Harold sur Voilage

Ceux d’entre vous qui ont lu Je respire discrètement par le nez (bénis soient-ils ainsi que toute leur famille, leurs voisins, la famille de leurs voisins et les voisins de leur famille) savent que je suis amie avec un héron nommé Harold et avec son frère. Vous imaginez quelle fut ma joie lorsque je découvris, en courant, des Rideaux et Voilages leur rendant hommage (quelque peu gâchés par de regrettables résidus de Noël).

(Rue Anatole France, Lomme.)

Pour fêter cette fenêtre, un extrait de Je respire discrètement par le nez qui sent la campagne (électorale).

« En rentrant chez moi ce matin, j’ai croisé le frère de mon ami Harold, qui contemplait mélancoliquement le canal. Je me suis arrêtée pour papoter un peu avec lui.
– Alors, les amours ? lui ai-je demandé.
J’ai toujours pensé que quelqu’un avait dû le faire sacrément souffrir, parce que c’est ce genre de héron un peu négligé, la plume hirsute sur la nuque, le regard éteint et l’aile relâchée.
– Les amours, a-t-il grincé, crois-tu vraiment que ce soit le sujet ?
– Qu’est-ce que tu voudrais faire ? Brûler des poubelles ?
– Très drôle. Mais enfin, il est un temps pour faire passer les causes personnelles après la cause collective, non ?
– Je ne vois pas du tout les choses sous cet angle, ai-je protesté. Je crois bien plutôt que réintroduire la notion d’amour en politique est la chose la plus belle et la plus sensée que l’on puisse envisager pour le peuple.
– Je n’aime pas le mot peuple. Enfin, je ne crois pas.
– On a peur des mots.
– L’ère du soupçon.
– Oui. Bon, je file, j’ai rendez-vous à l’agence pour l’emploi. »

Gil Scott-Heron : The Revolution Will Not Be Televised (eh eh)

Loto

La publicité ciblée pollue aujourd’hui jusqu’à ma boîte aux lettres. Mais que ce soit très clair, je ne participerai pas : comment peut-on organiser un événement de ce genre sans majorettes ?

(Si ce billet vous paraît sibyllin, c’est que vous n’avez pas lu Le zeppelin*…)

The Go Team : Titanic Vandalism

* Quoi ? Je peux bien me faire un peu de pub de temps en temps, non ? Je ne suis pas uniquement à votre service…

Paréidolie

Et là, qu’est-ce que tu vois ?

(Avenue Gabrielle Groulois, Lambersart.)

Poème écrit cet été :

« un matin vous me signalez un dinosaure
sur le mur de ma petite cour
je suis votre regard et acquiesce
dans les effluves de mon thé aux agrumes
il est assis, je précise
inutilement puisque vous et moi voyons la même chose
dans les craquelures de la peinture
comme ailleurs parfois
comme souvent
comme
comme un seul corps »

The Yardbirds : Shapes Of Things

1974

Appel aux gens de 1974.

Eh, ça va, les gars, vous faites quoi ? Vous n’avez pas fait d’enfant ? C’est normal. Vous avez un boulot que personne ne considère comme un boulot ? Et alors ? Vous avez raté combien de suicides ? Cool, mes chats : on n’est pas bien, là ? Vous n’êtes pas reconnu ? Vous êtes invisible ? Tant mieux, vous êtes donc libre. Vous n’avez pas de quoi payer votre caveau au cimetière ? No problemo : les rats, ce n’est pas ce qui manque… Venez, on va boire un verre et parler de notre livre préféré, de votre dernier rancard, de végétarisme et de comment c’était, l’été, quand il existait, et on sera comme des princes, comme toujours. Venez, mes choux, venez, mes frères et sœurs.

Pixies : Distance equals rate times time

3 x 3 femmes

Vous êtes plus que nombreux à me demander quel est mon projet romanesque du moment. J’ai tiré sur un certain nombre d’hélicos indiscrets, mandatés par la presse à sensation, pour préserver mon écran (via Rideaux et Voilages) de tout espionnage, et vous savez combien ça pourrait me coûter, même si je ne tire que des Dragibus au lance-pierre – la justice française aime les riches et je suis plutôt du côté raide, voyez ? Mais votre insistance me fait aussi plaisir, je ne vais pas faire ma coquette, aussi vais-je vous laisser quelques pistes :

Morton Feldman : Three Voices

et cette scène de Mulholland Drive :

Que des chefs d’œuvre. Moi, je fais ce que je peux et je dois dire que j’y crois pas mal, d’où ce billet. Rappelez vos hélicos, je nous préfère en relation par pigeon. Mais je vous jure que si vous ne prenez pas le temps d’écouter entièrement le Moton Feldman (soit 49’45 de bonheur), je vous interdirai de revendre mes SP à la braderie de votre quartier, pharisiens, si tant est que nous en arrivions un jour, mes 3×3 femmes et moi, à une publication…