Jamais jamais

l’insomnie enflamme mes acouphènes
j’éteins le tout sous des pilules et
des pilules mais à mon réveil
malgré le sable dans la tête
je sais – toute perdue
dans l’espace-temps que je sois –
j’ai l’image des lieux où j’ai
marché il y a un an pour rester
debout je sens encore la lumière
d’un gris poudreux m’envelopper
quand la nuit est tombée si tôt
sur le quartier Délivrance – et le vide
que rien ne comblera jamais

pas un jour où je ne pense à toi
où je ne me demande
ce que tu dirais de ça
comment tu rirais en frappant
mon genou – jamais jamais !

(Avec mes grands-mères, Lucette et Denise, en 2002.)