De mains et de trains

mes mains béent au bout de mes bras
le sang nu grésille
au creux des paumes
mes mains se balancent
au bout de mes bras au rythme de
Einstürzende Neubauten
tandis que je m’éloigne de toi

je ne tiens pas ta main jusqu’à la gare
dans le train je ne glisse pas
la main sous ta chemise bleue
ma paume écarquillée sur ta peau

le train
traverse des territoires où j’aime courir
usurpant la prérogative de mes pieds
je veux être dedans et dehors à la fois
ici et là

dans le train des sanglots primitifs
lavent ma cage thoracique
car soudain tout le monde me manque
avec la violence d’un soleil
décrit par-dessus un guidon
et qui s’achève à plat ventre
sur la croûte mixte de bitume
de chewing-gums fossilisés et de
déjections mille fois séchées

le contrôleur semble rassuré
quand je lui souris
j’ai fini mes mouchoirs
en papier de toute façon
je lis un peu

Einstürzende Neubauten : Wo sind meine Schuhe ?