déplacements prévus d’ici la fin de l’année, mais ce ne sera pas pour rencontrer des classes. Je tiens, dans ma grande générosité, à partager avec vous quelques émotions vécues au cours de mes dernières interventions.

Netflix

Cette semaine, un collégien m’a demandé pourquoi j’avais refusé de travailler avec Netflix.

Il se trouve que, bien souvent, des élèves visitent ce blog avec leur professeur ou leur documentaliste* pour préparer notre rencontre**. Et il se trouve également que, le 28 avril, je faisais ici même, dans une note en bas de page, la plaisanterie suivante : « Je tiens par ailleurs à vous signaler que j’ai récemment refusé une offre substantielle de Netflix, qui souhaitait acheter les droits de mes séries « La narration », pour preuve que tout le monde ne les trouve pas inintéressantes. »

Se pose alors la question de l’humour.

La science-fiction

Chaque fois que je rencontre une classe (une vingtaine cette année), un élève me demande pourquoi je n’écris pas plutôt de la science-fiction – parfois, ce sont même plusieurs élèves de suite (tous ne font pas preuve d’une attention soutenue et continue). Alors je réponds qu’à mes yeux, l’ordinaire est extraordinaire et que je n’ai pas besoin d’imaginer des mondes parallèles. Ce en quoi je commets au moins deux erreurs, comme cela m’est apparu ce matin :

1. j’ai écrit une dystopie, à ma manière : Tombeau de Pamela Sauvage, c’est quoi, hein ?

2. ce blog est dans une certaine mesure un monde parallèle, comme le malentendu à propos de Netflix en témoigne bien assez.

Mais c’est fini, maintenant, pour quelques mois : au travail !

* Un professeur s’amusait de ce qu’une élève, particulièrement impressionnée par ma série de 23 cœurs, se demandait comment j’avais gravé le cœur 19 dans l’écorce d’un arbre. Elle n’a pas demandé comment j’avais brodé les dauphins souriants sur les Rideaux et Voilages – sans doute parce qu’elle n’est pas remontée si loin dans mes recherches sociologiques en ligne.
** Une autre question que j’ai beaucoup aimée cette semaine était la suivante : « Pourquoi prenez-vous des photos de vos jambes en l’air ? » Vous allez une fois de plus me taxer de muflerie mais j’ai renvoyé cet élève au premier billet de ma rubrique « Jambes en l’air » plutôt que de lui répondre oralement. J’en étais à ma cinquième rencontre consécutive et je commençais à penser comme le psycho killer des Talking Heads : « Say something once, why say it again ? »