Bientôt ici

Vous êtes nombreux à me rappeler les promesses que je vous ai faites, ici-même, avant ma parenthèse new-yorkaise. Vous ajoutez que New York, c’est bien joli mais tout le monde en parle déjà, tandis que Villeneuve-d’Ascq est boudée sur un large plan international. Je ne puis qu’acquiescer. C’est pourquoi je vous annonce aujourd’hui, après avoir récupéré quelques neurones et la force musculaire minimum requise par la course à pied (merci à Temesta ® et à ma couette chauffante Dame Sam), un reportage d’une semaine dans la grande tradition de mes National Geo, sur la ville nouvelle que j’aime tant. C’est décidé, la semaine prochaine, je vous emmène à Villeneuve-d’Ascq.

Suivez le monsieur au chapeau.

N’ayez pas peur.

L’on croise peu d’êtres humains sur les euh, trottoirs, mais c’est plein de gentils canards.

Turtle dream

Ce matin, en courant, j’ai trouvé le cadeau idéal pour Meredith. Elle a une collection de tortues (+ une vraie, Neutron) et celle-ci aurait fait une belle table basse dans son loft, mais je n’ai pas réussi à la soulever, d’ailleurs j’avais déjà un lot de six moustaches dans une poche et des mouchoirs en boule dans l’autre. Zut alors.

Des hiboux

Mais avant toute chose, un extrait radicalement caviardé de mon manuscrit :

« Il entre malgré tout, dans ma complicité avec Stéphanie, un processus mental que l’on pourrait qualifier de pensée magique. (…) Tu sais pourquoi le hibou est heureux ? me demande-t-elle, un midi que je pleure de ne pas être auprès d’elle. Parce que sa femme est très chouette. (…) L’après-midi (…), j’en vois deux : l’un est une statuette mystérieusement posée sur les marches d’une église aux allures de temple grec insérée entre deux maisons, dans une rue étroite de Greenwich Village ; le second est un détail d’une grande fresque, à Brooklyn. Quand je fais part de cette curiosité à Stéphanie, elle me dit, Tu vois ? tout ira bien. »

Ce matin, j’en ai rencontré un troisième en courant.

Celui-ci ?

Il dit qu’il serait content de venir chez vous, il s’appelle Tabasco parce qu’il a un caractère de feu, il parle bien le français mais il met tout au féminin – Passe-moi la sel, La soleil tape bien aujourd’hui, etc. (Excusez-moi, je cherche un écureuil pour mes parents mais ils ont des goûts très précis en la matière.)

Bestiaire de Brookyln (2)

Comme vous et moi, Brooklyn aime les animaux, pas seulement les animaux communs dans les villes, tels que lions, aigles, cygnes ou écureuils. Comme le prolétaire de la métropole lilloise, le Brooklynien aime les chevaux ; comme le bobo de la métropole lilloise, le Brooklynien aime les flamands roses ; mais le chameau, ça, ça vous scotche, hein ?

Quelques précisions au sujet des lions de Brooklyn

Certains lions de Brooklyn sont accablés de fatigue.

Certains sont en colère – c’est plus rare dans la métropole lilloise, si l’on fait exception du terrible fauve de Wattignies (rappelez-vous, ou bien cliquez ici).

D’autres sont heureux et très fiers parce qu’ils ont des maîtres qui les aiment assez pour les peindre et leur offrir la compagnie d’un aigle.

Je précise que les lions sont absents des quartiers chic évoqués plus tôt, Brooklyn Heights ou Dumbo, pour preuve que le lion a bien sa place dans la catégorie Kitsch & Lutte des classes.

Bestiaire de Brooklyn

Vous seriez sans doute nombreux à me reprocher mes parallèles entre Brooklyn et la métropole lilloise, si vos pigeons avaient assez d’endurance ; je suis sûre que le coup des lions, aigles et zéphyrs embrasés de portails vous a fortement froissés. Pour me rattraper, je veux bien concéder quelques espèces à ma connaissance endémiques, à savoir les éléphants de poteau, les taureaux de cour et les cygnes d’escalier. Vous êtes contents ? Tant mieux, je n’aurai pas couru pour rien ce matin.

Bedford Stuyvesant

Hier je suis arrivée dans mon appartement de Brooklyn vers 4h du matin, heure française ; je me suis levée à 6h, heure locale et j’ai fait mon premier footing à Brooklyn. Mon quartier, c’est Bedford Stuyvesant, dont voici trois vues – les deux dernières, c’est ma maison, je suis au premier étage.

Brooklyn, pour ce que j’en ai vu ce matin, c’est des centaines d’églises et de centres religieux, plusieurs par rue, parfois des avenues entières (Utica, par exemple).

Et puis je dois quand même vous signaler, quitte à vous décevoir, que l’on trouve au moins autant de lions, aigles et zéphyrs embrasés de barrière à Brooklyn que dans la métropole lilloise. Kitsch et lutte des classes, une vérité universelle ?

Comines-Warneton (6) : la faune

Je promettais, dans « Comines-Warneton (2) : une voie ferrée », de vous présenter les merveilles de la faune qui agrémente les abords de la charmante ligne unique. Nous longions cette dernière, séparées d’elle par une étroite bande de verdure, quand des dizaines de poules se sont précipitées vers nous, leur petit ventre rebondi se balançant avec grâce. Seuls éléments nonchalants de la bande, ces deux individus à la plume fringante.

Cent mètres plus loin, des chevaux se débattaient pour chasser les mouches. La détresse de ces animaux, nous ne voudrions pas l’observer dans notre propre jardin, aussi avons-nous renoncé à acheter cash la villa décrite ici, car qui dit boxes dit chevaux, pour nous qui tâchons de nous plier à la fonction que l’usage assigne aux objets et constructions. Tant pis.

Je n’ai pris aucune photo des panonceaux canins qui fleurissent les fenêtres de Comines-Warneton car ils sont en tout point identiques à ceux que l’on trouve dans le banlieue lilloise et que j’ai abondamment commentés dans la rubrique Faune des villes de ce blog. En revanche, je n’aurais pu vous priver de ce joyau, dont vous apprécierez tout autant la cruauté que l’esthétique.

Sur le canal Comines-Ypres, nous avons observé deux types de poules d’eau : les poules d’eau-Jésus qui marchent sur les lentilles d’eau et celles, plus prudentes, plus conventionnelles aussi, qui utilisent les aménagements du territoire pour se déplacer.

(Cette photo est très floue, je sais ; ne vous plaignez pas, vous n’avez encore rien vu.)

Mascottes aviaires

Vous admirerez que les villes de Marquette-lez-Lille et Villeneuve-d’Ascq utilisent la flore pour figurer la faune. Il y a beaucoup plus de profondeur dans la conception de cet art municipal que ne l’imaginent les automobilistes dangereusement perturbés par l’aspect imposant de ces mascottes aviaires – le héron de Villeneuve-d’Ascq, notamment, niche sur un rond-point.

Mascotte aviaire de Marquette.

Mascotte aviaire de Villeneuve d’Ascq.

Mascotte aviaire de Wattignies.*

* Ça, c’est parce que l’usine La Pie qui Chante se trouvait autrefois à Wattignies, comme en atteste cette publicité déteinte sur une façade de la rue Clemenceau.