L’autre livre

Le vendredi 9 juin, à 19h, rendez-vous à l’espace L’autre livre, 13 rue de l’École Polytechnique à Paris*, où l’incroyable Isabelle Bonat-Luciani et moi-même lirons des extraits de nos livres respectifs parus aux Carnets du Dessert de Lune.

* Dans le cinquième arrondissement, métro Mauber Mutualité et Cardinal Mercier

J’aime autant vous prévenir

Je néglige tous mes devoirs parce que j’écris un requiem. Ce n’est pas comme si je prenais le soleil ou que j’allais au bistrot* : j’écoute des requiem et j’écris un requiem. Je fais ce que je peux. Merci de votre compréhension.

Pour me faire pardonner, deux de mes requiem préférés :

Gabriel Fauré : Requiem (Victoria de los Amgeles et Dietrich Fischer-Dieskau sous la direction d’André Cluytens – vous ne prétendrez pas que je ne vous donne pas le meilleur, toute négligente que je sois de mes devoirs…)

Benjamin Britten : War requiem (Galina Vishnevskaya, Peter Pears et – encore – Dietrich Fischer-Dieskau sous la direction de Britten himself).

* Jamais de la vie.

Parallèle

Depuis mardi soir, je suis en vacances scolaires. J’ai encore quelques déplacements prévus d’ici la fin de l’année, mais ce ne sera pas pour rencontrer des classes. Je tiens, dans ma grande générosité, à partager avec vous quelques émotions vécues au cours de mes dernières interventions.

Netflix

Cette semaine, un collégien m’a demandé pourquoi j’avais refusé de travailler avec Netflix.

Il se trouve que, bien souvent, des élèves visitent ce blog avec leur professeur ou leur documentaliste* pour préparer notre rencontre**. Et il se trouve également que, le 28 avril, je faisais ici même, dans une note en bas de page, la plaisanterie suivante : « Je tiens par ailleurs à vous signaler que j’ai récemment refusé une offre substantielle de Netflix, qui souhaitait acheter les droits de mes séries « La narration », pour preuve que tout le monde ne les trouve pas inintéressantes. »

Se pose alors la question de l’humour.

La science-fiction

Chaque fois que je rencontre une classe (une vingtaine cette année), un élève me demande pourquoi je n’écris pas plutôt de la science-fiction – parfois, ce sont même plusieurs élèves de suite (tous ne font pas preuve d’une attention soutenue et continue). Alors je réponds qu’à mes yeux, l’ordinaire est extraordinaire et que je n’ai pas besoin d’imaginer des mondes parallèles. Ce en quoi je commets au moins deux erreurs, comme cela m’est apparu ce matin :

1. j’ai écrit une dystopie, à ma manière : Tombeau de Pamela Sauvage, c’est quoi, hein ?

2. ce blog est dans une certaine mesure un monde parallèle, comme le malentendu à propos de Netflix en témoigne bien assez.

Mais c’est fini, maintenant, pour quelques mois : au travail !

* Un professeur s’amusait de ce qu’une élève, particulièrement impressionnée par ma série de 23 cœurs, se demandait comment j’avais gravé le cœur 19 dans l’écorce d’un arbre. Elle n’a pas demandé comment j’avais brodé les dauphins souriants sur les Rideaux et Voilages – sans doute parce qu’elle n’est pas remontée si loin dans mes recherches sociologiques en ligne.
** Une autre question que j’ai beaucoup aimée cette semaine était la suivante : « Pourquoi prenez-vous des photos de vos jambes en l’air ? » Vous allez une fois de plus me taxer de muflerie mais j’ai renvoyé cet élève au premier billet de ma rubrique « Jambes en l’air » plutôt que de lui répondre oralement. J’en étais à ma cinquième rencontre consécutive et je commençais à penser comme le psycho killer des Talking Heads : « Say something once, why say it again ? »

La femelle du requin

Merci à Joachim Arthuys, dont je suis l’invitée dans ce numéro de la revue La femelle du requin . J’y parle, entre autres choses, de la poésie de Laura Kasischke. J’y rends également hommage à ma grand-mère Denise, qui me manque chaque jour.

La première page de mon texte, réduite en carré :

L’idiotie du réel

Je vais à New York au mois d’octobre pour observer Meredith Monk dans son travail. L’art de Meredith Monk me semble ressortir d’une philosophie sur laquelle j’aimerais m’appuyer pour construire mon texte, à savoir ce présupposé que Clément Rosset, son principal théoricien, appelle l’idiotie du réel. J’ai découvert cette philosophie par le biais d’un (très bon) livre sur les musiques du chaos, Chaosphonies de Théo Lessour – dans lequel il n’est d’ailleurs, curieusement, pas question de Meredith Monk.

Théo Lessour résume ainsi sa vision de l’idiotie du réel et son application dans le champ musical : « Le réel n’est rien d’autre que lui-même. (…) Avant d’être le résultat de Lois répétables, il est un ensemble de phénomènes entrelacés tous absolument uniques, tous absolument égaux à eux-mêmes et à rien d’autre, tous absolument idiots. Le réel n’a pas de structure cachée (…). Le langage nous masque l’idiotie du réel, comme la partition dissimule l’idiotie du son. » C’est précisément ce que Meredith Monk ne fait pas, me semble-t-il (notamment parce qu’elle écrit des opéras sans narration et fonde l’essentiel de ses compositions sur la voix sans presque jamais recourir au langage).

(Meredith Monk vue par Monica Moseley.)

Je viens de découvrir un auteur dont l’œuvre romanesque m’évoque aussi cette théorie : Renata Adler. Dans la postface à son roman paru en 1983, Nuit noire – dont la traduction (par Céline Leroy) est sortie cette année aux éditions de l’Olivier -, Muriel Spark écrit : « Qu’est-ce qu’un roman ? Il n’existe pas de définition totalement arrêtée, mais nous pouvons affirmer que, dans une certaine mesure, un roman est la façon dont l’auteur se représente la vie. (…) Rien n’évolue, rien ne dérive. Les effets ne résultent pas de causes. Les instants sont consignés sans lien les uns avec les autres. Heureusement, il s’agit d’instants fascinants. »

(Portrait de Renata Adler par Richard Avedon.)

Si vous percevez l’idiotie du réel dans d’autres œuvres (de tous domaines artistiques), n’hésitez pas à m’envoyer des références.

Capsule

Aujourd’hui, mon cerveau ressemble à un album des Residents, par exemple celui-ci – Meet The Residents (1974).

Hier, Clémentine Collette et moi avons présenté pour la première fois notre lecture musicale, Mes petites amoureuses, au Liquium, sous l’œil aiguisé de la comédienne et metteur en scène Muriel Cocquet, que je remercie pour ses précieux conseils, son dynamisme légendaire et sa disponibilité. Merci aussi à Myn pour son accueil et son enthousiasme.

Ensuite, Karine Germaix a subjugué l’auditoire, puis Clémentine l’a fait danser – elle joue en solo sous le nom de Clemix. Je vous recommande de guetter ces deux noms et de sauter sur la première occasion de voir l’une ou l’autre de ces formidables bruxelloises (ou les deux) en concert. Je vous ai déjà fait écouter Clémentine, aujourd’hui je vous emmène sur le soundcloud de Karine : c’est ici.

(Authentiques cœurs bruxellois.)

Et tout le monde danse ensemble, et tant d’amour et de bonheur sont générés qu’un instant, on oublie le contexte politique épouvantable. C’est une parenthèse, une capsule spatio-temporelle rose licorne.

Flûte

Hier, au Salon du livre d’expression populaire et de critique sociale, j’ai participé à une rencontre sur la littérature jeunesse dans la salle des mariages, à l’hôtel de ville d’Arras. Là, grâce à une très belle fresque (qui, vous l’admettrez, donne envie d’écouter Debussy, Ravel et Fauré – de la flûte, de la harpe, pas vraiment des instruments punks ni en aucune manière associés à la colère sociale), j’ai découvert que la mairie soutenait le mariage pour tous. Quel ravissement…

Debussy : Sonate en fa majeur pour flûte, alto et harpe

Maurice Ravel : Introduction et allegro pour harpe, flûte, clarinette et quatuor à cordes

Gabriel Fauré : Fantaisie pour flûte et piano ou orchestre

Le 5 mai au Liquium

Mon amie Clémentine présentera sa formule solo en concert le vendredi 5 mai au Liquium. Le même jour, en début d’après-midi, nous y ferons une répétition publique de la lecture musicale précédemment évoquée ici. Je vous annoncerai prochainement notre première date mais je peux déjà vous dire que ce sera au mois de juin, toujours au Liquium.

19 murs

Vous étiez nombreux, hier, à vandaliser ma bicyclette, lui jetant des œufs de pigeon pourris par dizaines pour protester contre la disparition des observations urbaines qui ont fait naguère le sel de ce blog : que sont devenus, me demandiez-vous, les Rideaux et Voilages, les panonceaux canins, les chalets du Nord et autres chevaux de fenêtre ? Eh bien il y en a trop, voilà ce que je vous ai répondu, et je ne suis pas là pour tous les recenser. Faites le travail vous-même si ça vous semble important.* Cela dit, je n’ai pas cessé d’observer les villes dans lesquelles je cours, aussi je vous propose aujourd’hui, pour tenter d’atténuer votre frustration, pas moins de 19 murs du Nord. J’ai tardé à mettre en ligne cette série, qu’un teaser annonçait il y a quelques temps déjà ; il utilisait l’une des 19 photos ci-dessous. Grand Jeu Concours : trouvez de laquelle il s’agit, dépêchez-moi le pigeon le plus rapide avec la bonne réponse et gagnez un magnet « Place de l’apéro ».**

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Are you ready for more ? Mais oui, une autre série suivra : plus tard. Ne trépignez pas, pas déjà, je vous en conjure.

* Je tiens par ailleurs à vous signaler que j’ai récemment refusé une offre substantielle de Netflix, qui souhaitait acheter les droits de mes séries « La narration », pour preuve que tout le monde ne les trouve pas inintéressantes.
** Frais de port non remboursés. Retrait possible*** au bar Le Liquium.
*** Possibilité réservée à la clientèle.