Sept tours Kennedy

Vous êtes nombreux à me reprocher de ne pas avoir alimenté notre rubrique National Geo depuis trop longtemps. Promis, mes grands reportages reviendront avec les beaux jours. En attendant, et en complément à mon portait de Loos Oliveaux, publié ici le 19 mai 2017, quelques vues de la tour Kennedy depuis les villes de Loos, Haubourdin, Wattignies, Sequedin et Emmerin. Vous comprendrez pourquoi je dis que cette tour (tout comme l’usine Cargill d’Haubourdin et son sempiternel panache de fumée blanche ou encore, à l’est, la tour hertzienne de Villeneuve-d’Ascq) fait office de Fernsehturm dans notre métropole.

Inouï fun

fun

fun fun

fun fun fun

beaucoup, beaucoup fun
dans l’arrière-monde où l’on peut trouver beaux
ces portiques sans filet
dégagés de leur fonction
simples armatures plantées là comme
les vestiges d’une autre civilisation
dont on ne saurait rien
et surtout pas le sens du ballon

La friche Saint-Sauveur

Une friche peut-être une bénédiction pour une ville. Celle de Saint-Sauveur, c’est 26 hectares d’air et de mystère. Mais plus pour longtemps. Le projet d’aménagement, détaillé ici, devrait bientôt achever d’asphyxier une ville déjà en surpopulation et nous priver de cet espace interlope assez fascinant. Je n’aimerais pas être maire, ni promoteur. Je n’ai que des considérations inutiles et déplacées, de toute façon, partageant la poésie anarchiste qui fleurit sur certains murs d’ici – des murs en décrépitude, bien entendu. Comment renoncer à un si beau paysage, veiné de voies ferrées à l’abandon ? Il y a même une espèce de belvédère où mal s’asseoir, là, le dos tourné à cette sublime désolation, en écoutant passer le métro aérien.

L’arrière-monde (7) : des garages (1)

Je me suis rendu compte récemment que je collectionnais les photos de garages. Quand je cours, des pulsions photographiques me saisissent sans que je cherche à les analyser, je m’arrête, sors l’appareil de ma poche et tâche de cadrer ce que mon œil a isolé dans le paysage. Il n’y a pas toujours un projet plus défini derrière l’acte de prendre une photo. Les garages suscitent souvent chez moi cette pulsion, sans doute parce qu’ils sont une forme d’arrière-monde à part entière, le plus souvent relégués à l’écart, comme s’ils étaient un sacrifice d’espace à la fonction qui seule les définit, loin de toute considération esthétique, mais aussi parce qu’ils sont fermés, opaques. Ils ne montrent rien, ne disent rien. Je les trouve très beaux. En voici sept exemples, piochés dans un réservoir d’images que je constitue depuis des mois, et je trouve intéressant de me rappeler précisément où j’ai pris chacune de ces photos – à savoir, de haut en bas, à Marcq-en-Baroeul, Lomme, Faches-Thumesnil, Haubourdin, Emmerin, Lezennes et Mons-en-Baroeul. Si je ne meurs pas cette nuit, pour citer Petra Pied de Biche, je vous en offrirai bien d’autres encore.

l’arrière-monde (6)

De haut en bas, découvrez l’arrière de Lidl Ronchin ; l’usine Cargill vue depuis la rive gauche de la Deûle à Haubourdin ; la Maison de la petite enfance à Mons-en-Baroeul ; un passage secret au bout d’une impasse à Lambersart ; des garages au bord de la voie ferrée à Faches-Thumesnil. Alors que je passais en revue toutes les photos prises au cours de mes courses à pieds ces derniers mois et que je n’ai pas encore utilisées ici, j’ai pris conscience de la place incroyable que prennent les garages dans mes dossiers. La dernière image de cet arrière-monde (6) me permet de vous annoncer un numéro spécial arrière-monde (7, donc) consacré aux enfilades des garages. Cette passion inavouée l’est longtemps restée, je pense, pour la raison que j’ai toujours abhorré les voitures, pollution visuelle, sonore, atmosphérique, facteur de bêtise, de violence et de paraître, mais que voulez-vous ? Je ne vais pas me le cacher plus longtemps, j’aime bien les garages.

Des portiques (2)

Suite au succès inattendu de mon billet Des portiques, que j’aurais donc mieux fait d’intituler Des portiques (1) (mais vos engouements sont volatils et je n’ai toujours pas trouvé le moyen de les anticiper, moi qui ne vis pourtant que pour votre contentement), voici Des portiques (2). Je comprends l’intérêt quelque peu perplexe que vous pouvez porter aux portiques. Dans le micro-série ci-dessous, vous observerez dans un premier temps qu’un service technique municipal n’a pas les mêmes méthodes, et sans doute pas les mêmes moyens, à Haubourdin et à Faubourg de Béthune : dans le deuxième cas, l’on ne se contente pas de procéder par accumulation pour décourager les incursions de caravanes mais l’on va jusqu’à dégainer la lampe à souder, quasi l’artillerie lourde, pour convertir en barrière un portique. J’ai tenu à finir cette étude par une note d’espoir, avec une barrière (2,10 m) littéralement et je suppose délibérément défoncée, près du Port de Lille.

L’arrière-monde (5)

Aujourd’hui, j’ai dansé en courant. La musique n’y était pas pour rien et, surtout, je me suis perdue, ce qui m’arrive de moins en moins souvent, et je ne suis jamais aussi vivante que là où je ne sais plus où je suis. Je n’étais que relativement perdue puisque je pouvais encore apercevoir dans le lointain les repères géographiques que sont à la banlieue sud-ouest l’usine Cargill et la tour Kennedy mais pendant une vingtaine de minutes j’ai traversé des paysages inédits avec une gratitude euphorique. Pour ne rien gâcher, ils étaient parfaitement à mon goût, la lumière était magnifique et l’air printanier.

Fun fun fun (3)

Vous êtes nombreux à vous dire frustrés que je n’aie pas alimenté depuis si longtemps ma série de fun, fun fun et fun fun fun. C’est qu’il faut être dans des dispositions particulières pour le fun, et c’est assurément mon humeur du moment alors tenez, voilà du ping-pong, pour changer des cages de but sans filet, des terrains de baskets à panier unique et aires de jeu devant les murs antibruit. Des bonnes vieilles tables de ping-pong en béton comme on n’en fait plus mais comme on en trouve encore à Emmerin, Haubourdin et au Jardin des Plantes à Lille (voir ci-dessous, dans cet ordre). Joe et Muriel m’ont dit, Quand l’angoisse arrive, propose-lui de s’asseoir, fais-lui un thé, puis dis-lui qu’elle doit repartir maintenant, que tu as autre chose à faire. Eh bien je fais encore mieux : je lui prête une raquette et je l’écrase au ping-pong.

Le vide inexact

Je veux aujourd’hui rendre hommage au très beau vide qui me fait aimer d’amour tendre les vacances scolaires et regretter qu’elles viennent de s’achever. L’été, les foules vont polluer des régions à potentiel touristique, et l’hiver, elles se compressent dans des magasins. Tout me convient tant qu’elles me laissent la jouissance exclusive de leurs villes. Ci-dessous, trois vues d’Haubourdin entre Noël et le Nouvel An : d’abord, les deux extrémités du Vieux Canal, puis la Deûle. De fascinants bouts du monde.

L’arrière-monde (3)

Pour gagner un paquet de lentilles corail non entamé*, dites-moi lequel de ces arrière-mondes n’est pas sis à Villeneuve-d’Ascq. Mon honnêteté me force à avouer que la plupart de ces arrières n’en sont pas, mais qu’importe ? Passant devant eux, l’on se sent derrière, c’est l’essentiel.

1

2

3

4

5

* Ne rêvez pas, je n’ai toujours pas trouvé d’arrangement avec la poste : exposez-vous à payer des frais de port ou ne jouez pas.