Infini fun : 17 terrains de basket inusités

Les équipements sportifs isolés donnent de belles images de l’ennui existentiel. Personne n’y joue presque jamais, ils gisent là, au fond de lotissements labyrinthiques, au bord des champs, du canal ou du périphérique, au pied de grands ensembles ou de murs antibruit, et c’est tout. Mon préféré est le 17ème mais je ne pense pas y remettre les mollets.

(Rue Desquiens, La Madeleine.)

(Rue Édouard Lalo, La Madeleine.)

(Rue Roland Garros, Wattignies.)

(Plaine du C.O.S.E.C. Norbert Segard, Lambersart.)

(Rue Marx Dormoy, Lomme.)

(Rue de la Carnoy, Lambersart – panier unique.)

(Rue Paul Ramadier, Vieux Lille.)

(Square Lardemer, Lille Fives.)

(Rue Kleber, La Madeleine.)

(Rue du Professeur Langevin, Lille Petit Maroc.)

(Rue du 11 Novembre, Mons-en-Baroeul.)

(Rue des Forgerons, Hellemmes.)

(Avenue du Chancelier Adenauer, Mons-en-Baroeul.)

(Allée la Fontaine, Lompret.)

(Rue Saint-Eloi, Hellemmes.)

(Rue de la Pie, Villeneuve-d’Ascq.)

(Entre l’avenue Léon Jouhaux et la Deûle, Lille ; autant dire, bien caché – ce genre d’endroit où personne ne vous entend crier. Au fond, vous pouvez apercevoir un chien ; sur l’image, il n’a pas commencé à courir mais l’instant d’après le déclic, il me poursuit en aboyant furieusement, sans que personne songe à le rappeler. Vous ne direz pas que je ne donne pas de ma personne pour vous, mes chers.)

Oralité – 5 : wagon et kiwi

2004. T., originaire de Biarritz, se chamaille avec sa petite amie, originaire de Lille, alors Capitale européenne de la culture. Devinez qui, de T. ou de sa petite amie, corrige l’autre sur sa prononciation dans la bribe de dialogue suivante, et gagnez un paquet de Tuc nature* (je n’en ai plus besoin) :

« On ne pas dit pas [wa.ɡɔ̃], on dit [va.ɡɔ̃]**.
– Ah ouais ? Et tu dis quoi, un [kivi] ? »

Un indice : dans le Nord, le mot wassingue, qui existe, se prononce [wa.sɛ̃ɡ].

Fred Astaire and Ginger Rogers : Let’s Call The Whole Thing Off (ne ratez pas les claquettes en patins à roulettes…)

You say laughter and I say lawfter,
You say after and I say awfter,
Laughter, lawfter, after, awfter,
Let’s call the whole thing off!

* Livré par Fedex à vos frais.
** Pour ceux qui ne maîtriseraient pas la notation phonétique : « On ne dit pas ouagon, on dit vagon ».

L’art (7), kitsch et lutte des classes (again)

Celle-ci fait très mal au cœur. Certains d’entre vous se plaindront, je le sais d’avance, de ce qu’elle leur aura donné le cafard, ou des cauchemars (je commence à vous connaître), mais elle a le droit d’exister, tout de même (quoique…)

(Rue de Lompret, Lambersart.)

Celle-ci est l’une des rares réussites artistiques que j’aie pu observer dans les jardins du Nord à ce jour ; hélas, elle souffre d’un socle trop volumineux (je trouve) et, plus grave, d’une maison vraiment kitsch avec tourelle en pierres – si vous voulez voir ce que ça donne, à bicyclette ou en street view, c’est au 237.

(Rue du Général de Gaulle, Mons-en-Barœul.)

Lester Bowie Brass Fantasy : Beautiful People
(à 2’07, formidable explosion de percussions, dont je connais peu d’équivalents – sinon peut-être dans une étonnante reprise, par le London Sinfonietta, d’un morceau d’Aphew Twin, Polygon window, qui n’est pas disponible sur youtube et que je ne peux donc, hélas, partager avec vous)

Oralité – 4 : caille

1992. Internat de classes préparatoires. Sept filles de khâgne boivent un thé dans la salle de pause en lisant Palimpsestes. La Littérature au second degré, de Gérard Genette. Une étudiante de maths sup entre dans la pièce, une tasse vide à la main.

« Y caille de froid », déclare-t-elle.

Roots Manuva : Too Cold

Oralité-3 : les putes

On se calme ! Je vais courir pas moins de 23 km pour vous rapporter des merveilles du Nord, et qu’est-ce que je découvre à mon retour ? Que vous me reprochez massivement de contribuer dans cette rubrique à la mauvaise réputation de ce même Nord dont je ne cesse de vanter les splendeurs. Les protestations acides de vos pigeons, je vous prie de le croire, ont définitivement ruiné mon chéneau. Vous êtes ingrats, et surtout injustes : il n’y a aucune condescendance dans mes transcriptions, bien plutôt une forme de tendresse. D’ailleurs, pour vous montrer que je ne suis pas si manichéenne dans mon approche de la poésie sociale, je tends maintenant le micro à un accent du sud.

Au comptoir d’un bar, un jeune couple* de filles.

« Putain, grogne l’une des filles (bon, c’est un léger accent du sud).
– On n’emploie pas ce mot dans mon bar, intervient le patron, c’est dégradant pour les prostituées.
– Mais moi, je peux me le permettre, proteste la fille : les putes, je les connais, je couche même avec elles. »

The Sonics : The Hustler

* (≠ couple jeune, très très ≠…)

Oralité – 2 : les fraises et les tomates

Cothy, mère de famille, montre à sa propre maman (que nous appellerons Cothy Sr) ses plantations de fraises et de tomates en pots – pots de 15 cm de diamètre, bardés respectivement d’un dessin de fraise et de tomate, et dont s’échappent des tiges verdâtres.

« Ben ça prend pas, dit Cothy.
– C’est parce que t’as pas pissé dessus », déclare Cothy Sr, didactique.

C’est un prétexte pour poster ici cette délicieuse chanson de Mireille, Pills et Tabet : Les fleurs et les champignons

California Dreaming

Vous êtes nombreux à avoir répondu au dernier micro jeu concours caché que ma prochaine série serait consacrée aux poubelles, mais enfin, mes chers, les poubelles sont partout, comme Dieu, ce qui rendrait ma tâche à la fois herculéenne et assez ennuyeuse. Puisque aucun d’entre vous n’a trouvé la thématique « California dreaming », je remets en jeu, pour la énième fois, le verre de 12,5 cl à mon prochain apéro du dimanche soir… Voici quelques palmiers du Nord.

(Rue Georges Gadenne, Saint-André-lez-Lille.)

(Rue Carnot, Sequedin.)

(Rue Denis Cordonnier, Hellemmes.)

(Rue Gassendi, Lille Saint-Maurice-Pellevoisin.)

(Groupe Wannoschot, Marcq-en-Baroeul.)

(Avenue du Général Leclerc, Ronchin.)

(Rue Henri Dillies, Faches-Thumesnil.)

(Avenue du Maréchal Joffre, Mons-en-Baroeul.)

(Rue des Écoles, Hellemmes.)

(Rue Marcel et Jean Caloone, Lambersart.)

Margo Guryan : California Shake