Maubeuge (6) : la faune

Je dois admettre que je suis satisfaite de cette photo, une photo en couleurs qui pourrait passer pour du noir et blanc, ces poissons que l’on devine à peine. Parfois la lumière nous offre des cadeaux que l’on ne découvre qu’après coup, une fois l’image transférée sur l’ordinateur.

Nous avons rencontré cette chèvre roséenne terriblement affectueuse entre deux tronçons de voie ferrée à l’abandon ; il faut emprunter un petit chemin en pente et, juste avant de s’engouffrer dans le tunnel sous l’autoroute et de traverser les voies encore en activité pour atteindre les champs, l’on caresse un moment cette biquette, qui secoue les oreilles de plaisir. On est presque triste, ensuite, de l’abandonner à sa pâture – même si l’on se rassure qu’elle soit entourée d’amies poules.

La faune, dans le Val de Sambre, n’est pas très différente de celle que l’on observe dans la métropole lilloise. Il y a de l’aigle et du lion.

Quelle ne fut pas ma surprise quand, sur la Sambre, devant les Provinces Françaises de Maubeuge, je découvris un club de lecture aviaire qui venait de mettre mon recueil Je respire discrètement par le nez à l’ordre du jour. Il y est beaucoup question de canards, hérons et poules d’eau, ce que les membres du club ont beaucoup apprécié. Je me réjouis qu’ils y aient puisé des idées pour instiller un peu de fantaisie dans leur vie.

Il me semble évident que les trois canards ci-dessus ont découvert les joies du surf grâce à cette page de mon recueil :

La peau

j’ai mes genoux des grands jours
pochés et pelés
nous avons bien dansé encore
une fois au bord
d’un nouveau précipice
pauvres corps vieillissants
faisandés dedans
nous avons gesticulé pour
défier la mort cependant
que nous râpions nos genoux
sur son indifférence

ce midi les champs scintillent
sous le ciel changeant
mes cheveux gouttent
mon visage ruisselle
sur mes lèvres en perles de sel
il n’y a vraiment que nous ici

je cours dans les ombres étroites
des rues estivales pourtant
jamais ma peau n’a présenté
une teinte si dorée
je la regarde avec étonnement
comme si ce n’était pas la mienne
et que ce n’était pas moi dedans
– cette dense masse de silence
épuisée d’avoir essayé
dans des spasmes maladroits
de bruisser un peu parfois

Où suis-je ?

Un seul pigeon par personne – mésanges bleues ou charbonnières admises (une seule par candidat également). Que votre oiseau soit le premier à m’apporter la bonne réponse et vous gagnerez un élastique à cheveux des années 1985 (l’une ou l’autre*).

* Nos expériences guère nietzschéennes sur l’éternel retour s’étant quelque peu enlisées là.

Zéphyrs embrasés (17)

sur Rideaux et Voilages

Vous réclamiez bruyamment de nouveaux zéphyrs et il est vrai que je n’en avais pas posté depuis longtemps, notamment parce que je n’en avais pas découvert depuis longtemps. Des moissons de cœurs ont succédé à des moissons de zéphyrs, sans doute dois-je en incriminer mon seul œil – sans doute nos concitoyens n’ont-ils pas cessé brutalement d’embraser leurs fenêtres et jardins de zéphyrs…

Ce n’est pas moi qui ai censuré cette image d’un carré blanc, je tiens à le préciser : c’est la lumière. En ce qui me concerne, j’ai une tolérance sans limite : rappelez-vous les zéphyrs sacrément embrasés que j’ai osés ici.

Un samedi à Hergnies

(Qui dit grand jardin dit grande oie.)

(Convient également à la rubrique « L’art ». C’était assurément le jour du trompe-l’œil mais, vous pouvez insister autant que vous voulez, vous ne verrez pas nos têtes dans celui de Wiers, de l’autre côté de la frontière – à savoir de l’autre côté du ruisseau.)

(Ailleurs, l’herbe est plus verte, c’est bien connu.)

Trouvez l’intrus (2)

Vous êtes nombreux à vous rappeler avec émoi mon bestiaire de Wattignies et son fauve terrifiant. Pour vous, ce petit jeu concours sans enjeu autre que le pigeon : je ne renvoie que les volatiles porteurs de bonnes réponses et donne les autres à mon chat. Vous êtes prêts ? Trouvez l’intrus…

(Avenue de Muchembus, Sequedin.)

(Rue Léon Trulin, Lambersart.)

(Rue Jeanne Lavallard, Lomme.)

(Rue Gutenberg, Lille.)

(Rue du 20ème Siècle, Lomme.)

(Rue de la Fontaine, Verlinghem.)

(Rue de Lambersart, Saint-André-lez-Lille.)

(Rue Championnet, Lille Bois Blancs.)

(Rue du Mont à Camp, Lomme.)

(Chemin Pierre Clément, Marcq-en-Barœul.)

(Rue du Hem, Sequedin.)

(Du côté de Verlinghem – j’étais perdue dans les champs.)

L’ambition

le monde tombe en poussière d’atomes dès
que j’essaie de l’étreindre pourtant il faut
me dit-on, payer mon tribut pour justifier
d’être assise à sa surface cendreuse il faut

sourire à son illusion et courir dans le sens
du maillage il faut vouloir exister toujours
plus fort dans des yeux qui ne me sont rien

pour qu’ils me réverbèrent l’illusion de
ma propre lumière, c’est ce que l’on me dit

mais je préfère photographier des rideaux

Oiseaux et apophénie

J’avais dit assez d’oiseaux pour la journée mais regardez qui j’ai croisé ce matin en courant :

Et je ne parle pas du cochon… Alors, coïncidence, signe ? Vous vous doutez de quel côté balance mon esprit. J’ai donc décidé d’en rajouter. Voici des faucons.

Lawrence English ‎: The Peregrine, face A

Et Lawrence English en fauconnier (photo non créditée, sorry…)