processus réversible n°6

Notez que cet escalier mène à des voies ferrées ; son accès, comme vous pouvez le voir, est interdit par une grille. Il faut pourtant le descendre pour pouvoir accéder à une ancienne friche ferroviaire de 13 hectares devenue un parc méconnu qualifié par la plupart des bienheureux qui ont pu y mettre les pieds de « jungle urbaine », où paissent chèvres, moutons et poneys. Parce que ce parc est serti entre trois lignes de chemin de fer encore utilisées (c’est littéralement un triangle), l’on ne peut y accéder qu’accompagné par le personnel autorisé. Depuis que j’ai appris l’existence de ce lieu (merci Sarah) je peste contre cette infantilisation bien française. Les voies ferrées, je m’allonge dessus : je peux bien les traverser. Alors pourquoi n’ai-je pas le droit de visiter cette friche sans un employé municipal ? Pourquoi pas une visite groupée avec des familles en panoplie de randonnée, tant que vous y êtes ? Je cherche des volontaires pour s’insurger avec moi contre cette aberration – ou pour un commando clandestin. Me contacter par la voie habituelle ; vous seriez bien avisés de masquer vos pigeons pour l’occasion.

Processus réversible n°5

Une dame qui travaillait sur le chantier voisin a suivi tout le processus réversible avec grand intérêt en fumant sa cigarette sous son casque orange : je range mes gants dans ma capuche, je fais glisser l’élastique du petit cylindre que forment les différentes phrases du jour dans ma poche, trouve la bonne, prépare le scotch, cherche un angle avec mon appareil photo, range tout et repars d’une foulée conquérante. La plupart du temps, j’aime bien qu’on me laisse tranquille, mais la dame au casque de chantier était d’aimable (et très brève) compagnie (tout ça ne dure qu’une minute), ça va.

Processus réversible n°3

aujourd’hui j’ai ressenti quelques picotements de bonheur
malgré le manque
était-ce d’être derrière avec l’endorphine ?
j’ai rangé le scotch dans ma poche et repris ma foulée
et j’ai senti que je souriais
derrière Lidl Wattignies