L’art (8)

Lomme est un véritable musée de plein air pour le promeneur attentif. Je vous propose ici deux sculptures dépoitraillées. Votez pour votre préférée en tapant

1

ou 2

sur votre pigeon, et gagnez la satisfaction de donner votre avis.

Down by the riverside

Pour Vous remercier de m’avoir accordé tant de zéphyrs embrasés en ce dimanche matin où (en véritable Standardiste de la prière) Vous aviez déjà tant à faire, Notre Père qui êtes aux Cieux et aux manettes, en offrande, ce touchant spécimen de Rideaux et Voilages, accompagné d’un gospel. C’est bien le moins que je puisse faire.

Sister Rosetta Tharpe : Down by the riverside

Jambes en l’air (1)

J’ai décidé aujourd’hui d’inaugurer une série de jambes en l’air. Comme je ne savais pas dans quelle catégorie de ce blog les classer, j’ai créé la catégorie « jambes en l’air ». Je les présenterai par 3 parce que 7, ça ferait beaucoup. Pour commencer, grue, abribus et garage. Pourquoi ces jambes en l’air, me direz-vous ?

1. pourquoi pas ?
2. ça change
3. c’est amusant
4. vous devriez voir la tête des gens
5. je n’aurai pas vécu pour rien si un jour je peux susciter le dialogue suivant :
« Regarde, c’est la fille qui prend des photos de rideaux.
– Mais non, c’est celle qui s’allonge par terre. »
6. ça donne une autre perspective de la ville, assurément
7. pour reprendre l’horripilante expression à la mode, ça me sort de ma zone de confort

One-night stand

tu presses des oranges, les fesses nues
parfaites, tu chantes une chanson brésilienne, tu dis
regarde, me désignant les pattes jointes de ta tortue
regarde comme elle est expressive et tu ris

je cache mon sourire dans les volutes du thé pour
arpenter le moment puis nous nous quittons d’un baiser
dans la métropole déserte et dorée où dorment nos amis

je lace mes baskets sous une pluie d’étoiles et cours
longtemps avec la force centrifuge de mon oreille interne

je n’attends de la vie rien de plus que ces instants

In the upper room (13)

Seigneur, je sais bien que Tu* n’es pas l’Amazon du bonheur, ni un marabout auquel on peut commander la guérison, la fortune ou le retour de l’amour, mais ce que j’aimerais Te demander**, ce matin, c’est vraiment tout minus, surtout pour Toi qui es trop fort et trop tout-puissant – en plus je T’assure que c’est plutôt de l’ordre de « Tu pourrais passer nourrir le chat ? » que de « Tu pourrais détapisser ces trois chambres ? »*** Ok, j’en viens au fait. Je m’en vais courir, là, et je me disais que si Tu pouvais guider mes pas vers des zéphyrs embrasés qui auraient jusqu’à présent échappé à mon œil pourtant gourmand, je T’allumerais volontiers un petit cierge, à mon retour – ou pourquoi pas une bougie, tiens, pour changer… Tu aimes la fraise ?

(Rue Jean Levasseur, Lambersart.)

Aine O’Dwyer : Music for Church Cleaners (Volumes I & II)

* Avec Dieu, c’est comme avec certains éditeurs, on ne sait jamais si on doit les vouvoyer ou les tutoyer, alors on alterne ; l’avantage avec les éditeurs, c’est qu’on ne doit pas mettre de majuscule aux pronoms, ni tu ni vous, c’est déjà moins casse-tête. Bref, aujourd’hui, entre Dieu et moi, c’est Tu.
** Tu me dois bien ça, ce n’est pas très drôle de se réveiller dans des bras qui travaillent le dimanche – Tu connais mes idées sur la question.
*** C’est une blague, les ami(e)s, j’aDORE détapisser vos chambres, en soutien-gorge sur l’escabeau, avec Des aventures sonores dans le casque : excellents souvenirs.

Upper rooms & kitchens (1)

Mon obsession des upper rooms n’est pas moindre que celle des palmiers du Nord, je viens de m’en rendre compte en me remémorant mon rêve de cette nuit : en traversant la ville de Noeux-les-Mines, je découvrais une église inquiétante absolument sublime, anguleuse et compliquée. Je me contorsionnais sur la banquette arrière (j’étais en voiture avec mes parents) pour mieux la voir et découvrais qu’elle se déployait des deux côtés de la route, comme l’usine d’Haubourdin de part et d’autre de la voie ferrée. Je convulsais d’exultation et cherchais désespérément mon appareil photo dans mes poches.

(À défaut de pouvoir vous montrer l’église de mon rêve, voici l’usine d’Haubourdin, vue depuis les voies ferrées.)

Zéphyrs embrasés (9)

L’amour aviaire pourrait faire l’objet d’une importante sous-catégorie des zéphyrs embrasés. L’oiseau, à l’évidence, aime l’amour – de même que les élégants rococo inspirés de Fragonard ou Watteau (en figurines peintes ou sur Rideaux et Voilages), comme nous l’avons fréquemment vérifié ici, encore que leurs fêtes galantes ne tendent pas vers l’absolu où s’ébattent nos amis à plumes. Observons, apprenons : que l’oiseau amoureux nous soit un exemple radieux.

(Ou suis-je naïve ? L’oiseau connaîtrait-il, comme les pauvres humains trop humains que nous sommes, les rapports de force et de domination ? Car j’ai bien remarqué que, dans les couples d’oiseaux, l’un a souvent les ailes plus déployées que l’autre, comme c’était le cas ici, dans la première édition des zéphyrs embrasés…)

Henry Purcell : Dido & Aeneas, « With drooping wings  »