Londres (3) enclavé

Encore un voyage sans musée ni monument – j’estime que l’essence d’une ville se trouve précisément en dehors des chemins balisés pour les touristes et les consommateurs, y compris les consommateurs culturels. C’est du moins mon parti-pris, en temps que rédactrice en chef et rédactrice tout court de nos National Geo ; je ne vous force pas à y adhérer, ni à lire ce petit paragraphe sur les enclaves de Londres, du moins de ses quartiers nord-est puisque je n’ai pas eu le temps d’explorer le reste (ce sera, je l’espère, l’objet de NG futurs). Des lotissements labyrinthiques, ce n’est pas ce qui manque dans la métropole lilloise, mais vous vous débrouillez pour trouver la sortie (ce qui peut vous prendre quelques heures, prévoyez une gourde et une barre énergétique), tandis qu’ici, de nombreux plans vous y aident, si toutefois il vous reste une notion des points cardinaux après le troisième coin de rue. Ils s’appellent estates, courts ou closes et s’articulent autour de quelques commodités, commerces et/ou centres médicaux (certains évoquent plutôt le béguinage – pas la communauté religieuse mais une forme d’habitat groupé pavillonnaire, de plain-pied, destiné à ce que l’on appelle aujourd’hui des séniors, système très répandu dans le nord de la France, en Belgique et en Hollande).

L’on trouve aussi, à Londres comme à Villeneuve-d’Ascq, de nombreuses enclaves en habitat collectif, comme cet ensemble dit St Paul’s Crescent, labyrinthe à la fois horizontal et vertical, avec des escaliers menant à des niveaux et demi-niveaux insoupçonnés quelques mètres avant leur abord immédiat.