La narration : rediffusion

J’ai retrouvé avec émotion une série que je publiais sur mon ancien blog, il y a une dizaine d’années. J’ai décidé de vous la rediffuser dans l’ordre – c’est important parce que la narration est très construite et le suspense haletant (ou insoutenable, au choix), comme se doit de l’être un suspense. L’image n’est pas terrible mais vous n’allez pas me casser les pieds avec ça, sinon je veux aussi vous voir harceler les chaînes de télévision qui rediffusent indéfiniment vos Derrick et Colombo préférés. Ma série s’appelle Avec Marie-Eustache et nos amis. C’est un titre vendeur, je ne le changerai pas ; épargnez-nous tout un tapage. Premier épisode dans quelques instants. Mais, avant tout, ma présentation et mon avertissement de l’époque :

« En France, traditionnellement, l’on appelle Marie-Eustache tout être vivant de sexe féminin dont on a oublié ou dont on n’a jamais su le véritable prénom. Une ancienne camarade de classe qui vous a salué préfère s’entendre répondre « Bonjour Marie-Eustache » que « Vraiment, je ne vous remets pas ». Vous trouvez, dans une rue, la chiotte (ici pour le féminin du chiot) d’un voisin qui la recherchait désespérément depuis plus de quarante-huit heures après qu’elle s’est enfuie ayant becqueté la clôture du jardin – il s’agit en effet d’une jeune bulldog – ; vous avez oublié le nom de la bestiole : vous l’appelez, « Viens là, Marie-Eustache », et l’espiègle créature vous suivra à coup sûr jusque chez ses maîtres. Vous ne savez quel prénom attribuer à votre oreiller de célibataire en vous remémorant cette chouette brune que vous avez croisée au supermarché, et naturellement vous optez pour ? Marie-Eustache, bien sûr. C’est ça, la France, quand on a oublié le véritable nom d’un être vivant de sexe féminin. »

La narration : l’épouvante

Le fait divers sanglant d’Amityville a donné lieu à pas moins de dix-neufs films et téléfilms, dont un certain nombre directement en DVD. Pourquoi pas un vingtième ? Et pour plus de frissons, mes chers compatriotes, mon opus ne se passe pas dans la banlieue de New York mais dans la métropole lilloise. Il a été tourné dans le quartier dit des Fleurs à Faches-Thumesnil, dans celui du Croisé-Laroche/Rouges Barres de Marcq-en-Baroeul et dans celui d’Ennequin à Loos. Strictement interdit aux moins de seize ans, ou alors à vos risques et périls (cachez les munitions).

Ça finit très mal, évidemment.

La narration : un manifeste

Chaque jour, je vois la nouvelle sculpture de S. prendre forme, se déployer dans l’espace, se compliquer de détails, de matières. Et chaque jour, je mêle les thématiques et les fils narratifs pour obtenir un tissage textuel plus ou moins dense, plus ou moins aéré selon les besoins de mon propos. Par moments, en relisant, je découvre des harmoniques dont je n’avais pas eu conscience et je m’émerveille de ce que le système fonctionne. Nous avons des démarches similaires, S. et moi, disponibles à ce que le réel nous présente et que nous recyclons en cosmogonies intimes. Nous travaillons et nous sommes travaillées par des obsessions, des illuminations.

Objets trouvés (6)

Je n’avais pas alimenté cette rubrique depuis 3 mois jour pour jour. C’est réparé : voici des chaussures.

(Aux abords du CHR, sous le métro aérien.)

(Dans le Port de Lille – interdiction d’entrer sous peine d’amende mais nous y avons passé un très chouette jour férié.)

(Rue Arago, Lille.)

J’aime autant vous prévenir

Je néglige tous mes devoirs parce que j’écris un requiem. Ce n’est pas comme si je prenais le soleil ou que j’allais au bistrot* : j’écoute des requiem et j’écris un requiem. Je fais ce que je peux. Merci de votre compréhension.

Pour me faire pardonner, deux de mes requiem préférés :

Gabriel Fauré : Requiem (Victoria de los Amgeles et Dietrich Fischer-Dieskau sous la direction d’André Cluytens – vous ne prétendrez pas que je ne vous donne pas le meilleur, toute négligente que je sois de mes devoirs…)

Benjamin Britten : War requiem (Galina Vishnevskaya, Peter Pears et – encore – Dietrich Fischer-Dieskau sous la direction de Britten himself).

* Jamais de la vie.

L’art (23)

Aujourd’hui, art et friteries – chez nous, l’on parle plus volontiers de « baraques à frites », ce qui ne manque pas de surprendre et de divertir nos amis venus d’ailleurs. Gaussez-vous donc, mes chers, il n’empêche que ces vénérables (et très odorantes) institutions sont une stimulation pour nos artistes et intellectuels – au premier rang desquels nos poètes, comme je l’ai déjà signalé ici.

( Rue du Faubourg des Postes, Lille Sud.)

La géométrie (6)

Grand Jeu Concours : trouvez à quelle lettre correspond chaque chiffre et gagnez une balle anti-stress (peu servi). Laquelle des photos ci-dessous a été prise à 1. Bruxelles, 2. Haubourdin, 3. Lille Sud, 4. Port de Lille, 5. Vendeville ? Vite, à vos pigeons !

A

B

C

D

E

L’art (22)

Aujourd’hui, l’art bucolique. L’on ne questionne jamais assez le rapport entre art bucolique et déchets, j’en ai pris conscience en allant à Loos via Faubourg de Béthune, ce matin.

Imprudents voyageurs

Je pensais à la manière dont certains de mes amis et moi parlons de nous et des vicissitudes de nos vies sentimentales, oscillant d’une hypothèse à une autre, inventant des systèmes pour mieux les démonter, riant toujours beaucoup, pour conclure par le très avisé « Je sais que je ne sais pas », quand m’est revenu à l’esprit un texte de James Thurber, Imprudents voyageurs (écrit au début des années 1940)*. Thurber y feuillette un guide de voyage et c’est très drôle. En voici un extrait :

* On le trouve dans le recueil La vie rêvée de Walter Mitty.