Remue

Merci à Jacques Josse pour sa note sur Pas de côté, parue aujourd’hui sur le site Remue.net. Un aperçu :

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Nevers Tandem

Je cherchais ce matin des photos de Mes petites amoureuses sur la page de Nevers Tandem ; je n’en ai pas trouvé mais je suis tombée sur cette image qui résume assez bien mes soirées nivernaises. Je suis ici en compagnie du fabuleux Alexis Réjasse, mon nouvel ami, et de la formidable Marie Nimier, que j’espère bien revoir aussi. Après avoir partagé tant de discussions et de rires, notre complicité a été scellée par la danse, hier soir au bar de la MCNA. Quand des écrivains dansent avec une certaine frénésie, je suis heureuse : comme je ne cesse de le clamer, nous sommes aussi des corps.

Pas de côté

Dans quelques jours paraîtra mon nouveau recueil de poésie. Je serai sur le stand des Carnets du Dessert de Lune à la Foire du livre de Bruxelles le samedi 24 février de 15 à 16h pour fêter ses premiers pas – de côté.

L’appel du large

De même que les nombreux Chalets du Nord observés dans la métropole lilloise révèlent un très fort appel de la montagne, les fenêtres et les rues d’ici dénotent un appel tout aussi puissant du large. Voici un modeste échantillon des différents aspects que revêt cette nostalgie (non pas, dans ce cas, le regret mélancolique de ce qui fut mais celui de ce qui n’est pas ici).

1. bateaux

a – voiliers

de bureau

vraiment gros et grand

presque aussi gros et un peu moins grand

juste un peu moins gros

idem (pour autant que je puisse en juger à cette distance)

déjà pas mal

de taille respectable

+ vrai bateau

racé

en coquillages

+ mouettes

b – chalutiers

c – navire de croisière à voile

d – paquebot

e – régates

grande

plus modeste

bof

la plus grande régate de la métropole lilloise a lieu dans une fenêtre qu’il est impossible de photographier intégralement parce qu’il y a toujours des voitures garées devant (ça se passe à moins d’une encâblure de l’usine Cargill à Haubourdin) ; par défaut, voici un petit aperçu flou en vue immersive sur le site de cartographie en ligne :

2. phares

presque véritable

+ dauphins + camion de pompiers

+ marins

+ mouettes

+ mouettes + dauphin + corail + bateau en bouteille + boule à neige Sacré-Cœur de Paris + statuette mère et fille assises dans un coquillage géant (à leur échelle) + Rideaux et Voilages fleuris

3. autres

ancre véritable

fédération du Nord pour la pêche et la protection du milieu Aquatique avec A majuscule

Au Grand Large, bateau-école de Lille

raie

hippocampe

Emmerin

Le derrière devant

Si, c’est mignon, Emmerin. C’est un village – on dit village, non, quand la population compte à peine plus de 3000 habitants ? Ah non, on dit commune, pardon, commune française. Bon, je recommence. Disons qu’Emmerin est une commune française qui met le derrière devant. Ainsi, ce parking que je n’ai pu me résoudre à prendre en noir et banc tant ses verts et ses rouges me semble participer de la magie locale.

Ainsi, ces vitraux d’église protégés par des grilles au maillage très serré, qui donnent à son flanc est un aspect très cul d’église.

Ce derrière qui occupe le devant de la rue principale ne me déplaît pas – même si j’aime, au fond, le fait d’aller voir derrière.

Ici, derrière, ce sont les champs et des routes le plus souvent dépourvues de trottoirs et de pistes cyclables.

Devant, l’on ne s’embarrasse pas de scrupules quand on opte pour le même chalet du Nord que les voisins (peut-être vit-on en mitoyenneté avec ses parents, ses frères et sœurs, qu’en sais-je ? auquel cas le chalet du Nord resserre forcément les liens familiaux).

Ici, le touriste a très envie de prendre en photo les jardinets à l’avant des maisons mais perçoit alors un frémissement dans les Rideaux et Voilages, qui indique une surveillance continue des trésors et merveilles d’Emmerin, tel cet angelot à cheval sur un tonneau que je ne suis donc pas en mesure de vous livrer ici. C’est sympathique, Emmerin, mais on s’y sent étranger.

1. Sur la route d’Emmerin, Mal assis, là

Je suis prête à parier que, si j’empruntais cette route tous les jours, je ne verrais jamais personne assis sur aucun de ses bancs : il n’y a rien à faire autour d’eux pour des citoyens respectables (actifs), rien à voir que des voitures trop rapides et des tracteurs. Le matin où j’ai pris les deux dernières photos, la lumière était si parfaite qu’elle aurait suffi à me rendre heureuse. Sur la deuxième, vous pouvez discerner, se mêlant aux nuages, la fumée de l’usine Cargill, sise à Haubourdin. Mais qu’est-ce donc que cette rue fascinante, me direz-vous ? La réponse dans « Sur la route d’Emmerin, trésors et merveilles ». Eh oui, je ménage quelques effets de suspense.

2. Sur la route d’Emmerin, trésors et merveilles

Comme je le suggérais plus haut, c’est un seul et même bord de route que je vous présente ici – généreusement jalonné de bancs, comme nous l’avons vu – et qui mène d’Haubourdin à Emmerin : vous longez la voie ferrée, vous tournez vers le sud dans la rue des Lostes, que bordent des jardins ouvriers à perte de vue, vous passez sur un petit pont, sous lequel ne coule aucune rivière, puis devant le hangar d’un carrossier, avant de parvenir entre deux champs. C’est là que j’ai eu la révélation, hier matin : je me suis rendu compte que certaines rues de la métropole lilloise méritent un traitement à part entière, au même titre que la Route 66. C’est assurément le cas de la rue des Lostes, qui sur le kilomètre et demi de sa longueur déploie mille trésors et merveilles pour qui sait regarder.

(Un couloir hétéroclite dans le labyrinthe des jardins ouvriers.)

(Un pont sans rivière en-dessous.)

(Carrossier magnifié par la lumière.)

3. Upper rooms & kitchens

Vous admirerez le style du Golgotha sur lequel est perché ce calvaire. On en vient presque à regretter l’absence d’un banc, à ce carrefour d’Emmerin. Moi, c’est le genre de Jésus qui me donne envie de m’asseoir un moment pour prendre des nouvelles et, pourquoi pas, m’épancher un peu. Jésus n’est pas très accueillant ici, sans vouloir lui jeter la pierre parce que ce n’est pas vraiment sa faute s’il est si mal assis, là ; je sais bien qu’il est mort pour nos péchés mais bon, je suppose qu’il aurait préféré payer par carte, si possible sans contact. Enfin bref, je ne m’arrête pas, en partie parce que ça ne se fait pas trop de discuter avec des amis quand on transpire en short et, surtout, parce que je ne m’arrête jamais quand je cours, ou alors trois petites secondes, le temps de prendre une photo ; ça paraîtra psychorigide mais c’est ainsi. N’empêche que c’est un Golgotha très réussi que surplombe le Jésus d’Emmerin.

4. Nazareth

Ou comment doubler la population d’une maison (espérons qu’il y a une cave, ou un grenier, pour les onze autres mois de l’année). Du moins ici n’oublie-t-on pas qu’avant d’être un grand dégueulis consumériste, Noël est un anniversaire, et pas n’importe lequel. C’est avec générosité que cette famille reconstitue la Nativité pour notre plus grand plaisir mystique ; ne me remerciez pas de suivre son exemple en vous en offrant une image (assez semblable à celles que l’on glisse dans son missel), à vous qui n’écumez pas les rues d’ici en baskets. Ça me fait plaisir.

5. Des mouettes

Des champs, ce n’est pas ce qui manque autour de la métropole lilloise, j’en longe et en traverse très souvent, de Verlinghem à Vendeville, de Sequedin à Villeneuve-d’Ascq, mais il en est un que les mouettes prisent tout particulièrement. Je les entends de loin et immanquablement je les retrouve au-dessus de ce champ, à Emmerin. Des nuées de mouettes.

C’est sur cette note exotique et poétique à la fois que j’ai décidé de clore ce reportage consacré à la commune française d’Emmerin, dans le cadre de notre rubrique National Geo.

Mes petites amoureuses aux Escales Hivernales

Hier soir, Clémentine Collette et moi avons joué, en clôture du festival Escales Hivernales, notre lecture musicale, Mes petites amoureuses, dans le bistrot toujours très animé de la gare Saint-Sauveur. Personne ne nous a jeté de canettes. Merci infiniment à l’équipe d’Escales des Lettres pour son accueil et son enthousiasme. Merci aux nombreux proches venus nous soutenir, et au public pour son écoute. Merci enfin à Myn, Pauline et Claire pour les photos.

Villeneuve-d’Ascq

Cette semaine, j’ai décidé de vous emmener dans les rues (s’il est permis de les désigner ainsi) de Villeneuve-d’Ascq. Je ne pouvais que tomber amoureuse d’un tel cauchemar urbain, labyrinthique et désert. L’on y trouve tout ce que je préfère dans les villes, en particulier

Des tunnels, des chemins, des passerelles

et diverses voies inaccessibles au profane, étroites et sinueuses, cachées, taillées dans la verdure ou le béton. Il peut arriver que l’on ait un peu peur à ses bouts du monde, et l’on se perd inévitablement dans ses méandres alambiqués. Elle est parfaite pour moi.

Du style

Bien que la ville nouvelle se soit construite, dans les années 1970 et 1980, autour des villages d’Ascq, d’Annappes et de Flers, et bien que l’on trouve dans ces anciens villages des églises du XIè siècle (voir ci-dessous la traditionnelle rubrique Upper rooms & kitchens) et des châteaux du XVIème siècle comme sur la photo ci-dessous, ce que l’on retient de Villeneuve-d’Ascq, c’est avant tout son esthétique architecturale pauvre, très marquée par les années 1980, que ce soit dans le choix des matériaux ou dans les formes très alambiquées dessinées par ceux-ci. Il n’est pas jusqu’à ses arbres qui ne soient frappés, dans les rues les plus traditionnelles, d’un traitement capillaire futuriste.

De la campagne

Villeneuve-d’Ascq, c’est aussi le parc du Héron, des lacs et autres plans d’eau artificiels, des champs, des jardins communautaires, des cygnes, des canards, des chevaux montés de jeunes bourgeoises et des moulins de ville. Il me faut vous prévenir que Villeneuve-d’Ascq ne propose pas de camping, hélas, je le précise pour ceux d’entre vous qui déjà brûleraient de traverser la France, l’été prochain.

Des parcs d’activité (frénétique)

Ici, l’étincelante Pilaterie.

De l’art

Villeneuve-d’Ascq, c’est aussi le LAM et sa belle collection d’art brut, et c’est aussi l’art dans la rue, comme ci-dessous.

De l’habitat

Venons-en au fait. Maintenant que je vous ai convaincus de vous établir dans cette ville aux fascinants contrastes, parlons immobilier. Toutes les formes de l’habitat sont représentées ici : lotissements, petits et grands ensembles, maisons ouvrières, dédales modernistes, châteaux et anciennes fermes. Vous connaissez mon goût particulier et quelque peu pervers pour les géométries les plus alambiquées représentées dans le petit catalogue (non exhaustif) ci-dessous. Mais je ne veux pas vous influencer dans une décision si délicate.

Du fun

Zéphyrs embrasés.

Mickeys maison

caddies dans lumière vaporeuse

Mal assis, là

Pour ce nouveau défi lancé à nos fessiers, des photos prises sur le quai Hudson,  au forum vert et sur le boulevard du Comte de Montalembert.

Upper rooms & kitchens

L’église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours m’évoque Brooklyn, non pas en raison de son architecture (d’ailleurs très à mon goût) mais de son nom à rallonge – il me rappelle un peu la Brooklyn Faith Seventh-day Adventist Church, par exemple.

Dans un style plus XVIème siècle, voici l’église Saint-Pierre de Flers-Bourg. J’aurais aimé en donner une vue plus globale (j’admets que cet angle n’est pas idéal) mais il devait y avoir de la buée sur mon objectif le jour où j’ai fait les prises de vue et mes autres photos sont inutilisables. Ce n’est pas très sérieux de la part de la rédactrice en chef d’une rubrique aussi prestigieuse, me direz-vous ? Eh bien, faites donc une réclamation.

Ci-dessous, mon lieu de culte préféré ; je le trouve d’autant plus fascinant dans son contexte, car l’Oratoire Saint-Marc est étroitement inséré entre les immeubles que vous pouvez voir sur la photo, bien sûr, mais aussi entre l’hôtel de ville et le centre commercial. Si j’étais une heureuse Villeneuvoise, assurément, c’est ici que j(e n)’irais (pas) à la messe le dimanche matin.

Je trouve très triste le passé composé employé par l’église du Sacré-Coeur de Flers Sart : ça veut dire que c’est fini ? Nous l’avons déçu ? De l’autre côté de la porte, sous un autre bas-relief de Fernand Weerts, une phrase si déchirante que je n’ai pas le cœur d’en afficher ici l’image : « Il s’est livré pour nous ».

Je pourrais vous montrer d’autres églises encore mais je préfère clore cet incontournable dominical par des images de mignonnes chapelles.

1. à chapka de verdure

2. sans

3. Ste Philomène

Recommandation

C’est vraiment grâce à Marie, notre mère à tous, que je serai dans un avion ce soir ; elle m’a dépêché deux anges, Camille et Arnaud, avec un forfait téléphonique extraordinaire et une admirable maîtrise des centres d’appel – sans parler de la patience, qui est un basique chez les anges. Je venais de traîner ma race à JFK en vain et en navette et je rentrais au Crowne Plaza en pleurnichant à moitié quand les anges m’ont demandé, Alors, vous avez réglé le problème ? Ben non, je suis une potiche et la femme la moins équipée technologiquement du XXIème siècle occidental, ça ne se voit pas à mon pull vert ? Alors ils ont tout fait à ma place. Je ne suis pas fière mais je suis rassurée, et reconnaissante. Très bien, cette Marie, je vous la recommande vivement.

(Elle fait sa timide, c’est mignon…)

Merci aussi à Camille et Arnaud. Je ne sais pas ce qu’il serait advenu de moi sans leur divine intervention.

Où est Ptchulli ?

Dans l’avion ? Mais non, voyons.

J’avais bien fait les choses ; je me suis dirigée vers l’aéroport avec beaucoup, beaucoup d’avance.

Une fois dans le bon terminal, j’ai trié les photos de mon séjour sur un siège doté d’une tablette, pour que le diaporama n’endorme pas mes proches, demain, à l’apéro. J’étais zen, vraiment (®Temesta). Puis je suis allée voir ce qui se passait du côté d’Iceland Air, pour me dégourdir les jambes (qui sont des femmes). Mon vol était annulé. La compagnie aérienne m’offre une nuit au Crowne Plaza, qui vibre du trafic aérien et qui est d’un effroyable mauvais goût.

(Sans les couleurs, on voit un peu moins combien c’est laid, mais je ne pouvais pas assumer ces rouges criards.)

Très déprimée, j’ai repéré un deli grocery à un kilomètre de l’hôtel ; je m’y suis acheté une bière qui s’appelle Rebel IPA et qui est assez forte. J’ai demandé au monsieur à la caisse de l’ouvrir pour moi. Marcher dans des vraies rues après avoir parcouru des couloirs froids à l’aéroport et posé ma lourde valise dans cet hôtel aseptisé, ça m’a fait du bien. Il y avait plein d’éléphants sur des barrières, dont un modèle que je ne connaissais pas : l’éléphant barrit, la trompe et les pattes antérieures levées. Je n’ai pas osé le prendre en photo à cause de ses heureux propriétaires mais, plus loin, j’ai trouvé une œuvre d’art qui vaut bien quatre éléphants.

(Courage, Madame.)

De retour au Crowne Plaza, je me suis assise au fond du parking, face à un mur très à mon goût, et j’ai bu quelques gorgées de ma Rebel IPA dans son emballage de papier en fumant une cigarette : comme une beatnik.

Et, bien sûr, poussant la provocation jusqu’à l’extrême, j’ai commis ce délit sous un drapeau américain.

Maintenant je me pelotonne dans mon affreuse chambre en essayant d’oublier les démarches vraisemblablement kafkaïennes qu’il me faudra engager demain pour m’incruster sur un autre vol, je finis ma Rebel en coutant WBGO et je retouche des photos. Je suis sûre que je suis punie par Jésus pour avoir manqué la messe de ce matin – mais, gros malin, si j’avais su, j’aurais pu ne pas la manquer : nous n’allons pas nous en sortir, Jésus et moi, si nous ne cessons de nous punir à tour de rôle. Que faire ?