NPR 72 d’effondrement tranquille

La semaine dernière, j’entends des scientifiques alarmés par l’accélération vertigineuse de la fonte des glaces et je pleure ; je slalome entre des gens qui marchent en regardant un téléphone et je pleure. La civilisation décline, entraînant avec elle tout ce que cette planète incroyable compte de splendeurs – pensez à l’addition de circonstances fragiles, d’accidents et de hasards qu’il a fallu pour qu’existe la mésange charbonnière, par exemple, parmi les innombrables petits miracles que sont nos singularités. Je pleure pour ce monde et pour toutes les espèces qui n’ont rien demandé, certes, mais je pleure aussi de ne plus avoir la main de ma fiancée dans la mienne pour avancer dans ce monde inquiétant et y générer de la lumière, ça me semble inconcevable, intolérable : j’ai trouvé la personne avec qui je me sens complète et voilà que j’avance en claudiquant, à demi moi sans elle, dans les ténèbres opaques. Mais mon cauchemar est terminé maintenant, mon amour est de retour et

Et quand une telle joie bat dans les tempes que fait-on ? On met les jambes en l’air, bien sûr.

J’ai conscience de ma chance et je promets de partager autant que possible de cette joie.