Saturday Night Fever (59)

France Musique a diffusé ce matin, à l’heure du petit déjeuner, une Symphonie concertante qui citait plusieurs fois la fucking Marseillaise et dont je ne mentionnerai pas le compositeur parce que ce serait lui faire trop d’honneur posthume. J’aurais pu beaucoup m’énerver mais j’ai gardé la saine habitude de ne pas écouter la radio avec un marteau donc je me suis contentée de l’éteindre et tout va bien, c’est samedi quand même, oh comme nous aimons le samedi ! Ces relents patriotiques m’ont donné envie de débuter cette playlist par un extrait du nouvel album de Maria W Horn, Kontrapoetik, qui évoque la région de Norrland en Suède, la lutte des classes et la sorcellerie/féminisme. Dans un texte de présentation sur bandcamp, il est question de « practice consisting of ceremonies and rituals based on counter readings of the Christian genesis narratives, dismantling its misogynist traditions. In these counter-myths, Lucifer is re-conceptualized as a feminist liberator of womankind*, and is seen as an ally in the struggle against a patriarchy supported by God the father and the male priesthood. The ingestion of the forbidden fruit by Eve becomes a heroic act of rebellion against the tyranny of God and Adam. »

Maria W Horn : Stramonium

Je trouve incroyable que nous n’ayons encore jamais dansé avec Laurie Spiegel, qui est une pionnière de certaines musiques sur lesquelles nous aimons tant exprimer notre fièvre. Permettez que je répare dès à présent cette aberration.

Laurie Spiegel : East River Dawn

Et maintenant, du drone, du field recording, du piano préparé, entre autres petites gourmandises.

Olivia Block : 132 Ranks

Vanessa Rossetto : 348315

Angharad Davies, Tisha Mukarji & Dimitra Lazaridou-Chatzigoga : Outwash

Nous avons déjà entendu Nicole Lizée dans Saturday Night Fever (32) mais la voici dans une veine très différente.

Nicole Lizée : Zoetropes

Nous avons déjà entendu Anne Guthrie aussi, dans Saturday Night Fever (39), mais la voici dans une veine légèrement différente. Figurez-vous qu’elle vit à Brooklyn, au cas où vous en auriez quelque chose à faire. Je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces formidables musiciennes que j’aurais pu y rencontrer, si j’avais mieux préparé mon voyage et totalement renoncé à dormir pendant un mois.

Anne Guthrie : Cello Suite No.2 Prelude, II

Deux aspects du travail d’Anne Guthrie en images : un instrument traditionnel (ici le cor, ailleurs le violoncelle) et l’électronique, d’une part, et de l’autre le field recording.

(Photo de Loren Wohl.)

(Je ne sais pas de qui est cette photo, désolée.)

* La féministe américaine Robin Morgan écrivait en 1977 : « À la Bourse, nous avons demandé une entrevue avec Satan, notre supérieur – un faux pas qui, avec le recul, me consterne : c’est l’Église catholique qui a inventé Satan, et qui a ensuite accusé les sorcières d’être satanistes. Nous avons mordu à l’hameçon patriarcal sur ce sujet, et sur tant d’autres. » (Citée par Mona Chollet dans Sorcières, Zones, 2018.) Mais passons, nous sommes ici pour danser, pas pour nous crêper le chignon (je vous déconseille de jouer à ça avec moi : vous perdriez).