Prière n°13 + annexes

ANNEXES

1.
Depuis que j’ai expliqué à mes amies ma théorie de la manche pour rien, exposée ici, nous avons férocement envie de jouer à la belote ; ce que nous avons décidé de faire ce soir. Ma partenaire sera mon amie Valérie. Hier, elle a envoyé cette photo sur le fil de discussion que nous partageons avec nos adversaires, disant que ce valet, rencontré dans la rue, était de bon augure (ce à quoi je ne puis qu’acquiescer).

Je pourrais profiter de cette prière pour demander une victoire flamboyante à la belote de ce soir et sur les nouvelles complications que me soumet la vie, mais non, je demande juste à continuer de m’amuser même si je perds, même si ça ne se passe pas comme mon esprit déformé par la création romanesque aimerait pouvoir l’envisager.

2. Pour ma part, ce n’est pas un valet que j’ai rencontré ce matin mais un chat, alors que je collais la prière n°13 sur une barrière. Le chat se frottait à mes mollets et à mon sac*, se roulait par terre en ronronnant. J’étais triste de devoir lui dire au revoir pour reprendre ma route, mais j’ai promis que je reviendrais lui dire bonjour de temps en temps.

* Oui, je cours désormais avec un sac ; contrairement à ce que peut laisser croire la photo b. de cette prière (prise il y a un mois), il fait désormais trop chaud pour que je coure avec un vêtement qui comporte une capuche et donc je n’ai plus de boîte à gants intégrée. Aussi dois-je transporter mon matériel de course à pied dans un tout petit sac, que je sens à peine sur mon dos – voici le strict minimum, auquel il faut ajouter des mouchoirs, et que rejoignent à l’occasion mes trouvailles du jour :

prière n°12

J’aime glaner en cours de route des éléments qui serviront mes processus réversibles et patenôtres ; généralement, je les range dans ma capuche mais aujourd’hui ça n’a pas été possible. « Les gens ne te regardent pas bizarrement quand tu cours avec ton rouleau de scotch ? » me demandait-on justement ce matin. Eh bien, pas autant que quand je cours avec un carton à la main.

Prière n°11

Pour Pâques, je me suis offert 1h30’45 de beauté dématérialisée, à savoir les deux volumes de Music for Church Cleaners, de Áine O’Dwyer (ainsi vais-je pouvoir l’écouter ad lib. dans le train, le métro, l’avion, en courant, en écrivant, pour alterner avec mes autres obsessions musicales du moment, parmi lesquelles Karen Gwyer, qui rime plutôt bien avec Áine O’Dwyer, quoique leurs registres soient, pour une oreille docile – ce que n’est pas la mienne – plutôt éloignés). C’est du field recording, dans la mesure où l’on entend ce qui se passe dans l’église, notamment le passage de l’aspirateur (le titre de l’album n’est pas usurpé), ce dernier se mariant d’ailleurs très bien avec l’orgue. Vous pouvez entendre ici l’intégrale de cette merveille, avant de la télécharger légalement , puisqu’on ne la trouve nulle part ailleurs :

Prière n° 10 (avec petit c en couleur*)

cet après-midi j’ai couru avec Anna Meredith
dans la lumière explosive de la banlieue sud-ouest
qui gâchait toutes nos photos
jusqu’à ce que nous décidions de jouer
avec elle – ce fut une exultation de
jouer avec la lumière au milieu des champs
où personne ne nous aurait entendues crier
oh c’était rassurant d’être à deux :
nous avons bien ri, Anna Meredith et moi
surtout quand nous nous sommes perdues
un long moment nous aimons tellement ça
puis nous sommes rentrées toutes boueuses
d’avoir levé les jambes et prié le Jésus**

* Je numérote ainsi les patenôtres : prière n°X petit a / petit b / petit c. La prière est un exercice qui requiert la plus grande rigueur.
** J’ai trouvé cette expression tout à l’heure et je l’ai adoptée temporairement : ça change, j’aime bien le changement.

Anna Meredith : R-Type (eh oui, encore)

Prière n°9

Dans Une méditation, je vous ai promis qu’une prière suivrait. La voici déjà – vous ne prétendrez pas que je vous fais languir… J’ai repris la phrase qui m’est venue spontanément hier au réveil, « Qu’est-ce que vous voulez ? me promener indéfiniment dans votre petit train touristique ? » Elle est floue sur cette photo, je sais, mais je vous rappelle que la première image de mes prières/triptyques est juste une trace de la véritable performance poétique, qui consiste à laisser se désagréger des phrases dans l’espace public* alors laissez-moi tranquille, ok ? Non seulement il faut toujours tout vous expliquer mais en plus vous êtes vraiment désagréables.**

* Étonnamment, certains des premiers sont encore lisibles, malgré de généreuses intempéries.
** Vous êtes frustrés de ne pas mieux voir ce Christ de carrefour sur son Golgotha ? Avant que vous ne lâchiez une plume de pigeon, sachez que vous le verrez de plus près demain dans les Upper rooms & kitchens (oui, je spoile, ça vous apprendra).

Prière n°6 : sort et ressort

Aujourd’hui, rien ne s’est passé comme je le voulais quand j’ai entrepris de faire cette prière : la tempête, la police, un camping-car et autres éléments variés ont ruiné quelques-uns de mes plans. Je me suis dit que le sort s’acharnait contre moi et, m’entendant le penser, je me suis révoltée contre moi-même : Le sort, ça n’existe pas, Fanny, me suis-je tancée, c’est à toi de trouver des solutions, de montrer que tu as du ressort. Déplace les lignes sur ton story-board, fais preuve d’imagination et observe bien ce qui t’entoure, il y a forcément autre chose à faire. J’ai bien fait de m’écouter. La voici, cette foutue prière, merde.

Prière n°4

Hier nous avons rencontré deux jeunes femmes très sympathiques, Elvire et Laurence. J’ai parlé de Dieu avec elles en jouant aux fléchettes. C’était approprié. Je crains que les lancers de Joellyne et Brigitte n’aient détérioré le mobilier.