Du coup voilà

du coup je quitte Lille donc voilà
du coup je quitte Lille voilà sa densité de population vouée à l’ascension frénétique voilà ses conséquentes circulation et pollution voilà ses cénacles suffisants et ses commères donc voilà
du coup j’ai hâte hâte hâte donc voilà
du coup je serai Lensoise parce que voilà j’aime beaucoup la ville qui a nom Annay mais elle est imprononçable d’ailleurs qui souhaiterait être d’Annay ? du coup voilà je ne vivrai pas à Annay qui fait ahaner voilà ni en Annay qui convoque Iko Iko jusqu’à l’usure voilà ni ne cèderai à l’usage grotesque (du coup bien plus horripilant que comme si que, malgré que et après que + subjonctif additionnés donc voilà) de la préposition sur suivie d’un nom de lieu et du coup ne vivrai pas surannée donc voilà
du coup Lens donc voilà
du coup merci au revoir et voilà

Encore une coïncidence

Vous vous rappelez forcément le rêve que j’ai fait la nuit du 12 au 13 septembre 2019. Non ? Vous devriez stimuler un peu votre mémoire, si vous me permettez. Pour la première nuit de mes 44 ans, mon inconscient m’a offert une aventure avec Jenny Hval, ça vous revient ? Dans mon rêve, je l’accompagnais au long d’un véritable parcours initiatique jusqu’à ce que nous parvenions au bord de l’eau dans une magnifique lumière automnale et que ça devienne une histoire d’amour. Je m’en souviens précisément parce que ce rêve a eu un impact sur ma lettre à une jeune athlète. Or l’on apprend aujourd’hui que le prochain album de Jenny Hval, The Practice of Love, paraîtra le 13 septembre 2020. Et que Félicia Atkinson est invitée sur cet album – je trépigne d’entendre cette collaboration (le nouvel album de la géniale Félicia, je le précise, vient tout juste de paraître – très exactement avant-hier, sous le titre The Flower and the Vessel). Cette année encore, Jenny me fait donc un cadeau d’anniversaire. Quand j’ai lu sur le site de Wire le titre « Jenny Hval shares lead single from new album », avant même d’en savoir plus, un cri m’a échappé, qui a dû laisser supposer à mes voisins que j’avais rompu mon vœu de célibat. The Practice of Love, quoi.

(Jenny Hval par Lasse Marhaug.)

(Félicia Atkinson mais on ne sait pas par qui – désolée.)

Je précise que mon répertoire de 997 femmes formidables avance bien. La sélection est faite, j’ai réussi à laisser de côté 300 noms pour m’en tenir à ma contrainte. Maintenant, je prépare un petit paragraphe sur chacune. Plus que 919… C’est très long parce que je m’en occupe seulement au cours de micro-pauses dans mes journées de travail.

L’appel de la montagne : un chalet d’Argentine

Hier soir, Dame Sam et moi, épuisées par notre semaine, nous sommes vautrées en tas devant Abrir puertas y ventanas (Trois sœurs en français insipide), film de la cinéaste suisse-argentine Milagros Mumenthaler. Quelle ne fut pas notre joie quand nous avons découvert qu’il s’ouvre sur l’image d’une maison sise à Buenos Aires et dont la boîte aux lettres n’est autre qu’un Chalet du Nord, points d’exclamation. Nous avions déjà trouvé la trace de ce kitsch (& lutte des classes) dans le cinéma américain des années 1970, ainsi que je l’exposais dans L’appel de la montagne : chalets de Californie et si nombre de pays dont nous découvrons les réalisatrices, du Pérou à l’Islande, nous ont pour l’instant déçues en stricte matière de chalets, nous restons vigilantes. Nous remercions l’Argentine de nous y encourager. Vous noterez que le Chalet apparaît généralement (quand il apparaît) dès le générique ; il faudra nous pencher sur cette question lors de notre prochain séminaire.

Mot d’excuse

J’ai une fois de plus accumulé des semaines (voire des mois) de retard dans mes échanges par mails, veuillez m’en excuser. Je finis de préparer mon roman (≠ lettre) dédié à la jeune athlète, qui paraîtra en janvier aux éditions de L’Olivier (j’en dirai plus bientôt). Je finis aussi de retoucher ma chanson de geste dédiée à la même et poursuis un texte sur le corps. Tout ça me prend beaucoup de temps, de même que mes incessantes virées dans le bassin minier, mi-vélo mi-train, en quête de la maison idéale. Et puis, avouons-le, à force de côtoyer plus d’animaux que d’humains, je suis devenue aussi sauvage qu’un lapereau ou un grèbe huppé. Alors je ne sais pas, moi… Disons que je suis encore en résidence, disons que c’est une très, très longue résidence. Désolée. Bisous.

Votez

pour votre piste préférée de ce mini-golf sis à disons Pont-à-Meurchin (il est véritablement traversé par la limite entre les villes de Pont-à-Vendin et de Meurchin). Soit il s’agit d’un golf à 17 trous soit mon esprit est trop plié à la logique des nombres premiers pour que mon regard ait perçu le dix-huitième. Clôture des votes dans une semaine, à savoir le samedi 29 juin à 11h03. Méfiez-vous par ailleurs des mini-golfs : depuis que je me suis documentée sur ce noble sport, Le Bon Coin me suggère d’en acheter un chaque fois que je consulte les annonces immobilières, c’est-à-dire très souvent (je me casse dans le bassin minier – si ça ne tenait qu’à moi, je serais gone sur l’avant-jour, comme disent les Cajuns), et il est vrai que c’est tentant mais le prix (comptez entre 5 et 20 000 euros) décourage l’achat impulsif.

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Une chute

Ma permanence poétique m’amène ces jours-ci à délaisser la course à pied pour le vélo, de sorte que ces quelques lignes écrites un jour pair n’ont pas leur place dans mon texte. Voici donc ce qu’il convient d’appeler une chute – les photos, en revanche, ont bien été prises dans le cadre de la permanence, en l’occurrence dans le bassin minier.

 

ce matin dans l’arrière-monde un inconnu me dit bon courage
alors même que mon corps sécrète un feu d’artifices biologique
je ne souffre pas je n’ai pas un air de souffrance
même si j’ai croisé dans les bois un groupe dont les exclamations
gilets fluorescents et bâtons de marche nordique
faisaient peur aux lapins alors je n’ai pas dit bonjour

(Le marcheur du terril d’Harnes-Annay – jock-a-mo fee na-né.)

peut-être le monsieur dit-il bon courage
parce que la simple idée de courir le fatigue lui
mais moi rien ne me rend plus heureuse que de courir
sinon mes road trips vers le sud juchée sur Mon Bolide
mon vélo rose qui grince et couine et frotte
moi l’expérience que j’aime au monde c’est le mouvement
et d’autres non mais je ne m’en mêle pas je ne dis rien du tout
à ceux qui ont un rendez-vous galant je ne dis pas
bon courage au prétexte que ça me fatiguerait
moi de faire tout le badinage et la performance sexuelle
requis par les rendez-vous galants
ou aux couples qui se doivent une disponibilité du corps et de l’esprit
s’ils ont leur bonheur comme ça je ne leur dis pas bon courage
ni aux parents qui crient Pas sur la route Nathan mets ton pull

(Une joggeuse dans le parc de la jeune athlète, Sallaumines.)

ou peut-être le monsieur est-il simplement de ceux qui disent bon courage
de ceux qui par exemple aux caissières disent merci bon courage
comme si elles rêvaient d’un bullshit job plus challenging dans un open space
ces messieurs vont de par le vaste monde en dispensant des bon courage
comme si les autres vies que la leur étaient des punitions
mais je grogne merci parce que déteste m’arrêter quand je cours
même pour expliquer au monsieur où il peut se le mettre
son courage

(Fuck you sur le chemin de halage à Bauvin.)

Re-forge

Et un petit souvenir de ma dernière lecture à La Forge (place du Général de Gaulle, à Marcq-en-Barœul) avec le violoncelliste Guillaume Lafeuille. Merci à Nico pour la photo !

La poésie encore

J’a-dore le marché de la poésie, quand j’y retrouve Mandana, mes Montpelliéraines de choc, Sarah, IBL (que je ne présente plus) et NatYot, et les autres ami-e-s.

(Ici, avec IBL et Sarah <3)

Note au sujet de ma permanence

On apprend beaucoup de choses dans mon nouveau projet poétique, sur des tas de sujets : l’érythème fessier du nourrisson, les escargots, la musique cajun, Jean Guimier, le minigolf, les cavaliers ou encore les foulques macroules – vous connaissez Fulica atra, bien sûr ?

Attention, à ne pas confondre avec la gallinule poule d’eau !

Oui, enfin ce sont dans les deux cas des rallidae de l’ordre des gruiformes. Mais je n’en dis pas plus, pour ne pas gâcher l’effet du long poème épique auquel je consacre ma résidence cycliste. Patientez, vous saurez. Tenez bon.

L’indécision

La rue de Noyelles / du 10 mars / de Lyon à Fouquières-sous / Noyelles-lès-Lens.

D’un côté de cette rue, l’harmonie des oiseaux d’eau

et de l’autre, l’effondrement des techniques modernes

(sur le panneau il n’est pas écrit attention chute de pylônes mais risque d’inondation).