Zéphyrs embrasés (17)

sur Rideaux et Voilages

Vous réclamiez bruyamment de nouveaux zéphyrs et il est vrai que je n’en avais pas posté depuis longtemps, notamment parce que je n’en avais pas découvert depuis longtemps. Des moissons de cœurs ont succédé à des moissons de zéphyrs, sans doute dois-je en incriminer mon seul œil – sans doute nos concitoyens n’ont-ils pas cessé brutalement d’embraser leurs fenêtres et jardins de zéphyrs…

Ce n’est pas moi qui ai censuré cette image d’un carré blanc, je tiens à le préciser : c’est la lumière. En ce qui me concerne, j’ai une tolérance sans limite : rappelez-vous les zéphyrs sacrément embrasés que j’ai osés ici.

L’ambition

le monde tombe en poussière d’atomes dès
que j’essaie de l’étreindre pourtant il faut
me dit-on, payer mon tribut pour justifier
d’être assise à sa surface cendreuse il faut

sourire à son illusion et courir dans le sens
du maillage il faut vouloir exister toujours
plus fort dans des yeux qui ne me sont rien

pour qu’ils me réverbèrent l’illusion de
ma propre lumière, c’est ce que l’on me dit

mais je préfère photographier des rideaux

Down by the riverside

Pour Vous remercier de m’avoir accordé tant de zéphyrs embrasés en ce dimanche matin où (en véritable Standardiste de la prière) Vous aviez déjà tant à faire, Notre Père qui êtes aux Cieux et aux manettes, en offrande, ce touchant spécimen de Rideaux et Voilages, accompagné d’un gospel. C’est bien le moins que je puisse faire.

Sister Rosetta Tharpe : Down by the riverside

Clowns de fenêtre

Vous êtes nombreux à me réclamer des clowns de fenêtre depuis la parution, dimanche, d’un billet sur la Poésie. Je dois dire que j’avais plutôt la tête aux zéphyrs embrasés mais après tout je ne suis pas là que pour me faire plaisir, je suis aussi et avant tout à votre service, alors voici du vraiment très laid, la lie du kitsch et lutte des classes, pour votre catharsis. Vous me pardonnerez de ne pas afficher les adresses de ces fenêtres, pour éviter des représailles.

Mais j’y pense, de quelle inconditionnelle des Rideaux et Voilages fête-t-on l’anniversaire samedi prochain ? Il faut absolument que je lui trouve ce modèle extraordinaire :

Pour contrebalancer tant de mauvais goût, un bon vieux tube de La Nouvelle Orléans, par Huey « Piano » Smith & His Clowns, Free Single and Disengaged :

Happy duck

Nous avons ici affaire à un canard heureux, un canard libre ; il va quitter le crochet du Rideau et Voilage, il va, d’un coup d’aile altier, chasser les bonshommes de neige à vélo (sic), s’élever au-delà des roseaux et beyond the edge of the sky comme dans la chanson de Blackalicious, pour danser avec la lumière même. Nous te souhaitons que ce ne soit pas seulement ton jour, canard, mais aussi ton année, ton siècle, ton millénaire.

(Rue Eugène Jacquet, Lille St Maurice-Pellevoisin.)

Blackalicious : First In Flight (Feat. Gill Scott Heron)



Cause all we got is rhythm and timin’
We go beyond the edge of the sky

FREE! Like a bird out in the wind in the night
(…)