Pinchonvalles

La semaine dernière, je ne sais plus comment j’en suis arrivée à parler terrils avec mon éditrice ; elle était dans son bureau à Montparnasse et moi dans le mien à porte d’Arras et nous regardions, chacune sur son ordinateur, des photos du terril de Pinchonvalles – il s’étend sur près de deux kilomètres entre Liévin, Avion et Givenchy-en-Gohelle, ce qui (à en croire les divers sites consultés) fait de lui le plus long d’Europe. Je me suis dit que c’était idiot de garder pour moi les photos que j’y ai prises lors d’une de mes dernières virées dans le bassin minier puis je me suis replongée dans mon manuscrit et je n’y ai plus pensé. Ce midi, plusieurs amies et moi nous sommes extasiées sur les beautés de l’automne ; deux d’entre elles ont envoyé sur notre fil commun WhatsApp des photos d’arbres rouges et jaunes prises par leur fenêtre mais je ne peux pas en faire autant, moi, je ne vois pas d’arbre par mes fenêtres puisqu’il n’y en a pas, aussi leur ai-je envoyé une photo de Pinchonvalles : je savais que les champignons allaient rafler tous les prix de beauté. J’ai conscience de vous négliger, ces derniers temps, mais vous trouverez ci-dessous de quoi me pardonner, si j’en crois l’enthousiasme de mes amies.

Le haut d’en bas, pour commencer : logique.

Les fameux champignons (oui, ce sont des vrais – l’une de mes amies a posé la question).

Quelques traverses fantômes.

Le terril de Méricourt, à l’est.

Et à l’ouest, la base 11/19, que vous avez déjà rencontrée ici.

Je vous propose un nouveau jeu, en prévision de ma migration prochaine dans le bassin minier : non plus Où est Kennedy ?* mais Où est Vimy ? Ici, au sud de Pinchonvalles, dans le lointain, son mémorial.

Plutôt pentu – mais aménagé.

Revoir ces images m’a fait du bien. Sans le désir de les partager avec vous, je n’aurais pas pensé à les regarder aujourd’hui et j’irais un peu moins bien, même si je suis allée chercher ma dose de champs ce matin. Je n’oublie jamais assez que je suis coincée dans un pot d’échappement à Lille pour quelques années encore.

* Si vous avez manqué le début, à savoir notre numéro spécial de National Géo, la tour Kennedy est sise à Loos, dans le quartier des Oliveaux. Elle serait menacée de destruction. Elle serait aussi la plus haute tour de logements sociaux au nord de l’Ile-de-France – parfois quand je vous livre des infos puisées à diverses sources documentaires, j’ai l’impression que les Hauts-de-France sont les spécialistes des superlatifs une terre de records et d’excellence : je rappelle que les rivets de la tour Eiffel ont été fabriqués à Vieux Condé, près de Valenciennes, et que le spécialiste français de la majorette vous accueille au Quesnoy. J’arrête là cette énumération pour éviter les jalousies et les attaques de pigeons.