Mon programme de prévention

Cette nuit, en proie, une fois de plus, à une pénible insomnie, j’ai pris une décision : je vais apprendre à cuisiner. Cette démarche entrera dans le cadre d’un programme de prévention très personnel qui comporte déjà plusieurs volets. Ainsi ai-je appris à dormir sur le dos, il y a quelques années, au cas où je devrais être hospitalisée ; à vivre sans chauffage en cas de black-out ; à dormir sous la table basse et dans toutes sortes de postures inconfortables, au cas où je serais emprisonnée dans un cachot par erreur (je n’ai rien fait) ; à vivre dans le noir au cas où je perdrais la vue ; etc. Je vais donc maintenant apprendre à cuisiner – dans la perspective de quelle catastrophe ?

Au cas où le sosie d’Anna me proposerait de déjeuner avec elle un lundi midi, alors que le Liquium est fermé*. La probabilité que cela se produise est proche de nulle, me direz-vous, eh bien peut-être pas tant que ça : la première fois qu’elle m’a donné rendez-vous, elle proposait que nous nous retrouvions au Liquium, un dimanche à 21h45. Je suis con, a-t-elle dit quand je lui ai rappelé que le Liquium était fermé le dimanche* ; j’étais loin d’imaginer, quand j’ai ri en lisant ce message si charmant, si gouniche, qu’il me faudrait attendre plus d’une semaine pour la voir. J’avais manqué de ressources. Désormais**, je serai prête : le lundi où le sosie d’Anna me propose de déjeuner au Liquium, je lui cuisine ce qui sera devenu mes fameuses tomates farcies aux protéines végétales.

(Oui, ou pourquoi pas la tartiflette à mamie, mais végétarienne.)

* Non, il n’existe aucun autre établissement à Lille.
** Enfin, le temps que j’apprenne à cuisiner, puis que mes amis rentrent de vacances pour me servir de cobayes dans ces nouvelles expérimentations.