Le silence

j’ai découvert ces chemins
la semaine de mon anniversaire
alors que je courais avec
le pouls artificiel de la chimie
et je me rappelle avoir pensé
que j’allais mourir de douleur pensé
que pour moi la vie s’arrêterait ici
au bout du monde juste après le stade
de Lezennes
– pourquoi ici ? pourquoi ?
les veines gorgées d’endorphine –
hier je suis allée toucher les mêmes
arbres comme des hématomes
les mêmes jeunes arbres
au bord de la même route à la lisière
du même terrain de golf mais
ce n’était plus la même personne
dans mes baskets c’était quelqu’un
qui en deux mois par inadvertance
a appris le silence
comme une langue étrangère