Zéphyrs embrasés (29) de Brooklyn

Attention, voici une vraie narration.

Dans l’heureux borough de Brooklyn vivaient heureux deux amoureux (des amoureux en paix avec le monde grâce au rejaillissement de leur amour sur leur environnement, etc.)

Heureux dans leur escalier privatif, car ils étaient les jeunes et heureux propriétaires d’une belle maison à Ridgewood, ils réfléchissaient à la manière d’être encore plus heureux.

C’est Monsieur qui a trouvé : il leur fallait une citerne, comme celle des voisins. Une citerne, ça c’est du bonheur. Waouh, dit Madame, et des constellations de bonheur tournèrent dans ses yeux.

Des sosies

L’autre jour, une boulangère n’en revenait pas que personne ne m’ait jamais signalé mon incroyable ressemblance avec « cette chanteuse, vous savez, elle a fait The Voice ? » Non, je ne voyais pas du tout. « En plus elle a les cheveux courts comme vous », a étayé la boulangère. J’avais oublié le nom de la chanteuse quand je suis rentrée chez moi et je n’ai donc pu vérifier les dires de la boulangère. Cette anecdote m’est revenue hier soir quand mon amie Fanny m’a présenté Marie :
– Je lui ai dit « Bonjour Muriel » et elle m’a répondu « Non, moi c’est Marie ».
– Ce n’est absolument pas Muriel, lui ai-je confirmé.
Cependant, Marie souhaitait rencontrer son supposé sosie, aussi avons-nous cherché Muriel dans la foule puis nous avons fait cercle autour des deux M., qui se regardaient sans oser rien dire pour ne vexer personne – ni Fanny, ni l’autre M.
– Absolument pas, ai-je appuyé.
– Elles ont des cheveux mi-longs, a maugréé la petite amie d’une M.
– Je n’ai pas mes lunettes, s’est excusée Fanny.
Puis tout le monde est retourné à ses activités.

(Fresque, dans le préau de l’école Arago, Lille.)

La narration : le retour de la catastrophe (2)

Voici enfin l’épisode 2 du chapitre 2 tant attendu de ma série acclamée, La narration : la catastrophe. Les étourdis qui auraient manqué le début de ce chapitre 2 peuvent le voir ici. Ceux d’entre eux qui n’en auraient pas le temps peuvent se contenter du résumé : suite à une espèce d’explosion cosmique, de méchants dinosaures de l’espace envahissent la planète Terre et y sèment la dévastation, etc.

Super Sauveur parviendra-t-il à terrasser le terrible Re-dino ? Vous le saurez quand j’aurai trouvé un Re-dino mort à photographier, ou un Super Sauveur mort et/ou une planète Terre kaputt : pas forcément tout de suite. Pour l’instant, je n’ai jamais rien croisé de tel dans la métropole lilloise que j’arpente en courant.

Avec Marie-Eustache et nos amis – le théâtre

Sans vouloir vous briser le cœur, je dois vous annoncer que cet épisode est le dernier de la série Avec Marie-Eustache et nos amis, initialement diffusée en 2007. Inutile de me faire un remake des Oiseaux, c’est fini, fini. Mais c’est une belle fin, je trouve, pleine d’espoir et de sagesse.

aujourd’hui, Marie-Eustache, nos amis et moi-même avons constaté que nous partagions une certaine lassitude
il est temps, avons-nous décidé, que ma vie sentimentale n’occupe plus le centre de nos préoccupations : il y a tant d’autres choses à construire sur cette riche planète
aussi avons-nous décidé de monter une pièce de théâtre
le budget en est dérisoire, puisque le décor se compose de ma table et de mes chaises de salle à manger, et que les costumes se résument à un lot de moustaches postiches (hi hi)
je dois avouer à ma grande fierté que j’ai obtenu le rôle d’Henri Fonda

Avec Marie-Eustache et nos amis – la psychologie

aujourd’hui ma psychologue m’a demandé si je pensais trouver une forme d’épanouissement auprès d’Après-Que+Indicatif
Marie-Eustache et nos amis ont produit une liste de pour et de contre

pour :
Après-Que+Indicatif est cycliste
Après-Que+Indicatif a poussé le caddie, l’autre jour, quand nous avons fait les courses apéritives, ce qui tend à indiquer un certain esprit d’équipe
Après-Que+Indicatif pense que les religions sont néfastes
Après-Que+Indicatif aime le cinéma mongol
si une certaine futilité nous est permise, Après-Que+Indicatif a de beaux cheveux

contre :
Après-Que+Indicatif dit toujours « je », tandis que nous préférons traditionnellement le « nous » ; elle dit « je veux habiter à la campagne », quand nous dirions plutôt « et si nous allions vivre à la campagne ? », ce qui nous rappelle opportunément qu’esprit d’équipe et esprit de partage sont deux choses distinctes
Après-Que+Indicatif semble généralement préférer ce qu’on aurait pu lui proposer à ce qu’on lui propose
Email et Diamant n’est pas ce que nous appelons un dentifrice
Gustav Klimt n’est pas ce que nous appelons un peintre moderne
le carré Hermès n’est pas notre goût en matière de foulards

en conclusion, ma psychologue a estimé que seul le temps nous dira si je suis susceptible de trouver une forme d’épanouissement auprès d’Après-Que+Indicatif
ce que nous jugeons très sage, d’ailleurs j’ai une bonne mutuelle et ces consultations me coûtent à peine le prix d’une partie de flipper, sans m’occasionner autant de nervosité que ledit jeu

Avec Marie-Eustache et nos amis – l’intimité

aujourd’hui j’ai enfin eu avec Après-Que+Indicatif cette discussion intime si nécessaire aux fondements d’un couple
sur notre conception de la vie, l’amour, la mort, le temps d’aération quotidien de notre domicile, chez les parents de qui nous fêterons Noël en 2007, l’aberration écologique des bains, les avantages du vélo comparé aux rollers ou encore l’opportunité d’investir dans des dentifrices de marque

une chose que j’aime sur cette planète, c’est constater chaque jour, à chaque occasion, combien chacun d’entre nous est singulier, avec des structures mentales et un système de références qui n’appartiennent qu’à lui
c’est tellement riche, tellement exaltant, comme un immense jardin dont chaque fleur présenterait une variété et une couleur différentes
mais parfois, j’aimerais quand même bien rencontrer une demoiselle qui ressemblerait un peu plus à Marie-Eustache, nos amis et moi-même

Avec Marie-Eustache et nos amis – Volare

vous êtes nombreux* à me demander comment Après-Que+Indicatif en était venue à reconsidérer l’idée selon laquelle j’étais une mufle
c’est bien simple : Volare
je savais dans quelle rue habite Après-Que+Indicatif, alors j’ai emmené Marie-Eustache, nos amis et nos instruments de musique sous sa fenêtre et nous avons joué Volare, à la nuit tombée
Après-Que+Indicatif n’a pas résisté

* J’ai constaté avec une certaine perplexité que j’utilisais déjà cette expression en 2006 (je rappelle, pour ceux qui auraient manqué le début, que Avec Marie-Eustache et nos amis est une rediffusion). Je précise que mon blog de l’époque en était un vrai, avec des commentaires ouverts plutôt que notre actuel système de pigeons.

Avec Marie-Eustache et nos amis – l’art & essai

ce soir je vais au cinéma avec Après-Que+Indicatif
j’ai déjà réservé les places parce que généralement les films mongols passent dans de toutes petites salles
on ne sait jamais : s’il se trouvait une autre bienheureuse ayant trouvé indicatif à son après-que, et qui décidait le même soir d’emmener cette dernière, sa Marie-Eustache et leurs amis au cinéma, c’est un coup à vous faire salle comble
je n’ai pas compris pourquoi la dame du guichet m’a demandé s’il s’agissait d’un groupe scolaire : ai-je une allure de professeur, avec mes bottes en caoutchouc à fleurs et mon kilt rose ?
en tout cas, ces tarifs de groupe, c’est bien pratique