Introduction à une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise

Vous l’aurez constaté, les genres ont leurs prérogatives bien ancrées dans notre société contemporaine et la sexualité dominante est assurément hétérosexuelle – vous pouvez le vérifier, si vous avez encore des doutes, en passant en revue les Zéphyrs embrasés auxquels je consacre une rubrique depuis quelques mois : les tendres étreintes et baisers qu’ils nous donnent à voir sont a priori toujours partagés par des individus de sexe opposé (cette assertion est certes moins facile à vérifier quand les zéphyrs embrasent des oiseaux, comme c’est souvent le cas, des anges, par essence asexués, ou encore des pandas).

(Rue du Calvaire, Montignies-sur-Sambre *.)

Une rare exception est celle-ci, mais elle date visiblement de l’ère communiste, dont nous verrons qu’elle encourageait les relations entre jeunes gens du même sexe, du moins dans la métropole lilloise – sans doute pour contrôler quelque peu les naissances (c’était avant la PMA), afin que les camarades fussent moins nombreux à être tous égaux : sur le plan logistique, cela facilitait sans doute les choses.

Ce que je vous propose n’est pas un état des lieux mais un petit imprécis d’histoire.

* Permettez-moi de revenir un instant sur le mini centre commercial de Montignies-sur-Sambre, et notamment sur la maison sise tout au bout de la rue du Calvaire. L’on y trouve, en un seul jardin, diverses merveilles telles que la vierge fatiguée, adossée à un mur, que vous avez déjà rencontrée ici, mais aussi un chalet du nord, des angelots de portail et… ces zéphyrs embrasés (avec chien, + 10 points).

Zéphyrs embrasés (19)

Dame Sam soupire sur mes genoux tandis que j’écorche à pleins poumons la barcarolle des Contes d’Hoffmann, en chœur avec la magnifique version d’Anne Sofie von Otter et Stéphanie d’Oustrac, ainsi ruinée. Je suis joyeuse parce que je viens de discuter longuement au téléphone avec mon éditrice ; entre autres choses, nous avons parlé du manuscrit que je lui ai envoyé la semaine dernière et elle m’a annoncé que l’Olivier le publierait l’année prochaine. Je suis donc extrêmement joyeuse quand, après cette discussion téléphonique, je reviens à mon ordinateur. J’y reprends ce billet, lis son titre, « Zéphyrs embrasés (19) », me passe la version susdite et je chante,

« Belle nuit, ô nuit d’amour,
souris à nos ivresses;
nuit plus douce que le jour,
ô belle nuit d’amour !
Le temps fuit et sans retour
emporte nos tendresses
loin de cet heureux séjour,
le temps fuit sans retour.
Zéphyrs embrasés,
versez-nous vos caresses;
zéphyrs embrasés,
Donnez-nous vos baisers.
Ah! »

Puis je reviens sur France Musique et là, devinez ? Denisa Kerschova passe justement un autre air des Contes d’Hoffmann, « Vois sous l’archet frémissant ». N’allez pas prétendre que ce soit une coïncidence.

Zéphyrs embrasés (18)

(École Madame Roland, rue Saint-Gabriel, Lille Saint-Maurice. On se demande par quel miracle – car il ne peut s’agir que d’une intervention divine – la Manif pour tous n’a pas encore mis le feu à cet établissement scolaire décadent, qu’entourent pourtant pas moins de deux saints.)

Zéphyrs embrasés (17)

sur Rideaux et Voilages

Vous réclamiez bruyamment de nouveaux zéphyrs et il est vrai que je n’en avais pas posté depuis longtemps, notamment parce que je n’en avais pas découvert depuis longtemps. Des moissons de cœurs ont succédé à des moissons de zéphyrs, sans doute dois-je en incriminer mon seul œil – sans doute nos concitoyens n’ont-ils pas cessé brutalement d’embraser leurs fenêtres et jardins de zéphyrs…

Ce n’est pas moi qui ai censuré cette image d’un carré blanc, je tiens à le préciser : c’est la lumière. En ce qui me concerne, j’ai une tolérance sans limite : rappelez-vous les zéphyrs sacrément embrasés que j’ai osés ici.