Encore une voie ferrée (2)

Celle-ci relie Sequedin à Hallennes-les-Haubourdin et Haubourdin. Elle vous apparaît ainsi quand vous la longez en voiture. Pas mal.

Vous pouvez même admirer ces barrières qui permettent aux piétons de traverser les voies ferrées pour gagner les grands ensembles de l’Europe. L’on trouve très peu de ces barrières dans la métropole lilloise, comme si nos concitoyens devaient être protégés de leur propre incapacité à tourner la tête. Les concitoyens, ce n’est pas ce qui manque ici : la densité de population doit approcher d’un record régional. D’où l’on déduit que la SNCF fait beaucoup confiance aux résidents de l’Europe.

Mais si vous êtes piéton, vous pouvez voir l’autre côté de la voie ferrée ; c’est bien plus fascinant. Vous descendez du pont qui s’appelle Rue du Pont et vous arrivez au pied des voies.

En quelques foulées (car vous courez, bien sûr), vous voici au seuil d’un champ, dont je vous propose pas moins de trois images – j’aime bien les champs aussi, j’estime que trois photos ne sont pas de trop et que celles-ci, en l’occurrence, ne sont pas redondantes. Si ce n’est pas votre avis, descendez la page d’une souris leste et envoyez-moi un pigeon de réclamation, je saurai le recevoir (heureusement pour lui, je suis antispéciste).

Un panneau vous invite à rester prudent : une locomotive à vapeur pourrait bien vous surprendre à l’aiguillage.

Vous décidez de continuer tout droit plutôt que de suivre cette courbe vers les champs puisque l’Europe est le but de votre course à pied du jour.

Vous tournez maintenant la tête vers la droite et vous rendez compte que vous auriez bien pu, à quelques secondes près, sans la protection du panneau à vapeur, vous faire surprendre par ce train de marchandises.

Il est très long et plutôt rapide.

Ensuite, vous parvenez au pont que vous avez découvert du dessous au tout début de cette promenade en images qui vous est proposée par le National Geographic et présentée par votre serviteur, comme qui dirait (le mot, tout comme sage-femme, ne se genre pas, c’est ainsi).

Puis vous empruntez un long chemin sur lequel, assurément, personne ne vous entendrait crier s’il prenait la fantaisie à un psychopathe de surgir des fourrés, mais pourquoi cela se produirait-il maintenant, un matin pluvieux d’août où vous courez, la poitrine soulevée par le bonheur de découvrir de nouveaux territoires, tout en écoutant Meredith Monk au casque ?

Au bout de ce chemin, vous débouchez à l’angle nord-est de l’Europe, mais cela méritera un autre reportage.