In the upper room (48)

L’église Saint-Martin de Liévin vous accueille dans un esprit didactique. D’abord, Jésus vous explique sa passion comme une hôtesse de l’air feint de tirer sur les cordons d’un gilet de sauvetage ; on peut presque l’entendre dire, Alors on place les bras comme ça, etc.

Sur le mur extérieur de l’abside, quelqu’un a judicieusement indiqué, pour l’édification de tous, qui est le maître des lieux. Nous rejoignons le principe des panonceaux canins étudiés ici en 2016, alors que les rubriques de ce blog n’étaient pas encore clairement définies – rappelez-vous Gypsy et ses amis. Plus spécifiquement, il est ici question de mystère, car si Dieu est dans Sa maison, on Le devine sans véritablement Le voir, ce en quoi il est permis de Le rapprocher du Double Jacky que je vous présentais ici.

Un pédagogue (le même ? pourrions-nous imaginer qu’il s’agisse de Jésus himself ?) a également trouvé bon de préciser quelques faits historiques peu connus dans le bassin minier ; hélas, sans vouloir verser dans le conspirationnisme, les forces au pouvoir ont essayé de le museler en faisant appel à la brigade anti-tags. Si celle-ci s’était montrée plus perfectionniste, nous ne pourrions plus déchiffrer les traces de la vérité : cette église a été détruite PAR LES ALLEMANDS. Eh oui.

L’art (53) : Trio(s)

Deux de ces photos ne sont vraiment pas de saison mais, pour ma défense, j’attendais depuis le 12 février d’avoir un trio de trios à vous proposer, circonstance qui s’est présentée aujourd’hui – contrairement à vous, je suis patiente. Vous objecterez que je pourrais retourner in situ pour refaire ces photos de manière à ce qu’elles soient plus en accord avec la lumière et la végétation de votre ici et maintenant, mais il se trouve que je n’aime pas photographier deux fois la même chose, de même que je n’aime pas suivre deux fois le même itinéraire : parce qu’il y a tant d’autres choses à voir. Vous aurez donc deux trios hivernaux (quoique non équipés pour les frimas), l’un de femmes et l’autre d’enfants (à moins qu’il ne s’agisse d’anges, auquel cas leurs ailes doivent être sacrément froissées), et un trio de dauphins tout frais du jour.

(Lille, Marcq-en-Baroeul, Loos.)

Votre préféré

Je n’ai pas beaucoup de temps à vous consacrer aujourd’hui mais je vous envoie un peu de douceur (et par la même occasion un bon tuyau – si vous vous posez la question, Toutounet prend soin de votre préféré à Tourcoing).

Rotterdam : Dancing Chicken & the Ducks

À Rotterdam, l’omniprésence de l’eau amène de nombreuses populations aviaires à partager l’espace urbain avec les humains – les humains y sont en l’occurrence très souriants et les oiseaux pas très farouches. Ci-dessous, une troupe de canards danseurs particulièrement accueillants : lorsque nous sommes arrivées à Stootblok, nous avons aperçu cette bande d’amis qui somnolaient entre une barre de type HLM et le quai Binnenhaven, et tous se sont levés pour s’avancer vers nous puis, alors que nous allions les rejoindre, se sont disposés comme vous pouvez le voir sur la photo. Une véritable invitation. Alors nous nous sommes postées chacune d’un côté du groupe et nous avons dansé en ligne avec nos amis canards, en tapant dans les mains et lançant des Yeehaw ! Les habitants des alentours ont semblé apprécier cette performance – vous me pardonnerez de ne pas l’avoir filmée pour vous : j’étais pleinement dans l’instant, comprenez-vous. Cette circonstance me permet en tout cas de renouer avec la rubrique Dancing Chicken, délaissée depuis plusieurs mois pour d’évidentes raisons d’atonie posturale en contexte festif (je danse de nouveau dans les champs et avec les canards, c’est déjà bien).

Je ne prétendrai pas qu’à Rotterdam, l’on danse avec tout ce qui vole. Mais on peut aussi passer un bon moment entre amis autour d’un café.

Ou juste saluer une connaissance qui traverse le port devant le building New Orleans.

Ou échanger quelques mots de néerlandais : « Hoe gaat het met u ? » nous enquerrons-nous. « Rustig », répond l’oie.

– Hoe is et water ?
– Op de perfecte temperatuur.

Hippocampe

Vous êtes nombreux à me demander ce que sont 23,5 km en forme d’hippocampe. J’ai donc tracé mon itinéraire de ce matin sur une carte en ligne bien connue puis je l’ai photographié à travers une feuille de papier calque collée à mon écran par le seul bord supérieur. Alors, vous voyez ? Moi, j’appelle ça un hippocampe.

Je monte la garde

Comme promis dans le précédent billet, Dame Sam attend vos pigeons de patte ferme et en couleurs. Elle a accepté que je la prenne en photo à condition que ce soit en ombres chinoises sur nos Rideaux et Voilages. Elle dit, Admirez le profil.

Grand Jeu Concours : faune des villes et de presque la campagne

Trouvez lequel des animaux ci-dessous n’a pas sa place dans le bestiaire du jour et gagnez par retour de pigeon un grelot que vous pourrez accrocher au collier de votre chat, de manière à ce qu’il cesse de vous offrir des oiseaux, souris et autres lézards en mauvais état, pour ne pas dire en puzzle, quand vous rentrez d’une longue journée où une faune bien plus effrayante encore, dite espèce humaine, a déjà suffisamment éprouvé votre système nerveux.

(L’intervention très énergique de cette oie m’a rappelé l’une de ses cousines de Ploegsteert, rencontrée l’été dernier.)

(La vache au premier plan, 5859, est une copine, je l’ai rencontrée à Noyelles-les-Seclin, à mon retour de la Roche-sur-Yon ; pour mémoire, je vous l’ai présentée ici.)

(Ces poulettes loosoises font une danse des fesses pour me provoquer ; c’est tout à fait puéril – Antique et Claire font la même quand elles gagnent une manche de belote. Puéril.)

(Ce chien fait du boniment pour un salon de toilettage à Wattignies.)

(Les lièvres se font toujours prier, c’est ainsi ; il faudrait sans doute les payer pour se prendre en photo avec eux, comme avec des pères Noël de galerie marchande. Ici, un bel ombrageux de Vendeville.)

Dans un billet à suivre, vous découvrirez ma photo animalière la plus réussie des dernières semaines, selon mes critères quelque peu décalés.

Plat ventre (2)

Nous y sommes retournées, à quatre cette fois, et nous avons retrouvé nos trois amis lièvres ; Liz nous a fait jouer à Gazelle Twin. Elle disait qu’on ne le faisait pas correctement, mais ce n’est pas si facile – surtout pour moi, sans cheveux ni capuche, j’ai dû prendre un air peu commode mais elle trouvait que j’étais mauvaise comédienne, bref, à la fin Anna et Karen boudaient un peu et me laissaient faire toute la conversation, et les lièvres se sont éloignés sans dire au revoir. Du moins avons-nous brisé la symétrie, rétabli le désordre des nombres premiers. Les pavés étaient chauds sous nos sept corps, puis l’on se relevait dans le vent froid et c’était comme si l’on plongeait dans un lac de montagne.

(D’après la photo de Liz « Gazelle Twin » par Tash Tung. Ok, elle le fait mieux que nous, mais elle a plusieurs années d’entraînement.)