Villeneuve-d’Ascq (8) : upper rooms & kitchens

L’église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours m’évoque Brooklyn, non pas en raison de son architecture (d’ailleurs très à mon goût) mais de son nom à rallonge – il me rappelle un peu la Brooklyn Faith Seventh-day Adventist Church, par exemple.

Dans un style plus XVIème siècle, voici l’église Saint-Pierre de Flers-Bourg. J’aurais aimé en donner une vue plus globale (j’admets que cet angle n’est pas idéal) mais il devait y avoir de la buée sur mon objectif le jour où j’ai fait les prises de vue et mes autres photos sont inutilisables. Ce n’est pas très sérieux de la part de la rédactrice en chef d’une rubrique aussi prestigieuse que National Geo, me direz-vous ? Eh bien, faites ce que vous avez à faire. Dame Sam se réjouit d’accueillir vos pigeons.

Ci-dessous, mon lieu de culte préféré ; je le trouve d’autant plus fascinant dans son contexte, car l’Oratoire Saint-Marc est étroitement inséré entre les immeubles que vous pouvez voir sur la photo, bien sûr, mais aussi entre l’hôtel de ville et le centre commercial. Si j’étais une heureuse Villeneuvoise, assurément, c’est ici que j(e n)’irais (pas) à la messe le dimanche matin.

Je trouve très triste le passé composé employé par l’église du Sacré-Coeur de Flers Sart : ça veut dire que c’est fini ? Nous l’avons déçu ? De l’autre côté de la porte, sous un autre bas-relief de Fernand Weerts, une phrase si déchirante que je n’ai pas le cœur d’en afficher ici l’image : « Il s’est livré pour nous ».

Je pourrais vous montrer d’autres églises encore mais je préfère clore cet incontournable dominical par l’image d’une mignonne chapelle à chapka de verdure, sise rue Jean-Baptiste Lebas. Vous connaissez déjà son arrogante habitante, si vous êtes mes fidèles tout autant que ceux de Jésus, Marie & Co, puisque je l’ai déjà mise en ligne ici, un jour où elle a refusé mes fruits à coque.

Recommandation

C’est vraiment grâce à Marie, notre mère à tous, que je serai dans un avion ce soir ; elle m’a dépêché deux anges, Camille et Arnaud, avec un forfait téléphonique extraordinaire et une admirable maîtrise des centres d’appel – sans parler de la patience, qui est un basique chez les anges. Je venais de traîner ma race à JFK en vain et en navette et je rentrais au Crowne Plaza en pleurnichant à moitié quand les anges m’ont demandé, Alors, vous avez réglé le problème ? Ben non, je suis une potiche et la femme la moins équipée technologiquement du XXIème siècle occidental, ça ne se voit pas à mon pull vert ? Alors ils ont tout fait à ma place. Je ne suis pas fière mais je suis rassurée, et reconnaissante. Très bien, cette Marie, je vous la recommande vivement.

(Elle fait sa timide, c’est mignon…)

Merci aussi à Camille et Arnaud. Je ne sais pas ce qu’il serait advenu de moi sans leur divine intervention.

Bing Crosby & Judy Garland : Connecticut

In the upper closet (2)

La punition de Jésus et Marie n’étant toujours pas levée (je suis vraiment très en colère), ce ne seront en ce dimanche matin que cheap bondieuseries. Il faut parfois laisser les gens réfléchir peu.

J’ai dit non ! Je ne le connaissais même pas, il n’est pas mort pour moi et de toute façon il est PUNI, vous m’entendez ? J’ai dit, des bondieuseries.

Et puis tiens, juste par méchanceté, voilà une église dont le kitsch écrase toute possible lutte des classes. Ah ça, la United House Of Prayer For All People, elle m’a émue aux larmes.

In the upper closet

Jésus, Marie et toute la clique ont vraiment été à chier, cette semaine, et j’ai bien hésité à me passer désormais de leurs services. Je vais leur laisser une chance, vous connaissez mon cœur d’or, mais je suis déçue, déçue, déçue. La moindre des choses est que je leur inflige une punition avant de leur soumettre la moindre requête ou de leur rendre le moindre hommage. Jusqu’à nouvel ordre, ils seront consignés dans des caissons. C’est ça, oui, tête basse.

Comme je suis trop gentille, je leur ai laissé leur smartphone. Et voilà le résultat… Les fourbes, les resquilleurs.

In the kitchen (16) : vierges maries de Brooklyn

Ici, une église porte le nom d’Upper room, prouvant la pertinence de mes intitulés à ceux d’entre vous qui les mettent régulièrement en cause (ainsi, notamment, le titre de cette rubrique Upper rooms & kitchens, alimentée sans faille depuis plus d’un an tous les dimanches matin).

Aucune à ma connaissance ne porte en revanche celui de Kitchen. Je suis déçue, déçue, déçue, comme dirait ma bien-aimée. Aussi ai-je décidé de demander une contribution à quelques citoyens et révérends de bonne volonté afin de rendre un hommage bien mérité à notre mère à tous.

Une vierge marie en trois fois : d’abord, je me dis, Mais qui est-ce donc là-bas qui supervise les travaux ? Puis je zoome, je zoome, et paf, la vierge marie.

Une vierge marie, bras ballants : Eh, dit-elle à ce moine croisé par hasard dans une niche de Brooklyn, c’est mon bébé, rends-le-moi ! – Tu as rêvé, lui répond l’impudent. – Je reste avec lui, décide le petit, il a des citrouilles. – Good kid ! sourit le moine. Tu seras un bon Américain.

67 upper rooms & kitchens

Pourquoi 67 ? Parce que, des églises et des bazars du genre, il y en a quelque chose comme 1767 à Brooklyn et qu’à un moment, il faut que j’arrête de les prendre en photo : ça devient aussi obsessionnel chez moi qu’en leur temps les Rideaux et Voilages – du moins n’est-ce pas ce qui va me hanter ici, les R&V, il n’y en a pas plus que de chalets du Nord. Alors j’ai décidé que ce serait 67, un nombre premier qui est aussi l’année de naissance (avec un 19 devant, petits plaisantins) de quelqu’un à qui je voue un amour plus fort que 67 églises et leurs congrégations réunies n’en portent à Jésus.

J’ai pris ces 67 photos en deux courses à pied + une promenade, de Ridgewood à Prospect Lefferts Gardens, soit cinq quartiers sur dix-huit : je n’ai pas peur de griller toutes mes cartouches en un dimanche. Et puis les églises sont loin d’être les seules bondieuseries à disposition dans le borough ; il n’y a peut-être pas ici de chapelles ni de calvaires aux coins des rues comme c’est le cas dans nos petites villes et nos campagnes mais ne vous inquiétez pas, des initiatives individuelles comblent ce manque visuellement douloureux pour le Français provincial de passage.

Excusez, je vous prie, la perspective quelque peu tordue de certaines photos ; parfois les rues sont trop étroites et les bâtiments bien trop imposants, en hauteur comme en largeur, pour qu’il soit possible de trouver un angle satisfaisant, du moins avec un appareil tel que le mien.

Soyez bien gentils et dites-moi laquelle de ces églises emporte votre préférence, je les ai numérotées exprès – épargnez vos pigeons, un mail ou un mot sur Whatsapp me satisferont pour cette fois. De mon côté, je confesse un petit faible pour la seule église que j’ai prise en couleurs à d’autres fins que de vous laisser en savourer les néons défilants – et que gâchent, sur la photo, deux voitures garées là. Je lui ai attribué le numéro 43.

Une dernière excuse : j’ai mélangé les confessions, les églises, les synagogues, les temples, etc., ok ? God is God is God is God – enfin, à part pour l’Égypte antique, ci-dessous dûment représentée (je lui ai attribué le numéro 23).

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In the (corporate) upper room (26)

Je demande à Dieu, à son fils Jésus, à la mère de ce dernier, Marie de son petit nom, ainsi qu’aux centaines d’églises de Brooklyn (un aperçu ? cliquez ici, c’est inouï) et à tous leurs fidèles, de concentrer leur énergie sur l’amour de ma vie. Je suis six mille kilomètres trop loin pour les baisers réparateurs. Je compte sur vous, les gars. Si vous continuez à ne rien faire, j’appelle Superman et j’arrête les upper rooms et kitchens du dimanche.

(Stuyvesant Avenue – c’est chez moi, chez mon amour et moi, bientôt.)

In the kitchen (15)

C’est quand même idiot d’aller à Willems et Arnèke, de croiser en route des dizaines de petites chapelles au bord des champs et des Giant Jesus aux bras écartés pour nous accueillir au cœur des villages, et de ne pas avoir le temps d’en rapporter une petite photo pour nos bondieuseries du dimanche matin. C’est qu’on ne s’y rendait pas en touristes mais en évangélistes de la poésie, Hélène Dassavray, Estelle Fenzy et moi. Je n’ai pas plus d’image à vous offrir des salons Disting’Tif (Willems) et π Hair (Flandres, route d’Arnèke). Je vous présente toutes mes excuses pour ces manquements. Cependant que l’église de Lezennes boude et me montre ses fesses.

Pour me faire pardonner, cet extrait de Pecker, film de John Waters (1998).