Zéphyrs embrasés (19)

Dame Sam soupire sur mes genoux tandis que j’écorche à pleins poumons la barcarolle des Contes d’Hoffmann, en chœur avec la magnifique version d’Anne Sofie von Otter et Stéphanie d’Oustrac, ainsi ruinée. Je suis joyeuse parce que je viens de discuter longuement au téléphone avec mon éditrice ; entre autres choses, nous avons parlé du manuscrit que je lui ai envoyé la semaine dernière et elle m’a annoncé que l’Olivier le publierait l’année prochaine. Je suis donc extrêmement joyeuse quand, après cette discussion téléphonique, je reviens à mon ordinateur. J’y reprends ce billet, lis son titre, « Zéphyrs embrasés (19) », me passe la version susdite et je chante,

« Belle nuit, ô nuit d’amour,
souris à nos ivresses;
nuit plus douce que le jour,
ô belle nuit d’amour !
Le temps fuit et sans retour
emporte nos tendresses
loin de cet heureux séjour,
le temps fuit sans retour.
Zéphyrs embrasés,
versez-nous vos caresses;
zéphyrs embrasés,
Donnez-nous vos baisers.
Ah! »

Puis je reviens sur France Musique et là, devinez ? Denisa Kerschova passe justement un autre air des Contes d’Hoffmann, « Vois sous l’archet frémissant ». N’allez pas prétendre que ce soit une coïncidence.

Zéphyrs embrasés (18)

(École Madame Roland, rue Saint-Gabriel, Lille Saint-Maurice. On se demande par quel miracle – car il ne peut s’agir que d’une intervention divine – la Manif pour tous n’a pas encore mis le feu à cet établissement scolaire décadent, qu’entourent pourtant pas moins de deux saints.)

Zéphyrs embrasés (17)

sur Rideaux et Voilages

Vous réclamiez bruyamment de nouveaux zéphyrs et il est vrai que je n’en avais pas posté depuis longtemps, notamment parce que je n’en avais pas découvert depuis longtemps. Des moissons de cœurs ont succédé à des moissons de zéphyrs, sans doute dois-je en incriminer mon seul œil – sans doute nos concitoyens n’ont-ils pas cessé brutalement d’embraser leurs fenêtres et jardins de zéphyrs…

Ce n’est pas moi qui ai censuré cette image d’un carré blanc, je tiens à le préciser : c’est la lumière. En ce qui me concerne, j’ai une tolérance sans limite : rappelez-vous les zéphyrs sacrément embrasés que j’ai osés ici.

Pluie de photons

il y a un mois mon errance s’arrêtait dans un
escalier à trois heures de l’après-midi quand
une porte s’ouvrait pour verser la lumière puis
qu’un sourire ouvrait le côté gauche de la

bouche-fruit puis que l’œil gauche à son tour
s’ouvrait un peu plus grand que le droit, et lui
aussi versait la lumière – une pluie de photons

sur mon crâne et mes bras nus, sur le nombril
que mon T-shirt des Ramones ne couvrait pas, je

me sentais un peu nue mais je n’avais pas peur

Flowers of romance

Vous êtes nombreux à me reprocher la raréfaction des Zéphyrs embrasés sur ce blog ; croyez bien que je partage votre frustration* – j’y voyais, outre un formidable hymne offenbachien à l’amour, une forme artistique à part entière – mais il se trouve que je n’en découvre plus dans vos fenêtres ni sur vos murs : dois-je en incriminer la faible concentration de mon regard (certes replié sur le visage aimé) ou ai-je fait le tour des statuettes amoureuses de la métropole ? Je ne saurais le déterminer. Pour compenser, je vous propose une nouvelle série intitulée Flowers of romance et dont l’idée m’est venue en rencontrant le double dessin ci-dessous, rue d’Athènes, à Lille.

Désormais, je ne collectionnerai plus uniquement les cœurs mais aussi les fleurs (entendons-nous bien, pas TOUTES les fleurs : elles sont encore plus nombreuses que les sabots de façade…) Je classerai donc cette nouvelle série dans la catégorie des Zéphyrs embrasés, ainsi que dans la catégorie Flore des villes. Oubliez les pétitions, laissez mon chat tranquille, rappelez d’emblée vos pigeons, ma décision est prise.

Public Image Ltd. : Flowers of Romance

* Je n’accepte pas, cependant, que vous mettiez le feu à ma boîte aux lettres ni que vous rasiez mon chat, vous allez trop loin. Vous savez pourtant que je suis ouverte à la discussion – j’allais écrire, « à votre service », comme je l’ai toujours fait, mais je crains désormais que vous n’en profitiez pour dépasser les limites de la cordialité dont je souhaite qu’elle continue de présider à nos rapports.