Avec Marie-Eustache et nos amis – l’intimité

aujourd’hui j’ai enfin eu avec Après-Que+Indicatif cette discussion intime si nécessaire aux fondements d’un couple
sur notre conception de la vie, l’amour, la mort, le temps d’aération quotidien de notre domicile, chez les parents de qui nous fêterons Noël en 2007, l’aberration écologique des bains, les avantages du vélo comparé aux rollers ou encore l’opportunité d’investir dans des dentifrices de marque

une chose que j’aime sur cette planète, c’est constater chaque jour, à chaque occasion, combien chacun d’entre nous est singulier, avec des structures mentales et un système de références qui n’appartiennent qu’à lui
c’est tellement riche, tellement exaltant, comme un immense jardin dont chaque fleur présenterait une variété et une couleur différentes
mais parfois, j’aimerais quand même bien rencontrer une demoiselle qui ressemblerait un peu plus à Marie-Eustache, nos amis et moi-même

Saturday night fever (7)

C’est samedi : musique ! Parce que c’est la Gay pride à Lille aujourd’hui, je bricole un petit char dans mon salon et voici le gros son que j’envoie. C’est (une partie de) ma culture LGBT. Fuck les icônes discount.

Samuel Barber : Nuvoletta

Gian Carlo Menotti (compagnon de Samuel Barber) : The Consul, « To this we’ve come »

Benjamin Britten : Serenade for tenor, horn and strings (interprété par Peter Pears, son compagnon de toute une vie)

Leonard Bernstein : Candide, « Glitter and Be Gay » (avec l’extraordinaire, l’inégalable June Anderson, sous la direction de Bernstein lui-même ; je sais que j’ai déjà posté cette vidéo ici mais elle mérite bien que je radote)

William Basinski : Cascade

Meredith Monk chantée par John Cage : Double Fiesta

Pauline Oliveros : Horse Sings from Cloud (Part 1)

Avec Marie-Eustache et nos amis – Volare

vous êtes nombreux* à me demander comment Après-Que+Indicatif en était venue à reconsidérer l’idée selon laquelle j’étais une mufle
c’est bien simple : Volare
je savais dans quelle rue habite Après-Que+Indicatif, alors j’ai emmené Marie-Eustache, nos amis et nos instruments de musique sous sa fenêtre et nous avons joué Volare, à la nuit tombée
Après-Que+Indicatif n’a pas résisté

* J’ai constaté avec une certaine perplexité que j’utilisais déjà cette expression en 2006 (je rappelle, pour ceux qui auraient manqué le début, que Avec Marie-Eustache et nos amis est une rediffusion). Je précise que mon blog de l’époque en était un vrai, avec des commentaires ouverts plutôt que notre actuel système de pigeons.

Le vide exact (6)

Comme promis, cet extrait de mon requiem en cours d’écriture.

« Sur le plan allégorique, l’on pourrait facilement expliquer que j’éprouve l’été comme une torture – le ciel dégagé sur l’infini et, sous son rictus, la lumière crue projetée sur l’insignifiance de toutes choses terrestres. Mais je dois constater que, pour la plupart des gens, l’été représente tout autre chose : sortir de chez eux sans veste semble leur être un motif suffisant de bonheur. »

« Si j’aborde chaque été avec le même dangereux frémissement, les précédents m’apparaissent, rétrospectivement, auréolés de légende ; leur couleur et leur acoustique particulières me reviennent avec une prégnance hallucinée dont je n’exclus pas que mon esprit leur appose un filtre flatteur. Est-ce parce que j’envisage comme une forme de gloire d’avoir surmonté tant de fois l’épreuve qu’est pour moi l’été ? Longtemps, je l’ai pourtant considéré comme ma saison préférée. Je ne pense pas qu’il s’agisse de masochisme. Au fond, la douleur m’assure d’être vivante, dans la mesure où, paralysant les automatismes, elle ne permet pas que j’entreprenne rien ni esquisse aucun mouvement sans en avoir la pleine conscience. Certains mammifères marins ne connaissent pas le sommeil paradoxal parce qu’ils ne respirent pas de manière mécanique mais volontaire : s’ils n’y pensent pas, ils meurent. L’été, je suis une sorte de mammifère marin. »

« L’été, tout le monde me manque, les morts, et ceux dont je n’entendrai plus jamais parler, et ceux que j’ai perdus par la force centripète que l’on appelle destin ; même ceux qui sont simplement partis en vacances me manquent et leurs cartes postales me font convulser. Je vois mieux le désert que c’est ici bas sans eux tous. Un jour, quand le dernier être humain qui aura gardé la mémoire du dernier d’entre nous viendra nous rejoindre dans le néant, ce sera comme si nous n’avions jamais existé. Nous aurons aimé comme on crie dans l’eau. »

(Photos prises à Montreuil, Loos et aux Buttes Chaumont.)

Avec Marie-Eustache et nos amis – l’art & essai

ce soir je vais au cinéma avec Après-Que+Indicatif
j’ai déjà réservé les places parce que généralement les films mongols passent dans de toutes petites salles
on ne sait jamais : s’il se trouvait une autre bienheureuse ayant trouvé indicatif à son après-que, et qui décidait le même soir d’emmener cette dernière, sa Marie-Eustache et leurs amis au cinéma, c’est un coup à vous faire salle comble
je n’ai pas compris pourquoi la dame du guichet m’a demandé s’il s’agissait d’un groupe scolaire : ai-je une allure de professeur, avec mes bottes en caoutchouc à fleurs et mon kilt rose ?
en tout cas, ces tarifs de groupe, c’est bien pratique

Avec Marie-Eustache et nos amis – « après que » + indicatif

aujourd’hui, nous sommes fourbus de bonheur, avec Marie-Eustache et nos amis
car dans ma quête Internet de la nouvelle âme sœur, nous avons trouvé
(je trépigne intérieurement rien que d’y penser)
une jeune personne qui n’ignore pas qu’ « après que » est suivi de l’indicatif
nous avons découvert cette merveille au détour d’une petite phrase apparemment anodine que m’avait adressée cette perle rare :
« lovetolove dit : Je me suis rendu compte que j’étais triste de te quitter hier soir, après que tu t’es déconnectée pour préparer ce couscous »
(Marie-Eustache et nos amis commençaient en effet à trembler de faim, ce soir-là)

eh bien quand nous avons lu cette phrase tout à l’heure, nous avons dansé de joie devant l’écran jusqu’à ce que nos rotules semblent articulées à nos chevilles : c’est la fille qu’il me faut, nous le sentons, Marie-Eustache, nos amis et moi-même
dommage que, à bout de patience, semble-t-il, ce bijou se soit déconnectée en précisant qu’elle me tenait pour une mufle ; il est vrai que j’ai dansé assez longuement avec Marie-Eustache et nos amis
je devrais peut-être acheter une webcam pour éviter à l’avenir les malentendus de ce genre

Le vide exact (5)

La narratrice de Push the push button (voir Le vide exact (4)) tente d’élucider le mystère qu’est pour elle l’été ; vers la fin, elle se propose la réponse suivante, que je scinde en deux paragraphes pour votre confort de lecture.

« Ce vertige est climatique et culturel. Ce n’est pas d’avoir été assise muette sur un divan près de Dzung dans la chaleur figée, ce n’est pas d’avoir cherché de ville en ville le visage de la sécurité et de la chaleur, ce n’est pas d’avoir vu mes cousins s’éloigner de moi lentement dans le flou d’avant le générique, ce n’est pas d’avoir senti mes dents tomber tout un été, ce n’est pas d’avoir pris l’alcool pour un lien affectif, ce n’est pas d’avoir été seule au point de devoir m’inventer une vie. »

« C’est de ne pas avoir eu besoin de parler avec Dzung parce que Sonic Youth le faisait pour nous, et d’avoir perdu Dzung, c’est de ne plus jamais arriver quelque part avec l’espoir de trouver Dieu ou Dieu sait quoi, c’est de ne plus avoir envie de construire cette maison familiale pour rester toujours tous ensemble, comme à l’école primaire, c’est de ne plus penser que j’ai des dents, comme si elles m’étaient dues, c’est de ne plus jamais voir ces gens tels que l’alcool les avait transfigurés à mes yeux, de savoir qu’ils n’existeront plus jamais ni pour moi ni pour personne dans leur aura éthylique, c’est de ne plus pouvoir serrer dans mes bras ces personnages que j’ai inventés comme des Ève futures, plus tangibles que ces millions de visages sans affect, parce que je ne suis plus tout à fait la même folle, jamais tout à fait la même folle, c’est de penser que je ne serai plus jamais moi quoi que je devienne puisque rien autour n’est plus pareil pour porter les mêmes ombres sur mes contours et me faire exister, me donner la forme et consistance que j’appelle moi, que j’identifie comme moi, puisque rien ne sera jamais rejoué. »

Vous constaterez demain que mes conclusions de 2017 ne sont pas très loin de celles-ci puisque je vous livrerai un court passage de mon requiem en cours d’écriture.

Causeries

Où suis-je ? Dans une prairie vallonnée ?

Non, je suis à la gare TGV Champagne-Ardenne, au retour de ma dernière rencontre en bibliothèque de l’année, et ce fut un très joyeux final, avec de la musique et des rires. Nous avons écouté Maria Callas et Howlin’ Wolf, mais aussi les Disintegration loops de William Basinski. Merci à Richard Dalla Rosa pour son invitation à ses Causeries du mercredi.

J’aime les gares TGV, ces structures futuristes au milieu des champs. On y trouve des fleurs mutantes telles que celle-ci :

Mon amie Claire les appelle pustulis yellowis mais si vous avez une idée moins saugrenue de ce dont il s’agit, merci de m’envoyer un pigeon.

Avec Marie-Eustache et nos amis – l’abduction extraterrestre

cette nuit j’ai été victime d’une tentative d’abduction extraterrestre
une soucoupe volante a dardé vers moi son faisceau lumineux et j’ai commencé mon ascension dans la lumière blanche mais il semblerait que Marie-Eustache et nos amis aient été malencontreusement happés à ma suite
c’est alors que le faisceau lumineux s’est mis à crépiter puis la soucoupe volante à émettre des spasmes comme un four à micro-ondes plein de boîtes de cachous
heureusement, nous n’avions eu le temps de monter que d’un ou deux mètres alors la chute ne fut pas trop douloureuse, pour Marie-Eustache, nos amis et moi