L’ambition

le monde tombe en poussière d’atomes dès
que j’essaie de l’étreindre pourtant il faut
me dit-on, payer mon tribut pour justifier
d’être assise à sa surface cendreuse il faut

sourire à son illusion et courir dans le sens
du maillage il faut vouloir exister toujours
plus fort dans des yeux qui ne me sont rien

pour qu’ils me réverbèrent l’illusion de
ma propre lumière, c’est ce que l’on me dit

mais je préfère photographier des rideaux

Zéphyrs embrasés (13) – ou plus tellement

Les oiseaux de Rideaux et Voilages ne sont pas à l’abri de l’usure. Rue de Cassel, ci-dessous, l’on préfère ainsi détourner le regard que d’assister aux effusions de la rue Aristote (encore en-dessous), assez torrides pour générer de la buée.

Fun Lovin’ Criminals : There Was A Time

et son magnifique sample de :

Wilma Burgess – I Don’t See Me In Your Eyes Anymore

Down by the riverside

Pour Vous remercier de m’avoir accordé tant de zéphyrs embrasés en ce dimanche matin où (en véritable Standardiste de la prière) Vous aviez déjà tant à faire, Notre Père qui êtes aux Cieux et aux manettes, en offrande, ce touchant spécimen de Rideaux et Voilages, accompagné d’un gospel. C’est bien le moins que je puisse faire.

Sister Rosetta Tharpe : Down by the riverside

Clowns de fenêtre

Vous êtes nombreux à me réclamer des clowns de fenêtre depuis la parution, dimanche, d’un billet sur la Poésie. Je dois dire que j’avais plutôt la tête aux zéphyrs embrasés mais après tout je ne suis pas là que pour me faire plaisir, je suis aussi et avant tout à votre service, alors voici du vraiment très laid, la lie du kitsch et lutte des classes, pour votre catharsis. Vous me pardonnerez de ne pas afficher les adresses de ces fenêtres, pour éviter des représailles.

Mais j’y pense, de quelle inconditionnelle des Rideaux et Voilages fête-t-on l’anniversaire samedi prochain ? Il faut absolument que je lui trouve ce modèle extraordinaire :

Pour contrebalancer tant de mauvais goût, un bon vieux tube de La Nouvelle Orléans, par Huey « Piano » Smith & His Clowns, Free Single and Disengaged :

Happy duck

Nous avons ici affaire à un canard heureux, un canard libre ; il va quitter le crochet du Rideau et Voilage, il va, d’un coup d’aile altier, chasser les bonshommes de neige à vélo (sic), s’élever au-delà des roseaux et beyond the edge of the sky comme dans la chanson de Blackalicious, pour danser avec la lumière même. Nous te souhaitons que ce ne soit pas seulement ton jour, canard, mais aussi ton année, ton siècle, ton millénaire.

(Rue Eugène Jacquet, Lille St Maurice-Pellevoisin.)

Blackalicious : First In Flight (Feat. Gill Scott Heron)



Cause all we got is rhythm and timin’
We go beyond the edge of the sky

FREE! Like a bird out in the wind in the night
(…)

Harold sur Voilage

Ceux d’entre vous qui ont lu Je respire discrètement par le nez (bénis soient-ils ainsi que toute leur famille, leurs voisins, la famille de leurs voisins et les voisins de leur famille) savent que je suis amie avec un héron nommé Harold et avec son frère. Vous imaginez quelle fut ma joie lorsque je découvris, en courant, des Rideaux et Voilages leur rendant hommage (quelque peu gâchés par de regrettables résidus de Noël).

(Rue Anatole France, Lomme.)

Pour fêter cette fenêtre, un extrait de Je respire discrètement par le nez qui sent la campagne (électorale).

« En rentrant chez moi ce matin, j’ai croisé le frère de mon ami Harold, qui contemplait mélancoliquement le canal. Je me suis arrêtée pour papoter un peu avec lui.
– Alors, les amours ? lui ai-je demandé.
J’ai toujours pensé que quelqu’un avait dû le faire sacrément souffrir, parce que c’est ce genre de héron un peu négligé, la plume hirsute sur la nuque, le regard éteint et l’aile relâchée.
– Les amours, a-t-il grincé, crois-tu vraiment que ce soit le sujet ?
– Qu’est-ce que tu voudrais faire ? Brûler des poubelles ?
– Très drôle. Mais enfin, il est un temps pour faire passer les causes personnelles après la cause collective, non ?
– Je ne vois pas du tout les choses sous cet angle, ai-je protesté. Je crois bien plutôt que réintroduire la notion d’amour en politique est la chose la plus belle et la plus sensée que l’on puisse envisager pour le peuple.
– Je n’aime pas le mot peuple. Enfin, je ne crois pas.
– On a peur des mots.
– L’ère du soupçon.
– Oui. Bon, je file, j’ai rendez-vous à l’agence pour l’emploi. »

Gil Scott-Heron : The Revolution Will Not Be Televised (eh eh)