J’arrive

Demain, je regagne mon territoire. En attendant, je reconstitue mon petit quotidien dans ma chambre, à Fort-du-Plasne (vous ne connaissez pas ? C’est juste à côté de Foncine-le-Haut, au sud de Chaux-des-Crottenay). J’agence des lignes et des musiques. Je suis notamment accompagnée par des chansons que personne ne connaît encore, privilège qui fait de moi une espèce de princesse chauve.

Lightnin’ Hopkins : I’m Coming Home

La neige sans toi

Depuis le Jura.

mes mains sont volubiles les mêmes qui
ont tenu la tienne mes mains expliquent
l’onomastique d’un zeppelin elles volent
en se rappelant tes cheveux souples puis

dehors je danse sous la pluie qui éteint
la neige et je fume une cigarette sans toi
mais ton nom sur mon téléphone me fait

plus d’effet que le vin servi dedans je
danse à l’intérieur – dehors à l’écart, un

instant, de ceux qui ne te connaissent pas

Gris-gris

puis déjà mes paysages ont disparu
par la fenêtre du TGV, le territoire
qui m’enveloppe et où j’aimerais courir
– à cet instant – arraché à mon regard

pourtant je glisse placidement sur les
rails grâce à tes consignes de survie
en milieu inapproprié je peux rire avec

toi quoique en ton absence loin de mon
habitat naturel où – à cet instant – tu

te meus inconsciente de ta propre grâce

Comme éternels

j’ai confiance en toi je sais que
jamais il ne nous faudra rompre
irrémédiablement des liens dont
nous aurions fait des entraves

je sais que tu seras de ceux qui
danseront avec moi après la
fermeture définitive des rideaux

nous serons quelques-uns debout et
nous sourirons – comme éternels :

comme si nous étions la musique

Je tiens à remercier

Parfois je me sens tellement bien, là, sur cette petite planète, que j’ai envie de remercier plein de gens comme si j’avais gagné un Oscar. Chaque musique que j’écoute me semble la plus dansante de la Création. Aussi, j’aimerais beaucoup savoir faire des claquettes. Et avoir un bidule pour souffler des bulles de savon en forme de cœur.

Dans mes terminaisons nerveuses, ça ressemble à ça :

Darlene Love : Wait til’ my bobby gets home

Jambes en l’air (5)

Pas une course à pied sans que je lève les jambes en votre honneur. Sélection du jour : une passerelle au-dessus d’une voie rapide, des palmiers du Nord (California Dreaming) et une voie ferrée, oui oui, oui : quand je vous dis que je suis prête à me mettre en danger pour vos beaux yeux…

La géométrie

Dois-je diviser ma vie de manière à ce qu’aucune de mes arêtes ne croise une autre de mes arêtes ? C’est une question que Villeneuve-d’Ascq ne se pose pas autant que beaucoup d’entre nous et c’est ce qui fait sa beauté toute particulière, dans certaines zones que caractérisent un futurisme ringard très à mon goût, et dans d’autres un peu plus glaçantes.

(Avenue de la Châtellenie, Villeneuve-d’Ascq.)

(Avenue du Lieutenant Colpin, Villeneuve-d’Ascq.)

Joan La Barbara : Klee Alee