In the upper room (48)

L’église Saint-Martin de Liévin vous accueille dans un esprit didactique. D’abord, Jésus vous explique sa passion comme une hôtesse de l’air feint de tirer sur les cordons d’un gilet de sauvetage ; on peut presque l’entendre dire, Alors on place les bras comme ça, etc.

Sur le mur extérieur de l’abside, quelqu’un a judicieusement indiqué, pour l’édification de tous, qui est le maître des lieux. Nous rejoignons le principe des panonceaux canins étudiés ici en 2016, alors que les rubriques de ce blog n’étaient pas encore clairement définies – rappelez-vous Gypsy et ses amis. Plus spécifiquement, il est ici question de mystère, car si Dieu est dans Sa maison, on Le devine sans véritablement Le voir, ce en quoi il est permis de Le rapprocher du Double Jacky que je vous présentais ici.

Un pédagogue (le même ? pourrions-nous imaginer qu’il s’agisse de Jésus himself ?) a également trouvé bon de préciser quelques faits historiques peu connus dans le bassin minier ; hélas, sans vouloir verser dans le conspirationnisme, les forces au pouvoir ont essayé de le museler en faisant appel à la brigade anti-tags. Si celle-ci s’était montrée plus perfectionniste, nous ne pourrions plus déchiffrer les traces de la vérité : cette église a été détruite PAR LES ALLEMANDS. Eh oui.

Londres (8) pieux / Upper rooms & kitchens

Quand je vous dis que Londres et Brooklyn ont bien des points communs, je ne parle pas que des maisons (victoriennes ou géorgiennes à Londres, brownstones à New York, avec leurs escaliers fleuris et leurs grilles de fer forgé). Londres aussi est truffée de lieux de culte (églises méthodistes, adventistes du septième jour, pentecôtistes, évangéliques, désacralisées, en travaux, etc.) coincés entre deux maisons, perchés sur des agences de voyage ou cachés au fond de cours pouilleuses. J’ai abusé de votre patience, le 15 octobre dernier, lorsque j’ai posté 67 photos en un seul Upper rooms & kitchens from Brooklyn ; j’ai décidé d’être plus raisonnable dans ce numéro spécial consacré à Londres. Vous aurez donc droit aujourd’hui à 43 lieux de culte glanés en deux jours de marche dans le nord-est de Londres. J’ai tâché de varier les angles pour ne pas vous lasser, païens que vous êtes. Pourquoi 43 ? Parce que c’est le nombre premier qui dans trois jours ne sera plus mon âge ; une manière de dire à cet âge, Bisous bisous, merci pour tout (mais aussi, bien sûr, merci à Jésus, à sa famille et à ses amis, qui euh – pour leur, enfin, vous voyez ? Non ? Bon, tant pis, merci quand même à eux puisque c’est dimanche).

In the upper room (47)

Oh ! avons-nous dit en chœur en découvrant ce portail « Vie et lumière » alors que nous venions de quitter le site du festival rockabilly Béthune Rétro et son ambiance 100% American Graffiti pour nous recueillir devant les calvaires et chapelles de Vendin-les-Béthune qui ont marqué mon enfance (et que je vous présenterai bientôt). Serait-ce une église à l’américaine ? ai-je sautillé d’avance. Eh oui, il s’agit très exactement d’une église évangélique, et ses ouailles doivent se réjouir que septembre soit enfin arrivé, ouvrant une nouvelle saison de dévotion, rue Saint-Venant à Béthune. C’est pourquoi je leur consacre nos Upper rooms & kitchens du jour : ce premier dimanche de septembre est en quelque sorte leur jour de fête et je m’associe à leur joie. Leur local a tout l’air d’un ancien garage, ce qui donne un côté rock’n’roll à leur (sainte) entreprise. Quant à leur rapport à la ponctuation, il est plutôt mystérieux – je vous laisse l’apprécier.

Notez bien que des travaux ont été effectués récemment, sans doute grâce au denier du culte (quoique l’entrée du lieu soit libre et gratuite). Nous découvrons en effet sur Google Street View que notre église du jour n’était pas aussi pimpante lors du dernier passage du véhicule chargé des prises de vue.

In the upper room (46)

J’ai d’abord cru qu’il s’agissait de Jésus. Je me suis enthousiasmée à cette idée, que je trouvais pleine de fantaisie : Jésus chevauchant un sanglier, il fallait y penser. Je m’imaginais déjà créer une sous-rubrique à nos Upper rooms & kitchens, que j’aurais intitulée Jésus fait des drôles de trucs. Par prudence, j’ai pris quelques renseignements. Google Maps ne mentionnait pas le nom de l’église et j’ai dû chercher sur le site du diocèse d’Arras, qui m’a envoyée sur Messe.info.fr, et là j’ai trouvé : il s’agit de l’église Saints Cyr et Julitte (≠ Juliette).

(Rue de l’Abbé Max Carpentier, Angres.)

Pour résumer, nous sommes en l’an 304, l’empereur Dioclétien fait torturer Julitte devant Cyr, son fils de 3 ans, mais elle refuse de renier Jésus et le rejeton se montre tellement intenable pendant cette macabre cérémonie (Moi aussi, je suis chrétien ! ne cesse-t-il de crier) que l’empereur finit par le jeter tout simplement contre un mur ou dans un escalier (c’est selon), ce qui (de toute façon) le tue sur le coup. Angres fait partie des neuf villes de France qui ont dédié une église à ces deux martyrs, la seule d’entre elles qui ait opté pour Saints au pluriel plutôt que pour la répartition Saint-Cyr Sainte-Julitte. Par ailleurs, sur le même territoire français, 42 localités portent le nom de Saint-Cyr ou l’une de ses variantes, tandis qu’il n’existe qu’un village du nom de Sainte-Juliette (≠ Julitte). Ne me parlez même pas de l’école militaire, merci.

L’on trouve même une Association des Saint-Cyr de France et je ne serais pas surprise qu’une de ses activités favorites, quand tous ses membres se réunissent pour fêter l’à jamais jeune Cyr, consiste à tirer le sanglier, car si vous tapez « Saint Cyr sanglier » sur un moteur de recherches, vous ramassez un certain nombre d’anecdotes de chasse. Parce que bon, revenons-en au sanglier. La triste histoire de Cyr, vous le voyez bien, ne mentionne pas cet animal, symbole de luxure dans la religion catholique mais apparemment il n’est pas question ici de symbole. D’après Wikipedia, voici de quoi il s’agit : « Selon la légende, Charlemagne rêva une nuit qu’il fut tué par un sanglier lors de la chasse. Lui apparut alors un petit enfant (nu, ndadaglb*) qui lui dit qu’il le sauverait s’il lui donnait de quoi se vêtir. L’évêque de Nevers interpréta le rêve comme suit : s’il réparait le toit de la cathédrale Saint-Cyr, il serait sauvé de la mort. » Une affaire d’argent, en somme. Maintenant que vous avez appris quelque chose, vous pouvez aller sur Messe.info. fr pour trouver le prochain service près de chez vous, allez hop.

* Note de l’auteur d’Anything goes, le blog (≠ la chanson, je ne me prends pas pour Cole Porter), après vérification auprès d’autres sources.

In the kitchen (27)

L’on trouve à Templemars, sur le chemin de la Chapelle, une chapelle. Une aire de jeux aussi, mais nous y reviendrons plus tard : aujourd’hui c’est dimanche alors restons-en à notre chapelle de 1730. Les vitres semblent ne pas avoir été lavées depuis 1730, de sorte que je ne peux vous faire profiter plus nettement que je ne le fais ici de la fresque agreste pour le moins surprenante qui orne son mur du fond. J’ai bien envisagé de revenir avec mon spray nettoyant et un rouleau de papier absorbant mais il fait encore trop chaud pour courir avec un sac à dos ou une capuche (ces temps ci, je cours sans boîte à gants, d’où la raréfaction des processus réversibles sur ce blog – quant aux patenôtres, oubliez-les, c’est terminé. J’ai promis à mon nouvel appareil photo de ne pas l’emmener courir, pour lui épargner le type de fin prématurée qu’a connue le précédent, accablé de scotomes, l’électronique synoque d’avoir été trop secouée). Je vous conseille d’aller découvrir cette chapelle par vous-mêmes, l’œil perçoit mieux que mon téléphone portable les détails de son décorum. Faites-moi plaisir : que ce charmant petit cabanon explose les records de fréquentation de Notre-Dame (de Paris), ce ne serait que justice.

Un ex-voto (2)

Non, je n’ai pas de nouveau sombré dans la dépression comme à l’époque de mon précédent ex-voto. Je vais très bien, merci. Il n’empêche qu’aujourd’hui, j’ai puisé dans les ressources du catholicisme un indéniable réconfort : le clos Saint-Pierre, à Lambersart, propose l’un des seuls points d’eau potable dans l’espace public de la métropole lilloise. Il m’a évité de devoir acheter une bouteille dans un des fucking Bidule Market de la grande distribution qui remplacent désormais un peu partout les bonnes vieilles épiceries, et je l’en remercie. Coïncidence ou signe d’un master plan (pour citer Pharoah Sanders), j’ai pris un plaisir fou, en courant ce matin, à réécouter le génial Missisissipippi de Karen (et avec lui tout l’album New Roofs, puis Prophase Metaphase Anaphase Telophase, puis Needs continuum), ce que je n’avais pas fait depuis des semaines, or j’avais oublié que mon premier ex-voto était dédié à Karen. J’avais oublié, surtout, combien survivre était un travail de chaque seconde il y a quelques mois encore et je fais la danse des fesses (qui est à l’origine une danse rituelle célébrant une victoire à la belote, du moins dans mon groupe d’amis) parce que j’ai en quelque sorte déjà gagné la manche pour rien. C’est sans doute, tout autant que la fontaine du clos Saint-Pierre, l’objet de cet ex-voto (2).

(Comme je n’ai pas pensé à photographier la sainte fontaine pour la remercier ici publiquement, voici un arbre du parc, retrouvé dans mes archives – je n’allais pas vous faire croire qu’il était de saison.)

(Croix)

(Danseurs de la rue Boldoduc, à Fives.)

In the kitchen (26)

Une énigme compliquée pour occuper votre jour férié : qui part en vacances aujourd’hui par voie aérienne sans devoir faire la queue à l’embarquement, montrer son passeport ni enlever ses sandalettes pour passer le portique de sécurité ?

Un indice : Vous la reconnaîtrez peut-être ici, de dos dans sa cuisine.

(Chapelle du Sacré-Cœur, Liévin.)

In the upper room (45)

J’ai une bonne nouvelle pour vous, ce matin : comme ses amis Elvis et Michael Jackson, Jésus est vivant ! Je l’ai appris mercredi en passant devant l’église Saint-Léger, à Lens, et j’ai dû me faire violence pour garder cette information par-devers moi jusqu’au jour traditionnellement dédié aux upper rooms & kitchens. Si mon exploration de l’agglomération ne me comblait pas de joie, ce scoop suffirait à le faire. Quelques rencontres inopinées, aussi émouvantes qu’éphémères, ayant déjà émaillé mon périple cycliste, je me prends à rêver qu’un matin, au détour d’un terril ou d’une baraque à frites, je croise celui-là même qui est mort pour nos péchés, nu sous son voile qui volait qui volait, son voile qui volait au vent (pour citer Marie Dubas*) comme suggéré ci-dessous, et qu’il me raconte ce que ça fait, d’être le sauveur du bassin minier. Si cette chance m’était offerte, j’essaierais de le prendre en photo, à la dérobée.

* Marie Dubas : Son voile qui volait

In the kitchen (25)

Autant vous prévenir, notre prière du jour va contrevenir à deux de nos principes élémentaires :
1. Cette semaine, notre kitchen est en couleur ; en noir et blanc, elle perdrait beaucoup de son sens, comme vous serez bien obligés de l’admettre.
2. Ce n’est pas moi qui l’ai prise en photo mais mon père. Il m’avait décrit cette borne kilométrique avec Vierge Marie et je lui avais demandé de bien vouloir m’en envoyer une image quand il aurait l’occasion de lui rendre de nouveau visite à Diéval, village du Pas-de-Calais (751 habitants, 63 hab/km²) dont je vous offre ci-dessous une image satellite (vous admirerez la marqueterie que présente la campagne d’ici).

Si vous avez quelque chose à redire, je prépare des rafraichissements sur mon chéneau pour vos pigeons. Mais si vous voulez bien abdiquer votre mauvaise foi coutumière, vous apprécierez l’aplomb de ce syllogisme terrien : les routes de campagne tuent, c’est bien connu, or Marie est investie dans la prévention routière au point d’avoir formé son propre fils unique au noble métier d’agent de la circulation, comme nous l’avons vu bien souvent (notamment ici), donc une kitchen kilométrique était une solution astucieuse pour veiller sur les automobilistes.

In the upper room (44)

Ce centre biblique dont je savoure le nom comme un bonbon au miel a besoin d’un nouveau clavier pour son ordinateur, comme en témoigne ce texte qui présente les buts de l’association : « Etablir et développer un groupement de personnes pour : manifestation cultuelle en vue d’une propagande de l’Evangile sur le fondement de la Boble seule et entière, animer les clubs d’enfantsn préadolescents et adolescents, organiser des rencontres à caractère évangélique. » Je me propose d’organiser un crowdfunding une quête afin de lui venir en aide. Merci d’avance pour votre générosité, que je m’engage à recueillir du bec même de vos pigeons (chèques acceptés, billets préférés ; aucun montant maximum – si je récolte trop, je saurai faire un saint usage du surplus). Devinez où se trouve ce local dont vous vous apprêtez à devenir un bienfaiteur ou une bienfaitrice et votre nom sera inscrit au marqueur sur son volet de fer.