Allegro con brio

J’avoue. Parfois, quand je cours à presque la campagne, j’aime écouter l’allegro con brio de la 7ème. Et quand il passe à la radio et que je suis en train de faire la vaisselle, je lâche l’éponge, je prends Dame Sam à bras et nous dansons – elle a l’habitude, elle aime bien : jamais je ne ferais une chose qui puisse lui être détestable (à part lui administrer de l’anti-puces). Comment je sais qu’elle aime bien ? à ses oreilles. Je la connais, ça fait 17 ans que je vis avec elle. Ce soir, je suis très, très en colère et mes amies réussissent à m’apaiser. J’éteins la radio quand, après Banzzaï, débute la 5ème dans le concert du soir : la 5ème, ce n’est pas envisageable. (Ah oui, si vous croyez que mes amies se laissent imposer mes femmes formidables à l’apéro, vous avez rêvé, alors je passe les émissions de jazz à la radio.) Quand mes amies partent, je dis merci, leur envoie des bisous depuis le pas de ma porte, puis je rallume la radio, et boum ! l’allegro con brio de la 7ème. Dame Sam dévale l’escalier, saute dans mes bras, et nous tournons comme une planète, rotation et révolution dans la cuisine, ensuite de quoi nous trouvons une version dirigée par une femme, Sarah-Grace Williams, à la tête du Metropolitan Orchestra de Sydney (quel bel orchestre ! 95% de femmes, à vue d’œil, et ça marche quand même, JMJ !), et nous l’écoutons sept fois. Nous sommes fatiguées mais tenons à vous communiquer notre joie* :

* Cette cocotte chat est maintenant excitée au point qu’elle fait tomber de mon bureau mes crayons, brouillons et schémas de tissus pavillonnaires à gracieux et vifs coups de pattes.