Villeneuve-d’Ascq (3) : de la campagne

Villeneuve-d’Ascq, c’est aussi le parc du Héron, des vrais lacs, des plans d’eau artificiels, des champs, des jardins communautaires, des cygnes, des canards, des chevaux montés de jeunes bourgeoises (j’ai fait en sorte que ce spectacle dégradant n’apparaisse pas au premier plan sur la photo) et des moulins de ville, mais oui, je vous en ai déjà présenté un dans le numéro 4, spécial Villeneuve-d’Ascq, de mes Jambes en l’air – que vous pouvez revoir ici, huit mois plus tard, avec une émotion intacte. Il me faut vous prévenir que Villeneuve-d’Ascq ne propose pas de camping, hélas, je le précise pour ceux d’entre vous qui déjà brûleraient de traverser la France, l’été prochain.

Moulin et phare de Brooklyn

J’ai constaté, dès mon arrivée, l’absence de tout chalet du Nord à Brooklyn et vous vous souviendrez peut-être que j’en ai conçu un désarroi certain ; ce matin, à deux jours de mon départ, me voici rassurée : l’on y trouve tout de même un moulin + un phare (apparentés aux chalets dans mon étude sur le Kitsch & lutte des classes). En fait, je pourrais vivre ici sans frustration majeure.

Un chalet (du Nord) remarquable

C’était assurément la rubrique la plus populaire de ce blog, à égalité avec celle des Rideaux et Voilages, avant que je ne me lasse de recenser les innombrables chalets du Nord qui égayent la métropole lilloise. Aujourd’hui, je me suis rendu compte que l’un de mes préférés avait été repeint en blanc. Vous comprendrez mon traumatisme quand vous apprendrez qu’il s’agit de celui-ci, que je vous présentais le 18 février de cette année dans Chalets du Nord : autre catalogue :

Hélas, quelle cruauté ! Ma préférée de toutes… Que s’est-il passé ? Les enfants sont-ils soudain devenus trop grands pour apprécier le salut de ce Mickey maison ? Telle fut ma déception que j’ai décidé de vous offrir de nouveau, de temps en temps, quelques images de chalets remarquables. Celui que je vous propose aujourd’hui est un modèle réduit presque exact de la maison dont il recueille le courrier. Il est sis rue Paul Vaillant-Couturier, à Lezennes.

Beautés et merveilles

Le cadre de façade, il fallait y penser. Pourquoi pas, d’abord ? Pourquoi les sabots en grès, puits, moulins, chalets du Nord, Rideaux et Voilages, chevaux, goélands et bateaux de fenêtre, pourquoi tant de décorations variées (quoique récurrentes) et pas de temps en temps un bon petit cadre de façade ?

(Rue du Docteur Charcot, Marcq-en-Baroeul ; maison d’habitation.)

Maubeuge (5) : des moulins

Le moulin a une place de choix dans les rues de Maubeuge. Comme dans celles de la métropole lilloise, me direz-vous ? Certes, mais vous verrez qu’à Maubeuge, les moulins ne sont pas juste affaire de Rideaux et Voilages, comme ci-dessous…

… ni seulement de boulangeries, comme vous le voyez ici…

… mais peuvent prendre des dimensions très honorables…

… voire impressionnantes

19 murs

Vous étiez nombreux, hier, à vandaliser ma bicyclette, lui jetant des œufs de pigeon pourris par dizaines pour protester contre la disparition des observations urbaines qui ont fait naguère le sel de ce blog : que sont devenus, me demandiez-vous, les Rideaux et Voilages, les panonceaux canins, les chalets du Nord et autres chevaux de fenêtre ? Eh bien il y en a trop, voilà ce que je vous ai répondu, et je ne suis pas là pour tous les recenser. Faites le travail vous-même si ça vous semble important.* Cela dit, je n’ai pas cessé d’observer les villes dans lesquelles je cours, aussi je vous propose aujourd’hui, pour tenter d’atténuer votre frustration, pas moins de 19 murs du Nord. J’ai tardé à mettre en ligne cette série, qu’un teaser annonçait il y a quelques temps déjà ; il utilisait l’une des 19 photos ci-dessous. Grand Jeu Concours : trouvez de laquelle il s’agit, dépêchez-moi le pigeon le plus rapide avec la bonne réponse et gagnez un magnet « Place de l’apéro ».**

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Are you ready for more ? Mais oui, une autre série suivra : plus tard. Ne trépignez pas, pas déjà, je vous en conjure.

* Je tiens par ailleurs à vous signaler que j’ai récemment refusé une offre substantielle de Netflix, qui souhaitait acheter les droits de mes séries « La narration », pour preuve que tout le monde ne les trouve pas inintéressantes.
** Frais de port non remboursés. Retrait possible*** au bar Le Liquium.
*** Possibilité réservée à la clientèle.

L’art (13)

Vous êtes nombreux à me reprocher de négliger la rubrique artistique de ce blog. C’est que, voyez-vous, j’ai eu quelques déconvenues, récemment. En règle générale, tout se passe bien sur mon territoire ; malgré l’appareil photo, les tatouages et le crâne rasé, des champs aux ZUP, le contact avec les autochtones est plutôt bon – j’enregistre un taux de retour à mes sourires proche de 85%, avec parfois en prime un bonjour, un signe de la main ou un mot plaisant. En deux ans, seuls deux individus (tous deux de sexe masculin) ont manifesté de la colère en me voyant photographier leur fenêtre ; ce matin, le deuxième d’entre eux n’a eu de cesse que je ne supprime de ma carte mémoire l’image de sa statuette en fenêtre. « Tu n’as qu’à la murer, bijou, ta fucking fenêtre », ai-je pensé.

(Rue Balzac, Lille Sud.)

Si j’exposais des œuvres au regard des passants, j’imagine que je le ferais dans un esprit de partage, de même que les villes se parent de mille feux à l’approche de Noël pour flatter le sens esthétique des touristes et s’offrir à leurs appareils photo. Mais le monsieur de ce matin m’a plusieurs fois affirmé que « ça ne se fait pas de prendre en photo les fenêtres des gens ». Je n’ai pas osé lui demander si ça valait aussi pour leurs boîtes aux lettres ni s’il estimait incivil de s’allonger par terre et de lever les jambes – est-ce une forme d’attentat à la pudeur ? Suis-je hors-la-loi malgré moi ?

(Rue des Muguets, Lille CHR. Certaines boîtes aux lettres mériteraient autant de figurer dans la catégorie « L’art » que dans la catégorie « Chalets du Nord ».)

Un détail m’étonne dans cette affaire : les deux uniques réactions hostiles que j’ai suscitées en deux ans sur mon vaste territoire ont eu lieu à un mois d’intervalle et à cinquante mètres de distance – à Hellemmes, pour tout dire, mais je n’en tire pas de conclusion sur le plan du « kitsch et lutte des classes » car j’ai aussi vécu, à quelques rues de là, une rencontre chaleureuse avec un habitant qui, de prime abord, avait semblé quelque peu effrayé par ma démarche conceptuelle : « Ne vous inquiétez pas, monsieur, lui ai-je dit quand il a ouvert sa porte, me faisant face dans l’étroite courée, je photographie simplement vos sabots de façade. » Alors il a hoché la tête en souriant et m’a souhaité une bonne continuation.

(C’était ce gentil monsieur, cité Derville à Hellemmes ; pour preuve que je suis respectueuse du droit à l’image quand ça me semble pertinent, j’ai noirci son visage – je ne trouvais pas le flou.)

Est-on coupable parce que l’on aime l’art des rues (≠ street art) ?

En attendant de pouvoir répondre à ces questions ontologiques, et pour me faire pardonner cette trop longue pause artistique, une statuette en fenêtre à la fois rustique et quelques peu hautaine : digne, résumerons-nous.

(Rue Aristote, Lille Fives.)

Encore des moulins

Vous êtes nombreux à me réclamer d’autres moulins de ville. En voici donc quelques-uns : il suffisait de demander, vous le voyez bien.

(Rue Albert Samain, Villeneuve d’Ascq.)

(Parc Les Poussins, Lille.)

+ panonceau canin d’un genre nouveau(Rue de Bretagne, Mons-en-Barœul.)

(Rue Saint-Luc, Lille.)

Chalets du Nord : encore un catalogue

Treize nouveaux chalets du Nord, pour votre ravissement.

Mon préféré (qui pourrait d’ailleurs figurer dans la série des Mickeys maison tout autant que dans celle des chalets du Nord), bien qu’il me rende aussi terriblement triste (quand je l’ai découvert, dimanche dernier, je n’ai pas remercié le Seigneur comme j’aurais pu le faire encore récemment mais envisagé de m’étendre sur le bitume pour laisser les éléments dissoudre mon enveloppe corporelle, ou de frapper à la porte pour pleurer à gros sanglots dans les bras qui ont peint ces Mickeys et ce « Bonjour les enfants » si poignant, que je relis toujours avec la même émotion) :

(Avenue de Paris, Faches-Thumesnil.)

Attention, bac à fleurs artistique (avec cul de gentil) en arrière-plan :

(Avenue Hector Berlioz, Ronchin.)

(Rue de Bouvines, Ronchin.)

(Rue de Dunkerque, Faches-Thumesnil.)

(Idem.)

(Rue Eugène Delacroix, Faches-Thumesnil.)

(Idem.)

(Square Picardie, Lille Saint-Maurice.)

(Rue Monge, Lambersart.)

La maison ci-dessous aurait pu, en d’autres temps, me donner un orgasme, dans la mesure où son chalet du Nord côtoie un puits, un moulin, un palmier, un cheval cabré et d’autres merveilles encore qui ont fait ou feront prochainement l’objet de séries sur ce blog – hélas, je n’ai pu tenter de les embrasser toutes dans la même photo, ayant été chassée par des chiens (ce qui m’arrive désormais souvent, la campagne n’étant pas toujours des plus accueillantes) ; notez tout de même les têtes de chevaux sur la barrière :

(Rue de Lambersart, Verlinghem.)

(Avenue des Bleuets, Saint-André-lez-Lille.)

Avec godillot (et il y en a un autre, d’une autre paire – il est blanc – sur le muret du jardinet) – la passion du godillot, quoi :

(Avenue des Lilas, Saint-André-lez-Lille.)

Dans son halo (shine bright like a diamond, chalet du Nord !) :

(Rue Émile Borel, Lille, quartier Petit Maroc.)