In the upper room (33)

Il est symboliquement pénible d’aborder le numéro 33 de ce rendez-vous dominical (côté messieurs, car nous avons aussi le versant In the kitchen pour les dames – essentiellement pour les vierges maries puisque, pour une raison qui m’échappe, nous ne disposons guère de saintes dans les alentours). 33, quand on parle christ, c’est un peu comme madeleine quand on parle Proust : l’histoire faite running gag, vidée de son sens, réduite à une marionnette de doigt trop bavarde, aux platitudes stéréotypées. J’ai failli sauter directement au numéro 34 mais l’idée d’une nuée de pigeons s’abattant sur moi m’en a dissuadée – je sais que vous tenez mes comptes mieux que je ne le ferai jamais, non par rigueur intellectuelle mais en quête d’une faille qui vous donnerait l’occasion de me tourmenter (je suis heureuse de servir à quelque chose en ce monde, et si ce doit être d’exutoire à vos frustrations existentielles, je l’accepte avec une abnégation toute christique). Ici comme ailleurs, je veux fêter ce 33 depuis l’arrière (très précisément, depuis ce type de point décrit dans Mal assis, là : des jardins).

In the upper room (32)

J’habitais à quelques pas de cette maison, à Ronchin, quand les propriétaires y ont installé une niche de saint. Ça change des maisonnettes pour les oiseaux et des Chalets du Nord. J’en ferais bien autant chez moi mais ça représente pas mal de travaux, quand même. Et puis ça ne doit pas être facile de choisir son saint, même dans la limite des stocks disponibles à Dadizele (vous me direz que je suis old school et que sur Internet l’on peut vraisemblablement commander le saint de ses rêves, voire un hybride de ses saint préférés, ce qui résoudrait la question du choix).

D’ailleurs, quel est le saint de mes anciens voisins ? Je ne suis pas très calée dans le domaine. Attendez, je zoome un peu. À moins que ce ne soit pas un saint ? J’ai peur de dire une bêtise mais ce ne serait pas tout bonnement Joseph, le beau-père ? Si vous savez, n’hésitez pas à m’envoyer un pigeon.

(Quelle commère je fais…)

Upper rooms & kitchens nivernais

Vos pigeons étaient nombreux à m’attendre à la gare Lille Flandres, ce soir, pour me témoigner votre indignation. Mais ce dimanche n’est pas fini et les voici, vos upper rooms & kitchens, ça va. C’est que, voyez-vous, j’ai travaillé toute la journée, moi, puis j’ai pris des trains que l’on ne soupçonnera pas de proposer le wifi puisqu’ils ne fournissent même pas l’eau dans les toilettes ni le chauffage. Tenez, voici une église de Nevers, juste avant minuit, pour ne pas ajouter l’inconstance à mon traditionnel blasphème.

In the upper room (31) : des dispositions

Je veux mettre les choses au clair. En cas d’accident fatal (un bras engourdi depuis deux semaines m’amène à envisager toutes sortes d’éventualités, d’ailleurs je dois avouer que je cours sans certificat médical), malgré mon exercice quotidien du blasphème, je veux une cérémonie religieuse. Sans blague. Une messe rien que pour moi ! avec un curé qui dira que je suis bien mieux auprès du Seigneur – moi, auprès du Seigneur ! Pendant ma cérémonie rien qu’à moi, je veux le concerto en sol de Ravel dans la version de Samson François et André Cluytens et, surtout, je veux un morceau qui s’appelle Tokyo Chacha ; le disque n’existe pas encore mais le morceau est sur mon téléphone. Je dis ça au cas où. Je ne suis pas pressée : j’adore la vie, même si ma tête ne lui est jamais revenue.

(Ce Christ habite à Loos, à l’angle du Chemin Vert et du Chemin de Flesquières. C’est un Jésus qui regarde au loin, tête haute.)

In the upper room (30) : « Yo man » Jesus

Devant l’église Saint-Maurice-des-Champs (à Saint-Maurice Pellevoisin), c’est un Jésus très décontracté qui vous accueille.
– Tu sais, je lui disais ce matin, la vie n’a pas toujours été très sympathique avec moi.
– Cool, meuf, m’a-t-il répondu, elle n’est pas finie, ta vie.
– Tu n’as pas tort. Est-ce qu’il y aurait quelque chose qui te ferait plaisir ? Un truc que je pourrais t’apporter, en échange de quoi, peut-être, tu pourrais intercéder auprès de ton père pour qu’il me fasse passer dans un cycle plus… comment dire ?
– Cool ?
– Ouais, tu vois. Quelque chose comme ça.
– Tu aurais un briquet ?
– Pas sur moi, désolée. Je ne fume pas en courant.
– Pas de problème, ma sœur.
Il ne faut pas trop attendre de lui mais il ne me fait jamais de remarque acerbe parce que je suis en short ni parce que je n’assiste pas à la messe. Il me prend telle que je suis et je le prends tel qu’il est, en somme.

In the upper room (29)

En raison des problèmes techniques exposés dans le triptyque « Sort et ressort », j’ai bien cru que je n’allais pas pouvoir louer le Seigneur aujourd’hui : pas d’image pieuse, pas d’upper rooms & kitchens. Hier, j’aidais des amies à déménager quand le salut est arrivé sous forme d’un sms envoyé par Joëllyne (qu’elle en soit une nouvelle fois remerciée), qui me signalait des petits Jésus en plastique dans un caniveau. Après le déménagement, j’ai renoncé à ce que l’on me dépose chez moi pour faire le détour et prendre en photo ces trois divins enfants – de nuit, avec le résultat pourri mais intéressant que vous découvrirez ci-dessous. Voilà jusqu’où je peux aller pour honorer le tout-puissant.

In the upper room (28)

L’église Saint-Philibert n’existe pas sur Google Maps. Je serais vexée. Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça, Philibert ? De qui parle-t-on, pour commencer ? De Saint Philibert de Tournus ou de Jumièges ou de Noirmoutier ou de Tolède ? Il faudrait savoir. En tout cas, l’église Saint-Philibert existe bel et bien rue Berthelot, à Lille Sud.

Le site Internet de la paroisse Saint-Luc indique même qu’une permanence s’y tient le samedi de 17 à 18h. C’est précisément l’heure pendant laquelle je suis passée devant elle, hier soir, en short, avant de connaître l’info, et j’avais fait un détour expressément pour la photographier : ce doit être un signe, mais de quoi ? Je ne sais même pas en quoi consiste une permanence d’église. Est-ce comme les pharmacies de garde ou les urgences psychiatriques ? On appelle, on passe et on se confesse ?

Tout cela est bien mystérieux mais c’est comme ça avec Jésus et tout ses amis, on ne s’ennuie jamais.

In the upper room (27) : Grand Jeu Concours

Aujourd’hui, gagnez un fer à repasser de 1997 qui fonctionne très bien*. C’est presque encore Noël, vous émerveillerez-vous – du moins je l’espère, je ne pense pas que votre ingratitude puisse résister au fer à repasser (c’est ce qui s’appelle tenter le tout pour le tout, si cela peut vous aider à sonder la déréliction dans laquelle votre comportement me plonge parfois). Pour ce faire / ce fer, envoyez-moi sans tarder votre pigeon, chargé de la bonne réponse : lequel des trois bâtiments ci-dessous est-il une église de Wattignies ?

* Frais de port carrément pas pris en charge.

In the kitchen (19)

Le concept de vierge domestique n’est pas propre à Brooklyn. Depuis peu, cette maison d’Hallennes-les-Haubourdin expose la sienne – c’est vraiment très récent : elle n’apparaît même pas sur Google Street View (ceci mériterait un point d’exclamation). La photo est un peu floue parce que j’ai dû zoomer, vous m’en excuserez – depuis qu’un habitant d’Hellemmes, au mois de mars, m’a poursuivie dans la rue au prétexte que j’avais photographié sa statuette de fenêtre (j’ai déjà exposé ici cette navrante affaire), j’ai perdu l’audace qui m’aurait autrefois permis d’entrer dans le jardin de ces messieurs-dames, à Hallennes-les-Haubourdin, pour avoir un meilleur angle et m’approcher de (leur exemplaire de) notre mère à tous.

(Rue Amédée Platel.)

Emmerin (6) : Nazareth

Ou comment doubler la population d’une maison (espérons qu’il y a une cave, ou un grenier, pour les onze autres mois de l’année). Du moins ici n’oublie-t-on pas qu’avant d’être un grand dégueulis consumériste, Noël est un anniversaire, et pas n’importe lequel. C’est avec générosité que cette famille reconstitue la Nativité pour notre plus grand plaisir mystique ; ne me remerciez pas de suivre son exemple en vous en offrant une image (assez semblable à celles que l’on glisse dans son missel), à vous qui n’écumez pas les rues d’ici en baskets. Ça me fait plaisir.