L’amour dans l’arrière-monde (3)

disons que je suis un carnet
entièrement empli d’une écriture serrée
de biffures et de ratures
tu arraches les pages par paquets
et tu les brûles quelle joie
l’encre sèche crépite en étincelles oranges et bleues
comme une orange de Floride souriant sur un ciel de Floride sur une carte postale de Floride
c’est ainsi
que tu illumines ma vie
en brûlant les pages mortes de mon passé
pour célébrer le présent
alors je cueille les possibles sur ta peau si blanche
sur tes lèvres roses d’enfant
dans ton regard où dardent des poussières d’or
c’est ainsi
que tu deviens ma Floride inopinée
sous le ciel d’une zone industrielle comme
par miracle celle où j’avais imaginé pour rire
que je te rencontrerais
j’aime
Templemars vive
Templemars