Bye bye Marcel

À quelques pas de chez moi, l’une des plus imposantes et indécentes barres de logements sociaux que compte la métropole lilloise est en train de vivre ses derniers moments, perchée sur l’A1, ses couleurs pastel délavées, sa population nombreuse relogée allez savoir où et dans quelles conditions. Déjà, de l’autre côté de l’autoroute, la friche qui avait accueilli un immense camp de Roms, véritable village de 750 habitants, est devenu un espace en cours de gentrification ; les bureaux d’une grande entreprise spécialisée dans le sport s’y sont vite implantés, arrogants au milieu des herbes folles. Sur la photo ci-dessous prise il y a quelques mois, la barre Marcel Bertrand intégrale vue depuis l’entrée flambant neuve de cette mini zone d’activité, dont je doute qu’elle reste mini très longtemps.

Au printemps, les travaux de destruction ont commencé à Porte d’Arras. Ici, un aperçu du chantier derrière le métro aérien.

Nous espérions un bon vieux dynamitage, comme celui de la tour attenante en 1989, mais c’était apparemment trop dangereux. (Photos de Denis Buisine.)

Voici ce qu’il reste aujourd’hui de la barre, après un mois de démantèlement progressif.

Samedi, en partant courir, j’ai été saisie par la vision de ce poster géant : un palmier pour conjurer l’autoroute qui rugissait en contrebas.

Quelques détails des derniers blocs de béton, de fer et de verre, fraîchement désamiantés.