Le sel not dead

Il me faut aujourd’hui remercier trois femmes pour les super articles qu’elles ont consacrés au Sel de tes yeux.

Carole Chrétiennot, pour L’Express,

Elisabeth Philippe pour L’Obs

et Virginie Mailles Viard pour Le matricule des anges.

Du LSD

Je pars deux semaines en résidence et, à mon retour, qu’est-ce que je découvre ? Que si je ne suis pas là, tout le monde fait n’importe quoi, à la Gouniche* : mon pauvre Danny est démuni face aux ravages des stupéfiants sur ses poulettes (il n’est qu’à voir leurs pupilles pour deviner la nature de la came),

plus loin, d’autres poules (dont une petite nouvelle au look excentrique) ont succombé à des substances guère plus recommandables – de même, semble-t-il

que ces anges de jardin rue de la Liberté (liberté façon hippie, let the sunshine in, si vous voyez ce que je veux dire).

Quant à Carol Anne, elle danse comme une perdue avec le vent, qui rugit dans ses épines comme un océan. Moi, j’ai du travail, beaucoup, beaucoup de travail. Bien trop pour avoir le loisir de mettre bon ordre à tout ceci.

* En français dans le texte.

Des femmes

C’est aujourd’hui officiel, Le sel de tes yeux figure dans la première sélection du Prix de la Closerie des Lilas, auprès de cinq autres romans écrits par des femmes, ce dont je suis extrêmement reconnaissante au jury également 100% féminin. Plus d’infos ici. Pour fêter ça, voici une super playlist guère plus mixte proposée ce jour par la compositrice suisse Magda Drozd sur le site du magazine anglais Wire – c’est .

(Magda Drozd par Philip Frowein.)

Je vois des gens qui sont dans la terre

… en vue immersive sur le service de cartographie en ligne. Et ils se trouvent à l’endroit précis où aura lieu le premier rendez-vous de ma résidence au Blosne (le coiffeur ne compte pas) pour collecter quelques informations et atmosphères, à mon retour, début février. Si vous connaissiez mon sujet, vous comprendriez que ce glitch est une coïncidence proprement hallucinante – toute apophénie mise à part.

Le Furet du Nord

J’ai dansé à la Garenne-Colombes, dimanche, je serai assise en compagnie d’Amandine Dhée, demain après-midi à Lille, de retour (mais très, très brièvement) sur mon ancien territoire, et pour l’occasion, le Furet a déterré une photo de moi prise quand j’étais vieille, asphyxiée par les particules fines et un individu nocif, et que je n’avais pas encore trouvé ma super coiffeuse rennaise (j’ai pris mes habitudes à la Cabana Gio). Venez, on va bien s’amuser.

Garennes

Après un très agréable dimanche après-midi à la Garenne-Colombes, j’ai couru hier à l’assaut du terril n°80 dit des Garennes, à Éleu-dit-Leauwette : un terril sauvage, silencieux, bordé par la rivière de la Souchez,

un de ces terrils qui fument encore par endroits, par des espèces de minuscules branchies, et quand j’ai posé la main sur le sol, il était chaud.

J’avais arrêté la musique, pour n’écouter que le chant des oiseaux. Ma solitude aurait été parfaite, n’eussent été quelques coups de feu dans le lointain (mais c’est bientôt fini : dans un mois et un jour, les individus sains d’esprit – dont lapins, canards, etc. – pourront être en sécurité dans la nature).

Autochromes

Ce matin, mon territoire d’élection m’a fait le grand jeu pour m’accueillir au retour du Blosne. Danny a essayé d’articuler quelque chose et il se balançait d’avant en arrière comme s’il voulait sauter par-dessus le fil qui délimite son enclos et se blottir dans mes bras ; Carrie ne m’a pas attaquée à coups de bec ; les cygnes, canards, poules d’eau, foulques macroules et grèbes huppés ont multiplié les tentatives de jambes en l’air. J’ai rassuré tout le monde : certes, je suis tombée sous le charme du Blosne (et de Bréquigny, j’adore Bréquigny) mais c’est vous que j’ai choisis. Les graminées ont agité leurs cheveux dans la brume. Quoi de plus merveilleux qu’un amour honoré de retour ?

Haley & Keeley

Dame Sam est de retour de Liévin, et moi de Rennes. J’ai pris le TGV puis le TER avec Polty et Rocky (nous avons fraudé : un seul billet pour trois ; nous avons fait des selfies mais j’aurais honte de les afficher ici parce que Polty est vraiment trop con – faire peur aux gamins comme ça, c’était puéril) et Dame Sam est rentrée en voiture avec mes parents, qui ne voulaient pas la rendre. J’ai retrouvé mes proches, il y avait des algues du Blosne sur mes vêtements et dans mes cheveux, et des baisers d’écureuils. Une amie a traité Rocky de mugmoche et j’ai entendu craquer les jointures de Polty mais j’ai sauvé la situation avec un discours baudelairien. Maintenant, Dame Sam et moi de nouveau seules, empilées, nous écoutons Debris de la musicienne, danseuse et actrice Keeley Forsyth (album sorti le 17 janvier). Les Anglais l’appellent la nouvelle Scott Walker ; ok, mais je pense aussi à Haley Fohr – Jacqueline, le nouvel album de ladite Chicagoane (sous le pseudo de Jackie Lynn – parfois elle est Circuit des Yeux, et je l’aime presque autant que Jenny Hval), paraîtra le 10 avril, yeah !

Focus VIF

Je me réjouis que le Sel fasse partie de la sélection de Focus VIF en cette rentrée littéraire – pour ceux qui vivraient loin de la frontière, il s’agit d’un magazine culturel belge vendu chaque semaine avec Le Vif/L’Express. Je remercie Anne-Lise Remacle, à qui je dois cet honneur.

Voilà qui m’apaise un peu en attendant mon massacre annoncé dans Le masque et la plume , dimanche soir ; au programme :

RCJ

Je suis extrêmement touchée par la chronique radio consacrée au Sel de tes yeux par Josyane Savigenau – que je remercie une nouvelle fois pour son soutien inestimable. On peut écouter l’extrait de l’émission ici, sur le site de RCJ.