Au revoir

J’ai inauguré ce blog le 13 octobre 2016 par ce paragraphe :

« J’ai quitté le réseau social il y a un mois maintenant. Il ne me manque pas. Personne ne prétend plus me dire ce que je dois lire, penser, mépriser, encenser. Personne ne m’impose plus ses photos de vacances. Quant à moi, je me sens moins minable depuis que je ne participe plus à cette mise en scène de soi collective. Mais on me dit que je ne suis pas une vraie femme du XXIème siècle si je n’ai pas, quelque part sur Internet, un espace dédié à moi-même : une vitrine de mon travail, un T-shirt à ma propre effigie. Alors voici mon nouveau blog. »

Il m’apparaît aujourd’hui que ce blog est en passe de devenir mon vivarium. Vous connaissez sans doute la question : « Un arbre qui tombe ne fait-il du bruit que s’il y a quelqu’un pour l’entendre tomber ? » Inutile de vous dire ce que j’en pense. Après tout, je n’ai pas besoin de faire mes petits bricolages photos-textes sous vos yeux (en l’occurrence, je leur donnerais sans doute une forme plus aboutie voire exploitable si je le faisais pour moi seule) ni de regards extérieurs pour solidifier mon expérience terrestre, ni d’oreilles avec lesquelles partager la musique expérimentale (et autre) qui fait mon bonheur.

Par ailleurs, à mon extrême horreur, plusieurs personnes m’ont dit avoir l’impression que je m’adressais à elles à travers mes billets. C’est révélateur de la mauvaise voie sur laquelle ce blog m’avait engagée à mon corps défendant. Si j’ai quelque chose à vous dire, je vous enverrai un e-mail. En tout cas, je ne cherche pas d’amis, ni d’amoureuse, j’ai tout ce qu’il me faut, merci.

Je vais donc arrêter là et je m’en réjouis. Je pense mettre en ligne prochainement un site aussi rudimentaire que possible, qui reprendra le menu supérieur de ce blog et se contentera d’annoncer mes nouveautés quand il y en aura. Je vais d’abord prendre tout mon temps pour trier les 1427 billets que j’ai mis en ligne en deux ans et trois mois, y récupérer ce qui pourrait me servir et supprimer le reste. Je ferai en sorte que le site soit prêt pour la parution de mon nouveau livre, au mois de mars.

Merci à ceux d’entre vous qui m’ont fait part de leur intérêt pour mes élucubrations.

Bibliomobi (suite)

Je viens de terminer ma première série pour ados. Quatre textes qui se suivent et dessinent une espèce d’enquête psychologique, à défaut de rebondissements et revirements spectaculaires. Il s’agit d’une commande de l’AR2L, qui les rendra disponibles gratuitement sur l’application Bibliomobi, dont je vous ai déjà parlé. La commande n’était pas facile pour moi qui ai en horreur le principe même de la série, mais je suis plutôt contente du résultat. J’y ai fait entrer des chalets du Nord, particulièrement un chalet inspiré de celui-ci, qui se trouve à proximité du CHR, à Lille.

Derrière le chalet, une maison intégralement fascinante, comme le révèle cette vue immersive piquée sur un service de cartographie en ligne. Je ne voudrais pas vous priver de telles couleurs, d’où ma décision de vous livrer un billet dépareillé.

Un détail de la façade qui pourrait vous plaire – la perspective est pourrie mais je ne faisais pas très attention à ce genre de choses à l’époque où j’ai pris ces photos, en juillet 2016.

Bibliomobi

Connaissez-vous Bibliomobi, application de lecture mobile qui permet de télécharger gratuitement des œuvres numériques à partir d’un smartphone ? Je suis apparemment l’une des premières à avoir participé, à l’invitation de l’AR2L (Agence régionale du Livre et de la Lecture) Hauts-de-France et de la MEL (Métropole européenne de Lille), à un programme de saison puisqu’il propose aux 8-25 ans des contes de Noël. Vous me trouverez facilement sur le site qui présente la liste des téléchargements disponibles (d’autres sont encore à venir). Un aperçu :

Happy happy

J’ai l’immense joie de vous annoncer que mon livre sur Meredith Monk, A happy woman, paraîtra aux éditions de l’Olivier le 7 mars, à savoir la veille de la journée internationale des droits des femmes. Je me réjouis d’autant plus de cette coïncidence que Meredith a beaucoup souffert, à ses débuts, de la condescendance voire du mépris dont sont toujours gratifiées les femmes dans les milieux artistiques (comme dans tous les autres, me direz-vous) mais que sa détermination n’a jamais faibli. Nous en parlions l’automne dernier, comme je le raconte dans cet extrait de mon livre :

« C’est d’autant plus difficile quand on est une femme, me dit-elle. Mais cela nous donne un avantage sur les hommes : nous sommes opiniâtres et nous questionnons constamment notre pratique. Regarde certains compositeurs – je ne les citerai pas, tu sais très bien de qui je veux parler –, on sent bien que leur mère leur a dit, Tu vas tout réussir, trésor, tu es le meilleur. »

Pour changer, j’ai décidé de vous dévoiler ce que ne sera PAS la couverture du livre – mon éditrice et moi avons fait cinq propositions, celle-ci était ma préférée mais n’a pas été retenue :

J’ai pris cette photo lors de la remise du Gish Prize à la Brooklyn Academy of Music le 26 octobre 2017. Je ris encore toute seule chaque fois que je la vois. La voici en grand :

Ce que je ne vous ai jamais montré, c’est la photo qui, (presque) à ce moment-là, était prise sur scène (le nom de son auteure n’est pas mentionné sur le site de la fondation) :

(© 2018 The Dorothy & Lillian Gish Prize)

Ligne 18

Mon exposition de photos et de textes sur la langueur de l’été dans le bassin minier s’intitulera Ligne 18. C’est la ligne de TER qui relie mes deux territoires, ligne pointillée entre ma vie actuelle et mon passé – ce passé dans lequel, cet été, je me suis replongée. Le vernissage aura lieu à la salle Jean Ferrat, Place des droits de l’enfant, dans la bonne ville d’Avion, le vendredi 30 novembre à 18h30. Venez, il y aura des trucs à boire et des chips. L’affiche devrait ressembler à ceci, à en croire les maquettes que m’a proposées l’association Colères du présent (j’ai pris la liberté de les panacher afin de pouvoir vous annoncer le grand événement avant que vous n’ayez réservé une table au Crocodile pour votre anniversaire de mariage. L’asso ne m’en voudra pas, je suis juste prévoyante : il faut bien que vous ayez le temps de vérifier la pression de vos pneus).

Le Cyprès

Une capture d’écran pour vous donner un aperçu de notre lecture musicale au Cyprès, vendredi soir. Merci à Wilfrid et Éline Séjeau pour leur accueil, leur compagnie et leur formidable librairie (qui fait également disquaire, excusez du peu).

Majoret-te-s

Nous l’avons fait, nous avons écrit une pièce de théâtre en cinq jours. Il faut dire que j’avais un super groupe : sept personnalités bien trempées, très différentes et toutes pleines de ressources, d’invention et d’humour. Des sensibilités très attachantes, aussi. J’avais déjà rencontré certains des participants lors de précédents ateliers – au même endroit (le centre Carpentier, à Liévin), sur d’autres sujets (surtout l’opéra). La semaine prochaine, ils vont pouvoir commencer les répétitions – ah oui, parce que ce sont eux aussi qui vont interpréter le texte, sous la direction de mon amie Muriel Cocquet, dont il a déjà été question ici et qui fait également partie de mon collectif.

Merci à Paulette, Thérèse, Joël, Didier, Gigi, Barbara et Hélène, qui n’ont pas seulement fourni un super travail (ainsi que des gâteaux, biscuits et chocolats) mais ont aussi accepté de poser pour moi et, par extension, pour vous.

Ça m’intéresse

Je ne sais pas qui, à la rédaction du magazine Ça m’intéresse, est tombé sur mon dernier roman, mais je le ou la remercie pour ce petit encart très sympathique, paru dans un hors-série. La vie effaçant toutes choses not tout à fait dead yet.

Aperçus de la Ligne 18

J’ai fini de préparer mon exposition sur la langueur de l’été dans le bassin minier ; contrairement à ce que me disent les bonnes volontés qui essaient de me consoler, le but (l’exposition) ne prime pas à mes yeux sur le chemin (la conception, le rythme de la route, le hasard des rencontres, les pauses déjeuner chez mes parents, la sélection, l’écriture et la langueur de l’été per se), alors pour rester encore un peu dans l’atmosphère du projet, à défaut de poursuivre sa dynamique, j’ai décidé de vous proposer ici quelques photos écartées de ma sélection. Vous aurez ainsi un aperçu de l’esprit des images que j’ai rapportées de mes expéditions (mais pas de l’esprit des textes, je tiens à le préciser). Je les répartirai en plusieurs volets thématiques et nous commençons par une micro-série gonflable.

Aperçu gonflable

(De haut en bas, chemin de Noyelles, Méricourt ; espace vert sans nom ni véritable forme entre la rue de Réaumur et la voie ferrée, Méricourt encore ; derrière le centre commercial de Liévin.)

Aperçu mural

Il y aurait des dizaines de billets à consacrer à l’art dans le bassin minier, et je ne parle pas du Louvres-Lens. Outre les nombreuses fresques commandées par les municipalités, outre les innombrables sculptures d’époque ou contemporaines dédiées à la mémoire des soldats tombés pour la France pendant les deux guerres mais aussi aux victimes d’accidents miniers, les initiatives personnelles ne manquent pas et je ne suis pas loin de croire que l’on surpasse ici le musée en plein air de la métropole lilloise – je pense bien sûr aux statues qui ornent les jardins. Une particularité locale (du moins ne l’ai-je remarquée nulle part ailleurs) est le papillon en fer-blanc de façade et de portail, plus laid que kitsch. Aujourd’hui, trois formes de street art policé / de commande : bucolique, exotique et du terroir.

(De haut en bas, avenue Élie Reumaux, Lens ; passerelle de la gare Bully-Grenay ; passage sous-terrain à la gare de Billy-Montigny.)

Aperçu philosophique

Parfois je triche. Pas quand je découvre une inscription existentielle derrière l’église Saint Martin (rue du Four Banal) à Méricourt et la prends en photo, mais quelques heures plus tard quand, lisant sur un mur de Lens un slogan contre la loi travail 2016, je décide de le recadrer de manière à isoler de leur contexte deux mots qu’il me semble amusant de faire dialoguer avec la phrase trouvée le matin. Il me reste ensuite à guetter un troisième élément visuel susceptible de fournir une chute à l’espèce de strip que composent les images. Ici, c’est au pied d’un château d’eau (chemin d’Aix) à Liévin que j’ai ramassé ma chute, vous invitant à ignorer comme je le fais la question partiellement effacée à laquelle répondent ces deux mots.

Aperçu sentimental

Dans le bassin minier tout autant que dans la métropole lilloise (et je précise que je n’ai rien trouvé de tel dans les quelques villes que j’ai explorées cette année dans d’autres régions de France), l’on n’hésite pas à dire ses sentiments sur les surfaces verticales de la ville et de presque la campagne. Les cœurs y sont nombreux, et les déclarations nominatives n’y manquent pas. À cet égard, la première inscription ci-dessous est quasiment programmatique. Il s’agit d’amour universel, je veux dire d’un amour qui ne mène pas nécessairement ni exclusivement à la procréation (// colle universelle), comme nous le voyons ici et le verrons bien encore plus dans Aperçu 5 : sentimental (2), qui devrait attendrir les cœurs les plus secs et réconcilier les plus anarchistes avec le concept de famille.

(De haut en bas, rue Henri Martin, Liévin ; parc Guimier, Sallaumines ; rue Notre Dame de Lorette, Lens, limite Éleu-dit-Leauwette.)

Aperçu sentimental

Ici (c’est-à-dire sur le petit pont de bois au point où se croisent la Souchez – une rivière, au cas où vous seriez de ces nuls en géo – et la véloroute du bassin minier), quelqu’un disposant d’un feutre, voire d’un marqueur, vraisemblablement un enfant, a ressenti une bouffée d’amour petit-filial irrépressible et voici le résultat, qui ne manquera de vous toucher comme il a touché, j’imagine, les heureux grands-parents dont il est ici question.