In the kitchen (24) : Sunday morning fever

Notre Dame des Sources accueille ces jours-ci la fête foraine de Pérenchies. Je ne sais pas exactement comment ça se passe, le dimanche à l’heure de l’office : peut-on entendre, dehors comme dedans, une version technoïde du célèbre Hosanna au plus haut des cieux ? Ou les deux événements du dimanche font-ils cuisine à part, Hosanna dedans, du r&b commercial dehors ? Je pourrais aller le vérifier, me direz-vous, mais c’est que vous ne connaissez pas l’étendue de ma fourberie : j’écris ce billet samedi soir, à 21h37 en écoutant Maria Chavez et son abstract turntablism (je vous ferai écouter ça dans un prochain Saturday Night Fever, promis) et demain, à l’heure de la messe, je serai terrée chez moi dans la pénombre. J’aurai couru à l’heure où les nightclubs ferment leurs portes, si Dieu, son fils Jésus, la mère de celui-ci et leurs amis saints le permettent – à savoir, pour citer Petra Pied De Biche*, si je ne meurs pas cette nuit.

* Dans la chanson Bébé : « Encore un matin sans bébé / Ça me plaisait déjà hier / Si je ne meurs pas cette nuit / Demain sera comme ce matin (variante : Demain sans bébé me réjouira aussi) ». Pas très catholique. Pas très fête foraine non plus.

In the kitchen (23) : Le vide exact (23)*

Notre Dame de Bon Convoi pouponne à l’angle des rues de Roubaix et du Congo, à Mouvaux. Si j’étais une vierge marie, je préfèrerais, à choisir, être de bon convoi que de bonne mort, enfin je pense. Aujourd’hui, je vous aime comme Jésus lui-même vous a aimés (j’emploie le passé comme on le fait à Villeneuve-d’Ascq, c’est le choix d’un moment t) parce que vous êtes partis si vite si nombreux, et c’est comme ça que je vous préfère : loin – ou en chemin, avec les gamins qui hurlent sur la banquette arrière. Les villes sont en vacance de vous, les villes respirent et nous vous remercions, vous êtes formidables ailleurs.

Ce matin je suis partie moins tôt que je ne l’aurais souhaité, j’avais mis le réveil à 6h plutôt qu’à 5h30 à cause du samedi soir où j’avais voulu oublier qui je suis et quand je me suis levée la tête me tournait encore du samedi soir mais si j’avais attendu qu’elle se soit stabilisée il aurait fait trop chaud et je préfère encore courir avec la tête qui tourne qu’avec la tête étouffée de chaleur comme sous un oreiller. Pendant un long moment je n’ai croisé que de très vieilles personnes, d’abord une très vieille dame à vélo, nous avons cheminé côte à côte pendant une dizaine de minutes parce qu’elle ne pédalait pas très vite et quand je l’ai perçue du coin de l’œil au tout début j’ai cru que c’était un personnage de David Lynch, plutôt un canard qu’un lapin, parce qu’elle portait une longue visière, et elle convoyait deux bouteilles d’eau dans un sac plastique sur son porte-bagage ; le sac est tombé au milieu de l’avenue Beethoven qui est si large et habituellement toujours engorgée mais aujourd’hui par chance vous étiez tous partis. La deuxième personne que j’ai croisée était un très vieux monsieur qui convoyait un grand canevas, des chevaux couraient sur le canevas et le monsieur claudiquait parce qu’il était très vieux et qu’il transportait un canevas. Quant à moi, je convoyais ma tête et mon bras gauche, qui est engourdi depuis six mois (le choix qui se présente à moi est de changer de médecin ou d’oublier mon bras et d’attendre au milieu de mes possessions – modestes et néanmoins surnuméraires – qu’il m’entraîne dans la tombe, j’hésite encore).

Détail en couleurs de NDDBC et des reflets sur sa cage :

* Je goûte d’autant plus cette coïncidence que 23 est mon nombre premier de prédilection. C’est mon jour de chance : que vais-je en faire ?

In the upper room (43)

Jésus occupe à Wambrechies une place de choix. Son calvaire se fond harmonieusement aux équipements municipaux et représente un véritable phare pour les activités économiques de la ville : on vous demande où se trouve la Friterie du Coin ? Au calvaire à droite, pouvez-vous répondre en toute simplicité. Dans un sens, il est rassurant de savoir que tant de souffrance n’aura pas servi à rien.

La Roche-sur-Yon (13) : In the upper room (42)

Quel est le point commun entre Brooklyn et la Vendée ? C’est bien simple : vous pourriez alimenter vos upper rooms and kitchens en églises, chapelles, calvaires, statue(tte)s, affiches et autres bondieuseries jusqu’à la fin de vos jours sans déborder de votre territoire. Je pense que c’est le seul : le seul point commun. Encore une occasion de dire, Merci Jésus, son papa, sa maman et tous leurs amis de créer des liens si forts entre les fidèles par-dessus les eaux vigoureuses du vaste Atlantique.

(Locked up) in the kitchen (22)

Une coïncidence amusante préside à nos Upper rooms & kitchens de la semaine : j’avais choisi cette image depuis plusieurs jours (si vous souhaitez délivrer Marie, je vous précise qu’elle se trouve sous le calvaire, à la croisée du chemin Vert et du chemin de Flesquières, à Loos), sans savoir que c’était aussi le jour de la fête des pères (pour tout vous dire, je l’ai appris ce matin parce qu’on perd le fil des jours quand on a cessé d’exister). Bref, ça m’amuse de penser que j’ai involontairement choisi de rendre hommage à cette Marie enfermée dans la cuisine le jour où le calendrier rend hommage au patriarcat – entendons-nous bien, j’ai souhaité une bonne fête à mon père aujourd’hui, laissez-le tranquille : mon père ≠ patriarcat.

In the upper room (41)

La librairie dont je suis la marraine vend des articles religieux. C’est nouveau. Pas sous le manteau, non, pas vraiment, mais pas non plus au milieu des livres : au premier étage. In the upper room, je ne saurais mieux dire. C’est quasiment pour les initiés. Je trouve ça plutôt cohérent avec ma série dominicale puisque, si je ne vais jamais à la messe, pas un dimanche ne passe sans que je rende un hommage certes quelque peu irrévérencieux à Notre Seigneur, à Sa mère (qui est aussi la nôtre à tou.te.s) et à vrai dire à Sa race tout entière. Comme le révèle cette photo (et comme le chantait Marie Dubas au sujet des stupéfiants), ça coûte cher tous ces machins.

Upper rooms & kitchens à Paris : GJC !

C’est mon jour de largesse, aussi je vous propose un Grand Jeu Concours dominical : répondez correctement à ce QCM avant vos camarades et gagnez par retour de pigeon un chiffon en microfibre pour nettoyer vos lunettes de soleil et votre écran de téléphone portable.

a. Sur la photo ci-dessous, avons-nous affaire à 1. un bistrot ; 2. un pressing ; 3. une église adventiste du septième jour ?

b. Ce clocher de ville indique-t-il 1. une église adventiste du septième jour ; 2. un centre d’hébergement ; 3. une caserne de pompiers gays ?

c. Levé-je les jambes devant 1. un modeste mausolée sis au Père-Lachaise ; 2.une église adventiste du septième jour ; 3. un pressing ?

In the upper room (40) : Abba

Notre image pieuse du jour nous est offerte par Isabelle Bonat-Luciani. Où les moins pieux d’entre nous apprennent que Joseph est le saint patron de la bonne mort. Notez ce magnifique JMJ, dont j’ignore s’il cite mon interjection préférée sans indiquer mon copyright ou s’il renvoie aux Journées mondiales de la jeunesse, auxquelles participe volontiers (comme chacun sait) la Famille de Saint Joseph, fraternité monastique montpelliéraine.

Sur le site internet du Carmel de France, ce paragraphe émouvant : « L’important, dans la vie de Joseph, ce n’est pas tant ce qu’il a fait que ce qu’il a été, et la manière dont il s’est situé face à cette vocation singulière qui fut la sienne. Joseph, père humain de Jésus, a entretenu avec son fils un rapport unique. C’est dans ses bras que Jésus apprendra à dire « Papa », « Abba ». Cette expérience fondamentale d’amour qu’a fait Jésus enfant grâce à Joseph introduit entre le Père éternel et l’humble Joseph des liens étonnants qui constituent un mystère dans lequel nous sommes invités à rentrer. »
(Plus de Joseph ici – avant de cliquer, je vous recommande cependant de considérer que vous serez désormais fichés comme catholiques dans les petites archives de Google ; pour ma part, ça ne me dérange pas, je me dis que je pourrai toujours produire ma fiche pour ma défense, lors de mon procès post-mortem. Ça, ce sera pour compenser les blasphèmes et le fait que je rate systématiquement la messe. Je me prépare, sait-on jamais. J’espère quand même avoir encore un peu de temps pour réfléchir aux autres chefs d’accusation, je ne suis pas encore tout à fait au point.

In the kitchen (21)

On en apprend tous les jours. Je viens de découvrir que l’on trouve dans plusieurs villes de France une Vierge Marie dont l’appellation (j’allais dire le cépage) est Notre-Dame de la Bonne Mort et de toute peine. Elle a notamment une chapelle à l’entrée du cimetière d’Hellemmes, sous le diminutif (tout étant relatif) de Notre-Dame de la Bonne Mort. Pour ceux qui n’y connaîtraient rien en bondieuseries, P.P.N. signifie « Priez pour nous » – à cette lumière, mon interjection JMJ (pour Jésus Marie Joseph) ne semble pas une telle hérésie.

Il existe même une Prière à Notre-Dame de la Bonne Mort et de toute peine, dont voici un court extrait : « Ô Marie, Nous te prions aujourd’hui, pour tous ceux et celles qui souffrent dans leur âme ou dans leur corps, et qui désespèrent. (…) Pour ceux qui se laisseraient ou se feraient mourir, pour ceux qu’enlèverait une mort subite ou violente, nous te prions. » (Église St-Porchaire, Poitiers). J’ai découvert ce très beau texte sur un PDF en ligne intitulé « Et si on se faisait un carême sympa » (vous n’avez qu’à cliquer si vous ne me croyez pas). PPM, mes frères et sœurs, PPM, j’ai mal dehors, j’ai mal dedans alors PPM sans parcimonie, s’il vous plaît.

In the upper room (39)

Je suis bien placée pour savoir ce que c’est qu’une obsession ; moi, c’est la musique : je pourrais la déchiqueter entre mes dents si elle était tangible comme, disons de la barbe à papa. Qui serais-je pour juger la passion de ces particuliers installés dans l’une des rues principales de Marquette ?

Moi aussi, si j’avais un petit jardin à l’avant de ma maison et une passion pour Saint Roch, je lui consacrerais une chapelle, là, pour que tout le monde puisse admirer mon héros, le plaindre ou tout au moins compatir à sa douleur. Vous vous demandez comment je sais qu’il s’agit de Saint Roch ? Regardez de plus près :

Vous en connaissez beaucoup, vous, des saints qui se sont fait mal à la jambe et qui vous montrent le bobo avec une telle tristesse – comme si, attendris, vous alliez non seulement appliquer du Mercurochrome sur la plaie mais aussi donner au grand blessé une friandise pour le récompenser de son courage et le dédommager de sa peine ? Moi, je ne connais que Saint Roch.