Encore un Grand Jeu Concours

Pour gagner un paquet de pâtes alphabet périmées depuis 1994 mais tout à fait utilisables dans le cadre de vos loisirs créatifs, c’est très simple* : trouvez de quelle musique est tirée la phrase ci-dessous.

And when the planet hit the sun
I saw the face of Allison

1. The Planets, de Gustav Holst
2. The sun is an old friend, d’El Perro Del Mar
3. Space (I believe in), de Pixies
5. Allison, de Pixies
7. Astral Travelling, de Pharoah Sanders
11. Space is the place, de Sun Ra
13. Tomi Tomi, de Kanui & Lula

Vite, à vos pigeons !

* Jeu interdit aux tricheurs. (Don’t even compete ; anyway – que ce soit clair pour tout le monde – les frais de port ne sont toujours pas pris en charge.)

Je reviens

Je parlais avec Anton ; son accent de l’est était aussi prononcé que mon accent français et nous ne cessions de nous faire répéter des mots ; cette circonstance ne faisait qu’épaissir l’ennui de nos échanges et je m’apprêtais à partir. D’une brève exclamation, Hørdis a coupé Anton au milieu d’une phrase. Elle fixait un point derrière moi. J’ai tourné la tête pour voir ce qu’elle regardait, ignorant que ma vie suivrait cette rotation et basculerait sans que je puisse rien faire pour la remettre dans son axe. J’ai dit, Excusez-moi, je reviens, et je ne suis pas revenue.

Je pense que ce basculement et d’autres (comme il s’en produit tant, de relative ampleur) seront au cœur du roman que j’écrirai bientôt, dès que j’en aurai fini avec les corrections de mon recueil de nouvelles, à paraître à L’Olivier en 2018 (mon livre le plus désespérément sombre à ce jour) et avec mon projet sur Meredith Monk.

Des brutes

C’est tout ce que vous dites, tout ce que vous ne dites pas ; c’est tout ce que vous faites, tout ce que vous ne faites pas. C’est le silence, le vacarme, la nuit de vos yeux, la langue que je parle et que vous ne comprenez pas, c’est la manière dont vous détournez la tête quand je parle la langue que vous ne comprenez pas. C’est devoir, malgré tout, vivre au milieu de votre horde disparate. C’est une femme qui me renverse et m’adresse, derrière son pare-brise, tandis que je ramasse mon vélo, un signe que je décrypte très bien : N’en faisons pas une histoire. C’est notre rire d’âmes perdues dans la nuit glacée où ondule la fumée de nos cigarettes. C’est l’enfant que je vois dans les yeux qui voudraient me séduire. C’est la fragilité des limaces. C’est un monde de brutes pour les limaces et nous. Mais j’écoute Meredith Monk, et Annie Gosfield, et Bérangère Maximin, et Sonic Youth (toutes choses qui, hélas, font peur à mon chat), et je cours sans fin, et j’écris des choses que personne n’a envie de lire, et mes amis dorment quelque part, près de ma fenêtre allumée. Ça va.

Sonic Youth : Slaapkamers Met Slagroom

Nombreuse et en bonne compagnie / le retardateur

Ce matin, en courant, j’ai aperçu un arbre empaqueté dans le jardin des plantes ; je passais en dehors du jardin, près de l’observatoire, mais je suis entrée pour voir de plus près cette imposante masse blanche qui m’évoquait un monument post-moderne. C’est alors que j’ai eu la dernière idée stupide qui, je l’espère, va m’occuper un moment. J’ai inauguré un nouveau champ d’application à mon précepte selon lequel ce n’est pas parce que je fais toujours tout toute seule que je n’ai pas le droit de m’amuser comme les autres. Aujourd’hui, avec mon retardateur, c’était de nouveau comme si j’étais plusieurs et en bonne compagnie. Alors quoi ? Alors j’entame une nouvelle série, que j’intitule bien logiquement Nombreuse et en bonne compagnie. Pour commencer, une photo des années soixante-dix, où je pose devant mon propre objectif, fière comme on devait l’être devant un paysage exotique à l’aube du tourisme de masse.