Trois nouvelles dans les recueils collectifs Choisir et Fêter / Page à Page, 1999
Si encore l’amour durait, je dis pas (roman, nominé au Prix de Flore 2000) / Page à Page, 2000 / Pocket n° 11557
Tu vas me faire mourir, mon lapin (roman) / Page à Page, 2002 / Pocket n° 11 558
Les mamies ne portent pas de pantalons (roman pour adolescents, illustrations de Pascale Evrard) / Commande de la municipalité de Liévin, diffusion gratuite dans les établissements scolaires et culturels du Nord-Pas-de-Calais
Push the push button (roman, avec le soutien du Centre National du Livre) / Page à Page, 2003 / Pocket n°12513
La prochaine fois : ciseaux (nouvelle, dans le recueil collectif Lettres d’aveux) / Pocket n°11980
Tout le monde est allongé sur le dos (nouvelles) / Page à Page, 2004 / Pocket n°12850
Un cow-boy sur le dos (nouvelle écrite dans le cadre Lille 2004 Capitale Européenne de la Culture), in Migrations / Page à Page, 2004
Carnet de voyage à Lille-Moulins (carnet de voyage sous forme d’un coffret de cartes postales, illustrations de Pascal Goudet) / Maison Folie de Moulins, 2005
La fin du chocolat (poèmes) / Editions Carnets du Dessert de Lune, Bruxelles, 2005
LZ 329, (poème, dans le recueil collectif Carnets d’un Dessert de Lune à 46 pieds au-dessus du niveau de la mer du Nord) / Editions Carnets du Dessert de Lune, Bruxelles, 2005
Je respire discrètement par le nez (poème) / Editions Carnets du Dessert de Lune, Bruxelles, 2006
Collier de nouilles (nouvelles) / Editions Carnets du Dessert de Lune, Bruxelles, juillet 2008
Si encore l’amour durait, je dis pas
« Que serait l’amour sans illusion ? Fanny Carbonara attise la flamme et s’embrase en toute lucidité. Au risque d’un atterrissage douloureux, elle ne changera pas de cap : “je serai entière même s’il faut que je le sois en miettes“. Attention, la voici “remontée comme un Kinder à friction“ ; cette fois, ça va loin.
Dans un style novateur où se côtoient humour ravageur et profondeur narquoise, Fanny Chiarello nous transporte dans un univers à son image : percutant, spirituel, et délicieusement attachant.
A 25 ans, Fanny Chiarello signe ici son premier roman après avoir fait paraître plusieurs nouvelles aux Editions PAGE à PAGE. »
(Page à Page)
« Allez… un Martini, un petit dernier, et Fanny arrête l’alcool. Ce n’est pas une vie, à 25 ans, de prendre une cuite tous les soirs. Signe troublant d’instabilité. Comme toutes ces filles, que Fanny n’arrive pas à aimer plus de trois mois. Florence, Céline… maintenant Gaëlle. Tomber amoureuse, Fanny sait faire. C’est après que ça se gâte. Quand il lui faut réaliser qu’elle a tout pour être heureuse : un passionnant métier de vendeuse téléphonique, un délicieux appartement à peine morne et crasseux, une famille à l’écoute qui la comprend au moins une fois par siècle… et une douce amie qui ne saurait lui prendre la tête que pour l’embrasser, bien entendu.
Que demander de plus ? Un avenir ? »
(Pocket)
Tu vas me faire mourir, mon lapin
« Une tragédie limite grecque, pleine de bruit et de pizzas, dans laquelle plonge une paisible famille par la force d’une armoire à chaussures.
“Bon, mes parents ne sont pas fans, je ne vais pas prétendre le contraire. Maman persiste à se comporter comme si tout ça - mon disque et mes commandes - n’existait tout simplement pas. Pour elle, un vrai travail c’est dans la fonction publique, je le sais déjà; travail fixe, salaire régulier. Même si je pondais un disque d’or, maman trouverait encore à protester, Enfin, elle dirait, je ne vois pas le rapport avec ton DEA. Elle a besoin de ce rapport. Et je serais Madonna que ça n’y changerait rien, faut bien se dire ça : Madonna non plus, n’a pas de salaire régulier.” »
(Page à Page)
« Cette sale manie qu’ont les mères de toujours jouer les sphinx.
“Je sais ce qu’il se passe, crois-moi, Claire, je sais beaucoup de choses. On le sait, que tu vis avec une fille. Tu nous roules dans la farine. Et avec ta musique, tu vas rester sur le carreau…”
oui, Claire vit avec une fille, qu’elle aime plus que tout au monde, elle vit en bricolant des petites musiques sur son PC, elle ne veut pas d’un vrai travail, refuse d’entrer dans l’administration. Elle voudrait seulement prendre un petit apéro tranquille avec son amie, éteindre le portable et rêver que rien, jamais, ne les sépare.
Ne faire de mal à personne, ni aux autres ni à soi. Est-ce trop demander ? »
(Pocket)
Push the push button
« A teneur garantie en catastrophe naturelle, meurtres, homosexuels, schizophrène, exode, presque guerre des gangs, toutes sortes d’armes, etc. Je pourrais m’arrêter là, mais ce serait de la publicité mensongère. Au milieu de toute cette pagaille, une fille entreprend son introspection ; j’en fais une coupe transversale de cette fille, pour que vous puissiez l’examiner à tous les niveaux de son existence : son intériorité (notamment sa mémoire et sa BO), sa vie intime, sa place dans la société, son insignifiance dans le monde et son mysticisme. C’est un roman qui prend tout son temps pour arriver à la convergence de ses différentes strates. Ce roman n’est pas pour les amateurs d’hyperréalisme romanesque. Il est encore moins pour les amateurs d’économie narrative. Un jour un type était persuadé que j’avais un problème avec la langue française ; je lui ai fait croire que j’écrivais pour Le Monde Diplomatique et ça l’a soulagé, il a dit “Ah bon”, les mains levées en signe d’excuse. Ce roman n’est pas pour lui. »
(Page à Page)
« Trente ans tout juste, contestataire dans l’âme, flirtant avec Xanax et autres précipices de la vie, aimant la bière et les copains, voici Fanny. Pour elle l’écriture est compulsive, radicale, exutoire. Une fille d’aujourd’hui dans la France d’aujourd’hui.
Une France soudain frappée d’une nouvelle canicule, d’une pénurie d’eau totale, qui exacerbe les tensions, les violences et l’égoïsme latent… Quelques jours de sécheresse et voilà le vernis de la civilisation qui s’écaille et finit par sauter. Violemment. Irritante et touchante à la fois, avec ses illusions, sa hargne, sa douceur et sa colère, Fanny, elle, est prête à se battre.
“Singulier et pluriel, agaçant et épatant, tendre et grinçant, inclassable (…)”
Guy-Pierre Eloire – Nord Eclair
” (…) un écrivain formidable”
Marie-Hélène Leblanc – Le Monde »
(Pocket)
Tout le monde est allongé sur le dos
« Ma mère dit que ces nouvelles sont dures et sombres. Mais elle aime beaucoup quand même. Elle dit Je ne pensais pas que ça fonctionnerait aussi bien que quand tu fais de l’humour. Pourtant moi, elles me font rire, ces nouvelles. Je ne sais pas, dites-moi ce que vous en pensez. »
(Page à Page)
« Cinq nouvelles, cinq flashs, pour prendre des nouvelles de Fanny. Une presque mort stupide, une dent qui tombe, une rupture passionnée, des disques en pagaille, beaucoup d’alcool et de détergent, quelques hauts, plein de bas… La routine, quoi. Car Fanny est au fond à l’image de ce monde qu’elle déteste tant : impulsive, névrosée, amoureuse, imprévisible, agaçante, dérisoire, drôle, attachante, essentielle.
Et ce n’est pas parce que la trentaine approche désormais à grands pas qu’elle compte changer. Bien au contraire ! »
(Pocket)
Lettres d’aveux
« Seize écrivains, seize voix contemporaines, tendres, rageuses ou décalées jettent leurs aveux sur le papier. Des aveux d’impuissance, d’amour trahi, de faiblesse mais aussi de bravade, de douce démence ou de folie ; des blessures enfouies, des vérités longtemps cachées, des bouts de vie secrète, offertes aux autres ou à soi-même.
pour la deuxième année consécutive, les “Correspondances de Manosque” et Pocket s’associent pour faire résonner une littérature plurielle et riche de correspondances.
Par Arno Bertina, Philippe Besson, Fanny Chiarello, Chloé Delaume, Maryline Desbiolles, Jean-Paul Dubois, Dominique Fabre, Colette Fellous, Sylvie Gracia, Christophe Honoré, Frédéric-Yves Jeannet, Serge Joncour, François Morel, Martin Page, Dominique Sampiero et Jacques Tournier. »
(Pocket)
Migrations (Lille 2004)
« Déroutante, intrigante, décalée, Fanny Chiarello aime déstabiliser en employant ses armes favorites : l’humour, la sincérité et l’autodérision.
Avec un style inimitable, faussement spontané, léger et exigeant, cette Lilloise qui s’apprête à fêter ses trente ans, a suscité la curiosité dès son premier roman : Si encore l’amour durait, je dis pas.
Son quatrième livre vient de paraître aux Editions Page à Page : dans ce recueil de nouvelles, on retrouve avec plaisir les excès d’un personnage forcément attachant. »
« Huit auteurs émergents, français et étrangers, un thème commun et… en route pour un voyage au cœur du texte !
Partant d’une nouvelle de Marie Desplechin, chaque auteur va y puiser une phrase, un détail ou une ambiance pour proposer un regard particulier, innovant ou décalé d’un même thème : MIGRATIONS D’UNE HEURE OU D’UNE VIE, D’ICI OU D’AILLEURS, D’AUTRES LIEUX ET D’AUTRES TEMPS.
Ces huit nouvelles, foncièrement indépendantes, ont donc un lien entre elles tout en suivant leurs propres trajectoires. »
(Page à Page)
Avec des textes de : Marie Desplechin, Christophe Paviot, Olivier Adam, Wang Chao, Nadine Bismuth, Fanny Chiarello, Eduardo Berti, Oscar Van Dan Boogaard.
Carnet de voyage à Lille Moulins
La fin du chocolat
« Je lisais. Des américains, la plupart du temps. Pensant y trouver l’inspiration. J’essayais d’écrire ce roman dont j’avais parlé à tout le monde et que je n’avais toujours pas commencé.
J’avais presque envie de partir. De m’en aller d’ici.
Et puis un jour, les Poèmes de Fanny Chiarello sont venus habiter juste en dessous de chez moi. Les poèmes précédents avaient foutu le camp et, du même coup, l’appartement au rez-de-chaussée était redevenu libre.
Au matin, les Poèmes de Fanny Chiarello partaient au travail ou bien choisissaient de rester au lit jusqu’à midi. Parfois aussi, ils passaient une bonne partie de l’après-midi à s’amuser avec les chats dans le jardin et les chats étaient très contents de trouver enfin, un peu d’herbe dans cette ville.
Les Poèmes de Fanny Chiarello étaient très différents. Certains étaient allés plusieurs fois déjà à Los Angeles. D’autres, par contre, ne faisaient qu’en parler. L’un d’eux avait bien connu Timothy Leary mais c’était il y a très longtemps.
Le week-end, les Poèmes de Fanny Chiarello invitaient tous les voisins de l’immeuble autour d’un barbecue géant et végétarien. Lorsque c’était l’heure de partir, ils se glissaient dans le fond de votre poche afin de vous empêcher de passer la nuit tout seul. Ils vous mettaient le réveil et fermaient les volets. Ils vous réchauffaient les pieds en attendant de trouver le sommeil.
Et au bout d’un moment, vous finissiez même par oublier de déménager.
(Jean-Marc Flahaut, mai 2005) »
(Les Carnets du Dessert de Lune)
Carnet d’un dessert de lune à 46 pieds au-dessus du niveau de la mer du Nord
Textes de Pierre Autin-Grenier, Jean-Christophe Belleveaux, Pascal Blondiau, Odile Bonneel, Hervé Bougel, Michel Bourçon, Richard Brautigan, Georges Cathalo, Nicolas Chevalier, Fanny Chiarello, Chantal Couliou, Michel Dehoux, Éric Dejaeger, Eddy Devolder, Paule Marie Duquesnoy, Christian Duray, Daniel Fano, Sylvain Farhi, Ghislaine Fendler, Dan Ferdinande, Jean-Marc Flahaut, François Garnier, Jean-Pierre Georges, Alain Germoz, Nicole Goffette, Paul Hermant, Jean-Pierre Jacquemin, Jean-Louis Jacquier-Roux, Dan Kaminski, Francis Krembel, Roger Lahu, Freddy Malonda, Marcella, Amandine Marembert, Jean-Claude Martin, Hervé Merlot, Jacques Morin, Jacques Norigeon, Mohamed Omari, Antonello Palumbo, Phan Kim Dien, Robert Piccamiglio, Frédéric Saenen, Gérard Sendrey, Roland Tixier, Vincent Tholomé
Couverture et illustrations intérieures : Claudine Goux, Martine Lamy, Bernard Privat, Gérard Sendrey
« Quand au bout d’une décennie, 46 auteurs tentent de percer le mystère du Dessert de Lune inventé un beau jour de février 1995 et à propos duquel il y aurait autant de définitions qu’il y a de moyens de se perdre dans les rues de Venise, cela donne 46 versions très originales.
46 versions où l’on peut se reconvertir au tricoté laine, chanter, sauter dans un fourgon en ribote, déguster un gratin de sauterelles au basilic, se souvenir des dimanches, regarder les géraniums au balcon prendre leur bain de minuit, voir le désir dans ses yeux, assister à la finale de la Coupe du Monde de Poésie, se hâter, faire des confitures, voir un croissant de lune terminer sa nuit, prendre son pied, patienter jusqu’à l’apéro mais pas jusqu’au dessert, rencontrer Midas, alunir sur la Mer de Nectar, rester poète, ne pas demander la lune, entendre la mer, croiser Zerbin Buller, aimer les histoires de chiens, ne pas trop aimer les desserts sucrés, ne plus être inspiré par la moindre des choses, entendre résonner la blue note, être cette tache blanche, attirer l’attention sur le fait qu’un monde plus sûr ne fait pas un monde certain, correspondre, attendre la fin de la nuit ou une brève éclipse entre la poire et le fromage, se relier au monde, préférer les fromages aux desserts, ramasser les rêves usés, manger son unique regret, noircir des calepins au clair de la terre, rester seul sous la hune, broyer du noir, offrir un gâteau à base de crème de marrons sur un lit de frites, articuler les Carpathes du délire de Jules, aller au bieçe guinguette, imaginer L’ouvreuse, tester la collection de délices sucrés du prochain trimestre, traquer les anges taciturnes, étêter, sucer les sucettes de Pierrot Gourmand du magasin d’esprit et de lumière, ne plus croire aux beaux jours, recevoir un courrier d’Islande où un cosmonaute hurle comme un chien à la lune.
Cela valait bien la peine d’attendre dix ans en compagnie de ce Dessert de Lune qui continue à croire que dans l’imaginaire de chacun il y a place pour l’aventure d’une utopie, l’utopie d’une aventure.
Embarquez ! »
(Les Carnets du Dessert de Lune)
Collier de nouilles
« les canards-Jésus
Il y avait ce matin onze canards debout sur l’étang. Je me suis penchée pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une illusion d’optique : non. La surface de l’étang était partiellement gelée et de l’eau recouvrait une partie de la glace de sorte que les canards semblaient se prendre pour Jésus, là, à se nettoyer les aisselles à coups de bec debout sur l’eau. Alors qu’en fait ils se prenaient sans doute juste pour des pingouins. L’un des pingouins à col vert s’est dirigé
vers l’eau (la vraie, celle qui ne cachait pas de la glace mais juste de la vase) sur ses petites palmes mal assurées il tanguait vers son véritable élément avec soudain une humilité de canard. Les dix autres canards l’ont observé tandis qu’il titubait puis plongeait et ça faisait vingt yeux arrondis de canards. Puis ils ont repris leurs activités, nettoyage d’aisselles christique, sommeil la tête à l’envers enfouie sous les plumes, lever de patte, coups de bec dans la glace. Quand j’ai repris mon chemin à travers le bois, je me suis rendu compte que je venais de passer quatre ou cinq minutes sans penser à la fille, et j’ai soudain mesuré le
pouvoir des canards.
Fanny Chiarello est née en 1974 à Béthune dans le Pas-de-Calais. Plusieurs de ses romans et nouvelles ont été publiés par les Éditions Page à Page et Pocket. Elle a publié aux Carnets du Dessert de Lune « La fin du chocolat » et, dans la collection Dessert, « Je respire discrètement par le nez ». Elle est également critique de musique pop. En 2000, son premier roman, Si encore l’amour durait, je dis pas, est sélectionné pour le Prix de Flore. Elle vit actuellement à Lille. »
(Les Carnets du Dessert de Lune)















