NPR 45 du paradis perdu

Je vous le disais hier, les terrils du marais de Fouquières ont subi un traitement signalétique radical, qui les a largement défigurés. Eux aussi ont droit à leur belvédère, qui a nécessité d’abattre un grand nombre d’arbres.

Ce que voyant, je me suis ruée sur le chemin que je préférais avec une sale intuition, qui s’est vérifiée. D’abord, le chemin en question, bordé en amont d’arbres calcinés par auto-combustion (car le site est purement volcanique), l’est désormais côté précipice par des plots en bois qui ne servent à rien, que surligner ce qu’on voit bien : un pas de plus et on tombe. Mais voici ce qui fait mon désespoir.

Cette barrière est verrouillée. Que trouvait-on de l’autre côté ? Une espèce de paradis infréquenté, sans quads ni chasseurs. Les seules personnes que j’y ai jamais vues apparaissent d’ailleurs sur deux des quelques images prises l’été dernier que voici. On suivait ce chemin sur lequel on trouvait de la roquette sauvage très odorante.

Puis on parvenait à ce paysage de garrigue

dont la végétation, vue de plus près, ressemble à ceci

puis on parvenait à la crête que je vous présentais hier, où l’on descendait à ses risques et périls

(tout le monde n’en avait pas le courage et ces trois jeunes gens nous regardaient avec un mélange d’envie et de perplexité)

mais ça valait la peine parce qu’on pouvait poser les mains sur le schiste brûlant auprès des fumerolles, pas longtemps parce que l’odeur de soufre montait vite à la tête.

On repartait par un autre chemin, qui nous plongeait cette fois dans un univers plus évocateur de la jungle que de la garrigue, avec des troncs effondrés en travers des gouffres pour les aventuriers de cinéma et des roseraies dont les plus hauts épis nous surplombaient de deux bons mètres.

Mais c’est fini, maintenant : adieu, paradis. On fait demi-tour à la barrière vue plus haut. Pour lot de consolation, la chose ci-dessous, qui ravage littéralement le paysage (vous avouerez que ça fait mal aux yeux, un véritable phare antibrouillard géant), soit une infographie très moche vous décrivant, pour changer, ce que vous avez sous les yeux.

Certaines fumerolles sont encore visibles mais en cage et la sauvagerie du site est également ruinée par ce panneau de merde. C’est ça, le monde contemporain ? On considère que vous n’aurez pas le courage de taper fumerolles sur un moteur de recherche pour savoir de quoi il retourne ? Ce n’est pas comme s’il fallait, pour trouver l’information, s’inscrire à la bibliothèque de Fouquières et emprunter un ouvrage publié en 1973 à compte d’auteur par un passionné de l’histoire minière, non, il suffit de taper dix lettres sur son téléphone. Mais on ne se donnera même plus cette peine, désormais, grâce à cette bouse qui dénature le panorama. Il ne manque plus que des tapis roulants et escalators pour ne plus avoir besoin de gravir le terril, et une machine qui lance des pop-corn si on a encore le courage d’ouvrir la bouche.

Et regardez qui voilà : des plots. Double plot, c’est plus sûr, l’un enseveli et l’autre hors sol, pour ceux que le grillage ne suffirait pas à canaliser sur le bon chemin de terre battue (notez que personne n’aurait l’idée de s’enfoncer dans la dense végétation à droite, à part un mammifère moins fragile qu’homo sapiens : était-il nécessaire de nous la jouer frontière mexicaine ?)

Mais rien n’avertit nos touristes des mœurs à respecter ici, aussi ai-je pris la liberté de compléter le dispositif par ce petit NPR, en remplacement de celui d’hier (qui à ma grande surprise, était intact – je le punaiserai ailleurs).

Quelques typographies d’Avion

que j’ai classées dans ce que je pense être l’ordre chronologique de leurs époques mais je me trompe peut-être totalement ; je vous laisse le soin de les mettre dans l’ordre qui vous paraît juste. Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup Avion, où l’on trouve la cité des cheminots, la véloroute à destination d’Hénin-Beaumont et ses arbres fruitiers, l’un des plus beaux terrils de notre bassin minier (Pinchonvalles) et l’un des plus effrayants (dit par moi du psychopathe), le parc de la Glissoire qui a son propre terril avec observatoire design et son parc d’attractions miniature kitsch, des coins et recoins étonnants, chemins de traverse, tunnels, arrière-mondes inquiétants, une ZUP au bord des champs, des cités pavillonnaires décorées avec audace, des contrastes esthétiques et sociaux assez éclatants, de l’art post-minier plutôt surprenant (quoiqu’en la matière, aucune ville à ma connaissance ne surpasse Méricourt), des gens qui se disent bonjour avec des chiens, etc. Et des inscriptions et enseignes figées dans le temps.

Tombeau du Chicago blues

J’ai conscience qu’en dévoilant les coordonnées de l’authentique tombeau du Chicago blues, je vais ouvrir la brèche pour un tourisme de mélomanes. Certes je n’aime pas la foule mais j’aime les mélomanes, alors allons-y. Il se situe exactement ici : 50°25’36.2″N 2°50’52.6″E, à savoir rue Fernand Léger, à Sallaumines. Soit à 350 mètres à vol d’oiseau du parc Guimier qui est le cadre de ma chanson de geste à paraître, dont il se trouve qu’elle établit précisément un parallèle entre le bassin minier du Pas-de-Calais et les États-Unis (bon, certes plutôt leur sud que Chicago, mais quand même, il me semble tenir là un CQFD de haut vol). Si Matana Roberts, Jamila Woods, Angel Bat Dawid ou je ne sais quelle autre de mes héroïnes chicagoannes de naissance et/ou d’élection souhaite venir enquêter sur cette stèle, qu’elle n’hésite pas à passer prendre un café chez moi, c’est à 853 mètres.

Un an au pied du 94

Il y a un peu plus d’un an, je mettais en ligne ma désormais fameuse série de 37 passages à niveau, saluée par la presse internationale. Touchée par vos nombreux mails me réclamant une nouvelle expérience du temps qui passe, j’ai décidé de vous proposer un an (moins deux mois, pour cause de premier confinement, le site étant à 4 km de chez moi – il était d’ailleurs interdit d’accès, on le comprend quand on voit la grande affluence sur les photos ci-dessous) en 23 photos (+ 2 vues satellite + une espèce de planche contact maison) dans ce que j’appelle l’observatoire des oiseaux mais dont le véritable nom est marais de la Galance (à Noyelles-sous-Lens), au pied du terril 94 rebaptisé cette année Arena Terril Trail (où est mon sac vomitoire ?) depuis que des travaux l’ont défiguré : de sauvage, il est devenu top équipé pour toute la famille + les joggeurs qui respirent bruyamment (beurk) et, si j’ai la joie de n’y croiser personne aux heures où je cours et prends ces photos de qualité calamiteuse avec mon téléphone, je déplore qu’un site naguère si lunaire ait été ainsi défiguré. J’ai commencé la série suivante juste après mon emménagement à Lens, à savoir en novembre 2019, mais la première des images en grand format sélectionnées ci-dessous date du 2 décembre. Un montage de petits formats suit en fin de billet.

Vous vous demandez forcément ce qu’est cette espèce d’arbre rouge au sommet du 94. Eh bien c’est, ou plutôt c’était une installation artistique.

Parfois, on ne la voyait pas :

Parfois si.

Puis un jour l’installation n’était plus là et je n’avais pas assisté à son démontage mais, par un hasard assez extraordinaire,

il est en cours sur la vue satellite de Bidule Maps (vous reconnaîtrez à gauche l’observatoire des oiseaux vu du ciel)

en zoomant, on voit clairement l’arbre artistique démembré, très Kinder surprise  :

Quand il pleut,

comme c’était le cas le 19 février quand j’ai amené ici une équipe de télé locale pour un documentaire dont je vous parlerai bientôt,

l’observatoire prend l’eau.

Ci-dessous, la dernière photo que j’aie pu prendre avant que le site ne soit interdit ; c’était le deuxième jour du premier confinement et on avait encore le droit de dépasser le kilomètre pour faire de l’exercice.

Quand j’ai pu revenir, la végétation avait quasi masqué 94.

En arrière-plan, on voit la cabane de mon amie Dinah  (que je présentais ici l’année dernière) et de sa famille ; sur le rebord de l’observatoire, une bande de bad boys d’eau.

Pour être d’une honnêteté sans faille, ce marais sent la vase et il est longé par l’autoroute A21.

Mais ça reste un endroit plein de vie, très joyeux, où les oiseaux d’eau se retrouvent parfois par dizaines ; les stars en sont assurément un héron assez arrogant et un cygne noir à bec rouge très sympathique – on voit ce dernier sur l’image ci-dessous (en bas à droite), prise depuis la berge lapineuse, et l’on aperçoit en arrière-plan Dinah & Cie. J’adore particulièrement assister aux atterrissages tonitruants de certains canards.

Des aubes d’été.

Des aubes d’automne.

Maintenance à la bougie, un matin récent – très tôt.

Brume sur la pâture de Dinah vue depuis le marais, un autre matin tôt.

Mes meilleures amies ont apprécié le site mais préféré les fumerolles sur les terrils 83, 100 et 230 (leurs arbres calcinés, leur roquette sauvage et leur sol bouillotte) qui s’emmêlent à Fouquières-les-lens, 2,5 km plus loin à vol d’oiseau.

Parfois il est si tôt que même le flash de mon téléphone ne suffit pas mais j’aime beaucoup l’effet très fantomatique.

Quelques jours avant le reconfinement, j’ai guidé une rando sur les terrils 94, 83, 100 et 230 pour un groupe de Liévinois masqués, en marge de l’atelier d’écriture en mouvement que je mène avec eux (nous préparons une carte sensible des berges de la Souchez, rivière + canal) et qui, je l’espère, reprendra bien vite.

Si l’autoroute sombrait dans une faille (disons de San Noyellas) (et sans y entraîner avec elle les marais, terrils et canal, merci), j’enregistrerais un extrait de conversation entre oiseaux d’eau pour l’insérer ici. Sans doute le plaisir qu’ont certains de mes congénères à se promener dans des marchés populaires où ça piaille et braille en tous sens a-t-il à voir avec celui que je prends à écouter ces palabres sans fin.

Au retour du cimetière, en ce week-end de Toussaint, mon amour et moi avons salué nos amis les oiseaux d’eau ainsi que Dinah et Carrie, et leur avons dit à bientôt. Je n’attends pas la date anniversaire exacte de cette série pour la mettre en ligne puisque ce site m’est désormais interdit d’accès par des restrictions ineptes.

Le jeu vintage : Où est Kennedy ?

Depuis le belvédère le plus à l’est du terril de Pinchonvalles, on peut apercevoir la tour Kennedy – oui, parfaitement, celle de Loos-les-Lille, sise à 26,39 km à vol d’oiseau. Sur le belvédère le plus à l’ouest, un plan indique la direction dans laquelle on peut, par temps clair, apercevoir le beffroi de Lille mais je préfère de loin, vous le savez, la tour Kennedy. Mon appareil photo a un zoom plutôt intéressant : sur la photo ci-dessous, on voit à peu près nettement la tour hertzienne de Lens pourtant située à 4,15 km de l’endroit où je me trouve. Plus bas, à sa droite, l’horloge de la gare (haute de 23 mètres) a l’air minuscule.

Vous croyez que je fabule ? Ok. Sur la vue satellite ci-dessous, le point 0 (le plus au sud) est le belvédère d’où a été prise la photo ; le deuxième point est la tour hertzienne ; le troisième est la tour Kennedy. L’axe est le bon et je vous défie de trouver une tour sosie de Kennedy sur la ligne droite qui relie Pinchonvalles et Kennedy. Je rappelle par ailleurs qu’il s’agit de la plus haute tour d’habitation au nord de l’Île-de-France. Alors, on retire son mytho ?

Grand Jeu Concours

Cette semaine, pour cause de coronavirus, je ne suis pas à Rennes. Où suis-je allée observer la super lune*, ce soir ?

1. à Los Angeles

2. à Loos-en-Gohelle**

Le premier pigeon qui trouvera ma nouvelle adresse et m’apportera la bonne réponse repartira avec un fond de gel hydroalcoolique de 2011 – ou, plus vraisemblablement, se prendra de passion pour la cantine l’Intrépide et ne vous reviendra jamais. Sans compter toutes les tentations qui peuvent naître sur cette terre de colombophilie. Je décline toute responsabilité en cas de fugue.

* Ou plus exactement, où n’ai-je pu l’observer en raison des 100% de nébulosité / du smog ? (je ne lâcherai pas un indice)

** Je retrouve avec grand plaisir les blagues de mes jeunes années. Je suis rentrée à la maison, j’ai perdu vingt-sept ans !

Mea culpa

Je tiens des discours misanthropes, c’est vrai, et certes je fuis 99,99% de mes congénères, mais ce matin j’ai bien dû reconnaître que je devais à mon espèce une part importante du bonheur qui me portait. Outre que mon cœur avait la forme d’un visage humain, outre que le timbre sublime dans mes oreilles était celui d’une voix humaine (celle de Maria Rossi, aka Cucina Povera, dont je parle souvent ici et dont je manquerai pas moins de deux concerts au moins d’avril – je serai à Rennes et à Bordeaux quand elle sera à Bruxelles et à La Haye, malédiction ! – mais dont je me procurerai PUB le troisième album Tyyni dès le matin de sa sortie, le 27 mars), je courais sur des collines édifiées par des humains et magnifiées par la brume et la pluie : un véritable travail d’équipe. Je me suis sentie réconciliée. Admirez un peu le travail :

Pour l’occasion, il fallait bien du 16:9.

Ci-dessus, un bac à schlamm.

Ok, je me tais, je vous laisse regarder.

Oups, pardon, ce n’est pas l’image que je voulais insérer ici. Mais quelle générosité, vous l’admettrez… Oui, à Loos-en-Gohelle, on prend son temps, son pinceau, et on offre du beau à qui sait voir. Mais reprenons : le 11/19 en 16:9.

Rosaces et flying teapots

Ce matin, j’ai voulu éprouver au sol les similitudes entre la cité des cheminots à Méricourt et Loos Délivrance (qui, de fait, est une cité de cheminots, même si elle porte un petit nom d’inspiration boormanienne quelque peu angoissant), plutôt que de simplement les constater sur les plans,

non pas à vélo mais en courant, pour que mon expérience des deux territoires soit vraiment comparable – elle s’est avérée confondante ; j’y reviendrai en images. J’ai dérivé irrésistiblement vers un lotissement, puisque tel est mon thème du moment, et soudain il m’est apparu que les extraterrestres de passage (disons les two little men in a flying saucer d’Ella Fitzgerald) devaient se demander quel message leur adressent les jardins des lotissements :

– Que représentent tous ces cercles sombres, à ton avis ?
– C’est difficile à décrypter, moins régulier que nos agroglyphes et cependant on sent qu’il y a une intention.
– Après le Very Large Array, voici le Very Small.
– Ah ah ah.
– Ah ah ah.
– Ils ne sont quand même pas très doués, ces humains.

Un parallèle entre ces jardins individuels et des aires de jeu invariablement désertes en dit aussi très long sur les notions d’individuel et de collectif dans les enclaves résidentielles – et sur leur potentiel économique : cette vue du ciel vaut une étude de marché. Vous voulez faire fortune ? Vendez des trampolines.

Fernsehtürme et Chalets Miniers

Toute à mon euphorie d’avoir reçu mercredi un appel très émouvant (qui m’a par ailleurs enseigné que 27 ans de silence n’effaçaient pas une voix), et hier par la poste une lettre manuscrite que je n’attendais plus, j’ai décidé ce jour d’évoquer ici quelques moyens de communication inscrits dans le paysage de ma nouvelle vie comme dans celui de la précédente. Mais avant cela, faisons un petit détour par Berlin. La première fois que j’y suis allée, en 2005 (séjour que j’évoque dans Le zeppelin, particulièrement dans le chapitre sobrement intitulé Premiers symptômes aériens occultés par un réveil bleu à pile unique entre Berlin et La Maison), j’ai pris une photo qu’il m’aurait été impossible de prendre lors de mes séjours ultérieurs : un reflet de la Fernsehturm sur le fascinant Palast der Republik, qui allait être détruit l’année suivante.

J’aimais l’idée que l’on puisse apercevoir cette tour depuis à peu près n’importe quel point de la ville. Depuis, j’ai développé un amour des tours hertziennes proportionnel à mon rejet de la télévision. Chaque fois que je passe au pied (hihi) de tels édifices (ou apparentés dans mon esprit peu technologique), je suis joyeuse, et que fais-je ?

Après Wattignies,

après Villeneuve-d’Ascq,


voici Lens :

Sans les jambes en l’air, elle ressemble à peu près à ceci

(Ça, c’était lundi soir, quand j’ai décidé de reprendre contact avec la première véritable amie que j’aie eue dans ma vie – si je ne l’ai pas vue pendant 27 ans, je lui rends un double hommage dans Le sel de tes yeux et je l’évoquais déjà dans Mes petites amoureuses – grâce à une technologie plus évoluée que celles de l’antenne réseau, de la fibre optique et du wifi réunis : j’ai glissé une enveloppe dans sa boîte aux lettres, à quelques pas de la Fernsehtourm lensoise.)

ou à cela

(Ça, c’était ce matin, quand je suis passée à sa proximité en courant.)

Oui, les boîtes aux lettres ont été mes amies, cette semaine, mais elles me devaient bien ça : je n’ai jamais manqué de les mettre à l’honneur dans la rubrique Kitsch et lutte des classes de ce blog, sous-catégorie L’appel de la montagne. Le Chalet du Nord a bien des cousins ici, appelons-les Chalets Miniers. En voici cinq, sis à Annay (jockomo feena nay) :

Ah, et lundi, au collège de Lumbres, j’ai montré à une classe de sixièmes comment écouter les conversations dans une pièce voisine en collant un verre au mur et j’ai soudain pas mal intéressé mon jeune auditoire.

Fin de cette évocation dominicale des moyens de communication miniers.

« La vi

Depuis un peu plus d’un an, je ne cesse de pester que Lille est devenue un réseau social en 3D ; je suis lassée de subir les slogans éculés, platitudes et commentaires dont quelques donneurs de leçon gratifient les murs de leur écriture sans style. J’ai envie de leur dire, Eh dis donc, toi, tu ne pourrais pas réserver tes mots d’ordre à tes T-shirts et à ton van aménagé ? t’acheter un carnet ? une ardoise magique ? « La ville est belle », lit-on dans certaines rues – certes, et elle l’était encore plus avant ce commentaire inutile et rouge. Il y a deux catégories de personnes : celles qui se taisent pour écouter une musique, et celles qui chantent en chœur. Ces bombes de peinture chantent en chœur avec la ville et nous empêchent d’en savourer la mélodie. Ces bombes sont les Florence Foster Jenkins de la pierre et de la brique. Mais quand j’ai vu cette inscription avortée qui réussit la prouesse d’être grandiloquente en cinq signes, j’avoue que j’ai beaucoup ri.