In the upper room (16)

Merci Seigneur d’avoir mis une femme merveilleuse sur mon chemin il y a deux semaines jour pour jour* alors même que je ne T’avais rien demandé. Aujourd’hui, je ne Te demande pas un million d’euros, j’aime bien la pauvreté. Entendu ?

Mahalia Jackson : In the upper room

* Ton jour, en plus, où l’on aurait pu penser que Tu avais d’autres fidèles à fouetter.

In the upper room (14)

Allez hop, c’est l’heure des exercices spirituels – ou de la parade sociale ? Ensuite ce sera l’heure du gigot, car, comme le dit certaine royaliste de ma connaissance (qui ne jure que par les messes « tra »), Dieu a mis les animaux sur Terre pour notre usage. Ce qu’on ne sait pas, c’est pour l’usage de qui ou quoi Il a mis sur Terre l’être humain (qui n’est donc pas un animal). Qu’attendez-Vous* de moi, Seigneur, en ce dimanche matin ? Que je prie, que je boive des bières au marché de Wazemmes ou que je courre à Lomme Délivrance ? Comment Vous remercier d’avoir placé les poulets sur Terre pour notre usage ?

(Église Saint-Paul, Rue du Général Gallieni, Marcq-en-Barœul.)

Coven : Black Sabbath (écoutez ces harmonies vocales satanistes à 1’45 : très chou ; à partir de 3′, ça devient quasiment effrayant, avec des cris gores quoique mélodieux et des guitares zinzins)

* Aujourd’hui, je Le vouvoie, sans doute parce que je propose mes services plutôt que de mendier une faveur ou un miracle, je suis dans une phase d’humilité.

Country kitchen

Vous avez égaré vos souliers du dimanche et n’osez pas vous présenter à l’église ? Vous n’avez pas entendu les cloches parce que vous avez bu votre samedi soir jusqu’à la glotte et vous souhaitez vous repentir dans les formes ? Indiquez-moi votre adresse et je vous dirigerai, par retour de pigeon, vers la niche, l’autel ou le calvaire les plus proches de chez vous afin que vous puissiez vous y flageller ou y rendre hommage au Très-Grand – via son fils, la mère de son fils ou l’un de ses saints. (Service payant mais vraiment pas cher : donnez ce que vous auriez donné à la quête, ça financera mon Coca-Cola du dimanche soir – le simple mot apéro fait très mal à la tête.)

(Rue de Messines, Verlinghem.)

Tim Hecker : In The Fog II

In the upper room (13)

Seigneur, je sais bien que Tu* n’es pas l’Amazon du bonheur, ni un marabout auquel on peut commander la guérison, la fortune ou le retour de l’amour, mais ce que j’aimerais Te demander**, ce matin, c’est vraiment tout minus, surtout pour Toi qui es trop fort et trop tout-puissant – en plus je T’assure que c’est plutôt de l’ordre de « Tu pourrais passer nourrir le chat ? » que de « Tu pourrais détapisser ces trois chambres ? »*** Ok, j’en viens au fait. Je m’en vais courir, là, et je me disais que si Tu pouvais guider mes pas vers des zéphyrs embrasés qui auraient jusqu’à présent échappé à mon œil pourtant gourmand, je T’allumerais volontiers un petit cierge, à mon retour – ou pourquoi pas une bougie, tiens, pour changer… Tu aimes la fraise ?

(Rue Jean Levasseur, Lambersart.)

Aine O’Dwyer : Music for Church Cleaners (Volumes I & II)

* Avec Dieu, c’est comme avec certains éditeurs, on ne sait jamais si on doit les vouvoyer ou les tutoyer, alors on alterne ; l’avantage avec les éditeurs, c’est qu’on ne doit pas mettre de majuscule aux pronoms, ni tu ni vous, c’est déjà moins casse-tête. Bref, aujourd’hui, entre Dieu et moi, c’est Tu.
** Tu me dois bien ça, ce n’est pas très drôle de se réveiller dans des bras qui travaillent le dimanche – Tu connais mes idées sur la question.
*** C’est une blague, les ami(e)s, j’aDORE détapisser vos chambres, en soutien-gorge sur l’escabeau, avec Des aventures sonores dans le casque : excellents souvenirs.

Upper rooms

Mon obsession des upper rooms n’est pas moindre que celle des palmiers du Nord, je viens de m’en rendre compte en me remémorant mon rêve de cette nuit : en traversant la ville de Noeux-les-Mines, je découvrais une église inquiétante absolument sublime, anguleuse et compliquée. Je me contorsionnais sur la banquette arrière (j’étais en voiture avec mes parents*) pour mieux la voir et découvrais qu’elle se déployait des deux côtés de la route, comme l’usine d’Haubourdin** de part et d’autre de la voie ferrée. Je convulsais d’exultation et cherchais désespérément mon appareil photo dans mes poches.

(À défaut de pouvoir vous montrer l’église de mon rêve, voici l’usine d’Haubourdin, vue depuis les voies ferrées.)

United Bible Studies : Spoicke

* Bisous maman ! Vous êtes bien rentrés hier ? C’était chouette de vous voir. Embrasse papa de ma part – et papy !
** Eh oui, Noeux-les-Mines (62) et Haubourdin*** (59) : je suis là pour vous faire voyager.
*** Quand il était enfant, le frère de ma meilleure amie pensait que la ville s’appelait Le Bourdin et que l’on disait « je vais au Bourdin ».

In the upper room (12)

En route, allons prier le Seigneur. Et pas pour lui demander des services, des interventions magiques et autres grâces, parce que notre amour pour Lui doit être pur comme une vie sans économies. « Dieu, faites que… » est un très mauvais début. L’astuce, c’est que si vous êtes bien sage et que vous ne Lui demandez rien, Il vous récompensera peut-être. Bref, si vous voulez obtenir quelque chose de Lui, ne le Lui demandez pas. Faites semblant de rien.

(Rue Robert Trenson, Lambersart.)

Katia Labèque, David Chalmin, Raphaël Séguinier, Nicola Tescari : Free to X

In the upper room (11) + mini centre commercial

Pas une semaine sans que je vous donne à réfléchir sur les deux fléaux de nos dimanches : 1. Dieu est mort, Sa Maison nous appelle en vain de sa leste cloche, nous préférons courir, boire ou manger du tofu en sauce et en famille que de dire « et avec votre esprit » en chœur dans le froid stagnant des églises ; 2. nous réclamons l’ouverture des mini centres commerciaux le jour dudit Seigneur pour pouvoir noyer dans la consommation l’hostie desséchée de nos âmes, que la perte du sacré a laissées faibles et vacillantes comme une flamme d’allumette dans un cercueil fermé. Atchoum.

(Centre pastoral Notre Dame de bon secours, clos Clémenceau, Wattignies.)

(Rue du Dr Laennec, Wattignies.)

In the upper room (10)

Je suis bien gentille, ce dimanche encore, de flatter vos penchants bigots. À ce propos, vous êtes nombreux à me réclamer des photos de poissons le vendredi mais il ne faut pas pousser. Je vous rappelle que je suis antispéciste et j’imagine avec horreur les rites alimentaires qui sous-tendent votre pétition. « Pas de cheval le vendredi », me dites-vous, car vous avez vous-même fait un peu d’équitation et n’êtes pas insensible à la cause de ce que vous appelez la noble créature – soit, qui ne mange pas sa monture ira loin (moi-même, je ne mange pas mon vélo) mais ici, je vous le rappelle, tous les animaux, y compris ceux des Rideaux et Voilages, sont libres et heureux. D’ailleurs je crains qu’en matière de créatures aquatiques, mon territoire ne recèle guère que des dauphins. Bref, laissez-moi tranquille.

(Clos Saint-Vital, La Madeleine.)

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