Moche

Hier soir, nous avons abordé divers sujets existentiels et ontologiques, parmi lesquels une question qui nous a occupés assez longtemps : Y a-t-il des configurations spécifiques pour les mystiques et des transits particuliers au moment des conversions ? Joe a finalement clos la discussion par un prudent « peut-être ». Aujourd’hui, mon questionnement solitaire concerne la novella que je suis en train d’écrire sur Allison ; il me semble être passée insensiblement d’un processus de sublimation à un processus de réification. N’y-a-t-il pas de voie médiane ? me suis-je entendue dire à voix haute, tout à l’heure, face au miroir de la salle de bains. Je suis toujours aussi moche, trop moche pour appeler le sosie d’Anna, et je mets à profit le temps de repli nécessaire que m’impose ma hideur pour interroger ma pratique artistique du moment.

Du piment

C’est ce que me recommande 박지하 ce matin – je suis en pyjama, je redresse la perspective de quelques arrière-mondes en buvant mon thé cependant que, un mètre à ma droite, Dame Sam se prélasse au soleil sur l’appui de fenêtre.
– J’y ai bien pensé, figure-toi. C’était même ma première idée au réveil : aujourd’hui, fais-le.
– Quoi ? s’en mêle Dame Sam.
– Elle voudrait inviter le sosie d’Anna pour le déjeuner.
– Ah ouais, dit Dame Sam, ça fait trois jours qu’elle nous bassine avec ça, DG, Anna et moi.
– Eh bien, qu’est-ce que tu attends ? insiste 박지하.
– Regarde-moi, je plaide : je n’ai jamais été aussi affreuse.
Et je ne parle pas du pyjama. 박지하 grimace.
– J’avoue, dit-elle .
Et ça ne sonne même pas adolescent. Je n’appellerai pas le sosie d’Anna, la basketteuse du cosmos, aujourd’hui encore.

***

Un peu de pub pour notre amie : le premier album de 박지하, Communion, paraîtra en Europe le 2 mars : plus qu’une semaine !

Avertissement

Vous êtes nombreux à entretenir par voie aviaire un mauvais esprit que je m’empresse de désamorcer. Peut-être, comme vous le prétendez, dansé-je comme une polochon des années soixante-dix, mais 1. certains me remercient pour la générosité de mes mouvements certes erratiques, figurez-vous (enfin, c’est arrivé une fois), 2. d’autres ne se sont jamais découragés de la relative rigidité de mes membres et continuent de me faire danser le samedi soir (merci Valérie et Fanny <3) et 3. lisez ce que nous enseignent les grands sages, sur le pont de la Loire à Nevers :

Vlan.

Des vanités

j’aimerais être capable de colère
ou même seulement de déception
de dédain de désinvolture
mais je n’ai rien de tout cela
je n’ai que mon imagination
pour tâcher de combler le gouffre
que tu as laissé dans mon ventre

parfois elle fait très mal
son travail

XXX (2)

Moins politique que XXX et que In the kitchen (4), moins chaud que La narration : érotique, moins démagogue que Plates excuses + dessin sexuel, plus suggestif que Cadavre exquis, ce billet ne fait que constater un fait indéniable : les murs de la ville, parfois, poussent au vice.

(Photos prises, de haut en bas, boulevard Victor Hugo à Lille Moulins, rue d’Esquermes à Wazemmes et à Nevers – très précisément à la Maison de la Culture, vous n’en serez pas surpris.)

Voir aussi :

Introduction à une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (1) : La préhistoire

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (2) : L’antiquité

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (3) : L’ère communiste

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (4) : Madame, ou Les arts ménagers à travers les âges

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (5) : Monsieur, ou Le culte du corps à travers les âges

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (7) : La corbeille

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (8) : In the upper room (23)

Des voitures brûlées

La grippe est passée, puis la gastro ; c’est maintenant la période des voitures brûlées. Curieusement, je n’en ai vu aucune à Nevers, ni à Paris, au cours de mes récentes déambulations. La métropole lilloise doit être un foyer de contagion.

Bois Blancs : 1

Le long de la voie ferrée entre Ronchin et Lille : 2

Pont de Bois, Villeneuve-d’Ascq : 3

Nevers solo

Ce matin, j’ai pu courir à Nevers et je lui ai trouvé beaucoup de charme. Le sol était très glissant mais je ne suis tombée qu’une fois et il n’y avait aucun témoin puisque, bien entendu, je me trouvais dans l’arrière-monde. Ci-dessous, la Maison de la Culture, que Nicole traite de verrue. Je l’adore, moi, ce bâtiment : il est plein de passages secrets que j’emprunte, la nuit, et il a indiscutablement quelque chose de soviétique. Clémentine dit qu’elle peut tout à fait comprendre les deux points de vue. Je vous proposerais bien de voter mais je ne voudrais pas épuiser vos pigeons.

Ça va

Ce matin, tout juste arrivée au CDI du lycée Jules Renard, à Nevers, j’ai remarqué une photo dont j’ai deviné qu’elle était là pour moi. De fait, c’est la documentaliste, Sylvie Robert, qui l’a prise, et en a fait une impression pour me l’offrir (avec du chocolat en prime). On peut dire que je suis bien reçue… Merci encore, Sylvie.