Avec Marie-Eustache et nos amis – l’insomnie

cette nuit, j’ai eu une insomnie
je me tournais dans tous les sens, avec Marie-Eustache et nos amis, au point que la couette fut rapidement en lambeaux
nous avons fini par nous relever pour fumer une cigarette
après ça, on ne voyait plus à dix centimètres dans mon appartement
les insomnies, je le crains, ce n’est pas fait pour nous

Saturday night fever (6) – Dansons (2)

C’est l’heure de notre grand rendez-vous hebdomadaire avec la danse. Un certain nombre d’entre vous, éhontés philistins, m’ont défiée d’animer leur barbecue plutôt que de leur écorcher les oreilles avec mes habituelles musiques expérimentales et/ou contemporaines. Je le fais à une condition : grillez du tofu et des aubergines, épargnez mes amis. Merci.

Suicide : Shadazz

ESG : Six Pack (attention, c’est plutôt sexuel – je ne fais pas les choses à moitié)

Liquid Liquid : Optimo

Lizzy Mercier Descloux : Hard-boiled Babe

Gang Gang Dance : Glory in Itself / Egyptian

1 Giant Leap : Ma’ Africa (feat. The Mahotella Queens and Ulali)

L’autre livre

Le vendredi 9 juin, à 19h, rendez-vous à l’espace L’autre livre, 13 rue de l’École Polytechnique à Paris*, où l’incroyable Isabelle Bonat-Luciani et moi-même lirons des extraits de nos livres respectifs parus aux Carnets du Dessert de Lune.

* Dans le cinquième arrondissement, métro Mauber Mutualité et Cardinal Mercier

Avec Marie-Eustache et nos amis – le concert

ce soir, avec Marie-Eustache et nos amis, nous allons écouter un concert dans un bistrot
la PAF est de 5 euros, ça fait un budget
en échange la dame nous met un tampon sur la main
au cas où nous voudrions aller à la buvette de temps en temps : « ça fera 70 euros », dit-elle, « merci »
à la buvette, nous demanderons sans doute des verres d’eau

Avec Marie-Eustache et nos amis – l’entretien d’embauche

aujourd’hui j’ai passé un entretien d’embauche
j’y suis allée avec un tailleur pantalon en lin, Marie-Eustache et nos amis
le monsieur des ressources humaines m’a demandé si je comptais toujours m’accompagner de Marie-Eustache et de nos amis et j’ai dit oui oui, ils ne sont pas un problème : c’est juste Marie-Eustache et nos amis
il a dit que la salle de café serait sans doute trop petite pour moi dans ces conditions
par principe, nous préférons les petites entreprises, avec Marie-Eustache et nos amis
mais il semblerait que les petites entreprises, ce ne soit pas pour nous

La narration : rediffusion

J’ai retrouvé avec émotion une série que je publiais sur mon ancien blog, il y a une dizaine d’années. J’ai décidé de vous la rediffuser dans l’ordre – c’est important parce que la narration est très construite et le suspense haletant (ou insoutenable, au choix), comme se doit de l’être un suspense. L’image n’est pas terrible mais vous n’allez pas me casser les pieds avec ça, sinon je veux aussi vous voir harceler les chaînes de télévision qui rediffusent indéfiniment vos Derrick et Colombo préférés. Ma série s’appelle Avec Marie-Eustache et nos amis. C’est un titre vendeur, je ne le changerai pas ; épargnez-nous tout un tapage. Premier épisode dans quelques instants. Mais, avant tout, ma présentation et mon avertissement de l’époque :

« En France, traditionnellement, l’on appelle Marie-Eustache tout être vivant de sexe féminin dont on a oublié ou dont on n’a jamais su le véritable prénom. Une ancienne camarade de classe qui vous a salué préfère s’entendre répondre « Bonjour Marie-Eustache » que « Vraiment, je ne vous remets pas ». Vous trouvez, dans une rue, la chiotte (ici pour le féminin du chiot) d’un voisin qui la recherchait désespérément depuis plus de quarante-huit heures après qu’elle s’est enfuie ayant becqueté la clôture du jardin – il s’agit en effet d’une jeune bulldog – ; vous avez oublié le nom de la bestiole : vous l’appelez, « Viens là, Marie-Eustache », et l’espiègle créature vous suivra à coup sûr jusque chez ses maîtres. Vous ne savez quel prénom attribuer à votre oreiller de célibataire en vous remémorant cette chouette brune que vous avez croisée au supermarché, et naturellement vous optez pour ? Marie-Eustache, bien sûr. C’est ça, la France, quand on a oublié le véritable nom d’un être vivant de sexe féminin. »

La narration : l’épouvante

Le fait divers sanglant d’Amityville a donné lieu à pas moins de dix-neufs films et téléfilms, dont un certain nombre directement en DVD. Pourquoi pas un vingtième ? Et pour plus de frissons, mes chers compatriotes, mon opus ne se passe pas dans la banlieue de New York mais dans la métropole lilloise. Il a été tourné dans le quartier dit des Fleurs à Faches-Thumesnil, dans celui du Croisé-Laroche/Rouges Barres de Marcq-en-Baroeul et dans celui d’Ennequin à Loos. Strictement interdit aux moins de seize ans, ou alors à vos risques et périls (cachez les munitions).

Ça finit très mal, évidemment.

La narration : un manifeste

Chaque jour, je mêle les thématiques et les fils narratifs pour obtenir un tissage textuel plus ou moins dense, plus ou moins aéré selon les besoins de mon propos. Par moments, en relisant, je découvre des harmoniques dont je n’avais pas eu conscience et je m’émerveille de ce que le système fonctionne.