Sur le bord de ton cœur

disons que de l’autre côté, il y a quelque chose
disons que de l’autre côté, il n’y a pas de douleur
il y a des corps pour accueillir nos gourmandises
mais pas de cellules pour s’y insinuer
il y a des vergers de dattes fourrées à la pâte d’amande
et de pâtisseries qu’on cache dans le frigo
pour les manger en cachette avec Perrine
quand Pierre est parti parler à ses abeilles
parce que c’est plus amusant ainsi

de l’autre côté, nos fêtes se poursuivent pleines de
décibels de champagne et de mignardises
dans nos salons salles à manger nos jardins
et quand elles débordent dans des salles des fêtes
nous avons des pinceaux des palettes pour les décorer
à notre guise et nos chants résonnent là
ton petit bonheur, le marinier de papy, ma bonne du curé
si les bancs et les chaises cèdent sous la puissance de nos rires
nos coccyx s’en tirent bien dans nos robes à fleurs
nos jupes rayées nos pantalons à pinces
puisqu’il n’y a pas de douleur de l’autre côté
il y a des voix portées par une douce brise dorée
auxquelles mêler les nôtres

de l’autre côté je veux penser que tu as rejoint
celles et ceux que nous aimons et qui manquent déjà
embrasse-les de ma part et riez et chantez en nous attendant

je pense à toi, Brigitte

(tes parents, toi et moi en 2009, au long des berges de France)

Rappel

C’est samedi à partir de 19h, à la Cinematek de Bruxelles : Feelings we don’t have words for, une soirée consacrée à Meredith Monk,

alors que (la nouvelle vient de tomber) le nouveau numéro de mon magazine préféré, Wire, lui consacre (enfin) la couverture de son prochain numéro, à l’occasion de la parution d’un coffret de 12 CD sur le label ECM.

9-9bis

Oh la la, que ça va être bien : une plasticienne, une photographe et moi au 9-9bis d’Oignies pour croiser nos regards féminins sur notre territoire chéri…

Plus d’infos ici

Cinematek

Le samedi 14 janvier, j’aurai le grand honneur de participer à une soirée sur Meredith Monk à la Cinémathèque Royale de Belgique, CINEMATEK, à l’invitation d’Our Story. Les organisatrices de ces séances de cinéma queer ont aussi créé un collectif au nom magnifique, La destruction des espaces vides, dont le descriptif me ravit : « La destruction des espaces vides est un collectif franco-belge fondé en 2012 par Iris Lafon et Valérie Leclercq, qui allie recherches curatoriales, musicales et para-académiques. La  destruction des espaces vides affectionne les interventions maladroites, les expositions placées en état-limite, et prône de manière générale une certaine esthétique du dérapage et de l’erreur. La destruction des espaces vides s’efforce, selon cette éthique, d’offrir aux artistes et musiciens qu’elle invite un environnement favorable à des formes d’explorations artistiques qui seraient peu séantes dans des contextes plus commerciaux. » J’adore. Merci à Valérie et Iris pour leur invitation et merci à Delphine Dora d’avoir mis A happy woman entre leurs mains.

Au programme de cette soirée Meredith Monk :

L.A.

J’en ai rêvé pendant trente ans – je le raconte notamment dans Terrils tout partout :

« Elle se revoit adolescente, écoutant du free jazz sur la pelouse d’un lotissement et imaginant trouver l’amour à Los Angeles, où elle vivrait dans une villa semblable à la Stahl House sur les collines et serait une scénariste reconnue pour ses audaces narratives et pour sa fine connaissance du cinéma classique hollywoodien. Quelque 30 ans plus tard, de retour dans le bassin minier avec des rêves à sa taille, elle sourit à la jeune fille qu’elle fut.

Ici, lui dit-elle, dans mon paradis issu de houiller, j’ai des friches, des zones dénudées, des prairies de fauche, des fourrés, des boisements, des mares temporaires et, sur les éboulis de schistes, des espèces rares, inconnues dans la région avant l’exploitation minière. J’ai du réséda – comme le quartier de L.A., oui, je savais que ça te parlerait. J’ai toutes sortes d’araignées, de coccinelles, de libellules, de demoiselles, de criquets, de sauterelles, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de chauves-souris. Et les papillons de jour : l’azuré des nerpruns – regarde ses pattes rayées de noir et blanc : cette élégance à la Fred Astaire, tu ne la trouves plus à Los Angeles. Et l’argus brun, ses ailes noisette à liseré orange et taches brunes ourlées de blanc, et l’hespérie de la houque, charnue dans sa nuisette vaporeuse. Fais des recherches si tu ne vois pas de quoi je veux parler, toi qui aimes tant les livres.

Mais tu préfères alimenter ton fantasme californien en lisant des romans des années 1930 qui décrivent une faune de jeunes niais arrachés à leur campagne par un rêve de papier glacé, venus attendre dans le soleil contondant de Hollywood qu’une barrière se lève, qu’un portail s’ouvre, qu’un studio les appelle à un destin étincelant, leur offre une éternité de celluloïd. Le monde a tellement changé depuis leur parution qu’il en est presque un autre mais, pour toi, ils restent d’une actualité brûlante. Ils montrent des vies ruinées par le rêve, dont ne parle aucune encyclopédie du cinéma. Ils sont juste assez mélancoliques à ton goût, juste assez décadents et nostalgiques.

(…) La nouvelle Laïka, revenue de son voyage intersidéral, dit à la jeune fille qu’elle fut : Hollywood, c’est fini, ma pauvrette, c’était déjà fini bien avant ta naissance. Tes héros sont tous morts et les paysages de ton imaginaire n’existent plus. Tu liras, tu verras. Tu liras Kenneth Anger, Joan Didion, Reyner Banham, Cynthia Ghorra-Gobin, Mike Davis et tant d’autres. Attendrie, elle sourit dans le premier baiser de l’humus que lui darde l’aube dorée de Pinchonvalles : Hollywood ! Elle secoue la tête. »

Dans un mois, j’y serai pourtant…

J’ai longtemps imaginé que le jour où j’arriverais à LAX, j’aurais les yeux de Betty dans Mulholland Drive quand elle descend de l’avion, ces yeux de perdreau du jour. Ce ne sera pas le cas, je sais à quoi m’attendre (Valentina y a suffisamment vécu pour me décrire tout ce que je suis susceptible d’y détester) mais j’aurai plus de chance que Betty, c’est sûr, d’autant que je ne voyagerai pas avec la dame qui fait peur mais

avec la super meuf que j’ai photographiée ci-dessous dans sa cuisine. Je la verrai jouer solo à Los Angeles mais aussi à San Francisco puisque nous allons faire l’aller-retour le 21. La semaine dernière, pendant la séance de photos avec Better Corners dans les locaux de State 51, nous avons dansé sur Drinking in L.A., chanson de Bran Van 3000 que j’ai énormément écoutée pendant mon pic de California dreaming et dont Valentina me disait que personne à Los Angeles ne la connaît.

Joyeuse Sainte-Barbe

C’est le 4 décembre mais ici nous fêtons dès ce soir et tout le week-end la sainte patronne des mineurs (et des pompiers). Chez moi, à Lens-Liévin, la pyrotechnie et les percussions domineront les festivités,

tandis qu’à Bruay-la-Buissière, où j’espère bien aller dimanche s’il ne fait pas -13°C, ce sera Santa Barbara, coal & soap opera.

REVU

Vous pouvez maintenant précommander ici le numéro 10 de la revue REVU. J’ai eu la chance d’y participer avec un texte sur les arrière-mondes – le thème est L’autre paysage. Merci à toute l’équipe de m’accueillir dans ses pages et particulièrement à Valérie Fortune pour l’invitation.

Transmissions festival

Si on m’avait dit, il y a neuf mois encore, qu’un jour je partagerais une affiche avec les légendes de la scène expérimentale que sont Valentina, Kali Malone ou encore Lucrecia Dalt, même un tout petit bout de l’affiche, je me serais esclaffée. Merci à Valentina et à Marta Salogni pour leur confiance.

quelques dates

2022

Le vendredi 21 octobre à 18h30, je présenterai L’Évaporée sans Wendy à la librairie La Forge, à Marcq-en-Baroeul, à l’occasion du festival Passions d’automne, organisé par l’association des librairies indépendantes des Hauts-de-France

Le 26 novembre, je ferai avec Valentina une première lecture de notre objet protéiforme Permanent Draft au festival Transmissions à Ravenne, Italie

Le mardi 13 décembre, nous en ferons une seconde au Café Oto, à Londres, dans le cadre de la résidence de Valentina (du 12 au 14)

2023

Le 14 janvier, je serai à Cinematek, la Cinémathèque Royale de Belgique, à Bruxelles, pour une soirée autour de Meredith Monk (programme à préciser)

Le dimanche 29 janvier, Vertébrale(s) et ses invitées, Coraline Aim et Aurore Magnier, reçoivent le public à la Villa Yourcenar pour un thé pensant (Aude Rabillon, Florentine Rey et moi-même y aurons déjà passé deux jours)

Le vendredi 10 février, Catherine Barsics et moi ferons une lecture d’un texte inédit que nous viendrons d’écrire ensemble au Comptoir du Livre, à Liège

Le jeudi 16 février, Wendy et moi parlerons de L’Évaporée à la librairie Tulitu, à Bruxelles

Le vendredi 17 février, Wendy et moi présenterons L’Évaporée au Festival d’Amour organisé par la librairie L’Affranchie, Lille (plus de détails à venir)

Le vendredi 24 février (horaire à préciser), je rencontrerai la plasticienne/musicienne Catherine Zgorecki pour une table ronde au 9-9bis d’Oignies en marge de l’exposition Mine de femme, basée sur des témoignages sur la vie quotidienne des femmes dans le bassin minier ; j’y parlerai notamment de Terrils tout partout

Le jeudi 23 mars à 19h, je rencontrerai le public à la Villa Yourcenar avec Adèle Rosenfeld et Chab Touré puisque nous serons les trois auteurs en résidence, tout le mois de mars

Le vendredi 31 mars (heure à préciser), je ferai une lecture (de La Geste permanente de Gentil-Cœur, j’imagine) à la Maison de la poésie de Bordeaux, dans le cadre de L’Escale du Livre

*

Des dates à Liège en solo et à Paris avec Wendy s’ajouteront bientôt à cet agenda.

Les Avignonnais

Merci, Avignon – ville de mes années beatniks <3

« La Ville d’Avignon lance le premier Prix littéraire des Avignonnais. À partir du 1er octobre et jusqu’au 12 novembre, les avignonnais et tous les amoureux de la littérature sont invités à élire, parmi les cinq ouvrages sélectionnés, leur roman préféré issu de la rentrée littéraire d’automne. Lectures, tables rondes, midi-sandwichs et de nombreuses animations permettront de mieux faire connaître ces cinq ouvrages et de voter pour celui qui emportera le premier Prix. Les cinq romans sélectionnés sont disponibles en prêt dans les bibliothèques de la Ville et à la vente dans les librairies partenaires. »

Liste les livres sélectionnés

L’évaporée
Fanny Chiarello, Wendy Delorme
Éditions Cambourakis

Le pion
Paco Cerdà
Éditions La Contre Allée

Eleftheria
Murielle Szac
Éditions Emmanuelle Collas

Des rêves d’or et d’acier
Émilie Tôn
Éditions Hors d’atteinte

L’invention du diable
Hubert Haddad
Éditions Zulma

Plus d’infos ici