Encore merci

vous êtes nombreux à me dire
comment gérer la douleur
alors ce qu’on va faire c’est que
je vous la confie
vous me la rendrez quand elle sera
mieux éduquée

moi, je vais apprendre à jouer du théorbe

Claudio Monteverdi : Si dolce suivi de « O’hime ch’io cado » en version quasi jazz, par L’Arpeggiata de Christina Pluhar avec Philippe Jaroussky.

L’appel du large : un teaser

Bientôt, ici même, la série que vous me réclamez tous depuis des semaines : pas moins de treize bateaux photographiés sur le littoral de la métropole lilloise (non, je ne parle pas de péniches sur la Deûle). En attendant, deux institutions :

Place Gentil Muiron, à Lille, ces deux indispensables de la vie locale.

Julia Holter : Sea Calls Me Home

Me, myself and I

Ce matin je pensais à Edward Honaker, jeune photographe de mode qui a traversé une terrible dépression et a mis en images son état psychologique, comme dans l’image ci-dessous :

(© Edward Honaker.)

J’ai décidé d’ajouter une nouvelle catégorie à ce blog ; je l’ai appelée avec ironie « Me, myself & I » pour m’excuser de sa teneur très intime. Ce sera ça, en quelque sorte : mon journal en ligne.

Billie Holiday : Me Myself and I

En plus, les paroles parlent toujours pour moi. Parfait.

Merci bien

(Rue Alexandre Delemar, Mons-en-Barœul.)

Certaines années commencent vraiment mal. Ci-dessous, l’histoire pathétique et vraie de mon 1er janvier 2008.

« À la boulangerie, j’ai attendu mon tour si longtemps que l’un de mes yeux a fini par quitter l’axe de mon regard ; l’autre œil est resté fixé sur une baguette miniature. Elle était, cette baguette, au moins deux fois plus petite que ses voisines, pourtant c’était elle qui retenait mon deuxième œil de dévier lui aussi, faisant dériver mon regard sur les pâtisseries multicolores, jusqu’à ce que le « Madame ? » de la boulangère me tire de ma torpeur. Pour l’instant, toute mon attention se portait sur la baguette miniature : il s’agit peut-être d’un spécimen, me disais-je. Un exemplaire d’exposition. Je m’en amusais vaguement, d’un lobe cérébral un peu embrumé par la fête du réveillon, et me demandais comment réagirait la personne qui écoperait de cette chose, quand le moment vint.
– Madame ?
– Bonjour, ai-je dit. Je vais prendre une baguette, s’il vous plaît.
Naturellement, me suis-je dit quand la boulangère a posé devant moi la miniature enveloppée d’une feuille blanche sur laquelle étaient imprimés les mots JOYEUSES FÊTES avec des lettres en forme de viennoiseries. J’ai payé la chose sans émettre le moindre commentaire, rangé ma monnaie, et déjà la boulangère me poussait vers la porte en crissant, « Et une bonne année ! » Moi, ce croûton me faisait l’effet du mauvais œil au creux de sa main. »

Cette année, ça va. Il faudrait juste que j’arrive à mettre la main sur un interrupteur.

Wildbirds & Peacedrums : There Is No Light

There is no light
There is no light
My eyelids ache from too much darkness
No light save me
The night crave me
Dusty patches to look out for
Cause if we fall we will never rise again

What do we find
In these hell holes
No one loves me when I’m dark full
Dark full, painful
Still I’m empty like a rat
Lying flat in a ditch beside a road

If we fall we will never rise
If we fall we’re gonna rise
If we fall we will never rise
If we fall we’re gonna rise
Again

Disintegration loop

cependant que les jours se succèdent en un
jeu des sept erreurs
les lignes bougent au fond
la tectonique des plaques insensiblement
nous éloigne et dans un ultime
glissement plus léger
que celui d’une fine bretelle sur l’épaule nue
nous sépare à jamais

les jours patiemment nous enlèvent
ceux que nous aimons et nous
continuons de ranger notre chocolat
dans le même placard
chaque jour comme si sa place était
inscrite à jamais dans l’ordre du monde comme si
quoi que ce soit l’était –
notre place et la place de ceux que nous aimons
jusqu’à ce qu’ils nous soient arrachés

sans qu’il y ait rien à casser pour y changer quoi
que ce soit ni rien à faire que de rester
les mains vides au sein du néant ou de jeter
des confettis dedans
selon l’état de notre véhicule
de location selon le jour
et la minute

Osvaldo Golijov : K’vakarat (interprété par le Kronos Quartet et Mikhail Alexandrovich).

Michoko (3)

nouvelle star de la télé
quoi qu’ils te disent tu n’es pas l’événement majeur du siècle
continue de t’alimenter
nous ne retenons pas notre souffle
prends un Michoko

*

Comme Michoko (1) et Michoko (2), ce texte date d’il y a une dizaine d’années ; mais ici, pour le simple plaisir d’allonger cette série sucrée, je triche en changeant la dernière phrase, qui était à l’origine « finis ces céréales ». Moi, quand je triche, je le dis alors ce n’est pas vraiment tricher. Pour m’en féliciter, j’ai décidé ce jour de m’attribuer le bon d’achat d’1,49€ dans un mini centre commercial de Wattignies qu’aucun d’entre vous n’est parvenu à gagner et qui expire demain.

Sonic Youth avec Yamatsuka Eye : TV Shit