DJ (10)

Je ne puis hélas partager avec vous l’intégralité des musiques qui ont accompagné ma semaine, certaines d’entre elles n’étant pas disponibles sur youtube : l’on n’y trouve ni le requiem de Jean-Luc Darbellay, ni As I Was Saying de Sheldon Frank, ni l’hommage à Morton Feldman, Besides Feldman, de Pamelia Kurstin (thérémine), Hilary Jeffery (trombone), Rozemarie Heggen (contrebasse) et Patrick Pulsinger (synthétiseur modulaire). C’est bien dommage. Mais réjouissez-vous, je ne vous offre aujourd’hui que du très très dansant.

Story de John Cage interprété par le Theatre of Voices de Paul Hilliard – je l’écoute treize fois par jour. Ça dit « Once upon a time the world was round and you could go on it around and around » (c’est une phrase de Gertrude Stein, les gars.)

Meredith Monk (toujours) : Tablet (je l’écoute trois fois par jour)

Philip Glass : Dressed Like an Egg (part IV), sur le disque Analog ; la voix féminine est celle de Joan La Barbara, dont vous pourrez ensuite entendre une composition

Joan La Barbara : Urban tropics

Cybe : Bali Pulau Bagus

Captain Beefheart : Tropical Hot Dog Night

Teaser

La ville de Charleroi se plaint auprès de moi de ce que les autochtones ne peuvent plus se garer (non plus qu’à Montignies-sur-Sambre) depuis le début de ma série spéciale, tant vous êtes nombreux à y affluer avec vos gaz d’échappement, smartphones, érythèmes actiniques zébrés, canettes et papiers gras. Vous êtes plus nombreux que les rats sur les voies du métro désaffecté, me disait ce matin M. le bourgmestre, surmené, lors de notre point téléphonique désormais quotidien sur ce que nous appelons « la situation ». Je lui ai promis de tout faire pour canaliser votre attention : ainsi lancé-je ici même, la semaine prochaine, une Brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise de la préhistoire à nos jours. Vous reconnaîtrez que je ne ménage pas mes efforts.

Au sommaire :

Lundi 3 juillet, La préhistoire, ou ce que nous enseignent les peintures rupestres de la banlieue sud ;
Mardi 4 juillet, L’antiquité au Jardin des Plantes ;
Mercredi 5 juillet, L’ère communiste à Ronchin ;
Jeudi 6 juillet, « Madame, ou Les arts ménagers à travers les âges », du XIXè siècle à demain ;
Vendredi 7 juillet, « Monsieur, ou Le culte du corps à travers les âges ».

Je n’hésiterai pas à suspendre ce programme si vous n’êtes pas un peu raisonnables et ne cessez immédiatement de créer des files sur les routes wallonnes.

Rappel

C’est ce soir au Liquium à partir de 20 h.

Si vous préférez le metal, vous pouvez aussi aller à Saint Sauveur écouter l’un des groupes de mon frère, Wild ; plus d’infos ici.

Le vide exact (14)

J’ai retrouvé ce paragraphe écrit le 31 juillet 2014 dans une espèce de journal auquel je n’ai bizarrement pas su me tenir :

« L’été est un album de coloriage que l’on remplit à son gré. Messiaen, Mingus, Stockhausen, Sonic Youth, chaque univers lui sied si parfaitement qu’il semble lui seoir plus que tout autre, chaque entité sonore trouve à s’étirer sous le dôme bleu aphone des rues désertées, à s’y répercuter, y signifier plus que ne pourront jamais dire un mot ni une note de musique, quelque chose que seuls les viscères peuvent comprendre tandis que l’esprit, dépassé, groggy, tangue. »

(Toits de Faches-Thumesnil vus depuis la passerelle qui surplombe la voie ferrée, entre les rues d’Haubourdin et de Bondues.)

(Wattignies vue depuis Loos.)

(Depuis la plaine du Cosec, Lambersart.)

Oralité : Mythique et schnock

Ce matin, l’invité de la matinale sur France Musique était un célèbre chef d’orchestre français, âgé de 83 ans. Je peux trouver mignon qu’un octogénaire emploie le terme « vedette » pour désigner un personnage public, comme ça se produit parfois à la radio, mais j’ai ri sans aucune forme de tendresse quand l’invité du jour a prononcé la phrase suivante : « C’est un tube, comme on dit aujourd’hui » (ce qui, entre nous, est tellement vingtième siècle : qui emploie encore le mot « tube » dans cette acception, à part quelques ringards – dont je peux d’ailleurs faire partie ?)

(Exemple d’énorme tube : disons la 9ème de Beethoven.)

Pourquoi ça ne m’a pas semblé mignon ? Parce que chacune de ses phrases contenait une parenthèse réactionnaire de ce type, une capsule temporelle comme une capsule de cyanure dans une dent creuse. Le cher homme disait ne pas pouvoir parler de musique française, ce matin, parce qu’il aurait manqué de temps et qu’il faut prendre son temps avec les choses importantes – françaises, donc.

La coupe fut pleine quand le maestro et Roselyne Bachelot ont feint de se chamailler, riant aux éclats, savourant leur complicité bourgeoise. Tout cela, malgré le chevrotement de la voix et la condescendance paternaliste, est finalement bien de notre époque : la France de Macron ressemble à cela – le président poupon emploie l’expression « poudre de perlimpinpin », et ça non plus ne m’attendrit pas une fraction de seconde.

DJ presque en vrai

Le 21 juin, venez fêter la musique (et le lancement du fanzine Binary) au Liquium, où nous serons trois drôles de dames à vous proposer notre programmation : vous aurez toute la nuit pour danser ou pas sur les sélections éclectiques de Pleins Phares, La Biscotte et Dancing Chicken (ça, c’est moi).

Pas de morue pour le capitaine Cracker

La Voix du Nord parle ici du spectacle Pas de morue pour le capitaine Cracker, qui sera joué samedi au centre Arc-en-Ciel à Liévin. Il reste des places pour la générale, qui aura lieu à 15h, mais la représentation de 19h affiche déjà complet. Toutes informations utiles ci-dessous.

Livret écrit par les comédiens eux-mêmes, en atelier d’écriture, sous ma direction
Mise en scène : Emilie Guil et Muriel Cocquet (Compagnie La Lune qui gronde)
Direction musicale : Nathalie Bentkowski (professeur à l’école de musique de Liévin)
Chef de chœur : Marie-Astrid Stock (La Clé des chants)

Avec :
Satchié Martel, soprano
Chœur d’élèves de l’école primaire Condorcet et du collège Riaumont de Liévin
Comédiens de l’atelier théâtre du CCS Carpentier (parmi lesquels pas moins de trois Chiarello)
L’orchestre de l’école de musique de Liévin
Nathalie Bentkowski, piano

Amis de la poésie

Le marché de la poésie à Saint-Sulpice, c’est surtout l’occasion de retrouver des amis de tous territoires, Isabelle Bonat-Luciani, NatYoT, Eric Pessan, Jean-Marc Flahaut, Jean-Louis Massot et tous les autres, de pique-niquer au bord de la Seine, de faire le siège de la buvette jusqu’à ce qu’un M. Gaudin nous en déloge et que notre chère IBL lui laisse une carte postale :

On rentre un peu triste, comme quand on quitte le camping et que l’on échange des adresses postales (ça se passe dans les années quatre-vingt) avec ses camarades de piscine et de rivière. En l’occurrence, je suis rentrée avec de magnifiques cadeaux ; admirez au passage la carte de visite de NatYOt (j’adore).

Et, à quelques pas du marché de la poésie, ce phylactère qui m’a bien amusée.

Une première

Merci d’être venus si nombreux et si incandescents à la première de Mes petites amoureuses, jeudi dernier au Liquium. Merci à Val.b pour les photos, dont celle-ci :

Je vous reparle très bientôt de notre lecture musicale.

Rappels

Demain au Liquium (71, Rue Jeanne d’Arc à Lille) à 20 h, Mes petites amoureuses, lecture musicale avec Clémentine Collette. Venez nombreux, si possible avec des cadeaux mais pas forcément.

Vendredi à 19 h, lecture de poésie sans musique mais avec la pétulante Isabelle Bonat-Luciani (qui annonce la rencontre ici) à l’espace L’autre Livre (13, rue de l’Ecole Polytechnique à Paris). Venez nombreux, si possible pas sans cadeau : il y a des gens qui fêtent bientôt leurs 43 ans, par ici.

Et le lendemain, venez voir à quoi ça ressemble, des poètes qui ne se sont pas vues depuis pff, on ne compte plus les mois. Ce sera du joli, tiens, de 15 à 16 h au marché de la poésie à Saint-Sulpice, sur le stand des Carnets du Dessert de Lune. Venez si vous voulez, si possible avec des Doliprane et du Coca-Cola, merci.