In the upper room (32)

J’habitais à quelques pas de cette maison, à Ronchin, quand les propriétaires y ont installé une niche de saint. Ça change des maisonnettes pour les oiseaux et des Chalets du Nord. J’en ferais bien autant chez moi mais ça représente pas mal de travaux, quand même. Et puis ça ne doit pas être facile de choisir son saint, même dans la limite des stocks disponibles à Dadizele (vous me direz que je suis old school et que sur Internet l’on peut vraisemblablement commander le saint de ses rêves, voire un hybride de ses saint préférés, ce qui résoudrait la question du choix).

D’ailleurs, quel est le saint de mes anciens voisins ? Je ne suis pas très calée dans le domaine. Attendez, je zoome un peu. À moins que ce ne soit pas un saint ? J’ai peur de dire une bêtise mais ce ne serait pas tout bonnement Joseph, le beau-père ? Si vous savez, n’hésitez pas à m’envoyer un pigeon.

(Quelle commère je fais…)

Prière n° 10 (avec petit c en couleur*)

cet après-midi j’ai couru avec Anna Meredith
dans la lumière explosive de la banlieue sud-ouest
qui gâchait toutes nos photos
jusqu’à ce que nous décidions de jouer
avec elle – ce fut une exultation de
jouer avec la lumière au milieu des champs
où personne ne nous aurait entendues crier
oh c’était rassurant d’être à deux :
nous avons bien ri, Anna Meredith et moi
surtout quand nous nous sommes perdues
un long moment nous aimons tellement ça
puis nous sommes rentrées toutes boueuses
d’avoir levé les jambes et prié le Jésus**

* Je numérote ainsi les patenôtres : prière n°X petit a / petit b / petit c. La prière est un exercice qui requiert la plus grande rigueur.
** J’ai trouvé cette expression tout à l’heure et je l’ai adoptée temporairement : ça change, j’aime bien le changement.

Anna Meredith : R-Type (eh oui, encore)

Des vanités

j’aimerais être capable de colère
ou même seulement de déception
de dédain de désinvolture
mais je n’ai rien de tout cela
je n’ai que mon imagination
pour tâcher de combler le gouffre
que tu as laissé dans mon ventre

parfois elle fait très mal
son travail

Mal assis, là (34) : de la convivialité

La convivialité favorise la cohésion de groupe dans les collectivités, que ce soit à la fac de sport (oh, pardon, des Sciences du Sport et de l’Éducation Physique – ici à Ronchin), dans les maisons de retraite (prenons par exemple celle d’Hellemmes, à la limite de Mons-en-Baroeul) ou au siège d’une entreprise telle que cette société de Villeneuve-d’Ascq spécialisée dans la mise en forme de contenus éditoriaux et de communication à destination de publications imprimées et numériques, forte d’une expérience de 40 ans et du dynamisme de 400 collaborateurs (400 collaborateurs, mes chers, entendez-vous bien ? il faut que ça pique-nique, si possible dans un beau jardin inondé de lumière).

Saturday Night Fever (26)

C’est presque devenu un exercice bimensuel que ce Saturday Night Fever dédié à des femmes qui créent dans les friches musicales qui me passionnent. Ces musiques me rendent si heureuse que parfois je gigote sur ma chaise de bureau et que, pour reprendre la célèbre citation, j’ai chaud dans mes pantoufles. Les sept morceaux ci-dessous ne sont décidément pas des musiques pour pantoufles mais bien plutôt pour vos shining shoes du samedi soir. Encore une bonne occasion que je vous donne de me remercier, voire de m’offrir des cadeaux.

Catherine Christer Hennix : The Electric Harpsichord (Dame Sam dit que ça passe encore.)

Anna Meredith : Nautilus (Dame Sam dit, Tu vois ? ça me fait un truc derrière l’oreille, là.)

Christina Kubisch : Circles III (Dame Sam dit que ça perturbe son sommeil.)

YoshimiO : Endless/Sunny/Chuwow (Dame Sam dit que c’est n’importe quoi.)

Matana Roberts : All Is Written (Dame Sam soupire : ça commence à faire beaucoup pour un seul samedi soir, estime-t-elle.)

Mira Calix : Sparrow (Dame Sam descend faire pipi et racle sa litière comme si elle voulait lui faire mal.)

Phew : Light Sleep (Dame Sam monte dans la chambre et se cache sous le couvre-lit.)

XXX (2)

Moins politique que XXX et que In the kitchen (4), moins chaud que La narration : érotique, moins démagogue que Plates excuses + dessin sexuel, plus suggestif que Cadavre exquis, ce billet ne fait que constater un fait indéniable : les murs de la ville, parfois, poussent au vice.

(Photos prises, de haut en bas, boulevard Victor Hugo à Lille Moulins, rue d’Esquermes à Wazemmes et à Nevers – très précisément à la Maison de la Culture, vous n’en serez pas surpris.)

Voir aussi :

Introduction à une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (1) : La préhistoire

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (2) : L’antiquité

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (3) : L’ère communiste

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (4) : Madame, ou Les arts ménagers à travers les âges

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (5) : Monsieur, ou Le culte du corps à travers les âges

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (7) : La corbeille

Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (8) : In the upper room (23)

Fleur bleue

Mercredi, j’avais rendez-vous avec B. au Liquium, mon QG vegan, pour enregistrer ses réponses à mon questionnaire.
« Je ne vais pas trop tarder, me dit-elle, après je vais cuisiner une langue de bœuf pour la Saint-Valentin ».
J’ai tellement serré les dents que j’ai bien failli toutes les perdre, mais quand je me rappelle cette phrase aujourd’hui, je ris toute seule et quelque chose me dit qu’elle ferait aussi rire beaucoup de carnivores : elle fonctionne en contexte et hors contexte… C’est une phrase remarquable, à sa manière.

L’arrière-monde (9) : florilège

Pas de thématique spéciale aujourd’hui mais un arrière-monde aussi varié que l’est le paysage plus communément apprécié par mes (im)pairs ; comme pour ma série de garages, j’ai veillé à ne choisir qu’une image par ville – de haut en bas, vous verrez ainsi le flanc d’un supermarché à Lomme, une ancienne bicoque de garde-barrière à Loos, le bord du Vieux Canal à Haubourdin, une rue très peu passante (c’est un euphémisme) de Wattignies (une rue dédiée aux culs de hangars, dirait-on), une passerelle bien cachée de Lezennes, un petit chemin tout aussi confidentiel à Ronchin, et un vestige d’architecture des années 1980 à Marcq-en-Baroeul. Ce sont des lieux où je ne dois pas attendre qu’une voiture ou un piéton soit sorti de mon champ visuel pour prendre la photo – des lieux post-apocalyptiques, dirait-on communément.

Inouï fun

fun

fun fun

fun fun fun

beaucoup, beaucoup fun
dans l’arrière-monde où l’on peut trouver beaux
ces portiques sans filet
dégagés de leur fonction
simples armatures plantées là comme
les vestiges d’une autre civilisation
dont on ne saurait rien
et surtout pas le sens du ballon