L’art (13)

Vous êtes nombreux à me reprocher de négliger la rubrique artistique de ce blog. C’est que, voyez-vous, j’ai eu quelques déconvenues, récemment. En règle générale, tout se passe bien sur mon territoire ; malgré l’appareil photo, les tatouages et le crâne rasé, des champs aux ZUP, le contact avec les autochtones est plutôt bon – j’enregistre un taux de retour à mes sourires proche de 85%, avec parfois en prime un bonjour, un signe de la main ou un mot plaisant. En deux ans, seuls deux individus (tous deux de sexe masculin) ont manifesté de la colère en me voyant photographier leur fenêtre ; ce matin, le deuxième d’entre eux n’a eu de cesse que je ne supprime de ma carte mémoire l’image de sa statuette en fenêtre. « Tu n’as qu’à la murer, bijou, ta fucking fenêtre », ai-je pensé.

(Rue Balzac, Lille Sud.)

Si j’exposais des œuvres au regard des passants, j’imagine que je le ferais dans un esprit de partage, de même que les villes se parent de mille feux à l’approche de Noël pour flatter le sens esthétique des touristes et s’offrir à leurs appareils photo. Mais le monsieur de ce matin m’a plusieurs fois affirmé que « ça ne se fait pas de prendre en photo les fenêtres des gens ». Je n’ai pas osé lui demander si ça valait aussi pour leurs boîtes aux lettres ni s’il estimait incivil de s’allonger par terre et de lever les jambes – est-ce une forme d’attentat à la pudeur ? Suis-je hors-la-loi malgré moi ?

(Rue des Muguets, Lille CHR. Certaines boîtes aux lettres mériteraient autant de figurer dans la catégorie « L’art » que dans la catégorie « Chalets du Nord ».)

Un détail m’étonne dans cette affaire : les deux uniques réactions hostiles que j’ai suscitées en deux ans sur mon vaste territoire ont eu lieu à un mois d’intervalle et à cinquante mètres de distance – à Hellemmes, pour tout dire, mais je n’en tire pas de conclusion sur le plan du « kitsch et lutte des classes » car j’ai aussi vécu, à quelques rues de là, une rencontre chaleureuse avec un habitant qui, de prime abord, avait semblé quelque peu effrayé par ma démarche conceptuelle : « Ne vous inquiétez pas, monsieur, lui ai-je dit quand il a ouvert sa porte, me faisant face dans l’étroite courée, je photographie simplement vos sabots de façade. » Alors il a hoché la tête en souriant et m’a souhaité une bonne continuation.

(C’était ce gentil monsieur, cité Derville à Hellemmes ; pour preuve que je suis respectueuse du droit à l’image quand ça me semble pertinent, j’ai noirci son visage – je ne trouvais pas le flou.)

Est-on coupable parce que l’on aime l’art des rues (≠ street art) ?

En attendant de pouvoir répondre à ces questions ontologiques, et pour me faire pardonner cette trop longue pause artistique, une statuette en fenêtre à la fois rustique et quelques peu hautaine : digne, résumerons-nous.

(Rue Aristote, Lille Fives.)

Le cinéma

J’ai un goût particulier pour le cinéma américain des débuts du parlant à la fin des années 1970. Ce qui explique sans doute les rapprochements que je fais, ci-dessous, entre des éléments glanés dans les rues et des films que j’aime.

The day the Earth stood still à Hellemmes (notez que l’on trouve a même piscine « tournesol » à Lambersart).


Anatomy of a murder à Mons-en-Baroeul.


La géométrie (2)

Je vous ai déjà exposé ici les fondements scientifiques de mon rejet de la symétrie. Je vous ai aussi avoué, , mon goût pour certains paysages urbains dont les charmes ne sont curieusement pas aussi reconnus que ceux d’Istanbul ou de Grenade – parmi lesquels ceux de Villeneuve-d’Ascq, ville nouvelle (et alors ? je fais ce que je veux). Voici d’autres visions enchanteresses pour mon cortex cérébral quelque peu bancal, glanées au fil des courses à pied, dont je pense qu’elles peuvent vous convertir à une certaine forme d’esthétique, disons postmoderne (comme j’y vais), de même que mes photos de Rideaux et Voilages (entre autres) vous ont convertis massivement à l’esthétique dite « kitsch et lutte des classes », au point que certains d’entre vous m’ont signalé par pigeon avoir fait l’acquisition de bacs à fleurs en forme de puits pour leur jardin.

(Rue Édouard Lalo, La Madeleine.)

(Rue Sainte-Hélène, Saint-André-Lez-Lille.)

(Rue Alfred de Vigny, Villeneuve d’Ascq.)

(Rue Maxence Van Der Meersch, Mons-en-Barœul.)

L’art (12)

Je suis allée chercher ces fabuleux trompe-l’œil à Villeneuve d’Ascq, dans le quartier des Près, pour tâcher de convertir mon artiste bien-aimée à cette noble discipline, et (vous connaissez ma générosité) j’ai décidé de vous en faire profiter à vous aussi.

(Rue du Pavé Bleu, Villeneuve d’Ascq.)

Trouvez l’intrus (2)

Vous êtes nombreux à vous rappeler avec émoi mon bestiaire de Wattignies et son fauve terrifiant. Pour vous, ce petit jeu concours sans enjeu autre que le pigeon : je ne renvoie que les volatiles porteurs de bonnes réponses et donne les autres à mon chat. Vous êtes prêts ? Trouvez l’intrus…

(Avenue de Muchembus, Sequedin.)

(Rue Léon Trulin, Lambersart.)

(Rue Jeanne Lavallard, Lomme.)

(Rue Gutenberg, Lille.)

(Rue du 20ème Siècle, Lomme.)

(Rue de la Fontaine, Verlinghem.)

(Rue de Lambersart, Saint-André-lez-Lille.)

(Rue Championnet, Lille Bois Blancs.)

(Rue du Mont à Camp, Lomme.)

(Chemin Pierre Clément, Marcq-en-Barœul.)

(Rue du Hem, Sequedin.)

(Du côté de Verlinghem – j’étais perdue dans les champs.)

Encore des moulins

Vous êtes nombreux à me réclamer d’autres moulins de ville. En voici donc quelques-uns : il suffisait de demander, vous le voyez bien.

(Rue Albert Samain, Villeneuve d’Ascq.)

(Parc Les Poussins, Lille.)

+ panonceau canin d’un genre nouveau(Rue de Bretagne, Mons-en-Barœul.)

(Rue Saint-Luc, Lille.)

In the upper room (14)

Allez hop, c’est l’heure des exercices spirituels – ou de la parade sociale ? Ensuite ce sera l’heure du gigot, car, comme le dit certaine royaliste de ma connaissance (qui ne jure que par les messes « tra »), Dieu a mis les animaux sur Terre pour notre usage. Ce qu’on ne sait pas, c’est pour l’usage de qui ou quoi Il a mis sur Terre l’être humain (qui n’est donc pas un animal). Qu’attendez-Vous* de moi, Seigneur, en ce dimanche matin ? Que je prie, que je boive des bières au marché de Wazemmes ou que je courre à Lomme Délivrance ? Comment Vous remercier d’avoir placé les poulets sur Terre pour notre usage ?

(Église Saint-Paul, Rue du Général Gallieni, Marcq-en-Barœul.)

Coven : Black Sabbath (écoutez ces harmonies vocales satanistes à 1’45 : très chou ; à partir de 3′, ça devient quasiment effrayant, avec des cris gores quoique mélodieux et des guitares zinzins)

* Aujourd’hui, je Le vouvoie, sans doute parce que je propose mes services plutôt que de mendier une faveur ou un miracle, je suis dans une phase d’humilité.

La géométrie

Dois-je diviser ma vie de manière à ce qu’aucune de mes arêtes ne croise une autre de mes arêtes ? C’est une question que Villeneuve-d’Ascq ne se pose pas autant que beaucoup d’entre nous et c’est ce qui fait sa beauté toute particulière, dans certaines zones que caractérisent un futurisme ringard très à mon goût, et dans d’autres un peu plus glaçantes.

(Avenue de la Châtellenie, Villeneuve-d’Ascq.)

(Avenue du Lieutenant Colpin, Villeneuve-d’Ascq.)

Joan La Barbara : Klee Alee