Des big bangs

Ce que j’aime dans certaines villes de la métropole lilloise, c’est que l’on y trouve la campagne – une vraie campagne où la brume s’attarde longtemps dans les ornières des tracteurs, où le froid mord les mollets, où l’on est seul au monde pour un moment, dans un silence relatif (à supposer qu’il en existe d’autre) où n’importe quelle musique semble neuve et endémique – née d’elle-même, en un minuscule big bang. Ici, la musique n’a besoin de personne pour la penser ni l’interpréter ; moi non plus. Puis il faut rentrer, laver le corps, le nourrir, monter le son. C’est plus fatigant que de courir.