Patterns

37′ de course lumière zéro

BOUM

11h32 Hellemmes rue du Progrès
Ryoji Ikeda Test pattern

une révélation me frappe
et me détourne de toute décision hâtive
face à la constante déception qu’est cette vie

50′ de course lumière 0,7

VLAN

11h45 Villeneuve d’Ascq chemin de la Bascule
Pierre Boulez Messagesquisse

je veux casser du dedans
l’œuf qui m’est imparti je ne vois pas
qui pourrait bien m’en empêcher au nom de quoi

1h47 de course lumière 1,3

PAF

12h42 retour maison place V
Edgar Varèse Ionisation

dès que le mouvement cesse
le néant gluant de nouveau enfle
dans mes veines engourdissant ma pensée

1h44 d’inertie lumière 0,3

ZING

14h26 sur chaise bois + sous chat dame Sam
Morton Feldman Why patterns

n’être que mouvement
je ne vois d’autre solution
au délitement – à ma dispersion par le vent

DJ (11)

J’avais plus ou moins décidé d’abandonner ce blog, mais c’est samedi et je ne peux résister à la tentation de vous faire danser. Mettez vos baskets et préparez-vous à la grande abduction car, aujourd’hui, je vous fly to the moon and beyond, avec des photos en prime.

Ella Fitzgerald : Two Little Men in a Flying Saucer

Sun Ra : We Travel The Spaceways

Philip Glass : Einstein On The Beach, « Spaceship  »

ESG : UFO

Blonde Redhead : U.F.O.

Grouper : Alien observer

DJ (9)

Vous êtes nombreux à réclamer la sélection dont, sous le nom de Dancing Chicken, j’ai régalé un public presque aussi forcené que vos pigeons, mercredi, au Liquium, pour la fête de la musique. C’est bien parce que vous vous tordez les bras comme des héroïnes raciniennes de n’avoir pu vous joindre à nous ce soir-là que je cède à votre pression. Vous aurez droit aux sept premières chansons, parce que c’est samedi et que je suis généreuse.

Wanda & Ruth Neal : Round Town Girls

Howlin’ Wolf : Killing Floor

Fats Domino : Be My Guest

Chuck Berry : My Tambourine

Huey Piano Smith & the Clowns : Little Liza Jane

Irma Thomas – Backwater Blues

[Ici, deux titres de musique cajun que je ne trouve pas (ou dont je ne trouve pas la bonne version) sur Internet : He, La-Bas de Magnolia Sisters et Black Cat Bones de Bonsoir Catin. Pour les entendre, il vous faudra désormais aller du côté de Lafayette, Louisiane.]

Betty James : I’m a little mixed up

Etc.

Quelques heures plus tard, l’équipe de choc : Pleins Phares, La Biscotte et Dancing Chicken autour de la table de mixage.

DJ (8)

Au fil de notre écoute, aujourd’hui, nous allons déposer des instruments, des ornements, puis le lyrisme, et une idée un peu trop facile de la mélodie, mais nous n’allons pas cesser de danser, je le promets : à la fin, ce sera comme danser nu, voilà tout.

Commençons par une petite tyrolienne d’Offenbach, celle de La Belle Hélène, « Je suis Gai , Soyons Gai »

Poursuivons avec une reprise jazz de Britney Spears par le Yaron Herman Trio : Toxic

Un peu de rap bruitiste avec Antipop Consortium jouant au Ping Pong

De temps en temps, j’aime rendre hommage à Susumu Yokota, qui nous a quittés il y a deux ans maintenant ; ici, avec 9 petals

Laissez Laura Luna vous emporter dans ces chatoyantes Auroras qui verront nos derniers pas chassés dans le lyrisme

Maintenant, un montage sonore qui fait un peu plus peur que le train fantôme : The Spiral de Puce Mary

Avant d’écraser considérablement les derniers soubresauts mélodiques, ce morceau de Suzanne Ciani, Paris 1971.

Et pour finir notre parcours vers la ghostdance de notre chère Pauline Oliveros (déjà posté ici dans ma série sur quelques pionnières des musiques électroniques), ce Violet Replacement de Grouper (Liz Harris)

DJ (7)

C’est samedi : musique ! Parce que c’est la Gay pride à Lille aujourd’hui, je bricole un petit char dans mon salon et voici le gros son que j’envoie. C’est (une partie de) ma culture LGBT. Fuck les icônes discount.

Samuel Barber : Nuvoletta

Gian Carlo Menotti (compagnon de Samuel Barber) : The Consul, « To this we’ve come »

Benjamin Britten : Serenade for tenor, horn and strings (interprété par Peter Pears, son compagnon de toute une vie)

Leonard Bernstein : Candide, « Glitter and Be Gay » (avec l’extraordinaire, l’inégalable June Anderson, sous la direction de Bernstein lui-même ; je sais que j’ai déjà posté cette vidéo ici mais elle mérite bien que je radote)

William Basinski : Cascade

Meredith Monk chantée par John Cage : Double Fiesta

Pauline Oliveros : Horse Sings from Cloud (Part 1)

DJ (6) – Dansons (2)

C’est l’heure de notre grand rendez-vous hebdomadaire avec la danse. Un certain nombre d’entre vous, éhontés philistins, m’ont défiée d’animer leur barbecue plutôt que de leur écorcher les oreilles avec mes habituelles musiques expérimentales et/ou contemporaines. Je le fais à une condition : grillez du tofu et des aubergines, épargnez mes amis. Merci.

Suicide : Shadazz

ESG : Six Pack (attention, c’est plutôt sexuel – je ne fais pas les choses à moitié)

Liquid Liquid : Optimo

Lizzy Mercier Descloux : Hard-boiled Babe

Gang Gang Dance : Glory in Itself / Egyptian

1 Giant Leap : Ma’ Africa (feat. The Mahotella Queens and Ulali)

Imprudents voyageurs

Je pensais à la manière dont certains de mes amis et moi parlons de nous et des vicissitudes de nos vies sentimentales, oscillant d’une hypothèse à une autre, inventant des systèmes pour mieux les démonter, riant toujours beaucoup, pour conclure par le très avisé « Je sais que je ne sais pas », quand m’est revenu à l’esprit un texte de James Thurber, Imprudents voyageurs (écrit au début des années 1940)*. Thurber y feuillette un guide de voyage et c’est très drôle. En voici un extrait :

* On le trouve dans le recueil La vie rêvée de Walter Mitty.

DJ (5)

C’est samedi, vous l’attendez tous avec un frisson d’excitation : quelle sera la tonalité de notre rendez-vous musical, ce week-end ? Je vous laisse la découvrir dès à présent. Vous pouvez toujours essayer de danser – personnellement, c’est ce que je fais, après tout.

La Monte Young : B flat Dorian Blues

Gregg Kowalsky : IX (Tape Chants)

Ned Rothenberg and Gerry Hemmingway : Polysemy

Colin Stetson and Sarah Neufeld : The Sun Roars Into View

John Surman : Edges Of Illusion

Pauline Oliveros : A Love Song

Des nouvelles de Gouniche

Je vous scanne l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature contemporaine, celle de Gouniche (à ne pas confondre avec my friend Gou) et de sa fleur, dans l’album de Delphine Durand justement intitulé Gouniche – que je me permets de vous recommander pour la dix-septième fois.

Cette semaine, sur un mur de la ville, j’ai vu un dessin que ce petit être « jaune et un peu gros » (≠ mou) a fait de sa fleur – ça ne peut être que lui.

Démasqués

Le jour où j’ai pris conscience que, dans toutes les villes où je cours, des rues entières sont marquées de traits continus à la craie, comme sur la photo ci-dessous, je me suis demandé, Qu’est-ce que j’ai encore raté ? Est-ce un rituel enfantin auquel je n’ai pas sacrifié en mon temps parce que, là où j’ai grandi, il y avait des jardins à l’avant des maisons et que, de toute façon, comme toujours et en toute chose, je n’ai pas entendu la consigne – si vraiment les choses qui m’échappent depuis toujours sont édictées à mes pairs sous forme de consignes – et dans ce cas depuis combien de temps (siècles, décennies, années) ce rituel est-il si répandu ? L’est-il uniquement à Lille et dans sa banlieue ou tout autour du monde ?

C’est alors qu’un doute m’est venu.

Vous connaissez sans doute les body snatchers : tirés d’un roman de Jack Finney paru aux États-Unis en 1956, The Body Snatchers, quatre films leur sont consacrés : Invasion of the Body Snatchers par Don Siegel en 1956, son remake par Philip Kaufman en 1978, Body snatchers tout court par Abel Ferrara en 1993 et enfin The Invasion par Oliver Hirschbiegel en 2007. Si vous n’avez vu aucun de ces films, je vous résume la situation : des extra-terrestres (les body snatchers) s’emparent du corps des humains, ils prennent leur apparence et les transforment en êtres dénués de toute émotion. Salopards ! Quelques images pour vous donner un aperçu de ce qui nous attend :

chez Don Siegel

chez Philip Kaufman

(Ici, ce cher Donald Sutherland a été parasité par un body snatcher et dénonce de manière très élégante un humain non encore corrompu / remplacé.)

Je dis « des images de ce qui nous attend » car je crois qu’ils sont parmi nous, et qu’ils désignent par ces traits à la craie les maisons qu’ils ont annexées. Et je peux vous dire qu’ils ont déjà body-snatché un certain nombre d’entre nous, je le vois dans toutes les villes où je cours, de Wambrechies à Vendeville, de Loos à Villeneuve d’Ascq, partout, m’entendez-vous ? Ouvrez les yeux.