L’art (33)

Vous m’avez suffisamment harcelée pour que je consente à reprendre ma série sur l’art et les friteries, amorcée dans de La poésie (2), L’art (23) et L’art (28). Je comprends vos arguments. Il s’agit en effet d’un courant artistique très inventif et pourtant sous-estimé, ainsi que d’une spécialité de notre belle région. Il est essentiel, je vous l’accorde, de mettre cet art à l’honneur.

(Pont supérieur, avenue de Dunkerque, Lomme ; je précise, pour ceux qui ne connaîtraient pas cette intersection, que le tableau sur le volet de la friterie représente exactement (aux modèles de voitures près) le paysage au bord duquel le client est invité à déguster son américain fricadelle.)

Comines-Warneton (3) : L’art

Au fil de nos déambulations, nous avons découvert Roger Coppe (1928-2012), maître verrier, peintre, sculpteur et dessinateur, manifestement l’artiste phare de Comines-Warneton. Nous lui devons notamment le Mémorial de la Bataille du Canal, sur l’esplanade du canal Comines-Ypres.

Si vous longez le canal vers la Lys, à l’angle de la rue de la Procession (ancien chemin de halage) et de la rue de la Procession (et vice-versa), vous apercevrez sur votre gauche la Maison de la Jeunesse et de la Culture, construite en 1975, et que décore un bas-relief de l’artiste, dans un genre très différent de son mémorial.

(Rue de la Procession, donc, Comines-Warneton, Wallonie.)

En voici un détail :

Nous avons aussi découvert que la fille de Roger Coppe, Dominique, est peintre et aquarelliste ; elle expose et donne des cours, également à Comines-Warneton. Malheureusement, des reflets sur la vitrine de la galerie ne me permettent de vous donner qu’un aperçu de sa peinture – troublé par les reflets d’une pancarte Kruidvat, du dos que j’aime et de ma propre silhouette (vous ne serez pas surpris d’apprendre que cette photo me plaît beaucoup, vous commencez à connaître mes goûts décadents).

Mais l’art, à Comines-Warneton, c’est aussi le hall d’un club de blues et de jazz, l’Open Music, rue du Faubourg, qui est également le hall d’un cabinet d’avocats – nous avons trouvé la chose assez nébuleuse -, hall qui est une véritable galerie d’art. Si l’un d’entre vous sait de quel artiste est le buste ci-dessous, à mes yeux l’œuvre majeure de cette exposition que nous supposons permanente, je lui offre une petite frite* à l’Istanbul (« Les meilleurs kébabs de la région ! »)**.

* Supplément sauce non pris en charge.
** Frais de déplacement non pris en charge.

Zéphyrs embrasés (26)

À Lille Sud, les zéphyrs ont l’embrasement rock’n’roll. La très grande fresque dont ils sont un détail ne manque pas de mystère, ni d’ironie ; si vous passez dans les parages, entre le commissariat et le CHR, profitez, pour la voir, de ce que le bâtiment qui l’accueille n’a pas encore été rasé – comme le sera bientôt une grande partie du quartier, au profit de résidences toutes pareilles et pour une densité de population maximale : comme dans tous les quartiers de cette fucking ville, où respirer devient un luxe.

(Très précisément, rue Simons.)

L’art (32) : encore des trompe-l’oeil

Vous en réclamiez depuis le 16 mars, en voici. Je vous préviens, le bon goût est violemment heurté par les images ci-dessous. Vous l’aurez cherché. Profitons au moins de cette pénible circonstance pour tirer quelques leçons sur la responsabilité, les défis du temps et la corruption de la matière. Ainsi observons-nous que, plus les dimensions du trompe-l’œil sont imposantes, plus se posent les questions rituelles de qui décide, qui commandite et qui dessine, et plus l’on constate d’autre part les ravages, sur la peinture murale, du temps qui passe et de celui qu’il fait.

Le trompe-l’oeil prolétaire

(Mons-en-Baroeul.)

Le trompe-l’oeil chic

(Lille centre.)

Mascottes aviaires

Vous admirerez que les villes de Marquette-lez-Lille et Villeneuve-d’Ascq utilisent la flore pour figurer la faune. Il y a beaucoup plus de profondeur dans la conception de cet art municipal que ne l’imaginent les automobilistes dangereusement perturbés par l’aspect imposant de ces mascottes aviaires – le héron de Villeneuve-d’Ascq, notamment, niche sur un rond-point.

Mascotte aviaire de Marquette.

Mascotte aviaire de Villeneuve d’Ascq.

Mascotte aviaire de Wattignies.*

* Ça, c’est parce que l’usine La Pie qui Chante se trouvait autrefois à Wattignies, comme en atteste cette publicité déteinte sur une façade de la rue Clemenceau.

L’art (31)

D’authentiques Buren, Rue du Général Leclerc à Saint-André-lez-Lille. Trouvez un Ben véritable dans la métropole lilloise et gagnez une craie.

L’art (30)

Aujourd’hui, l’art de balcon ; il n’est pas aussi rare que sa sous-exposition dans cette rubrique peut le laisser supposer mais seulement très difficile à photographier. Hier encore, dans le quartier de l’Europe à Haubourdin, j’ai pu contempler un balcon sur lequel se côtoyaient des animaux en stuc et en si grand nombre (chat, chien, vache, mouton, biche, etc.) que le moulin (de taille respectable) à leur gauche ne pouvait tourner ses ailes ni mon objectif contenir de manière satisfaisante la débauche visuelle que présentait cette ménagerie – d’autant qu’elle se trouvait au quatrième étage. Ci-dessous, j’ai pu zoomer de manière à ce que vous puissiez admirer cette œuvre en exposition permanente sur un balcon de la résidence du Beffroi (Lille), côté rue de Paris.

Beautés et merveilles

Le cadre de façade, il fallait y penser. Pourquoi pas, d’abord ? Pourquoi les sabots en grès, puits, moulins, chalets du Nord, Rideaux et Voilages, chevaux, goélands et bateaux de fenêtre, pourquoi tant de décorations variées (quoique récurrentes) et pas de temps en temps un bon petit cadre de façade ?

(Rue du Docteur Charcot, Marcq-en-Baroeul ; maison d’habitation.)

Maubeuge (8) : upper rooms

Dès l’entrée de Maubeuge, rue de Mons, je pousse un cri : quelle chance, une église comme je les aime se dresse en retrait de la route, un peu à la manière d’un mini centre commercial. C’est l’église du Sacré-Cœur. J’admire d’abord les gargouilles en béton de son clocher, le bâtiment en tôle, pierre et bois, les sculptures en métal très funky représentant le Christ (qui n’est pas mort, nous apprend-on) en croix. À l’intérieur, le chemin de croix est également de style très moderne et le Christ toujours aussi funky, les avant-bras dressés. Je comprends très vite que je vais aimer cette ville qui, pour avoir été en grande partie détruite pendant la guerre, a une architecture moderne tout à fait à mon goût.

Plus célèbre que l’église du Sacré-Coeur, Saint-Pierre Saint-Paul a ses propres charmes, notamment son clocher vitré, ses mosaïques effrayantes, post-apocalyptiques pour certaines, et cette statue présentant une croix inversée. Les architectes de cette église sont André Lurçat et Henri Lafitte, les mosaïques sont de Jean Lurçat, frère d’André. Notons la présence systématique, devant ou dans les églises de Maubeuge, de sainte Aldegonde, sa sainte patronne.

Et pour finir, un calvaire de Rousies où Jésus fait vraiment mal au cœur.

Maubeuge (3) : l’art

Une brève histoire des genres à Rousies

C’est un art particulièrement raffiné qui nous renseigne sur les mœurs des jeunes roséens modernes. Ils nous évoquent fortement l’antiquité dans la métropole lilloise, comme en témoignent les images ci-dessous, que vous pouvez comparer avec celles-ci.

L’art déco

Nous avons eu la délicatesse de ne pas forcer les portes de la fameuse salle Sthrau mais ce qui suit me semble déjà très réjouissant.

(Bâtiment situé derrière l’église du Sacré-Cœur, route de Mons.)

(Ancien hôtel Le Provence, à l’angle de la rue Henri Durre et de la rue des Clouteries.)

(Salle des fêtes, place Julien Bernard, Rousies ; l’extension bien d’aujourd’hui ne gâche pas ce bâtiment de 1935 dont j’ai subtilement glissé une vue latérale dans DJ (11) : trouvez de quelle photo il s’agit et gagnez une coupelle de cacahuètes au bar pub Le 300 à Maubeuge.)