Encore des voies ferrées (4)

Un jour, j’ai lu que les rats grouillaient autour des voies ferrées ; l’article ne précisait pas pour quelle raison et peut-être n’était-il pas fondé, mais c’est trop tard maintenant : je l’ai lu et ne peux effacer sa trace de mon esprit. N’étaient les rats, je suis sûre que l’un de mes loisirs favoris serait de longer les voies ferrées à pied avec mon appareil photo, parce qu’elles offrent sur les villes et les campagnes un angle unique et fascinant, généralement post-apocalyptique, mais aussi parce que je ne me lasse pas de les trouver belles, c’est comme une obsession. Chaque fois que je découvre un nouveau tronçon de voie ferrée, je frémis, c’est ainsi.

Lomme et son beau dénivelé

Ronchin, vers Lezennes

Lambersart

Saint-André – ici, l’abondance de détritus sur les côtés suffirait certes à expliquer la présence de rats (oui, je sais, je sais que je vous ai déjà présenté cette voie ici avec luxe de détails, mais vous voyez bien que ce n’est pas du tout la même lumière, non ? donc ce n’est pas non plus tout à fait la même voie ferrée, laissez-moi tranquille)

Haubourdin

Sequedin

Détail de la voie qui traverse les champs entre Haubourdin et Sequedin, tronçon qui a déjà eu ici son quart d’heure National Géo (je trouve ça tellement beau que je me roulerais dessus, dans un monde sans rats – j’ai l’habitude des hématomes : j’aime beaucoup danser, à ma manière. Cela dit, cet élan qui me pousse à m’allonger sur les voies ferrées n’est pas des plus prudents, j’en conviens)

(à suivre…)

Villeneuve-d’Ascq (8) : upper rooms & kitchens

L’église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours m’évoque Brooklyn, non pas en raison de son architecture (d’ailleurs très à mon goût) mais de son nom à rallonge – il me rappelle un peu la Brooklyn Faith Seventh-day Adventist Church, par exemple.

Dans un style plus XVIème siècle, voici l’église Saint-Pierre de Flers-Bourg. J’aurais aimé en donner une vue plus globale (j’admets que cet angle n’est pas idéal) mais il devait y avoir de la buée sur mon objectif le jour où j’ai fait les prises de vue et mes autres photos sont inutilisables. Ce n’est pas très sérieux de la part de la rédactrice en chef d’une rubrique aussi prestigieuse que National Geo, me direz-vous ? Eh bien, faites ce que vous avez à faire. Dame Sam se réjouit d’accueillir vos pigeons.

Ci-dessous, mon lieu de culte préféré ; je le trouve d’autant plus fascinant dans son contexte, car l’Oratoire Saint-Marc est étroitement inséré entre les immeubles que vous pouvez voir sur la photo, bien sûr, mais aussi entre l’hôtel de ville et le centre commercial. Si j’étais une heureuse Villeneuvoise, assurément, c’est ici que j(e n)’irais (pas) à la messe le dimanche matin.

Je trouve très triste le passé composé employé par l’église du Sacré-Coeur de Flers Sart : ça veut dire que c’est fini ? Nous l’avons déçu ? De l’autre côté de la porte, sous un autre bas-relief de Fernand Weerts, une phrase si déchirante que je n’ai pas le cœur d’en afficher ici l’image : « Il s’est livré pour nous ».

Je pourrais vous montrer d’autres églises encore mais je préfère clore cet incontournable dominical par l’image d’une mignonne chapelle à chapka de verdure, sise rue Jean-Baptiste Lebas. Vous connaissez déjà son arrogante habitante, si vous êtes mes fidèles tout autant que ceux de Jésus, Marie & Co, puisque je l’ai déjà mise en ligne ici, un jour où elle a refusé mes fruits à coque.

Villeneuve-d’Ascq (6) : du fun

Ces trois images me donnent l’occasion de renouer avec ma série Fun, depuis trop longtemps délaissée mais dont vous n’aurez pas oublié les grandes heures (j’ai tout de même risqué ma vie pour vous rapporter ces images de joie, poursuivie par un chien sur un terrain de basket où personne ne m’aurait entendue crier – comment ça, vous ne vous en souvenez pas ? Ingrats ! C’était ici, le 22 février).

Villeneuve-d’Ascq (5) : de l’habitat

Venons-en au fait. Maintenant que je vous ai convaincus de vous établir dans cette ville aux fascinants contrastes, parlons immobilier. Toutes les formes de l’habitat sont représentées ici : lotissements, petits et grands ensembles, maisons ouvrières, dédales modernistes, châteaux et anciennes fermes. Vous connaissez mon goût particulier et quelque peu pervers pour les géométries les plus alambiquées représentées dans le petit catalogue (non exhaustif) ci-dessous. Mais je ne veux pas vous influencer dans une décision si délicate. Faites votre choix – et, je vous en prie, épargnez-moi les pigeons, je ne suis pas agent immobilier.

Villeneuve-d’Ascq (3) : de la campagne

Villeneuve-d’Ascq, c’est aussi le parc du Héron, des vrais lacs, des plans d’eau artificiels, des champs, des jardins communautaires, des cygnes, des canards, des chevaux montés de jeunes bourgeoises (j’ai fait en sorte que ce spectacle dégradant n’apparaisse pas au premier plan sur la photo) et des moulins de ville, mais oui, je vous en ai déjà présenté un dans le numéro 4, spécial Villeneuve-d’Ascq, de mes Jambes en l’air – que vous pouvez revoir ici, huit mois plus tard, avec une émotion intacte. Il me faut vous prévenir que Villeneuve-d’Ascq ne propose pas de camping, hélas, je le précise pour ceux d’entre vous qui déjà brûleraient de traverser la France, l’été prochain.

Villeneuve-d-‘Ascq (2) : du style

Bien que la ville nouvelle se soit construite, dans les années 1970 et 1980, autour des villages d’Ascq, d’Annappes et de Flers, et bien que l’on trouve dans ces anciens villages des églises du XIè siècle (vous en verrez une dimanche dans la rubrique Upper rooms & kitchens) et des châteaux du XVIème siècle comme sur la photo ci-dessous, ce que l’on retient de Villeneuve-d’Ascq, c’est avant tout son esthétique architecturale pauvre, très marquée par les années 1980, que ce soit dans le choix des matériaux ou dans les formes très alambiquées dessinées par ceux-ci. Il n’est pas jusqu’à ses arbres qui ne soient frappés, dans les rues les plus traditionnelles, d’un traitement capillaire futuriste.

Villeneuve-d’Ascq : des tunnels, des chemins, des passerelles

Ainsi ai-je décidé de vous emmener, toute cette semaine, dans les rues (s’il est permis de les désigner ainsi) de Villeneuve-d’Ascq. Nous sommes loin des joyeuses escapades en binôme de l’été ; cette fois, c’est un je qui vous guidera. Ce sera sans doute moins joyeux, plus contemplatif, vous m’en excuserez ou vous en vengerez par pigeons interposés – je le découvrirai bien assez tôt. Je dois préciser pour ma défense que j’ai approché ce nouveau fragment de mon territoire en solitaire et en baskets, au fil des quelques derniers mois, et qu’il s’est avéré avoir des vertus apaisantes sur mon système nerveux éprouvé. Je ne pouvais que tomber amoureuse d’un tel cauchemar urbain, labyrinthique et désert. L’on y trouve tout ce que je préfère dans les villes, en particulier des tunnels, des chemins, des passerelles, des voies inaccessibles au profane, étroites et sinueuses, cachées, taillées dans la verdure ou le béton. Il peut arriver que l’on ait un peu peur à ses bouts du monde, et l’on se perd inévitablement dans ses méandres alambiqués. Elle est parfaite pour moi.