Londres (6) musical / Saturday Night Fever (51)

En Angleterre, j’écoutais le son de mon Londres fantasmatique ; j’avais emporté quelques albums que nous devons à Mica Levi et, d’autre part, à Rodney Hylton Smith. Je ne variais guère de ces musiques, de manière à créer un état psychologique particulier. Je dois mentionner que je me suis posée au mythique café Oto le soir de mon arrivée ; j’y ai acheté le dernier numéro de Wire, écouté les balances de Phill Niblock (c’était assurément du Phill Niblock), mais je suis partie avant le concert pour être en forme au Wysing Polyphonic Festival, le lendemain. C’était quelques kilomètres avant l’implosion de mon petit orteil droit (pour le salut duquel j’ai dû recourir au cutter – plus de détails en dessins sur simple demande adressée par pigeon).

(Pochette de Feeling Romantic Feeling Tropical Feeling Ill.)

Micachu (aka Mica Levi) & The Shapes : Oh Baby (je vous recommande tout l’album Good Sad Happy Bad, ainsi que les précédents – en ce qui me concerne, je les ai trop écoutés, il y a quelques années, de sorte que je vais devoir attendre quelques années encore avant de pouvoir y revenir)

Mica Levi encore. Vous allez dire que je me répète, aujourd’hui, mais vous verrez qu’il n’y a guère de rapport entre ses mixtapes et ses albums avec Raisa Khan et Marc Pell – non plus qu’avec ses musiques de films, mais celles-ci, je ne les ai pas plus écoutées à Londres qu’ici : les musiques de film, je n’aime pas tellement ça, j’aime les choses inutiles et qui se suffisent à elles-mêmes. Écoutons maintenant Feeling Romantic Feeling Tropical Feeling Ill.

Tirzah (avec / produit par Mica Levi – encore elle, oui, laissez-moi tranquille) : I’m Not Dancing

Roots Manuva : Run Come Save Me (j’écoutais aussi l’album Awfully Deep)

Je n’ai pas écouté Anna, ni Karen, parce que je ne les ressens absolument pas comme londoniennes. Karen Gwyer est d’ailleurs originaire de l’Iowa, figurez-vous – mais là, j’essaie de me trouver des excuses, qui ne tiennent pas pour Anna Meredith puisqu’elle est londonienne de souche. En fait, c’est parce que j’ai trop couru avec elles et nos amis les lièvres dans les champs de la métropole lilloise qu’elles ne peuvent pas m’évoquer Londres, voilà tout. En revanche, je n’ai pas pu m’empêcher de déroger à mon principe de totale immersion dans l’esprit local pour écouter Mutamassik, enchaînant chaque fois Symbols Follow, That Which Death Cannot Destroy (que vous pouvez écouter ici en intégralité), et Rekkez (pas du tout dans leur ordre de parution, en somme).

Mutamassik : That Which Death Cannot Destroy

J’ai entendu d’excellentes performances à Wysing Polyphonic. Mutamassik a été extraordinaire, si vous voulez tout savoir, mais je n’en dis pas plus parce qu’il y a peut-être un projet à l’horizon. Par ailleurs, ce n’était pas une surprise. La surprise, c’était le concert de Lafawndah ; je m’y suis présentée sans guère d’attente mais j’ai été fascinée par le jeu de sa percussionniste (soit son seul accompagnement live), au point que je suis allée la voir à la fin du concert (la percussionniste, veux-je dire) pour lui dire qu’elle était incroyable.
– Vous avez un projet solo ? lui ai-je demandé.
– J’ai un duo, m’a-t-elle dit, qui s’appelle Tomaga.
– Ça alors, me suis-je extasiée : j’ai un de vos disques !*. Je pense que vous connaissez Marc, qui est disquaire à Lille.
– Mais oui, Marc, bien sûr.
J’étais ravie, comme chaque fois qu’un peu de narration vient encourager ma tendance à l’apophénie. Ici, un live de Tomaga, pour que vous ayez un aperçu du jeu complètement fou de Valentina Magaletti, puisque tel est son nom.

Dans le train du retour, j’ai écouté en boucle Thinking Out Loud de Pamelia Kurstin**. En voici un extrait, que j’ai choisi pour son titre (ce n’est pas mon morceau préféré de l’album).

Pamelia Kurstin : London

* Futura Grotesk, en l’occurrence.
** Écoute-la si tu as le temps, Allison : c’est une super théréministe, comme toi.