Tristesse

Ce matin, j’ai repéré cette inscription sur un mur de la résidence Comtesse de Ségur, à Ronchin. Je l’ai prise en photo parce que je trouvais que la composition était belle (l’enseigne de la pharmacie à l’arrière du magasin, le volet de fer, le jaune volontaire, exubérant, et le tag) mais aussi parce que j’étais touchée par la sensibilité de son auteur (ou du moins par ce que ce simple mot et son étonnant point final suggèrent de son regard et de son empathie). Je n’ai jamais consacré de billet à cet ensemble, composé de deux immeubles pourvus de cellules commerciales et de services au rez-de-chaussée, bien qu’il me fascine depuis très longtemps. De retour chez moi, tout à l’heure, j’ai eu envie d’en savoir un peu plus, ce qui veut dire que je cherchais des chiffres, à mon habitude (ainsi ai-je lu que 1400 habitants s’y partageaient 642 appartements) mais j’ai aussi appris par hasard qu’un garçon de 11 ans y avait été poignardé à mort au début des années 2000 par un camarade de classe. L’agresseur, aujourd’hui sorti de prison, dit que sa victime ne quitte jamais ses pensées : « J’essaie de réussir ma vie pour deux vies », dit-il. Alors je me suis demandé si l’auteur de « Tristesse. » connaissait ce fait divers.