Hebdo multi-rubriques n°1

Vous êtes nombreux à me demander si je suis toujours en vie ; c’est très délicat de votre part, j’ai presque envie de dire lol. Mais oui, je suis toujours en vie et ce n’est pas grâce à vous. Je traverse une crise de misanthropie aiguë, si vous voulez tout savoir. J’ai donc mis de la distance entre vous et moi. J’ai activé le mode avion de mon portable. Et plutôt que de fracasser ma radio portative, je l’ai éteinte et j’ai supprimé de ma discothèque certaine violoncelliste française que je venais d’entendre en interview – j’ai lu Contre Sainte-Beuve il y a plus de vingt ans, ça va, mais cette violoncelliste n’est pas assez exceptionnelle pour que je prenne la peine d’oublier que son cerveau est un sac à merde. Je ne peux plus souffrir l’ersatz d’une remarque sexiste. Ne m’appelez pas Madame, ne m’appelez pas Monsieur non plus, d’ailleurs, en fait ne m’appelez pas du tout, ce sera au plus près de ce que je suis disposée à tolérer.

Sinon, je n’ai pas changé. Je suis toujours l’ombre de l’arrière-monde.

C’était bien, cette semaine de repli. J’ai écouté 37 compositrices contemporaines merveilleuses, écrit 59 pages plus belles que ce qu’elles racontent et couru 116 kilomètres (ce n’est hélas pas un nombre premier : raté, à 3 près – ou à 14).

Pendant ce temps, mes concitoyens ont continué à mal s’asseoir, là,

à mettre les jambes en l’air,

à danser,

à vandaliser les murs des villes,

les zéphyrs ont continué à s’embraser (ici ménage à trois, avec chien),

les samedis soir à tonitruer,

(God Is My Co-Pilot : Méchant, du gentil queercore)

et les cloches à sonner la gloire du Seigneur, de Son fils et de la maman de Son fils, etc. Oui, c’est bientôt Pâques alors vous aurez des cloches, aujourd’hui. Admettons que les crucifix soient des sex-toys pour le moins rudimentaires*, nous ne voyons pas bien à quoi pourraient servir les cloches mais c’est ainsi, débrouillez-vous. Je ne veux rien savoir.

Merci à Pauline et à Sarah pour leur présence à distance, discrète et fine, au long de cette semaine étrange. Et à Adrienne, qui écrit ce que j’appelle de la poésie ; nos langues ont des racines communes, je me suis sentie moins seule en la lisant. Et en lisant Claire-Louise Bennett, aussi.

* Cf. Mes petites amoureuses.

Zéphyrs embrasés (29) de Brooklyn

Attention, voici une vraie narration.

Dans l’heureux borough de Brooklyn vivaient heureux deux amoureux (des amoureux en paix avec le monde grâce au rejaillissement de leur amour sur leur environnement, etc.)

Heureux dans leur escalier privatif, car ils étaient les jeunes et heureux propriétaires d’une belle maison à Ridgewood, ils réfléchissaient à la manière d’être encore plus heureux.

C’est Monsieur qui a trouvé : il leur fallait une citerne, comme celle des voisins. Une citerne, ça c’est du bonheur. Waouh, dit Madame, et des constellations de bonheur tournèrent dans ses yeux.

Zéphyrs (ré)embrasés (28)

Cet hiver, ça n’allait pas très bien entre ces habitats de l’avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny à Lambersart.

Mais hier, j’ai eu le bonheur de constater que tout s’était arrangé, que les zéphyrs s’étaient de nouveau embrasés, ce qui confirme que des terres brûlées donnent parfois du super blé. Pour preuve, la vigueur de la glycine qui masque en partie les ébats de nos amis.

Comines-Warneton (7) : zéphyrs embrasés

Je vous prie de bien vouloir excuser la qualité déplorable de cette photo ; la scène qui m’intéressait se déroulait hors d’atteinte et il m’a fallu zoomer au maximum pour pouvoir témoigner de la liberté de mœurs qui règne à Comines-Warneton, visiblement dès la prime enfance. Malgré l’angle et le flou imposés par la configuration du jardin où a lieu la scène, il me semble pouvoir affirmer que ces enfants ont à peine un an mais s’embrassent avec la langue. Notez la main entreprenante posée sur la hanche de ce que nous supposerons être le sujet masculin dans tout le potelé de son jeune âge.

Zéphyrs embrasés (26)

À Lille Sud, les zéphyrs ont l’embrasement rock’n’roll. La très grande fresque dont ils sont un détail ne manque pas de mystère, ni d’ironie ; si vous passez dans les parages, entre le commissariat et le CHR, profitez, pour la voir, de ce que le bâtiment qui l’accueille n’a pas encore été rasé – comme le sera bientôt une grande partie du quartier, au profit de résidences toutes pareilles et pour une densité de population maximale : comme dans tous les quartiers de cette fucking ville, où respirer devient un luxe.

(Très précisément, rue Simons.)

Zéphyrs embrasés (25)

Admirez ces zéphyrs embrasés du Bizet . Nous avons également trouvé dans cette ville limitrophe d’Armentières, à la frontière belge, le magasin qui selon toute vraisemblance alimente une grande partie de la Belgique et des Hauts-de-France en un certain type de zéphyrs embrasés, dans un design unique très proche de celui-ci mais en plâtre, éventuellement pailleté. Un nid d’amour que le Bizet.

Zéphyrs embrasés (24)

En ce qui me concerne, je danse plutôt avec des amis. On danse tous ensemble et même avec des inconnus qui se joignent à nous parce qu’ils aiment bien notre manière de glisser sur les genoux et d’agiter les bras. Mais il y a aussi des couples qui dansent amoureusement sur la plage de Lambersart, les yeux fermés, la barbe au vent de la Deûle. C’est pas mal non plus.

Zéphyrs embrasés (23)

Pour l’épisode 23 de cette série (23 étant mon nombre premier fétiche), je ne fais pas les choses à moitié : je vous propose, en couleurs, deux anges terriblement amoureux, bien qu’ils ne soient ni sexués ni sexy. Une belle leçon de vrai amour, offerte par une mini chapelle bien cachée, rue Faidherbe à Hellemmes.