Saturday Night Fever (53)

Quelles sept femmes formidables vous attendent aujourd’hui, vous demandez-vous en ouvrant les yeux, tôt ce matin – vous aussi, vous aimez vous lever tôt le samedi, n’est-ce pas ? pour profiter de l’atmosphère incomparable qui baigne les villes avant la flambée de consumérisme. Eh bien, vous aurez un mélange de musiques légères et cérébrales, si l’on accepte les catégories imposées par euh, on ne sait pas vraiment qui, en fait, ou pour être plus concrète et au-delà des jugements, des musiques sans partitions et des musiques avec, ces dernières proposant notamment un nouvel usage du pot de fleurs et de l’essoreuse à salade, car les femmes savent composer avec le quotidien, mener une recherche esthétique avec humour et sans arrogance. D’autres paradoxes vous attendent ci-dessous : « Et un jour, sans explication, elle a cessé de s’inquiéter », nous dit E.M.M.A. en introduction d’un morceau mélancolique, tandis que la pièce d’Anne Cleare se révèle aussi réjouissante et dansante (idéale pour un samedi soir – pot de fleurs, essoreuse à salade, etc.) malgré son titre, I should live in wires for leaving you behind.

E.M.M.A. : Liberty

Ann Cleare : I should live in wires for leaving you behind

Ashley Paul : Sound and soft

Mirela Ivičević : FEAR.LESS.SONGS

Ipek Gorgun : Neroli

Kezia Yap : Coalesce

Helen Money (Alison Chesley) : Become zero

Pastoral

Hier soir, à Vooruit (Gand), le féroce Pastoral était une nouveauté pour la plus grande partie du public puisque Gazelle Twin jouait son nouvel album la veille de sa parution (je faisais partie des privilégiés qui l’avaient déjà écouté plusieurs fois intégralement ici). « Je n’ai entendu que deux titres », me disait une fan de la première heure avant le concert, à savoir Glory et Hobby Horse, qui étaient disponibles sur certains sites. Un garçon qui se tenait près de nous, contre la scène, m’a donné un petit coup de poing dans le bras au début de Hobby Horse pour partager sa joie avec moi ; je me suis tournée vers lui et il me regardait avec un immense sourire complice. « Celle-ci, elle tue, hein ! » m’a lancé la fan de la première heure. Quand, à la fin du concert, le garçon a réclamé sans succès Antibody, il a eu l’air tellement déçu que je lui ai parlé doucement : Ce n’est pas une chanteuse de variété, lui ai-je dit, elle ne va pas reprendre ses vieux tubes pendant le rappel ; chaque album est un concept et Pastoral n’a rien à voir avec Unflesh. J’ai réitéré cette explication quand mon amoureuse, qui n’est pas habituée à ce type de musique, m’a dit, « Je ne lui ferai qu’un reproche : c’était trop court ». Bref, vous pouvez désormais vous offrir le dernier Gazelle Twin, bienheureux que vous êtes ; moi, c’est déjà fait.

Saturday Night Fever (52)

C’est vraiment parce que j’ai conscience de mes responsabilités envers vous (je veux dire l’humanité – pas celle qui se fête ce week-end à la Courneuve mais la très vaste humanité) que je puise dans mes dernières forces et racle des secondes à mon emploi du temps strictement minuté (si je relâche la pression, l’ordre du monde en sera forcément bouleversé) pour vous faire danser en ce samedi où j’imagine que, vous aussi (mais quand même pas autant que moi, l’équilibre cosmique ne reposant pas sur vos épaules), vous avez bien mérité une petite fièvre libératrice. Voici donc nos sept femmes formidables de la semaine, dans des registres assez différents.

Extraits des derniers travaux en date de l’incroyable et hyperactive Jenny Moore ; on la voit aussi au sein de son groupe Charismatic Megafauna (avec Susannah Worth et Georgia Twigg). N’hésitez pas à aller écouter par ailleurs son groupe Bas Jan, plus farfelu.

Kristina Warren : Eight Paces

She Spread Sorrow : Red Rumspringa

Crys Cole : Layna

Sofía Bertomeu : Plenitude (II)

Cruel Diagonals (Megan Mitchell) : Soporific Return

Catherine Lamb : Parallaxis Forma

Jenny

Pour la première nuit de mes 44 ans, mon inconscient m’a offert une histoire avec Jenny Hval. Dans mon rêve, elle ressemblait à peu près à ceci (je le précise parce que Jenny – je peux bien l’appeler par son prénom désormais – est d’une instabilité capillaire assez remarquable).

(J’ignore de qui est cette photo, désolée.)

Elle vivait une espèce de renouveau spirituel aussi radieux que son dernier EP, The Long Sleep, paru au mois de mai. Je l’accompagnais au long d’un véritable parcours initiatique (car mon inconscient accorde plus de prix à la narration que je ne le fais moi-même) jusqu’à ce que nous parvenions au bord de l’eau dans une magnifique lumière automnale et que ça devienne clairement une histoire d’amour.

Pour l’occasion, et pour la troisième fois sur ce blog (je fais ce que je veux), voici la vidéo de Sabbath, où Jenny danse de manière rituelle avec ses super complices Zia Anger et Annie Bielski.

Ci-dessous, sur scène en 2015 (photo Erlend Buflaten.)

Londres (6) musical / Saturday Night Fever (51)

En Angleterre, j’écoutais le son de mon Londres fantasmatique ; j’avais emporté quelques albums que nous devons à Mica Levi et, d’autre part, à Rodney Hylton Smith. Je ne variais guère de ces musiques, de manière à créer un état psychologique particulier. Je dois mentionner que je me suis posée au mythique café Oto le soir de mon arrivée ; j’y ai acheté le dernier numéro de Wire, écouté les balances de Phill Niblock (c’était assurément du Phill Niblock), mais je suis partie avant le concert pour être en forme au Wysing Polyphonic Festival, le lendemain. C’était quelques kilomètres avant l’implosion de mon petit orteil droit (pour le salut duquel j’ai dû recourir au cutter – plus de détails en dessins sur simple demande adressée par pigeon).

(Pochette de Feeling Romantic Feeling Tropical Feeling Ill.)

Micachu (aka Mica Levi) & The Shapes : Oh Baby (je vous recommande tout l’album Good Sad Happy Bad, ainsi que les précédents – en ce qui me concerne, je les ai trop écoutés, il y a quelques années, de sorte que je vais devoir attendre quelques années encore avant de pouvoir y revenir)

Mica Levi encore. Vous allez dire que je me répète, aujourd’hui, mais vous verrez qu’il n’y a guère de rapport entre ses mixtapes et ses albums avec Raisa Khan et Marc Pell – non plus qu’avec ses musiques de films, mais celles-ci, je ne les ai pas plus écoutées à Londres qu’ici : les musiques de film, je n’aime pas tellement ça, j’aime les choses inutiles et qui se suffisent à elles-mêmes. Écoutons maintenant Feeling Romantic Feeling Tropical Feeling Ill.

Tirzah (avec / produit par Mica Levi – encore elle, oui, laissez-moi tranquille) : I’m Not Dancing

Roots Manuva : Run Come Save Me (j’écoutais aussi l’album Awfully Deep)

Je n’ai pas écouté Anna, ni Karen, parce que je ne les ressens absolument pas comme londoniennes. Karen Gwyer est d’ailleurs originaire de l’Iowa, figurez-vous – mais là, j’essaie de me trouver des excuses, qui ne tiennent pas pour Anna Meredith puisqu’elle est londonienne de souche. En fait, c’est parce que j’ai trop couru avec elles et nos amis les lièvres dans les champs de la métropole lilloise qu’elles ne peuvent pas m’évoquer Londres, voilà tout. En revanche, je n’ai pas pu m’empêcher de déroger à mon principe de totale immersion dans l’esprit local pour écouter Mutamassik, enchaînant chaque fois Symbols Follow, That Which Death Cannot Destroy (que vous pouvez écouter ici en intégralité), et Rekkez (pas du tout dans leur ordre de parution, en somme).

Mutamassik : That Which Death Cannot Destroy

J’ai entendu d’excellentes performances à Wysing Polyphonic. Mutamassik a été extraordinaire, si vous voulez tout savoir, mais je n’en dis pas plus parce qu’il y a peut-être un projet à l’horizon. Par ailleurs, ce n’était pas une surprise. La surprise, c’était le concert de Lafawndah ; je m’y suis présentée sans guère d’attente mais j’ai été fascinée par le jeu de sa percussionniste (soit son seul accompagnement live), au point que je suis allée la voir à la fin du concert (la percussionniste, veux-je dire) pour lui dire qu’elle était incroyable.
– Vous avez un projet solo ? lui ai-je demandé.
– J’ai un duo, m’a-t-elle dit, qui s’appelle Tomaga.
– Ça alors, me suis-je extasiée : j’ai un de vos disques !*. Je pense que vous connaissez Marc, qui est disquaire à Lille.
– Mais oui, Marc, bien sûr.
J’étais ravie, comme chaque fois qu’un peu de narration vient encourager ma tendance à l’apophénie. Ici, un live de Tomaga, pour que vous ayez un aperçu du jeu complètement fou de Valentina Magaletti, puisque tel est son nom.

Dans le train du retour, j’ai écouté en boucle Thinking Out Loud de Pamelia Kurstin**. En voici un extrait, que j’ai choisi pour son titre (ce n’est pas mon morceau préféré de l’album).

Pamelia Kurstin : London

* Futura Grotesk, en l’occurrence.
** Écoute-la si tu as le temps, Allison : c’est une super théréministe, comme toi.

Saturday Night Fever (50)

Quand ce billet sera en ligne, à l’heure où je l’aurai programmé, je serai (si tout va bien) à Cambridge, où j’aurai le bonheur d’écouter un certain nombre de femmes formidables, au premier rang desquelles je me permets de placer Mutamassik (Giulia Loli). Voici un aperçu de ce que j’entends vraisemblablement, en ce moment même, à Wysing Polyphonic Festival. Je suis plutôt gentille, me semble-t-il, de partager avec vous cette fever.

Mutamassik : Ke Nin Kai

Moor Mother : Deadbeat protest

Lafawndah : Tan

Caterina Barbieri : Gravity that Binds

Aïsha Devi : Mazdâ

AGF (Antye Greie) : Die Ewigkeit

Poulomi Desai : Intonarumori – Variations for Prepared Sitar (extraits plutôt édifiants)

Saturday Night Fever (49)

Aujourd’hui, nous ouvrons les festivités avec trois femmes formidables que nous connaissons bien et dont les nouveaux albums sont enfin parus ou imminents. Je trépigne d’entendre les nouveaux Gazelle Twin et Puce Mary, dont les premiers titres sont particulièrement exaltants. Anna Meredith nous a offert pas moins de deux nouveautés cet été : la B.O. du film Eight Grade, qui reprend un certain nombre de morceaux déjà publiés précédemment, dont Nautilus qui l’est tout de même pour la troisième fois (après Black Prince Fury et Varmints) et de nombreuses mais brèves nouveautés ; quant à Anno, il s’agit d’un travail de commande autour des Quatre saisons de Vivaldi – j’aurais préféré qu’elle parte d’une pièce moins connue, ce qui n’aurait pas été compliqué, mais c’est très bien quand même : c’est du Anna.

Anna Meredith : Stoop (nouvel album, Anno, sorti le 18 août)

Gazelle Twin : Hobby Horse (nouvel album, Pastoral, le 21 septembre)

Puce Mary – Red Desert (nouvel album, The Drought, le 5 octobre)

C’est fini pour les nouveautés, passons aux autres femmes formidables de notre Saturday Night.

Shitney (Maria Faust/Qarin Wikström/Katrine Amsler) : Iron

Julie Herndon : I can take

Lena Platonos : Έρωτες το καλοκαίρι (Summer loves)

Nina Dragičević : HRTBRKS No.2

Des élucubrations

Ce matin, en courant, j’ai d’abord opté pour Volcano Songs de Meredith Monk. Je venais d’écouter Pamela Z et j’avais encore envie de voix.

Je ne me lasse pas de Three heavens and hells, bien que j’aie entendu le Young People’s Chorus of New York City le répéter pendant des dizaines d’heures l’année dernière (It’s made up of cycles, leur expliquait Meredith. Of psychos ? s’amusait Francisco Núñez, le maître de choeur). Dans cette pièce, les voix deviennent des percussions, c’est fascinant. Un extrait (pas celui que j’aurais choisi) précisément par le YPC (pas la promo que j’ai connue, qui était plus tonique) :

Après cela, j’ai eu envie de musique instrumentale et j’ai enchaîné avec Yanqui UXO de Godspeed You! Black Emperor, que je n’avais pas écouté depuis des années : pour voir si j’aimais encore.

Je me suis surprise à être surprise que les crescendos aillent jusqu’au bout, ce qui m’a beaucoup amusée : j’avais oublié que certaines musiques font ça, qu’elles nous mènent où on veut, quitte à prendre leur temps – et Yanqui UXO le prend, nous amène à l’apothéose après nous avoir fait passer par diverses couches atmosphériques. En ceci, ce disque est à l’inverse du punk. Il fonctionne un peu comme le jazz, quand le thème reprend à l’unisson après les soli – je pense spontanément à Garvey’s Ghost de Max Roach, même si ce n’est pas la référence la plus pertinente ici, mon optique l’extrayant de son contexte politique.

J’ai perdu l’habitude des musiques qui donnent tout, qui ne frustrent pas les attentes de l’auditeur au seuil de la tentation mélodique – et parfois même rythmique. Tenez, prenons cette performance de Holly Herndon, que je vous ai déjà proposée dans un Saturday Night Fever : elle déçoit le désir d’une rythmique régulière, elle refuse les facilités de l’oreille et ne la laissent pas s’installer dans un confort d’écoute.

La plupart des musiques que j’écoute depuis plusieurs années s’inscrivent plus ou moins radicalement dans cette perspective anorgasmique. La musique de Mutamassik est à mon avis l’une des plus déconcertantes pour un esprit formaté FM ; la plupart du temps, elle se dérobe à toute attente, déjoue les anticipations du cerveau. Cependant, je peux faire écouter Long beards à des amis non initiés sans qu’ils partent en courant.

Je pourrais donner des milliers d’exemples de musiques situées aux antipodes de la séduction mais je choisis encore une fois d’écouter ce qui me vient spontanément, en l’occurrence voici Tandis que les heures passent de Bérangère Maximin.

Parmi les musiques que j’écoute le plus, celle de Meredith Monk est une exception : c’est une musique à la fois généreuse et millimétrée. Dans Ascent, par exemple, elle donne tout et plus encore – ce morceau-là aussi, je l’ai vu en répétition pendant des heures, et j’ai ressenti chaque fois la même émotion primale, animale, puissamment viscérale.

J’avoue que c’est appréciable aussi, mais jusqu’à un certain point : parce qu’elle est chargée d’affect, c’est une musique que certains contextes psychologiques peuvent nous interdire. Cet hiver, je ne pouvais pas écouter Ascent, ça m’aurait abattue d’une balle dans le cœur. Je ne vois pas dans quel contexte je devrais renoncer à écouter Morton Feldman.

J’en étais à ce point de mes réflexions (De la frustration du désir comme source de plaisir en musique), élucubrations typiques de la course à pied, quand j’ai vu dans un magazine ouvert sur un trottoir une photo d’Angélique Kidjo. Son dernier album est une reprise intégrale de Remain in light des Talking Heads (sans doute leur chef d’œuvre, avec More songs about buildings and food, dans le genre zéro sucre ajouté) et un critique de Wire estime que la version de Kidjo est la meilleure. Je ne partage pas du tout cet avis, et il est encore ici question de la frustration, quoique sous une autre forme que celle évoquée plus haut : Remain in light, c’est de la musique faite par des Blancs (jusqu’aux guitares sont blanches, au sens où on le dit d’armes) mais par des Blancs qui voulaient assimiler quelque chose de très africain, cette rythmique afrobeat notamment. L’album d’Angélique Kidjo donne tout, il est plein et brillant, il tient les promesses des Talking Heads et leur montre quasiment comment on fait (Tony Allen est de la fête), mais de ce fait même, je trouve qu’il n’a pas beaucoup de sens : c’est juste un disque dansant de plus, sans mystère, sans irrésolu – sans frustration.

Un ex-voto (2)

Non, je n’ai pas de nouveau sombré dans la dépression comme à l’époque de mon précédent ex-voto. Je vais très bien, merci. Il n’empêche qu’aujourd’hui, j’ai puisé dans les ressources du catholicisme un indéniable réconfort : le clos Saint-Pierre, à Lambersart, propose l’un des seuls points d’eau potable dans l’espace public de la métropole lilloise. Il m’a évité de devoir acheter une bouteille dans un des fucking Bidule Market de la grande distribution qui remplacent désormais un peu partout les bonnes vieilles épiceries, et je l’en remercie. Coïncidence ou signe d’un master plan (pour citer Pharoah Sanders), j’ai pris un plaisir fou, en courant ce matin, à réécouter le génial Missisissipippi de Karen (et avec lui tout l’album New Roofs, puis Prophase Metaphase Anaphase Telophase, puis Needs continuum), ce que je n’avais pas fait depuis des semaines, or j’avais oublié que mon premier ex-voto était dédié à Karen. J’avais oublié, surtout, combien survivre était un travail de chaque seconde il y a quelques mois encore et je fais la danse des fesses (qui est à l’origine une danse rituelle célébrant une victoire à la belote, du moins dans mon groupe d’amis) parce que j’ai en quelque sorte déjà gagné la manche pour rien. C’est sans doute, tout autant que la fontaine du clos Saint-Pierre, l’objet de cet ex-voto (2).

(Comme je n’ai pas pensé à photographier la sainte fontaine pour la remercier ici publiquement, voici un arbre du parc, retrouvé dans mes archives – je n’allais pas vous faire croire qu’il était de saison.)

(Croix)

(Danseurs de la rue Boldoduc, à Fives.)

Saturday Night Fever (48)

Il s’en est fallu de peu que je n’oublie de vous faire danser aujourd’hui : ça ne sent pas le samedi. Je préfère l’avouer, je vous lance sept musiques de femmes comme ça, en vrac, comme on met les vêtements qui nous tombent sous la main quand on est en retard. Cependant, je fais en sorte qu’il n’y ait rien de violent dans notre playlist du jour, suite à un traumatisme. Hier soir, j’ai voulu faire écouter quelques jeunes filles pas commodes (Gazelle Twin, Pharmakon, Lana del Rabies et Puce Mary) à mes meilleures amies. Très vite, elles ont posé leurs verres dans mon évier, replié leurs chaises et elles m’ont dit « La suite demain » avec des intonations qui voulaient dire jamais. J’ai entendu les pneus de leur voiture crisser dans la rue. Aujourd’hui, leurs numéros ne sont plus attribués. Devant chez elles, ce matin, je n’ai trouvé qu’un vieux ticket de caisse de Mondial Moquette. Elles n’ont même pas fermé la porte de leur maison vide. Bref, j’ai décidé de vous bercer gentiment pour ne pas tous vous perdre d’un coup : dans fever, après tout, il y a aussi des slows.

Barbara Benary : Aural Shoehorning (1. Plainsong)

Ana Dall’Ara Majek : I is IIII is IIIIIIIIII

Pak Yan Lau : Pral

Cruel Diagonals (Megan Mitchell) : Oblique Ritual

Le Fruit Vert (Andrea-Jane Cornell et Marie-Douce St- Jacques) : Faire corps

Anna Clyne : Roulette

Klara Lewis : Untilted