Jambes en l’air (26) à la Roche-sur-Yon (7)

De haut en bas, place Napoléon, devant le Grand R et à la Maison Gueffier, au cours d’un atelier d’écriture très guindé, comme on le voit clairement (merci pour leur complicité à Alix, Michèle, Pascale, Catherine, Barbara, Catherine et Bernard*, de gauche à droite sur la photo).

* Merci aussi à Micheline, Christian, Catherine, Eric, Corinne, Nad’, Pascale et Sophie, tous hors champ ici mais qui ont également contribué à faire de cet atelier un moment riche et généreux. Je leur dois aussi d’inoubliables fous rires.

La Roche-sur-Yon (6) : Upper rooms & kitchens

Ce n’est pas comme si l’on n’avait pas l’embarras du choix en matière de bondieuseries, en Vendée. J’ai dû faire des choix douloureux. Vous aurez un Jésus agent de la circulation, un petit Jésus que sa vierge mère forme précisément au métier (d’agent – suivez un peu, je vous prie), et une Bernadette, parce que ça change et que le bâtiment qui lui est consacré ici est aussi un trésor architectural.

La Roche-sur-Yon (5) : un peu d’architecture

Vous êtes nombreux à me demander quid de l’horizontalité, de la verticalité, de la répétition de motifs, de la symétrie et de la vieille pierre à la Roche-sur-Yon. Vos questions sont légitimes et votre curiosité louable.

La ville dispose de quelques grands ensembles, dont voici deux aperçus qui ébauchent une réponse à vos deux premières questions. Notez que si une voie ferrée agrémentée d’un tunnel pour piétons fait la richesse de la première configuration, la nature enveloppe la seconde, avec sa rivière, son herbe à fun et ses orties.

Les lotissements sont nombreux, plats, labyrinthiques et traversés de petits chemins par centaines, qui relient les différentes rues. L’art des jardins, comme nous l’avons vu, y est souvent riche, qui casse par endroits la répétition de motifs cubiques beiges aux angles nets mais pas toujours ; ci-dessous, par exemple, non.

Quelques bâtiments, dans le centre de la ville, présentent une géométrie intéressante, comme c’est le cas du Palais de Justice.

Quoique la ville manque, à mon humble goût, d’arrière-mondes et de cicatrices (expressions murales diverses et autres dégradations), l’on y trouve un petit château muré qui m’a bien plu, dans le parc des Oudairies.

Mal assis, là (38) à La Roche-sur-Yon (5)

Comme j’en avançais la thèse dans La Roche-sur-Yon (4) : fun, fun fun et herbe à fun, la tondeuse à gazon n’est pas aussi ancrée dans les traditions locales que ne l’est le sécateur – aujourd’hui même, une Yonnaise d’adoption particulièrement bien intégrée m’avouait recourir aux ciseaux pour entretenir la pelouse de son jardin. Ici, l’on peut manifestement prendre du bon temps, les chevilles dans les orties. Nous verrons plus bas que l’on peut également se ménager des lieux de convivialité dans des lieux publics particulièrement pentus ou perchés.

La Roche-sur-Yon (3) : l’art des jardins

La Roche n’a rien à envier à la banlieue lilloise en matière d’art. Vous traversez un lotissement et vous êtes au musée.

Le Chalet de l’Ouest est une tradition aussi répandue que le Chalet du Nord et s’accompagne de réjouissantes surprises.

Mais je dois avouer que la région nous bat dans le domaine de la flore, que ce soit dans la catégorie California Dreaming (l’on y trouve des palmiers par milliers) ou dans celle que j’appelle volontiers, les fidèles de ce blog le savent, Imagin’Hair : ici, l’on taille les arbustes en boule, en cône, en cylindre, avec une précision rare. Ici, de jolies petites sphères devant ma maisonnette.

La Roche-sur-Yon (1) : Château Fromage

Aujourd’hui, pour la première fois depuis des semaines, Anna et moi avons dansé. C’était quelque part entre un chemin que Napoléon a parcouru à cheval et Château Fromage (nous aurions bien poussé jusqu’à Sigournais mais c’est beaucoup trop loin – un peu après Chantonnay*) ; à notre gauche, un pont surplombait l’autoroute, tandis qu’à notre droite, un champ de colza ondulait sous la brise.

(Napoléon was here. Anna, Karen et moi aussi, sans cheval.)

Ici même, nous avons ressenti une telle joie que nos orteils gigotaient dans nos baskets, et soudain nous avons dansé, esquissant des sauts de biche, les bras tendus vers le ciel que parcouraient des nuages rapides.

(Saut de biche sur l’A87 en contrebas du susdit pont.)

Plus tard, nous avons descendu la D80 pour revenir vers la Roche-sur-Yon, nous fiant à notre seul sens de l’orientation alors même que nous étions au beau milieu de ceci :

(La campagne, quoi.)

Nous avons couru des kilomètres sans croiser un véhicule. Karen a plaisanté : On va finir par vivre à la campagne, non ? On y prend goût, ai-je approuvé. Des champs, des bois, des cours d’eau, des étangs, et personne pour nous gâcher le paysage.

À cet instant précis, j’ai baissé les yeux et vu, au fond du fossé juste à ma gauche, un imposant mammifère mort, sur le dos, ses courtes pattes pathétiquement tendues vers le ciel. J’ai frappé plusieurs dizaines de fois ma cage thoracique avec le plat de mes mains cependant qu’une voyelle indéterminée roulait au fond de ma gorge. Karen me poussait en avant, appuyant entre mes omoplates ; j’ai couru encore plus vite et veillé à ne plus baisser le regard vers le fossé jusqu’à ce que nous atteignions la ville.

(Anna, Karen et moi de retour à la civilisation.)

Nous aimons beaucoup La Roche-sur-Yon. Nous sommes bien, ici, les journées sont bien remplies et le soir je bois des verres avec Sophie, Éloïse, Mandana et ceux que nous croisons chez Simone & Simone ou à la Maison Gueffier (à m’entendre, on dirait que je suis ici depuis longtemps – je le ressens ainsi).

* J’espère que vous savourez les sonorités locales.

** J’ignore de quelle espèce. Format raton laveur, robe marron clair.

Big city

J’entends certains d’entre vous ricaner en relisant mes vieux numéros de National Géo consacrés à ce que j’appelle des tours très hautes, notamment dans mes Notes sur Mons-en-Baroeul ou dans mon étude de Loos Oliveaux. J’ai bien dû relativiser mon appréhension des tours America, Europe, Kennedy & co, à mon retour de New York, mais je ne suis pas mécontente de voir que je ne suis pas la seule à percevoir l’embryon d’une big city dans certaines villes de la métropole lilloise. L’art mural, qu’il soit l’œuvre de street artistes confirmés ou d’écoliers, en témoigne ici pour moi (merci). Il ne s’agit pas d’un fantasme de villes américaines, comme un rond-point sur la deuxième image en témoigne : ces mégalopoles en fresque sont bien d’ici.

(Photos prises à Bois Blancs, Villeneuve-d’Ascq et Wazemmes.)