Mon petit agenda de rentrée

Samedi 6 octobre, Le Mans

Dans le cadre du festival La 25è heure du livre, je rencontrerai Wendy Delorme à 15h15, au Foyer des Artistes, sur le thème « Queer : questionner le corps, questionner le genre ».

Vendredi 26 octobre, Nevers

Mon ami Alexis Réjasse (que je vous ai déjà présenté ici) et moi préparons une lecture musicale, que nous présenterons à la librairie Le Cyprès (17 Rue du Pont Cizeau) à 18h30.

Dimanche 11 novembre, Lille

Moins d’un an après sa première édition au théâtre Massenet, à l’initiative de Lucien Fradin, voici le retour de Gratuit pour les mamies, cette fois à la Maison Folie de Moulins. Toutes les infos ci-dessous :

Gratuit pour les mamies
Cie HVDZ
Le dimanche 11 novembre, de 15h à 18h

« Déjà s’imaginer grand-mère. Faire monter sa mamie sur scène. Écouter des histoires de transmission dans une église. Interviewer la plus vieille de la famille. Faire un bingo. Aimer différemment ses deux aïeules. Faire du tricot. Poser toutes les questions que l’on n’a jamais osé poser à sa grand-mère.

Voilà, entre autres, ce que pourra nous réserver cet après-midi, composé de petites formes dont le thème central est « mamie ».
Certaines préparées par des artistes en lien avec leurs pratiques (son, poésie, performance, récits) ; d’autres issues d’ateliers menés avec le Gang des tricoteuses et des lycéens.

En somme un florilège de petits instants autour des figures féminines de notre vie. »
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Avec Arnaud Boulogne, Fanny Chiarello, Josiane Collet, Lucien Fradin, Aurore Magnier, Marie Stévenard, Clemmie Wonder et avec la participation du Gang des tricoteuses, d’Avenir Enfance et de la classe de 1ère STI 2D2 du Lycée Baggio.

Saturday Night Fever (53)

Quelles sept femmes formidables vous attendent aujourd’hui, vous demandez-vous en ouvrant les yeux, tôt ce matin – vous aussi, vous aimez vous lever tôt le samedi, n’est-ce pas ? pour profiter de l’atmosphère incomparable qui baigne les villes avant la flambée de consumérisme. Eh bien, vous aurez un mélange de musiques légères et cérébrales, si l’on accepte les catégories imposées par euh, on ne sait pas vraiment qui, en fait, ou pour être plus concrète et au-delà des jugements, des musiques sans partitions et des musiques avec, ces dernières proposant notamment un nouvel usage du pot de fleurs et de l’essoreuse à salade, car les femmes savent composer avec le quotidien, mener une recherche esthétique avec humour et sans arrogance. D’autres paradoxes vous attendent ci-dessous : « Et un jour, sans explication, elle a cessé de s’inquiéter », nous dit E.M.M.A. en introduction d’un morceau mélancolique, tandis que la pièce d’Anne Cleare se révèle aussi réjouissante et dansante (idéale pour un samedi soir – pot de fleurs, essoreuse à salade, etc.) malgré son titre, I should live in wires for leaving you behind.

E.M.M.A. : Liberty

Ann Cleare : I should live in wires for leaving you behind

Ashley Paul : Sound and soft

Mirela Ivičević : FEAR.LESS.SONGS

Ipek Gorgun : Neroli

Kezia Yap : Coalesce

Helen Money (Alison Chesley) : Become zero

Pastoral

Hier soir, à Vooruit (Gand), le féroce Pastoral était une nouveauté pour la plus grande partie du public puisque Gazelle Twin jouait son nouvel album la veille de sa parution (je faisais partie des privilégiés qui l’avaient déjà écouté plusieurs fois intégralement ici). « Je n’ai entendu que deux titres », me disait une fan de la première heure avant le concert, à savoir Glory et Hobby Horse, qui étaient disponibles sur certains sites. Un garçon qui se tenait près de nous, contre la scène, m’a donné un petit coup de poing dans le bras au début de Hobby Horse pour partager sa joie avec moi ; je me suis tournée vers lui et il me regardait avec un immense sourire complice. « Celle-ci, elle tue, hein ! » m’a lancé la fan de la première heure. Quand, à la fin du concert, le garçon a réclamé sans succès Antibody, il a eu l’air tellement déçu que je lui ai parlé doucement : Ce n’est pas une chanteuse de variété, lui ai-je dit, elle ne va pas reprendre ses vieux tubes pendant le rappel ; chaque album est un concept et Pastoral n’a rien à voir avec Unflesh. J’ai réitéré cette explication quand mon amoureuse, qui n’est pas habituée à ce type de musique, m’a dit, « Je ne lui ferai qu’un reproche : c’était trop court ». Bref, vous pouvez désormais vous offrir le dernier Gazelle Twin, bienheureux que vous êtes ; moi, c’est déjà fait.

Des dangers de presque la campagne

Pour la quatrième fois, aujourd’hui, je suis tombée en courant. La première fois, je m’étais pris les pieds dans un cercle de fer, la deuxième, j’ai euh, tourné la tête, comme je l’expliquais dans le billet Mal assis, là (36) : patatras, et la troisième fois, j’ai glissé dans la neige, à Nevers. Aujourd’hui, je courais sur un chemin relativement étroit au milieu des champs et des bois, quelque part entre Noyelles-les-Seclin et Houplin-Ancoisnes quand, voulant doubler des chevaux et leurs fucking cavaliers par la droite, je suis tombée nez à truffe avec un chien, et comme j’ai peur des chiens (sauf de certains, parmi lesquels ma copine Silzig), j’ai dérapé dans les graviers, ensuite de quoi toute la partie supérieure gauche de ma cuisse et une zone moins importante du genou ont été râpées sur la même texture hautement abrasive, pour le plus grand divertissement de tous – chevaux, fucking cavaliers, chien – mais ç’aurait pu être pire parce que je n’avais pas pris conscience du fait que nous sommes en pleine saison de chasse et qu’il va falloir maintenant tâcher de ne pas se prendre une balle destinée à l’un de mes amis quadrupèdes ou ailés. Après réflexion, je veux bien aider les fucking chasseurs, ces premiers écologistes de France auto-proclamés, à réguler la biodiversité, en abattant le plus grand nombre possible d’entre eux, dont j’estime qu’ils sont surnuméraires et nuisibles. C’est moins point de vue antispéciste mais un peu misanthrope quand même les jours pairs. En attendant, malgré sa dangerosité ici et maintenant démontrée, j’aime tellement presque la campagne qu’en voici sept photos, pas moins, et en couleurs.

(Photos prises à Wambrechies, Loos, Pérenchies, Noyelles-les-Seclin, Lompret, Wattignies et Nieppe.)

In the upper room (48)

L’église Saint-Martin de Liévin vous accueille dans un esprit didactique. D’abord, Jésus vous explique sa passion comme une hôtesse de l’air feint de tirer sur les cordons d’un gilet de sauvetage ; on peut presque l’entendre dire, Alors on place les bras comme ça, etc.

Sur le mur extérieur de l’abside, quelqu’un a judicieusement indiqué, pour l’édification de tous, qui est le maître des lieux. Nous rejoignons le principe des panonceaux canins étudiés ici en 2016, alors que les rubriques de ce blog n’étaient pas encore clairement définies – rappelez-vous Gypsy et ses amis. Plus spécifiquement, il est ici question de mystère, car si Dieu est dans Sa maison, on Le devine sans véritablement Le voir, ce en quoi il est permis de Le rapprocher du Double Jacky que je vous présentais ici.

Un pédagogue (le même ? pourrions-nous imaginer qu’il s’agisse de Jésus himself ?) a également trouvé bon de préciser quelques faits historiques peu connus dans le bassin minier ; hélas, sans vouloir verser dans le conspirationnisme, les forces au pouvoir ont essayé de le museler en faisant appel à la brigade anti-tags. Si celle-ci s’était montrée plus perfectionniste, nous ne pourrions plus déchiffrer les traces de la vérité : cette église a été détruite PAR LES ALLEMANDS. Eh oui.

Saturday Night Fever (52)

C’est vraiment parce que j’ai conscience de mes responsabilités envers vous (je veux dire l’humanité – pas celle qui se fête ce week-end à la Courneuve mais la très vaste humanité) que je puise dans mes dernières forces et racle des secondes à mon emploi du temps strictement minuté (si je relâche la pression, l’ordre du monde en sera forcément bouleversé) pour vous faire danser en ce samedi où j’imagine que, vous aussi (mais quand même pas autant que moi, l’équilibre cosmique ne reposant pas sur vos épaules), vous avez bien mérité une petite fièvre libératrice. Voici donc nos sept femmes formidables de la semaine, dans des registres assez différents.

Extraits des derniers travaux en date de l’incroyable et hyperactive Jenny Moore ; on la voit aussi au sein de son groupe Charismatic Megafauna (avec Susannah Worth et Georgia Twigg). N’hésitez pas à aller écouter par ailleurs son groupe Bas Jan, plus farfelu.

Kristina Warren : Eight Paces

She Spread Sorrow : Red Rumspringa

Crys Cole : Layna

Sofía Bertomeu : Plenitude (II)

Cruel Diagonals (Megan Mitchell) : Soporific Return

Catherine Lamb : Parallaxis Forma

Majoret-te-s

Nous l’avons fait, nous avons écrit une pièce de théâtre en cinq jours. Il faut dire que j’avais un super groupe : sept personnalités bien trempées, très différentes et toutes pleines de ressources, d’invention et d’humour. Des sensibilités très attachantes, aussi. J’avais déjà rencontré certains des participants lors de précédents ateliers – au même endroit (le centre Carpentier, à Liévin), sur d’autres sujets (surtout l’opéra). La semaine prochaine, ils vont pouvoir commencer les répétitions – ah oui, parce que ce sont eux aussi qui vont interpréter le texte, sous la direction de mon amie Muriel Cocquet, dont il a déjà été question ici et qui fait également partie de mon collectif.

Merci à Paulette, Thérèse, Joël, Didier, Gigi, Barbara et Hélène, qui n’ont pas seulement fourni un super travail (ainsi que des gâteaux, biscuits et chocolats) mais ont aussi accepté de poser pour moi et, par extension, pour vous.

Commodités

Mercredi, je suis retournée dans certains des lieux qui ont marqué mon été, notamment à Sallaumines, où une maison à vendre m’a dit, Tu ne serais pas bien, ici ? J’ai dû reconnaître qu’elle était particulièrement bien placée, sur le corps calleux de la ville, à proximité de toutes commodités telles que : arrière-monde, champs, voie ferrée, etc. Pas très loin, il y a aussi mon parc secret (du moins ne semblons-nous pas nombreux à le fréquenter, ce qui fait une grande partie de son charme – dont j’espère que des travaux en cours à proximité ne vont pas le dénaturer, retournant l’arrière-monde de manière à ce qu’il devienne le devant pour un trop grand nombre d’individus). Puis il a fallu rentrer chez moi, dans la grande ville qui ne sert à rien, pleine de bruit et de rumeurs.

L’orée de mon parc bien caché

Pas très loin, l’orée d’un petit bois interdit au public (c’est apparemment une réserve naturelle de cette espèce protégée qu’est aujourd’hui le minitel)

Jenny

Pour la première nuit de mes 44 ans, mon inconscient m’a offert une histoire avec Jenny Hval. Dans mon rêve, elle ressemblait à peu près à ceci (je le précise parce que Jenny – je peux bien l’appeler par son prénom désormais – est d’une instabilité capillaire assez remarquable).

(J’ignore de qui est cette photo, désolée.)

Elle vivait une espèce de renouveau spirituel aussi radieux que son dernier EP, The Long Sleep, paru au mois de mai. Je l’accompagnais au long d’un véritable parcours initiatique (car mon inconscient accorde plus de prix à la narration que je ne le fais moi-même) jusqu’à ce que nous parvenions au bord de l’eau dans une magnifique lumière automnale et que ça devienne clairement une histoire d’amour.

Pour l’occasion, et pour la troisième fois sur ce blog (je fais ce que je veux), voici la vidéo de Sabbath, où Jenny danse de manière rituelle avec ses super complices Zia Anger et Annie Bielski.

Ci-dessous, sur scène en 2015 (photo Erlend Buflaten.)