Dancing shadow

Faisant le compte de ce que j’ai, de ce que je n’ai plus* et de ce que j’ai plus tellement, il m’est apparu que si « la lumière, poupée, c’est de l’amour qu’on ne nous reprendra jamais », comme j’aime le répéter dans Le zeppelin, de même notre ombre est une compagne fidèle, et opportunément facétieuse (nous avons besoin de rire) avec ces formes élastiques qu’elle nous donne. Anna et moi avons donc dansé avec mon ombre, ce matin, c’était amusant. Ça changeait des flaques d’eau.

(Quel fessier, hein !)

* Ca alors ! Une image musicale spontanée vient de me révéler que ce sont quasiment les paroles d’Irving Berlin dans I got the sun in the morning : « Taking stock of what I have and what I haven’t / What do I find? »

Sept tours Kennedy

Vous êtes nombreux à me reprocher de ne pas avoir alimenté notre rubrique National Geo depuis trop longtemps. Promis, mes grands reportages reviendront avec les beaux jours. En attendant, et en complément à mon portait de Loos Oliveaux, publié ici le 19 mai 2017, quelques vues de la tour Kennedy depuis les villes de Loos, Haubourdin, Wattignies, Sequedin et Emmerin. Vous comprendrez pourquoi je dis que cette tour (tout comme l’usine Cargill d’Haubourdin et son sempiternel panache de fumée blanche ou encore, à l’est, la tour hertzienne de Villeneuve-d’Ascq) fait office de Fernsehturm dans notre métropole.

Des nouvelles pages

Dans le menu supérieur, à gauche de l’écran si vous êtes sur un ordinateur, j’ai créé deux nouvelles pages pour vous présenter mes parutions imminentes : Pas de côté, recueil de poèmes qui sera disponible samedi à la Foire du livre de Bruxelles (je dédicacerai auprès de l’inégalable Jean-Marc Flahaut sur le stand des Carnets du Dessert de Lune, de 15 à 16h, en compagnie de notre cher éditeur Jean-Louis Massot) et La vie effaçant toutes choses, à paraître le 15 mars aux éditions de L’Olivier – je le présenterai à la librairie La Lison, à Lille, le jeudi 29 mars à 19h et à la librairie La Forge (dont je suis toujours la marraine), à Marcq-en-Baroeul, le vendredi 8 juin à 19h, accompagnée par le violoncelliste Guillaume Lafeuille. Nous avions déjà collaboré pour l’inauguration de la librairie, en septembre 2016 :

Plus de dates quand il y en aura (eh eh).

박지하

Je n’avais pas réussi à pleurer depuis des jours, ça restait coincé dedans. La musique de cette jeune Coréenne m’a libérée. Pourtant ce matin j’ai dansé encore une fois dans le soleil fou et les champs si boueux que les semelles de mes baskets semblaient compensées, je riais toute seule comme si mon imagination était assez puissante pour imposer sa partition au réel – c’est une partition mouvante, qui ondule avec le non-sens et lui propose, chaque minute, de nouveaux possibles glorieux (et j’appelle gloire la jonction de la lumière et de la musique, je n’ai jamais eu plus d’ambition), qui reste coincée dans ma tête, sans que rien ni personne semble pouvoir la libérer.

Park Jiha : Communion

L’art (44)

J’ai conscience que mes dancing chickens risquent de vite vous lasser, comme l’ont peut-être fait en leur temps mes Rideaux et Voilages ou mes zéphyrs embrasés. Mais, ainsi que je l’écris dans La vie effaçant toutes choses (en librairie dans trois semaines), « Le cerveau est fascinant, il nous mène exactement où il veut, et nous y ramène par les voies les plus inattendues quand nous avons la légèreté ou la prétention de regarder ailleurs. On ne régurgite pas une obsession, elle s’échappe par tous les pores à la première occasion, et tout ce que nous vivons et observons l’alimente. » Tenez, ce matin je m’en vais courir avec la ferme intention de détourner la tête chaque fois que je croiserai l’ombre d’un danseur pour mieux chérir chaque détail du réel profus qui se présentera à mon appareil perceptif ; je laisse même DG à la maison. Mais quand j’aperçois une œuvre d’art dans un jardin, jugez par vous-même :

Un angelot guitariste ! On ne pourra pas m’accuser de l’avoir cherché, il m’est littéralement tombé du ciel. Et comme il jouait du drone doom, en l’occurrence une version personnelle plutôt habile de Snakes vs. Rats, que voulez vous ? Anna et moi avons dansé (non, Fanny, Anna Meredith n’est pas mon amie imaginaire, c’est simplement la compositrice qui m’accompagne bien souvent dans mon casque, ces jours-ci – oui, il y a eu délation ; c’est pas michto michto, petit chat, mais c’est comme ça).

The Bug Vs Earth : Snakes Vs Rats

Le choix

Ma commande est arrivée à la librairie aujourd’hui : quatre livres de Marie Nimier. Youpi ! Je ne savais pas par lequel commencer, alors… Hep, là, à droite, ça ne se fait pas de lire par-dessus l’épaule de ses voisins !

Un moment parfait

Nous courions au bord du canal, ce matin, Dancing Chicken, Anna et moi, quand le sosie lillois d’Anna (qui est aussi l’un des êtres humains les plus étonnants de cet hémisphère) m’a envoyé un e-mail. Qu’est-ce qu’elle dit ? qu’est-ce qu’elle dit ? a caqueté Dancing Chicken, tandis qu’Anna se jetait sur son téléphone dans l’espoir que mon sosie londonien (qui est employée dans une onglerie de la City) lui ait envoyé un e-mail exactement au même instant. Mais non. Nous étions déçues car, malgré notre aversion pour la symétrie et notre adhésion à l’Idiotie du réel, nous savons apprécier une bonne petite perfection formelle, de temps à autre. Dancing Chicken insistait pour que l’humeur du jour reste joyeuse : Qu’est-ce qu’elle dit ? qu’est-ce qu’elle dit ? Nous avons fait l’exégèse de l’e-mail, qui comporte 17 mots, sans parvenir à déterminer s’il convenait de s’en réjouir ou pas spécialement, et DG a tranché en disant que, dans le doute, il était plus prudent de le fêter, ce qui nous a paru judicieux, d’autant que 17 est l’un de nos nombres premiers favoris, et il se trouve qu’Anna était précisément en train de jouer R-Type très fort, martelant vigoureusement mes acouphènes, aussi avons-nous dansé là, tous les trois, au bord du canal, face au Port de Lille. Et force est de constater que DG avait raison : ce fut un moment parfait.

Avertissement

Vous êtes nombreux à entretenir par voie aviaire un mauvais esprit que je m’empresse de désamorcer. Peut-être, comme vous le prétendez, dansé-je comme une polochon des années soixante-dix, mais 1. certains me remercient pour la générosité de mes mouvements certes erratiques, figurez-vous (enfin, c’est arrivé une fois), 2. d’autres ne se sont jamais découragés de la relative rigidité de mes membres et continuent de me faire danser le samedi soir (merci Valérie et Fanny <3) et 3. lisez ce que nous enseignent les grands sages, sur le pont de la Loire à Nevers :

Vlan.

Dancing chickens

J’ai fait ici, il y a bien longtemps, l’apologie de la danse ; mais je ne me suis pas contentée de théorie, j’ai aussi donné de ma personne : pour vous, j’ai dansé dans la boue, au musée, sur ma table basse et dans mon plus simple appareil, en plus de vous faire danser tous les samedis soir dans mes Saturday Night Fever. Je vous ai annoncé ma collaboration prochaine avec une chorégraphe. J’ai commencé un recensement de danseurs muraux dans la métropole lilloise, en commençant par le canal, à Haubourdin. J’en ai d’autres à partager avec vous et, à vrai dire, je pense qu’il est temps d’ajouter à ce blog une rubrique spécialement dédiée à la danse. J’ai choisi de l’appeler Dancing chickens, ce qui ne surprendra pas ceux d’entre vous qui ont lu Je respire discrètement par le nez. Voici d’ailleurs, pour inaugurer dignement cette nouvelle rubrique, un dessin que j’ai fait à l’époque (2005-2006) où j’écrivais Le zeppelin et Je respire discrètement par le nez.