La fin du chocolat

La fin du chocolat

Éditions Les Carnets du Dessert de Lune

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Quatrième de couverture

« Je lisais. Des américains, la plupart du temps. Pensant y trouver l’inspiration. J’essayais d’écrire ce roman dont j’avais parlé à tout le monde et que je n’avais toujours pas commencé.

J’avais presque envie de partir. De m’en aller d’ici.

Et puis un jour, les Poèmes de Fanny Chiarello sont venus habiter juste en dessous de chez moi. Les poèmes précédents avaient foutu le camp et, du même coup, l’appartement au rez-de-chaussée était redevenu libre.

Au matin, les Poèmes de Fanny Chiarello partaient au travail ou bien choisissaient de rester au lit jusqu’à midi. Parfois aussi, ils passaient une bonne partie de l’après-midi à s’amuser avec les chats dans le jardin et les chats étaient très contents de trouver enfin, un peu d’herbe dans cette ville.

Les Poèmes de Fanny Chiarello étaient très différents. Certains étaient allés plusieurs fois déjà à Los Angeles. D’autres, par contre, ne faisaient qu’en parler. L’un d’eux avait bien connu Timothy Leary mais c’était il y a très longtemps.

Le week-end, les Poèmes de Fanny Chiarello invitaient tous les voisins de l’immeuble autour d’un barbecue géant et végétarien. Lorsque c’était l’heure de partir, ils se glissaient dans le fond de votre poche afin de vous empêcher de passer la nuit tout seul. Ils vous mettaient le réveil et fermaient les volets. Ils vous réchauffaient les pieds en attendant de trouver le sommeil.

Et au bout d’un moment, vous finissiez même par oublier de déménager. »

Jean-Marc Flahaut, mai 2005

Notes de l’auteur

1. La fin du chocolat est mon premier recueil de poèmes et ma première collaboration avec Les Carnets du Dessert de Lune. Un extrait, afin que tout le monde comprenne bien ce que j’appelle poésie :

« Un 22 septembre sur mon boulevard

niches de saints désaffectée, entre H&M et Sony (4×5 m)
Kim Gordon crie I wanna be your dog
les arbres ploient sur le ciel bleu, balayés par des mèches de mes cheveux
des hommes en costume cravate discutent devant un restaurant, la veste sur l’épaule
un hôpital gériatrique avec vue sur Kiloutou

il n’y a donc que nous dans cette ville aujourd’hui »

Sonic Youth : Freezer burn / I wanna be your dog

2. L’on trouve, dans mes trois recueils aux Carnets du Dessert de Lune et dans Le zeppelin, la trace de ce que j’ai toujours considéré comme mon âge d’or. Je n’y étais pourtant pas particulièrement heureuse, au contraire : ma souffrance morale, à cette époque, était aussi puissante que ma propension à rire de tout – et je riais beaucoup, tous les jours, même si je venais de pleurer si fort que j’avais mal au ventre. Pendant cette longue période, de 2004 à 2007, je fus un réceptacle. Concentration, contemplation, non pas méditation sans doute mais conscience écarquillée, assurément. Tout ce qui se passait autour de moi, le plus infime des détails, le plus anodin des non-événements trouvaient leur place dans mon cerveau puis dans mes carnets, mes poèmes, mon zeppelin en chantier.

J’ai retrouvé récemment, quoique brièvement, cet état de grâce. Je vous livre ici, en avant-première (voyez comme je ne doute de rien : je ne parle pas d’inédit, je crois déjà dur comme fer que ce livre existera, d’autant que je l’ai écrit en collaboration avec mon amour), le très court poème dans lequel j’ai formulé ce phénomène psychique particulier :

« Sarah Bernhardt

enfin je ressens l’exacte douleur qui me permet d’éprouver pleinement la densité du réel
c’est la bonne nature à la bonne intensité »