1974

Appel aux gens de 1974.

Eh, ça va, les gars, vous faites quoi ? Vous n’avez pas fait d’enfant ? C’est normal. Vous avez un boulot que personne ne considère comme un boulot ? Et alors ? Vous avez raté combien de suicides ? Cool, mes chats : on n’est pas bien, là ? Vous n’êtes pas reconnu ? Vous êtes invisible ? Tant mieux, vous êtes donc libre. Vous n’avez pas de quoi payer votre caveau au cimetière ? No problemo : les rats, ce n’est pas ce qui manque… Venez, on va boire un verre et parler de notre livre préféré, de votre dernier rancard, de végétarisme et de comment c’était, l’été, quand il existait, et on sera comme des princes, comme toujours. Venez, mes choux, venez, mes frères et sœurs.

Pixies : Distance equals rate times time

3 x 3 femmes

Vous êtes plus que nombreux à me demander quel est mon projet romanesque du moment. J’ai tiré sur un certain nombre d’hélicos indiscrets, mandatés par la presse à sensation, pour préserver mon écran (via Rideaux et Voilages) de tout espionnage, et vous savez combien ça pourrait me coûter, même si je ne tire que des Dragibus au lance-pierre – la justice française aime les riches et je suis plutôt du côté raide, voyez ? Mais votre insistance me fait aussi plaisir, je ne vais pas faire ma coquette, aussi vais-je vous laisser quelques pistes :

Morton Feldman : Three Voices

et cette scène de Mulholland Drive :

Que des chefs d’œuvre. Moi, je fais ce que je peux et je dois dire que j’y crois pas mal, d’où ce billet. Rappelez vos hélicos, je nous préfère en relation par pigeon. Mais je vous jure que si vous ne prenez pas le temps d’écouter entièrement le Moton Feldman (soit 49’45 de bonheur), je vous interdirai de revendre mes SP à la braderie de votre quartier, pharisiens, si tant est que nous en arrivions un jour, mes 3×3 femmes et moi, à une publication…

Résultat du Spécial Grand Jeu Concours

Vous êtes nombreux à avoir tenté votre chance au Grand Jeu Concours spécial Appel du large mais je suis au regret de devoir remettre en jeu le verre de 12,5 cl à mon traditionnel apéro du dimanche soir, pour la simple raison que vous avez tous trouvé, et que vous avez tous trouvé parce que vous avez tous triché : vos pigeons sont des balances. Vous me décevez beaucoup. Quelle ingratitude !

(Rue Adolphe Torgue, La Madeleine.)

La réponse à la question subsidiaire réside dans le poème ci-dessous, écrit cet été ; il raconte l’étonnante arrivée d’un bateau sur mon appui de fenêtre, à moi qui n’ai guère de passion pour ce genre de véhicule (je serais plutôt pédalo).

Cothy

« je n’ai pas de talent spectaculaire moi
je ne sais pas toucher mon nez avec ma langue
mais au moins je connais chaque fenêtre des alentours
qu’orne une maquette de bateau
je vous en montre plusieurs
tandis que nous glissons à travers mon territoire
juchées sur de hauts vélos

je sais aussi prendre l’accent du nord
je le fais volontiers j’imite Cothy
ma voisine de vous inintelligible
pour vous voir rire à renverser la tête
alors je pourrais manger vos dents enfantines
si les dents se mangeaient

Cothy brosse le ciment de la cour elle dit
qu’elle est arachnophobe et son accent
ressemble au bruit d’un fusil que l’on recharge

Cothy fait le ménage pour notre divertissement
elle désengorge l’appartement familial et pose
quatre maquettes de bateau dans le hall de l’immeuble
alors j’en récupère une pour
ajouter ma propre adresse au Bicycle City Tour »

L’appel du large

Rappelez vos pigeons, chers supporters de mon projet marin… Je suis navrée de vous apprendre que la magie de la vie n’a pas pris cette fois. Soit la fière propriétaire de deux bateaux, rue du Dieu de Marcq à St Maurice-Pellevoisin, est dénuée d’humour et de compassion, soit, au contraire, sa générosité l’a poussée à offrir ses voiliers à des amis qui les lui jalousaient depuis toujours, cette année, pour Noël. Mon petit mot n’a pas eu d’écho. Alors il faudra faire sans ces deux embarcations.

Que cela ne gâche pas notre plaisir car le voici enfin : le tour de la métropole lilloise à la voile que je vous promets depuis des semaines, c’est ici et maintenant. Pour me faire pardonner ce retard, je vous offre même quelques escales en paquebot… Tout d’abord, un aperçu de notre itinéraire – nous partirons d’Hellemmes, à l’est, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (je ne saurais en tolérer d’autre).

Spécial Grand Jeu Concours :

Devinez laquelle des fenêtres ci-dessous est la mienne et gagnez une invitation à mon traditionnel apéro du dimanche soir.*

Question subsidiaire : devinez pourquoi il y a un bateau sur mon appui de fenêtre.

Réponse en poème et proclamation du résultat, ce soir, trois minutes avant le début de l’apéro en question.

En attendant, larguez les amarres, c’est parti !

(Rue Voltaire, Hellemmes.)

(Rue Jean Jaurès, Mons-en-Baroeul.)

(Avenue Emile Zola, Mons-en-Barœul.)

(Rue Rollin, Mons-en-Barœul.)

(Rue du Bois, Lille St Maurice-Pellevoisin.)

(Rue du bois, Lille St Maurice-Pellevoisin.)

(Rue Sainte-Hélène, Saint-André-lez-Lille.)

(Rue Pasteur, Saint-André-lez-Lille.)

(Rue du Général Mangin, Marcq-en-Barœul.)

(Avenue du Docteur Calmette, Marcq-en-Barœul.)

(Avenue de Mont À Camp, Lomme.)

(Avenue de la Délivrance, Lomme.)

(Avenue Désiré Verhaeghe, Faches-Thumesnil.)

(Place Vanhoenacker, Lille Moulins.)

(Résidence du Beffroi, Avenue du Président John F. Kennedy, Lille.)

Je continue à chercher les épaves des bateaux que j’ai aperçus pour la dernière fois respectivement dans la rue du Dieu de Marcq à Lille Saint-Maurice (vous voyez ce que je veux dire), rue Eugène Jacquet à Marcq-en-Barœul et avenue des Acacias à Mons-en-Barœul. Je continue aussi de guetter d’autres vaisseaux, promis.

Maurice Ravel : Une Barque sur l’Océan (dirigé par Claudio Abbado).

* Mais seulement pour un verre de 12,5 cl** – ensuite de quoi, on vous dit au revoir et ciao le lauréat.
** Sous réserve que mes invités habituels*** vous laissent entrer : ils ont leurs têtes.
*** Vous n’avez pas le droit de jouer si vous faites déjà partie des habitués.

In the upper room (8)

Il y avait bien longtemps que je n’avais honoré ici le jour du Seigneur ; peut-être est-ce la raison pour laquelle ma vie est devenue si compliquée, ces temps-ci. Allez hop, une petite église ne peut pas faire de mal – du moins pas en photo. D’ailleurs, les églises inquiétantes sont l’autre de mes péchés mignons, avec les mini galeries commerciales à l’abandon, lors de mes sporadiques virées à la mer.

(Église Saint-Pierre, Place du Docteur Belsamond Ramain, Le Grau-du-Roi).

Cette nuit, j’ai rêvé qu’il existait des messes en forme de procession où, pour compenser le fait que l’on ne pouvait constamment se lever et s’asseoir, il fallait sautiller sur place à certains moments. Je suivais le cortège (il s’agissait manifestement d’un enterrement) et je reconnaissais les pratiquants parce qu’ils savaient à quel moment sautiller. Moi, je ne sautillais pas du tout. La suite de mon rêve dimanche prochain, dans un hommage à notre mère à tous, comme ils disent.

Deerhoof : This Is God Speaking