Reine des Neiges d’un jour

Quand on vient de terminer un manuscrit, que l’on a cent fois relu et réagencé chaque partie, que l’on a pesé chaque mot, chaque signe de ponctuation, un moment on a l’impression d’avoir accompli quelque chose d’énorme – d’important. Je compte bien profiter des quelques jours qu’il me reste avant de revenir à de plus tièdes sentiments. Pour l’instant, je me trémousse en écoutant Fad Gadget et lève mon verre La Reine des Neiges plein de Coca-Cola vers mon écran pour saluer mon propre travail. Il faut bien que quelqu’un le fasse, non ?

Fad Gadget : Collapsing New People -voilà qui devrait vous faire aimer le Perrier.

Cailloux (3)

je souris de me réveiller dans ma ville
où de nouveau clignotent les possibles où de
nouveau tout semble me parler – un chemin de cailloux
semés pour moi jusqu’au bonheur peut-être

alors je suis les cailloux je me laisse porter par l’idiotie
du réel quoique portée je danse aussi portée comme on l’est
quand on danse les muscles bandés bien dessinés

et les musiques aussi toutes me parlent en même temps
blues baroque noise drone jazz et punk entremêlés car

mon apophénie broie tout entre ses dents vigoureuses

L’art (8)

Lomme est un véritable musée de plein air pour le promeneur attentif. Je vous propose ici deux sculptures dépoitraillées. Votez pour votre préférée en tapant

1

ou 2

sur votre pigeon, et gagnez la satisfaction de donner votre avis.

Les moulins de la semaine

Plus serait de la gourmandise. Je vais vous livrer le fond de ma pensée, sans ironie : les gens sont merveilleux. <3 <3 <3 (Faches-Thumesnil)

(Saint-André-lez-Lille)

(Mons-en-Baroeul)

(Lomme)

(Lambersart)

(Loos)

(Loos)

(Loos – admirez la richesse : + bateau + oiseau)

Down by the riverside

Pour Vous remercier de m’avoir accordé tant de zéphyrs embrasés en ce dimanche matin où (en véritable Standardiste de la prière) Vous aviez déjà tant à faire, Notre Père qui êtes aux Cieux et aux manettes, en offrande, ce touchant spécimen de Rideaux et Voilages, accompagné d’un gospel. C’est bien le moins que je puisse faire.

Sister Rosetta Tharpe : Down by the riverside

Jambes en l’air (1)

J’ai décidé aujourd’hui d’inaugurer une série de jambes en l’air. Comme je ne savais pas dans quelle catégorie de ce blog les classer, j’ai créé la catégorie « jambes en l’air ». Je les présenterai par 3 parce que 7, ça ferait beaucoup. Pour commencer, grue, abribus et garage. Pourquoi ces jambes en l’air, me direz-vous ?

1. pourquoi pas ?
2. ça change
3. c’est amusant
4. vous devriez voir la tête des gens
5. je n’aurai pas vécu pour rien si un jour je peux susciter le dialogue suivant :
« Regarde, c’est la fille qui prend des photos de rideaux.
– Mais non, c’est celle qui s’allonge par terre. »
6. ça donne une autre perspective de la ville, assurément
7. pour reprendre l’horripilante expression à la mode, ça me sort de ma zone de confort

Cailloux (2)

tu presses des oranges, les fesses nues
parfaites, tu chantes une chanson brésilienne, tu dis
regarde, me désignant les pattes jointes de ta tortue
regarde comme elle est expressive et tu ris

je cache mon sourire dans les volutes du thé pour
arpenter le moment puis nous nous quittons d’un baiser
dans la métropole déserte et dorée où dorment nos amis

je lace mes baskets sous une pluie d’étoiles et cours
longtemps avec la force centrifuge de mon oreille interne

je n’attends de la vie rien de plus que ces instants

In the upper room (13)

Seigneur, je sais bien que Tu* n’es pas l’Amazon du bonheur, ni un marabout auquel on peut commander la guérison, la fortune ou le retour de l’amour, mais ce que j’aimerais Te demander**, ce matin, c’est vraiment tout minus, surtout pour Toi qui es trop fort et trop tout-puissant – en plus je T’assure que c’est plutôt de l’ordre de « Tu pourrais passer nourrir le chat ? » que de « Tu pourrais détapisser ces trois chambres ? »*** Ok, j’en viens au fait. Je m’en vais courir, là, et je me disais que si Tu pouvais guider mes pas vers des zéphyrs embrasés qui auraient jusqu’à présent échappé à mon œil pourtant gourmand, je T’allumerais volontiers un petit cierge, à mon retour – ou pourquoi pas une bougie, tiens, pour changer… Tu aimes la fraise ?

(Rue Jean Levasseur, Lambersart.)

Aine O’Dwyer : Music for Church Cleaners (Volumes I & II)

* Avec Dieu, c’est comme avec certains éditeurs, on ne sait jamais si on doit les vouvoyer ou les tutoyer, alors on alterne ; l’avantage avec les éditeurs, c’est qu’on ne doit pas mettre de majuscule aux pronoms, ni tu ni vous, c’est déjà moins casse-tête. Bref, aujourd’hui, entre Dieu et moi, c’est Tu.
** Tu me dois bien ça, ce n’est pas très drôle de se réveiller dans des bras qui travaillent le dimanche – Tu connais mes idées sur la question.
*** C’est une blague, les ami(e)s, j’aDORE détapisser vos chambres, en soutien-gorge sur l’escabeau, avec Des aventures sonores dans le casque : excellents souvenirs.