Saturday Night Fever (28)

J’ai toujours aimé le samedi matin, comme je le disais déjà ici, il y a plus d’un an ; longtemps, le samedi matin m’a rassurée, m’a évoqué l’animation des petites villes, des vies tranquilles que je n’aurais jamais. Désormais, le samedi matin me rappelle la dernière fois que j’ai couru à Brooklyn, ce samedi matin lumineux et froid où je voulais tout embrasser dans ma foulée parce que je savais que c’était la dernière fois, ce matin lumineux et calme, presque silencieux, dans les rues désertes qui m’étaient devenues familières et dont je savais que bientôt elles me manqueraient (car pour moi, les lieux sont comme des amis, les lieux sont des individus), ce matin lumineux et mélancolique où pour la dernière fois j’ai pu dire, Cet après-midi je verrai Allison – je prendrai un métro, une rue, un escalier, je pousserai une porte et Allison sera là et elle me sourira. C’était il y a quatre mois presque jour pour jour et, aujourd’hui, je suis inconsolable mais c’est samedi quand même et, par principe, j’aime le samedi. Le samedi matin, et aussi le soir, quand on danse sur la musique de sept femmes.

Isnaj Dui : Tightrope

Katie Gately : Pipes

Puce Mary : Rubber Therapy

Laura Cannell : Persuasion

Noveller : Almost Alright

White Poppy : Exotic Realms

Nadah El Shazly : Mahmiya