In the kitchen (6)

Marie, tout comme Elvis, le punk et Michael Jackson, n’est pas morte. Elle a simplement quitté le devant de la scène pour trouver la paix. Elle vit aujourd’hui dans une petite ville des Hauts de France (Loos-les-Lille), travaille pour le site internet mon-aube-de-communion.com, fait son propre ménage ainsi que la cuisine (comme le titre de cette série ne manque de le rappeler), reçoit la famille le dimanche, emmène sa fille – oui, elle a une fille, ne me demandez pas si elle l’a eue par immaculée conception, insémination ou hum-hum, je n’en sais rien, bref, cessez de me couper, je vous prie – elle emmène, disais-je, sa fille au poney, au camp scout, au conservatoire de flûte à bec ou encore au catéchisme, comme sur la photo ci-dessous. C’est quasiment une femme du vingt-et-unième siècle. Souhaitons-lui une bonne fête des mères, car (et ce sera mon dernier potin du jour) elle est notre mère à tous (c’est un curé qui me l’a dit).

(Centre Pastoral Sainte Anne, Loos.)

Elvis Presley : Mary in the morning

In the upper room (21)

Pourquoi la religion serait-elle décorative ? À quoi bon s’encombrer de vitraux, rosaces, arc-boutants et autres statuettes ? Pourquoi hésiter entre roman et gothique, comme si Jésus ne nous posait pas de questions plus essentielles ? La semaine dernière, lors de notre apéro du dimanche soir, mes amis et moi nous sommes livrés à des études bibliques ; nous avons également profité de ce qu’il n’y avait ni élections ni Apéricubes pour nous initier au Livre de Mormon. Pour preuve que, tout comme la convivialité, la spiritualité se passe bien de gadgets : nous avons beaucoup ri dans la gloire du Tout Puissant.

(Boulevard Victor Hugo, Lille.)

Hildegard von Bingen : De Sancta Maria, Ave Maria, Responsorium

In the kitchen (5)

Badinage d’un dimanche à 6h du matin :
« On se retrouve directement à la messe ?
– Je n’aurai pas le temps d’y aller, ce matin. Tu pourras donner de ma part à la quête ?
– Bien sûr.
– Mets 20 euros pour moi. Tu donnes combien, toi ?
– 10 : je n’ai pas d’enfant.
– Qu’est-ce que tu vas Lui demander ?
– De l’argent. Disons que la quête, c’est un investissement… »

(Rue de La Bassée, Lille.)

« Au sujet du solipsisme et de la prière. Cela n’a aucun sens, évidemment, de prier si vous êtes seul au monde et que rien n’existe hors de votre conscience, à moins d’envisager la prière comme une sorte de chanson. De chanson solitaire. »

Renata Adler, Nuit noire.

In the kitchen (4)

Marie (« notre mère à tous ») vous donne son petit conseil du dimanche matin.

En ce qui me concerne, je ne suis pas fanatique du sexe solitaire et je vais voter Taubira.

In the kitchen (3)

Le Cœur Immaculé de Marie vous portera-t-il chance ? L’un des 19 murs postés avant-hier sur ce blog provient d’une aile (côté rue des Œillets) de cette église : duquel s’agit-il ? Que votre pigeon soit le premier à m’apporter la bonne réponse et vous gagnerez un flacon en plastique destiné à recevoir de l’eau bénite, en forme de Vierge Marie*.

(Cœur Immaculé de Marie, entre la rue des Œillets, la rue Glycines et la rue des Fougères, Lille Sud.)

* Vide : vous n’aurez qu’à faire un saut à Lourdes. Et vous savez à quoi vous attendre pour les frais de port.

In the upper room (20) + kitchen + …

JMJ ! le verre de 12,5 cl à mon apéro électoral a enfin été gagné – par une amie qui de toute façon y était invitée, ce qui est un peu absurde (du moins est-on assuré que sa tête revient à tout le monde), mais je vais pouvoir réfléchir à un autre lot pour mes Grands Jeux Concours à venir et j’en conçois un certain soulagement. Hélas, il faudra sans doute plus de 12,5 cl pour encaisser le résultat du premier tour.

(Rue du Bourg, Lambersart.)

(Rue Armand Carrel, Lille.)

In the upper room (19)

On mange son chocolat pour fêter la résurrection de Jésus Christ. Et on relit les grands poètes :

« bientôt Pâques pour 1,10 € un lapin vêtu d’alu brillant

je mange le chocolat comme les enfants comme s’il n’y avait de fin au chocolat que dans l’aluminium et aucune autre raison au monde d’arrêter que la fin du chocolat
quand il s’agit de chocolat je ne crains ni les kilos ni le diabète ni les indigestions ni les particules de Parkinson transmises par l’aluminium
en matière de chocolat, je ne connais d’autre loi que celle du chocolat

mais je t’en aurais laissé une oreille si seulement j’avais su
que tu viendrais récupérer
ton fer à repasser ce midi

les déménagements, ce n’est pas une science exacte »

(Extrait de mon recueil La fin du chocolat, paru en 2005 aux Carnets du Dessert de Lune.)

Carolina Chocolate Drops : Trouble in Your Mind

In the upper room (18) + kitchen

Parce que la question que se posent tous mes concitoyens, à l’approche de Pâques et des élections, est celle des crèches dans les établissements publics à Noël, je leur offre cette charmante miniature, très discrète au-dessus d’une porte – mais pas assez pour échapper à mon œil (de footing) vagabond.

(Rue Hovelacque, Lille.)

Pour illustrer ce sujet brûlant de pertinence et d’actualité, une chanson de saison.

Karolina Beimcik : A Child is Born

In the upper room (17) + kitchen

Aujourd’hui, je veux remercier Jésus d’être mort sur la croix pour que mon amie ne se blesse pas trop quand sa voiture a versé dans le fossé la nuit dernière après notre curieuse soirée binicaise. Ça mériterait un ex-voto. Pourquoi ne trouve-t-on pas d’ex-voto dans la métropole lilloise ? Je le déplore vivement – d’aucuns déplorent que nous n’ayons pas la mer, pas de fleuve ni de rivière ; moi ça va, ça ne me frustre pas : je préfèrerais des ex-voto.

(Au Chaland qui passe, bar de Binic, l’un des meilleurs bistrots qu’il m’ait été donné de fréquenter dans ma longue vie – et la preuve qu’il n’y a pas à choisir entre la messe et l’apéro.)

Hank Williams : Thank God

In the upper room (16)

Merci Seigneur d’avoir mis une femme merveilleuse sur mon chemin il y a deux semaines jour pour jour* alors même que je ne T’avais rien demandé. Aujourd’hui, je ne Te demande pas un million d’euros, j’aime bien la pauvreté. Entendu ?

Mahalia Jackson : In the upper room

* Ton jour, en plus, où l’on aurait pu penser que Tu avais d’autres fidèles à fouetter.