Résultat du Spécial Grand Jeu Concours

Vous êtes nombreux à avoir tenté votre chance au Grand Jeu Concours spécial Appel du large mais je suis au regret de devoir remettre en jeu le verre de 12,5 cl à mon traditionnel apéro du dimanche soir, pour la simple raison que vous avez tous trouvé, et que vous avez tous trouvé parce que vous avez tous triché : vos pigeons sont des balances. Vous me décevez beaucoup. Quelle ingratitude !

(Rue Adolphe Torgue, La Madeleine.)

La réponse à la question subsidiaire réside dans le poème ci-dessous, écrit cet été ; il raconte l’étonnante arrivée d’un bateau sur mon appui de fenêtre, à moi qui n’ai guère de passion pour ce genre de véhicule (je serais plutôt pédalo).

Cothy

« je n’ai pas de talent spectaculaire moi
je ne sais pas toucher mon nez avec ma langue
mais au moins je connais chaque fenêtre des alentours
qu’orne une maquette de bateau
je vous en montre plusieurs
tandis que nous glissons à travers mon territoire
juchées sur de hauts vélos

je sais aussi prendre l’accent du nord
je le fais volontiers j’imite Cothy
ma voisine de vous inintelligible
pour vous voir rire à renverser la tête
alors je pourrais manger vos dents enfantines
si les dents se mangeaient

Cothy brosse le ciment de la cour elle dit
qu’elle est arachnophobe et son accent
ressemble au bruit d’un fusil que l’on recharge

Cothy fait le ménage pour notre divertissement
elle désengorge l’appartement familial et pose
quatre maquettes de bateau dans le hall de l’immeuble
alors j’en récupère une pour
ajouter ma propre adresse au Bicycle City Tour »

L’appel du large

Rappelez vos pigeons, chers supporters de mon projet marin… Je suis navrée de vous apprendre que la magie de la vie n’a pas pris cette fois. Soit la fière propriétaire de deux bateaux, rue du Dieu de Marcq à St Maurice-Pellevoisin, est dénuée d’humour et de compassion, soit, au contraire, sa générosité l’a poussée à offrir ses voiliers à des amis qui les lui jalousaient depuis toujours, cette année, pour Noël. Mon petit mot n’a pas eu d’écho. Alors il faudra faire sans ces deux embarcations.

Que cela ne gâche pas notre plaisir car le voici enfin : le tour de la métropole lilloise à la voile que je vous promets depuis des semaines, c’est ici et maintenant. Pour me faire pardonner ce retard, je vous offre même quelques escales en paquebot… Tout d’abord, un aperçu de notre itinéraire – nous partirons d’Hellemmes, à l’est, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (je ne saurais en tolérer d’autre).

Spécial Grand Jeu Concours :

Devinez laquelle des fenêtres ci-dessous est la mienne et gagnez une invitation à mon traditionnel apéro du dimanche soir.*

Question subsidiaire : devinez pourquoi il y a un bateau sur mon appui de fenêtre.

Réponse en poème et proclamation du résultat, ce soir, trois minutes avant le début de l’apéro en question.

En attendant, larguez les amarres, c’est parti !

(Rue Voltaire, Hellemmes.)

(Rue Jean Jaurès, Mons-en-Baroeul.)

(Avenue Emile Zola, Mons-en-Barœul.)

(Rue Rollin, Mons-en-Barœul.)

(Rue du Bois, Lille St Maurice-Pellevoisin.)

(Rue du bois, Lille St Maurice-Pellevoisin.)

(Rue Sainte-Hélène, Saint-André-lez-Lille.)

(Rue Pasteur, Saint-André-lez-Lille.)

(Rue du Général Mangin, Marcq-en-Barœul.)

(Avenue du Docteur Calmette, Marcq-en-Barœul.)

(Avenue de Mont À Camp, Lomme.)

(Avenue de la Délivrance, Lomme.)

(Avenue Désiré Verhaeghe, Faches-Thumesnil.)

(Place Vanhoenacker, Lille Moulins.)

(Résidence du Beffroi, Avenue du Président John F. Kennedy, Lille.)

Je continue à chercher les épaves des bateaux que j’ai aperçus pour la dernière fois respectivement dans la rue du Dieu de Marcq à Lille Saint-Maurice (vous voyez ce que je veux dire), rue Eugène Jacquet à Marcq-en-Barœul et avenue des Acacias à Mons-en-Barœul. Je continue aussi de guetter d’autres vaisseaux, promis.

Maurice Ravel : Une Barque sur l’Océan (dirigé par Claudio Abbado).

* Mais seulement pour un verre de 12,5 cl** – ensuite de quoi, on vous dit au revoir et ciao le lauréat.
** Sous réserve que mes invités habituels*** vous laissent entrer : ils ont leurs têtes.
*** Vous n’avez pas le droit de jouer si vous faites déjà partie des habitués.

In the upper room (8)

Il y avait bien longtemps que je n’avais honoré ici le jour du Seigneur ; peut-être est-ce la raison pour laquelle ma vie est devenue si compliquée, ces temps-ci. Allez hop, une petite église ne peut pas faire de mal – du moins pas en photo. D’ailleurs, les églises inquiétantes sont l’autre de mes péchés mignons, avec les mini galeries commerciales à l’abandon, lors de mes sporadiques virées à la mer.

(Église Saint-Pierre, Place du Docteur Belsamond Ramain, Le Grau-du-Roi).

Cette nuit, j’ai rêvé qu’il existait des messes en forme de procession où, pour compenser le fait que l’on ne pouvait constamment se lever et s’asseoir, il fallait sautiller sur place à certains moments. Je suivais le cortège (il s’agissait manifestement d’un enterrement) et je reconnaissais les pratiquants parce qu’ils savaient à quel moment sautiller. Moi, je ne sautillais pas du tout. La suite de mon rêve dimanche prochain, dans un hommage à notre mère à tous, comme ils disent.

Deerhoof : This Is God Speaking

Making of L’appel du large

Je vous ai annoncé ici, un peu vite, l’arrivée imminente de la série plébiscitée L’appel du large. Sachez que ce retard est indépendant de ma volonté. Je ne voulais pas lancer le catalogue (à la Imagin’Hair) sans y inclure deux items de choix repérés depuis longtemps à St Maurice-Pellevoisin. Hélas, des décorations de Noël avaient remplacé lesdits items le jour où je me suis présentée devant les fenêtres concernées avec mon appareil photo. J’ai attendu la fin des fêtes. L’affaire traînait. Je grognais, « Suffit, maintenant, les bonshommes de neige, hissez haut ! » Mais les décorations de Noël ont disparu sans que les bateaux ne reviennent – puisque, vous l’aviez sans doute deviné, c’est de bateaux qu’il s’agit. Que faire, sinon réclamer ? Contre les principes que j’ai toujours appliqués ici, j’ai dû intervenir sur le réel. Je l’ai fait tout à l’heure, et j’attends maintenant de voir si, au moins, cette entorse à ma propre charte portera ses fruits.

(Rue du Dieu de Marcq, Lille.)

Après que j’ai collé ce petit mot et que je l’ai photographié, j’ai entendu la porte de la maison s’ouvrir. La dame qui est sortie sur le perron n’a pas vu que j’avais vu qu’elle m’avait vue. Je suis retournée sans hâte à mon vélo cependant qu’elle se dirigeait craintivement (assez effarée, je dois dire) vers mon petit mot. Elle ne m’a pas interpelée. Je prie Jésus, Marie et Joseph pour qu’elle prenne pitié de votre esclave et que, demain, quand j’irai courir avec mon appareil photo, les bateaux soient de retour.

La voie du goéland

Vous êtes nombreux à vouloir attirer mon attention sur le cas des goélands. Vous êtes bien gentils mais par quelle face aborder ce sujet ? Car, comprenez-le bien, il s’agit d’une véritable montagne, en ceci que les goélands de fenêtre, ce n’est pas ce qui manque (l’image de l’océan serait plus pertinente, je vous l’accorde, mais il se trouve que je suis allergique aux métaphores filées : elles m’évoquent le collège.) Cependant, je dois reconnaître que le sujet nous oblige à nuancer quelque peu la dichotomie que nous soulignions récemment, entre kitsch prolétaire et kitsch bourgeois-bohème. Assurément, le goéland nous ouvre une troisième voie. Comment la qualifier ? Je vous propose que nous y réfléchissions tous – je vous rappelle que nous avons un club à faire vivre. Envoyez-moi vos propositions par les voies habituelles.

(Rue de la Louvière, Lille St Maurice-Pellevoisin.)

Autant vous prévenir tout de suite, je ne vais pas vouer les prochaines semaines de ma vie à photographier des goélands de fenêtre pour vos beaux yeux. La raison, me demanderez-vous ? Eh bien, voyez par vous-même : rien ne ressemble plus à un goéland de fenêtre qu’un autre goéland de fenêtre : jamais ils n’offriront la diversité que proposent les Rideaux et Voilages, les chevaux syndiqués, les panonceaux canins ou les chalets du Nord. S’il s’agit seulement de dénoncer sournoisement les propriétaires de goélands dans la métropole lilloise, permettez que je m’abstienne. Je m’engage néanmoins à vous signaler tout goéland ou albatros qui me semblerait atypique.

(Rue du Général Mangin, Marcq-en-Barœul.)

Fleetwood Mac : Albatross

Pas camarades

Quand vous courez dans des quartiers résidentiels, observez bien les chevaux dans les fenêtres : ils essaient toujours de vous enseigner quelque chose. Ceux photographiés ci-dessous, par exemple, vous rappellent qu’il existe bien une hiérarchie au sein même de la classe laborieuse – soit un véritable frein à la lutte des classes dans la mesure où elle amène à une stigmatisation de plus petit que soi, du moins à une forme de condescendance.

(Rue Auguste Potié, Haubourdin.)

(Idem.)

Il est relativement moins pénible, et plus gratifiant, pour un cheval de fenêtre comme pour tout autre cheval, d’être monté par des jeunes gens de bonne famille seuls (disons, un à la fois – voire zéro, comme présentement les deux frères ci-dessus, qui, selon toute vraisemblance, font une pause entre deux fessiers privilégiés) que de tirer des carrioles avec pas moins de trois personnes dedans (cocher inclus) ou une charrue dans les ornières d’un champ. Essayez, vous verrez. Et vous commencerez à mieux regarder ce que vos semblables vous donnent à voir sur les appuis de fenêtre.

(Rue Félix Faure, La Madeleine.)

(Rue Jean Mermoz, La Madeleine.)

N’oublions pas le héros de la révolution, le cheval libre que l’on épingle et que l’on met derrière les barreaux pour éviter que son exemple séditieux ne donne des idées au peuple opprimé…

(Rue Carnot, La Madeleine.)

Stendhal

sur cette page, quelques infos approximatives concernant le projet qui m’a valu la bourse Stendhal, et sur les projets des onze autres lauréats de 2017

Nomenclature

Certains d’entre vous me réclament à cor et à cri des Rideaux et Voilages à motifs de flamands roses. Je vais vous expliquer pourquoi ce n’est ni possible ni pertinent dans le cadre de notre étude non sociologique sur le thème « kitsch et lutte des classes ».
J’y vois l’occasion de rappeler ici qu’il y a kitsch et kitsch. Il existe ainsi un kitsch prolétaire, émouvant (d’aucuns diraient « déprimant » mais je me contenterai de ce terme neutre) et dont les fleurons sont assurément le dauphin et le chien, cependant que le deuxième, appelons-le kitsch bourgeois-bohème, correspond aux codes graphiques en vigueur et a pour mascotte le flamand rose et pour fruit l’ananas, du moins depuis quelques années (car le bourgeois-bohème est moins fidèle à ses icônes que ne l’est le prolétaire*).
Or, le bourgeois-bohème n’accroche pas, sur ses fenêtres, de Rideaux et Voilages à motifs – le bourgeois tout court, n’en parlons pas : ses fenêtres ne racontent rien du tout, elles sont d’un ennui prodigieux.

Rare exemple de kitsch bourgeois-bohème exposé en fenêtre :

(Rue Canrobert, Marcq-en-Baroeul.)

Exemple répandu de flamand rose ornemental, hors Rideaux et Voilages :

(Place Vanhoenacker, Lille.)

Mais ne grognez pas, vous qui me réclamez des flamands roses SUR Rideaux et Voilages, car je vous offre aujourd’hui mieux encore, je vous offre le roi des rois : le paon.

(Rue Lamartine, Lille Moulins.)

Annette Peacock : Pony (eh eh eh…)

* Le jour où la mode sera au poulet, le monde inondé de poulets stylisés en lampions, boucles d’oreilles, figurines, origamis, piluliers, robes d’été, cravates, etc., que deviendra mon dancing chicken ? Car en tant que prolétaire endurcie et pleinement assumée, je lui suis fidèle depuis plus de dix ans. (Si vous ne connaissez pas le dancing chicken, vous le trouverez ici.)