L’art (50) à presque la campagne

De Lambersart à Brooklyn en passant par Ronchin, le commerce use volontiers de Mickeys maison pour attirer le client. Cela peut également arriver à presque la campagne, comme je l’ai découvert ce matin à Lompret. Deux nuances de taille : 1. à presque la campagne, l’on reste prudent et l’on invente son Mickey pour ne pas risquer les foudres de lointains ayants droit et 2. l’on vend des êtres vivants (pas d’enfants humains, a priori, mais les enfants de nombreuses autres espèces – mon rapport à presque la campagne reste compliqué).

Heureusement, l’on n’y vend pas que des animaux. Fruits, légumes et Paris Match rassembleront brièvement spécistes et antispécistes.

Parfois, l’on est juste poétique, à presque la campagne, et l’on expose l’art (de type loisirs créatifs) à même le bitume, juste pour émouvoir celui qui passe et qui sait voir – comme ci-dessous, à Pérenchies. J’aurais dû voler cette œuvre (j’y pense un peu tard), en ceindre mon T-shirt à mot d’ordre végétarien et courir ainsi comme touchée par la grâce, enrubannée d’étoiles bleues et jaunes + une argentée entre les nombreuses chapelles et niches de saints qui émaillent presque la campagne au nord-ouest de la métropole lilloise.

L’arrière-monde (16)/ L’art (49) : Caché

Il m’arrive d’avoir de bonnes surprises en matière de street art, notamment dans certains recoins de l’arrière-monde qui semblent fonctionner comme des laboratoires pour les artistes les plus originaux, où les fresques et esquisses ne restent jamais très longtemps ; ici, sous un pont, au bord de la voie ferrée que je célébrais ici l’année dernière, un peu de poésie urbaine : « Elle, qui dort » et « Esquisse / la femme ». Je les partage avec vous, en couleur. Je suis bien gentille, encore une fois.

Zéphyrs embrasés (32) + L’art (48) : des Mickeys capillaires

Eh bien figurez-vous que je crois de nouveau à l’amour. Tout à l’heure, j’ai assisté à un coup de foudre et la foi m’est revenue aussitôt, comme un hoquet. J’ai fait semblant de courir sur place et de lire un message sur mon téléphone afin d’épier incognito les deux tourtereaux, mais ils étaient tellement éblouis l’un par l’autre (et aussi par les petites étoiles et les petits cœurs qui voletaient autour d’eux) qu’ils ne m’ont prêté aucune attention, de sorte que j’ai même pu les prendre en photo :

(Ces Mickeys maison ornent la vitrine d’un salon de coiffure à Ronchin, vers Sainte-Rictrude. Je suggèrerais bien aux propriétaires de rebaptiser leur affaire Zéphyrs Coiffure, c’est quand même plus accrocheur que Hair Mod. Notez qu’il existe au Québec un salon qui porte le nom de Coiffure Zéphyr : il se trouve 2035 Victoria Ave, Saint-Lambert, QC J4S 1H1, au cas où vous seriez dans le coin et hirsute.)

En exclusivité pour vous, la retranscription de la scène à laquelle j’ai assisté ce matin (j’ai manqué le début, désolée) :

La Belle : Et qu’est-ce que vous faites dans la vie ?
Le Clochard : Je suis DJ.
La Belle (déjà sous le charme) : Oh ! Quel genre de musique mixez-vous ?
Le Clochard : Essentiellement celle de femmes qui œuvrent dans l’arrière-monde de l’industrie musicale.
La Belle : Vraiment ? C’est inouï : ce sont mes préférées !
Le Clochard : J’aime les enchaînements évidents, vous voyez ? Si par exemple je passe Intent Or Instinct de Pharmakon, je la fais suivre par…
La Belle (l’interrompant vivement) : Sparrow de Mira Calix ?
Le Clochard : Oui, c’est exactement ça ! Vous aussi, vous avez remarqué combien elles sont faites pour s’enchaîner ?
La Belle : Fated to be mated, comme le chantait Fred Astaire.
La Belle et le Clochard (en chœur, dans un soupir) : Comme nous.

L’art (47) : des Mickeys ferroviaires

Il y avait bien longtemps que je n’avais alimenté la rubrique L’art, ce dont vous êtes nombreux à me faire le reproche ; c’est que, dans les parages, l’on ne sait plus où donner de la tête. Tenez, cette semaine, j’ai découvert une rue de Lesquin dans laquelle un jardin sur deux est orné d’une sculpture antique d’importance majeure et d’exécution remarquable (vous pouvez bien railler ma pusillanimité mais j’attends les vacances d’été pour les prendre en photo, quand les trois quarts des habitants seront partis et que je ne risquerai pas de me faire poursuivre, une fois de plus, par des propriétaires jaloux de leurs œuvres ; pour l’instant, ils campent derrière leurs Rideaux et Voilages ou entretiennent leur jardin, j’ai d’ailleurs croisé le regard d’un monsieur qui nettoyait sa Vénus en plâtre au jet d’eau, avant-hier, et il avait l’air de se demander ce que je faisais là, dans sa rue sans passage au bord des champs – le crâne rasé ne passe pas inaperçu dans tous les lieux que j’affectionne, hélas).

En tout cas, je reviens aujourd’hui à la rubrique L’art avec une pièce particulièrement admirable, au point que j’ai tenu à la présenter ici dans un dispositif de dévoilement (appelons cela une scénographie, mais oui, ne craignons pas les grands mots) que j’estime digne d’elle. D’une part, il s’agit d’art ferroviaire, soit une sous-catégorie relativement rare (vous en trouvez un bel exemple sur la septième image de Encore une voie ferrée (3)), et d’autre part il s’agit d’art outsider dédié aux Mickeys permanents (à l’inverse des Mickeys maison temporaires dont nous avons vu qu’ils fleurissent sur de nombreuses fenêtres pendant les fêtes de fin d’année ; parmi mes Mickeys permanents préférés dans les alentours, My friend Gou et ce véritable Mickey de Lomme Délivrance). De quoi me faire largement pardonner, vous l’admettrez, ma négligence des dernières semaines.

L’art (46)

Nous avons déjà eu l’occasion ici d’effleurer la vaste question de l’art des ronds-points, très riche dans la région (mais je tiens à signaler qu’il est également très vigoureux en Vendée – ne nous reposons pas sur nos fiertés locales). Aujourd’hui, c’est sur une spécialité dans la spécialité que je veux m’attarder un instant : l’art des ronds-points de parcs d’activité. Ici, le rond-point du P.A. L’Orée du Golf, à Ronchin, limite Lezennes. C’est l’art de l’arrière-monde, modeste, géométrique, quasiment monochrome. Admirez…

La Roche-sur-Yon (3) : l’art des jardins

La Roche n’a rien à envier à la banlieue lilloise en matière d’art. Vous traversez un lotissement et vous êtes au musée.

Le Chalet de l’Ouest est une tradition aussi répandue que le Chalet du Nord et s’accompagne de réjouissantes surprises.

Mais je dois avouer que la région nous bat dans le domaine de la flore, que ce soit dans la catégorie California Dreaming (l’on y trouve des palmiers par milliers) ou dans celle que j’appelle volontiers, les fidèles de ce blog le savent, Imagin’Hair : ici, l’on taille les arbustes en boule, en cône, en cylindre, avec une précision rare. Ici, de jolies petites sphères devant ma maisonnette.

L’art (45)

L’une de mes œuvres préférées, assurément, dans les collections privées de la métropole lilloise. Elle pourrait être la cousine sirène de celle que je vous présentais en février 2017 dans L’art (4). Elle se trouve à la Canteraine, sans vouloir dénoncer.

Double dédicace

Hier soir encore, au Liquium, les discussions voletaient comme des étincelles sur un feu de camp ; il ne manquait que le sosie d’Anna pour que le mardi soir soit complet. Parmi les déclarations qui m’ont le plus réjouie, celle-ci, pour le moins sibylline, de notre amie Valérie : « Je trouve ça beau, un vrai âne ». Nous (les autres) avons tenté d’imaginer à quoi pouvait ressembler un faux âne. Je dédie l’âne ci-dessous, trésor de l’art rupestre lezennois, à Valérie mais aussi à Roxie, notre archéologue, dont on connaît par ailleurs la familiarité avec l’âne égyptien antique.

L’art (44)

J’ai conscience que mes dancing chickens risquent de vite vous lasser, comme l’ont peut-être fait en leur temps mes Rideaux et Voilages ou mes zéphyrs embrasés. Mais, ainsi que je l’écris dans La vie effaçant toutes choses (en librairie dans trois semaines), « Le cerveau est fascinant, il nous mène exactement où il veut, et nous y ramène par les voies les plus inattendues quand nous avons la légèreté ou la prétention de regarder ailleurs. On ne régurgite pas une obsession, elle s’échappe par tous les pores à la première occasion, et tout ce que nous vivons et observons l’alimente. » Tenez, ce matin je m’en vais courir avec la ferme intention de détourner la tête chaque fois que je croiserai l’ombre d’un danseur pour mieux chérir chaque détail du réel profus qui se présentera à mon appareil perceptif ; je laisse même DG à la maison. Mais quand j’aperçois une œuvre d’art dans un jardin, jugez par vous-même :

Un angelot guitariste ! On ne pourra pas m’accuser de l’avoir cherché, il m’est littéralement tombé du ciel. Et comme il jouait du drone doom, en l’occurrence une version personnelle plutôt habile de Snakes vs. Rats, que voulez vous ? Anna et moi avons dansé (non, Fanny, Anna Meredith n’est pas mon amie imaginaire, c’est simplement la compositrice qui m’accompagne bien souvent dans mon casque, ces jours-ci – oui, il y a eu délation ; c’est pas michto michto, petit chat, mais c’est comme ça).

The Bug Vs Earth : Snakes Vs Rats

L’art (43)

Rue de l’Université, à Ronchin, l’on prend très au sérieux cette noble discipline qu’est l’art paysager, l’on travaille le détail ; impossible de restituer la profusion d’éléments qui, en un seul jardin, enrichiraient nos rubriques préférées, parmi lesquelles Chalets du Nord et Zéphyrs embrasés, aussi ai-je choisi de mettre la lumière sur ce que je tiens pour la pièce maîtresse cuivrée (oui) de cette collection en plein air. Je vous laisse deviner le reste, à peine suggéré sur cette photo.