20 km, 3 h

La semaine dernière, mon amour et moi avons écouté le président à la radio, nous avons ri quand il prononçait les consonnes finales en l’absence de liaison, pour oublier que rien de tout ça n’est très drôle. Désormais, le citoyen français n’a plus une pensée pour les victimes que le virus et la précarité son binôme continuent de faire, ni pour les libertés qu’il vient de perdre en quelques mois dans la douceur de l’État policier, son unique enjeu du moment étant de pouvoir se goinfrer de jeunes animaux morts en famille autour d’un jeune sapin également mort pour l’anniv de J.C. notre sauveur en déballant des choses inutiles. Moi, tout ce que je voulais savoir, c’est si j’allais pouvoir dépasser le kilomètre autorisé sans risquer une leçon de morale et un PV. Quand le nombre 20 est tombé, nous avons poussé un cri de joie car c’est ainsi désormais, nous nous estimons heureux quand nous avons le droit de quitter un peu notre cage pour renifler les plinthes. Nous avons profité du week-end pour retrouver certains de nos terrils préférés en toute légalité.

D’abord, quelques vues de la Quatrième Dimension (mon amour et moi l’appelons ainsi parce que l’espace-temps s’y contorsionne de manière très étrange, outre que l’on y entend les arbres grincer comme des vieilles portes) dans le soleil mélancolique de l’automne.

Ci-dessous, le sol bosselé typique des terrils.

Une ravine devenue un chemin – celui-ci est l’un de mes préférés, il mène à une espèce de coursive végétale qui est l’un des aspects les plus confidentiels de ce site lui-même assez méconnu.

Au loin, dans la lumière, les terrils 83, 100 et 230 de Fouquières.

Et maintenant, quelques photos de notre paradis brumeux. Ci-dessous, nous sommes au pied du premier niveau (il y en a trois), près de la salle de pause des animaux, un lieu somptueux au tapis de mousse(s) et de champignons dont j’ai déjà présenté quelques images ici. Hier, les chevreuils étaient drapés de brouillard mais nous nous sommes du moins réjouies à l’idée que les résidus de latrines aka les chasseurs ne les voyaient pas, eux non plus, ce qui expliquait sans doute l’absence délectable de détonations : nos amis les cervidés ont eu un vrai dimanche, eux aussi.

 

Et le plateau supérieur sans chevreuils.

Mais la Splendeur & Merveille la plus sublime qu’il m’ait été donné de contempler sur les terrils ce week-end, c’est assurément celle-ci.

Et une nouveauté discographique ad hoc, A Study in Vastness d’Ana Roxanne, deuxième piste de l’album Because of a Flower.