A necessary release of the past

Dans le magazine Wire, octobre 2019. Yewande Adeniran, à propos de Claim it! sur le dernier LP de la Londonienne Klein, Lifetime.

Conciergerie

Il n’y a pas eu de cliente depuis près de trois semaines dans le bed & breakfast Chez Dame Sam, dont j’ai brièvement été la concierge. J’y pensais ce matin et je me suis rappelé les concierges de la résidence où j’ai écrit Le Zeppelin, en 2006-2007, avenue du Colysée avec un y, à Lambersart. Souvent, je me demande ce qu’ils sont devenus.

(en 2006-2007, j’ai dépassé le traitement « photocopieuse des PTT » mais j’aime le glitch – ça tombe bien parce que j’ai alors un appareil assez pourri)

Une chute du Zeppelin :
« Seuls ses concierges lui manifestent une gentillesse qui, au fil du temps, prend les apparences d’un attachement. Elle ignore comment ils connaissent son prénom mais le fait est qu’ils l’appellent Fanny, tandis que les autres résidents sont appelés par leur nom, Madame, Monsieur – pas de Mademoiselle. Ils lui parlent quand elle traverse le hall d’entrée, commentent la vie de la communauté, les dernières nouvelles de la ville et, plus que toute autre chose, la météo, qu’ils lient à son usage quotidien du vélo. Ils lui recommandent de faire bien attention par temps de pluie, de neige ou de tempête.
La concierge est de type flamand, solidement charpentée mais avec un boitement prononcé ; sous ses bas de contention, un bandage entoure sa cheville. Elle porte tous les jours, dimanche inclus, une blouse bleu pâle. Ses cheveux attachés ne sont pas teints, et son visage rond n’est pas maquillé, laissant les rougeurs témoigner de l’effort qu’elle fournit pour faire briller les miroirs cuivrés qui couvrent les murs du hall, l’imitation marbre des marches. Son mari flotte dans un halo gris, celui de sa blouse, celui de ses cheveux et de son visage même, toujours très cerné, où le sourire est plus rare qu’une éclipse. Sa démarche est traînante, la tête basse, et accentue l’impression d’accablement qui le caractérise. »

(see what I mean?)

Et une chute de Je respire discrètement par le nez :

« 25 juin 2006
Aujourd’hui, dans la grande allée du bois, j’ai croisé ma concierge en civil. Je ne l’avais jamais vue qu’en blouse auparavant : même le week-end, en blouse bleue à fleurs avec des collants et un bandage autour de la cheville. Je n’ai jamais aperçu ce qu’elle portait en-dessous ; à quoi ressemblait son style vestimentaire. Elle pouvait aussi bien être nue sous cette blouse pour la différence que ça faisait. Alors de la surprendre comme ça en civil cet après-midi dans la grande allée du bois, c’était comme de lui découvrir une vie clandestine : elle mangeait une énorme glace sur son vélo de luxe (quand elle me voit accrocher Gaspard, elle me dit toujours : Le mien, il se ferait voler tout de suite, même avec des U), elle portait un pantalon noir et un T-shirt bleu, et Monsieur n’était nulle part en vue – Monsieur, j’en apercevrais quelques minutes plus tard la blouse grise glissant à sa lente habitude dans les couloirs de la résidence. Un instant, j’ai même envisagé que le petit garçon qui courait au bord de l’allée était leur petit-fils. Mais il ne faut pas abuser. »

(c’était souvent très joyeux, aussi)

Je me remémorais ce matin ces deux années, qui ont été parmi les plus mémorables de ma vie lilloise (avec 1999 assurément), je regardais les milliers de photos que j’ai prises à l’époque, de et depuis mon appartement, ainsi qu’au bois (qui était mon jardin), et j’ai retrouvé ce montage de ciels tels qu’encadrés par la baie vitrée qui a littéralement vu basculer ma vie, il y a treize ans, avant le coma que je décris dans L’éternité n’est pas si longue (à l’époque, c’était encore le bed & breakfast Chez Joe & Dame Sam* : oui, j’ai été deux fois concierge d’un bed & breakfast, ces 27 dernières années , je n’en suis morte qu’une fois, pas deux). Tous les jours, en 2006 et 2007, je prenais une ou plusieurs photos de ce ciel fou.

Je prenais aussi des photos de Harold, le héron dont je parle beaucoup dans Je respire discrètement par le nez, et qui est de retour dans le roman que je suis en train d’écrire – il y est question de lotissements et d’une jeune fille si belle, si laiteuse et si lente que Harold pose la tête sur son épaule. Ci-dessous, Harold en 2007**.

Je prenais déjà des tas de photos d’oiseaux d’eau. Mes deux photos de canards les plus réussies datent de cette époque et d’il y a deux ans :

(2007)

(2017)

* Pourquoi le bed & breakfast s’appelait-il Chez Joe & Dame Sam ? Parce qu’il était tenu (s’il est permis d’employer ce mot) par mes maîtres d’alors, dont le (fabuleux) élément masculin (un formidable castrat, il chantait Barbara Strozzi avec un timbre proche de celui de Maria Cristina Kiehr), Joe, nous a quittées, Dame Sam et moi,  en janvier 2018, après dix-sept ans de vie commune.

(Dame Sam et Joe en 2007)

** Apophénie ? Ma meilleure amie, à qui je n’ai pas annoncé le retour de Harold dans ma vie mon œuvre, m’appelle depuis une aire d’autoroute alors que je viens de poster ce billet, pour me dire qu’elle a vu plein de hérons et un chamois noir depuis son départ de Prénovel, ce matin (elle affirme depuis une dizaine d’années y avoir vu un koala, oui, parfaitement, dans le Haut Jura ; personne ne l’a jamais crue).

27 ans plus tard

Quitter une ville après y avoir vécu vingt-sept ans est étrangement douloureux – et, sans vouloir me plaindre, on n’est guère compris : après tout, on l’a choisi, et (en ce qui me concerne) on ne s’en va pas très loin. Or il se passe des choses inattendues, à l’approche du départ, et le mien est imminent. Des souvenirs et des visages que l’on n’avait pas évoqués depuis des années, des décennies, reviennent à la mémoire sans avoir été convoqués. Cette nuit, en rêve, j’ai revu mon amie Cathy ; dans la vraie vie, ce n’est pas arrivé depuis plus de quinze ans. Chaque jour m’apporte ainsi son lot de fantômes et d’anecdotes. Pour le dire simplement, c’est comme voir sa vie défiler. Désormais, chaque pas que je fais dans les rues de Lille soulève une poussière de réminiscences. Dès lors, il est difficile de ne pas avoir l’impression de mourir un peu, même si c’est dans l’espoir de renaître ailleurs autrement, si possible mieux.

(Où suis-je ? HK1, Faidherbe, 1992)

Je n’aurais pas pensé dire ça un jour mais, tant que j’y suis, pour être sûre de n’oublier personne, j’aimerais pouvoir faire défiler un générique de fin et revoir une dernière fois ceux que j’ai connus ici puis perdus : ceux qui sont morts, ceux qui sont partis avant moi, sans laisser d’adresse ni plus de trace dans la ville que je n’en laisserai, ceux avec qui je suis brouillée pour toujours, ceux dont je ne saurais dire pourquoi je ne les vois plus, ceux dont je me demande comment j’ai pu oublier leur nom, ceux dont j’ignore ce qu’ils sont devenus et dont je ne saurais même pas dater la disparition de mon petit paysage, ceux dont je ne me rappelle pas pourquoi je traverse la rue pour ne pas les croiser, ceux dont je me rappelle très bien pourquoi j’évite chaque lieu qu’ils sont susceptibles de fréquenter, ceux qui semblent inscrits dans la ville au même titre que sa pierre, ses briques, ses pavés, ceux dont le visage m’est aussi familier qu’un motif de papier peint, mais où ai-je déjà vu ce papier peint ?

Quant à moi, la première année de ma vie lilloise, je ressemblais à ça (après élimination, avec ciseaux à bouts ronds, des cheveux  présents sur la photo de classe).

(à droite, après repousse : plus joyeuse)

Mon arrivée dans cette ville me semble à la fois dater d’hier et d’une autre vie. Je revois certains visages de l’internat ; pas tous, pas même celui de la fille qui me faisait face dans le dortoir de soixante lits, d’aspect militaire (un lit, une armoire, un lit, une armoire). Bien qu’aucune ne m’ait manqué pendant toutes ces années, bien que jamais je n’aie envisagé concrètement la possibilité de revoir l’une ou l’autre, il me semble que nous sommes les aigrettes d’un pissenlit, disséminées à la surface du globe terrestre. Ce pissenlit était un faisceau de hasards : le dossier de l’une avait été accepté de justesse, une autre avait longuement hésité entre Lille et Douai, une autre encore avait opté en dernière minute pour l’internat, renonçant à prendre son premier studio, et nous avions été réunies à la jonction de soixante chemins tortueux, ne nous en réjouissant ni ne nous en plaignant, puis la vie avait soufflé l’heure de notre dispersion. Si je n’étais pas en train de faire mes cartons, m’aurait-il un jour paru étrange et poignant de ne jamais revoir ces jeunes filles avec lesquelles j’ai partagé un dortoir ou leur souvenir se serait-il totalement effacé à mon insu ? Où qu’elles soient aujourd’hui, j’espère qu’elles vont toutes merveilleusement bien.

(1992, internat du lycée Faidherbe : quelques-unes de mes camarades (mélange de prépas littéraire et scientifique) + 3 garçons que leurs petites amies avaient cachés)

Récemment encore, je ne me rendais pas compte qu’à mes yeux nous avions formé une espèce de famille, une famille comme on en a plusieurs dans une existence, celle du sang, celle des amis, mais aussi celles que peuvent constituer une troupe de théâtre, un groupe de musique, un dortoir, ou un moment. Ci-dessous, détail d’un pêle-mêle de l’été 1999 – j’évoque cette bande-là dans deux de mes premiers romans, Si encore l’amour durait et Push the push button.On penserait que c’était la mode des T-shits blancs mais je crois qu’aucun d’entre nous n’a jamais été à la mode ; un hasard blanc, sans doute.

Je ne vois pas défiler que des visages mais aussi des lieux, dont certains n’existent plus, ou plus sous la même forme. J’ai quasiment l’impression de quitter une autre ville que celle où je suis arrivée il y a 27 ans et deux mois, d’autant que depuis plusieurs années, je vis plus dans la banlieue que la ville même. Je connais avec précision de nombreuses villes de la métropole lilloise, tant j’ai consacré de temps à explorer le territoire, à pied, à vélo, en courant. Est-ce le signe qu’il est temps de partir ou est-ce un gâchis ? me suis-je demandé récemment, et la réponse m’est venue plus facilement que je ne l’aurais cru : ça ne peut être un gâchis puisque je ne partage ma connaissance des lieux avec personne, mon approche du territoire reposant sur ce que mes propres amis appellent des drôles de lubies. Je peux dire où se situe le plus volumineux Chalet du Nord sur une aire de 150 km² (c’est assurément à Ronchin) mais je n’ai aucune idée du personnage historique auquel tel monument rend hommage, à supposer que mon regard ait jamais prêté attention audit monument. Rien de très transmissible. En ce qui me concerne, j’ai depuis longtemps exprimé toute la saveur de la plupart de ces lieux et n’en retrouve plus l’intensité que lors de sporadiques épiphanies – à part peut-être à Villeneuve-d’Ascq, que j’aime toujours aussi passionnément (eh oui) – ça c’est une photo que j’y ai prise dimanche, précisément à la Cousinerie :

(amour éternel)

Quand j’aurai le recul nécessaire (celui de la distance mais aussi, sans doute, celui du temps), j’essaierai d’exploiter sous une forme pertinente ce que je connais de ce territoire, et quelques-unes des quelque 12 000 photos que j’y ai prises, dont certaines ont fait un passage sur ce blog avant son démantèlement – le genre de beautés et merveilles que peu d’entre nous voient, comme celle-ci, sur un mur de Marcq-en-Barœul :

J’ai commencé à me promener à Lille avec un appareil en 2003. C’était l’époque où je voulais que mes photos aient l’air sorties d’une photocopieuse des PTT, à 50 centimes la copie, ou d’une caméra de surveillance. C’était l’époque où Lille était encore décrépite et par endroits inquiétante, ce qui faisait une grande partie de son charme. On y trouvait ceci, en plein centre ville :

Je viens de retrouver les originales, ça n’a pas grand chose à voir. Dans certains cas, ce traitement cheap ne rendait pas trop mal :

Pour vous donner une idée, l’image ci-dessus ressemblait à celle ci-dessous avant mon traitement spécial « photocopie PTT » :

J’étais jeune et très fan de Sonic Youth – dis-je au passé alors que, samedi soir, lors de ma sortie de l’année dans le centre de la ville, empruntant des chemins glauques baignés de lumière orange baveuse (une pure lumière de photocopie PTT sans effets spéciaux) pour contourner les rues à touristes, j’ai trouvé un certain charme à la promenade parce que précisément, j’écoutais No Home Record de Kim Gordon, sorti quelques jours plus tôt – Will you get, will you get, get lost.

En 2003, j’étais déjà très attentive à Jésus agent de la circulation, comme en témoigne cette photo avec camion poubelle, véritable ancêtre de mes Upper Rooms & Kitchens.

Et ça, JMJ, ce n’est pas le Bronx dans les années 1970 mais mon quartier (Moulins) en 2003 (toujours), très précisément l’angle de la rue d’Avesnes et de la rue de Wattignies avant que le terrain ne devienne la place du Carnaval avec ses sculptures pour école maternelle et sa résidence du Soleil Intérieur, où les fenêtres ont l’air de meurtrières.

Mais c’est fini, tout ça : au revoir, Lille. Et à bientôt pour un sacré National Geo consacré à sa banlieue. Ça, ce sera après Rennes – ah oui, Rennes : je vous en parle bientôt.

Once you pop, you can’t stop

Mon inconscient est facétieux : cette nuit, les Pringles ne voulaient plus être genrés au masculin ni au féminin (dites ielles) et un chasseur faisait des dérapages en voiture puis descendait du véhicule et visait un furet en tenant son fusil à l’envers. On dirait bien que mon manuscrit en cours d’écriture déteint sur mes nuits – je ne vous dis pas de quoi il s’agit, seulement que l’un de ses 53 premiers paragraphes a pour point de départ ce Christo croisé près du yellow brick observatoire de Lille.

Meura

Tout est dit dans cette capture d’écran, que j’ai volée sur un réseau social.

Ne vous fiez pas à l’image : comme l’indique aimablement le réseau, il fera beau ce soir-là, un temps idéal pour prendre la route à pied ou à vélo jusqu’à la librairie Meura, où Thierry Girard et moi discuterons du bassin minier, du temps qui passe et de son empreinte sur ce que le photographe appelle l’épaisseur du paysage et que j’appelle quant à moi la densité du réel – c’est l’une des coïncidences qui ont donné aux éditions Light Motiv l’envie d’organiser cette rencontre. Ce sera surtout l’occasion de découvrir le magnifique livre de Thierry Girard sur le territoire qui nous réunit, Le monde d’après.

Jungle Boogie

Hier, j’ai traversé 19 vill-ag-es sur Mon Bolide et découvert inopinément où vivent Tarzan, Jane et leurs amis. Grand Jeu Concours : ont-il élu domicile à Lille, Faches-Thumesnil, Wattignies, Templemars, Seclin, Gondecourt, Herrin, Allennes-les-Marais, Annoeullin, Provin, Bauvin, Meurchin, Pont-à-Vendin, Annay, Loison-sous-Lens, Noyelles-sous-Lens, Sallaumines, Lens ou Liévin ? Une seule réponse par pigeon ; un stylo bleu et vert MGEN (pointe feutre bleue) à gagner pour le premier pigeon porteur de la bonne réponse.

37 passages à niveau

Vous êtes 37 à me réclamer bruyamment le petit travail photo dont je vous annonçais au mois de mai qu’il serait prêt en septembre 2019. Je suis tellement impressionnée par votre mémoire et touchée par l’intérêt que vous témoignez à mes modestes productions que, pour une fois, je vais tenir ma promesse. Voici, en hommage à ces 37 zélateurs, 37 photos d’un passage à niveau prises entre septembre 2018 et ce jour, au fil de mes courses à pied – soit un palpitant reportage sur le temps qui passe. Les photos sont de mauvaise qualité, puisqu’elles ont été prises avec un téléphone, mais je ne rembourserai rien ; il n’y aura pas non plus de Grand Jeu Concours pour localiser ce lieu auquel j’ai choisi de rendre hommage tout au long de l’année qui vient de s’écouler, vous pourriez le déduire trop facilement du billet dont je fournis le lien plus haut. N’abusez tout de même pas de ma générosité.

Parfois, il y a même de petits événements – autres que le passage d’un train. Ici, une joggeuse est passée juste avant que la barrière ne se baisse : c’est presque une narration.

Si vous avez 10/10 aux deux yeux ou de bonnes lunettes et que vous ne regardez pas ces images sur un foutu écran de téléphone, vous distinguerez un TGV en train de passer sur le talus qui ferme l’horizon.

Hop, un peu de recul :

Là, une voiture brûlée, JMJ !

Un promeneur nocturne.

On pivote légèrement vers la gauche.

Mais oui, c’est un tracteur…

Si vous avez toujours 10/10 aux deux yeux ou fait l’acquisition de bonnes lunettes depuis la photo 19 et que vous êtes passé.e sur un écran digne de ce nom, vous distinguerez un TGV en train de filer sur le talus qui ferme l’horizon.

Vous avez bien lu, sur le panneau ci-dessus : Un train peut en cacher un autre. La preuve.

Et parce que je sais que, tout comme moi, vous avez des plaisirs simples, je vous propose de finir cette série par de traditionnelles Jambes en l’Air – qu’elles soient un au revoir ému à ce qui fut l’un de mes sites privilégiés, la dernière année de ma vie dans la métropole lilloise.

Allison Sniffin sur Soundcloud

Je ne présente plus ma très chère Allison Sniffin, dont il a été souvent question sur ce blog et qui occupe l’un des rôles principaux dans mon livre A happy woman. Je rappelle qu’Allison n’est pas seulement une collaboratrice essentielle de Meredith Monk (multi-instrumentiste, chanteuse, préparatrice de partition et arrangeuse), mais aussi compositrice. Je lui réclamais depuis longtemps un Soundcloud qui présenterait ses œuvres, le voici :

N’hésitez pas à le visiter de temps en temps, je sais de source sûre que l’on y trouvera bientôt d’autres pièces.

Against archives

Déjà la rentrée. En tant que vieille auditrice de France Musique, j’ai fait avec une légitime appréhension mon examen annuel de la nouvelle grille et ma consternation dépasse tout ce que j’ai pu éprouver jusqu’ici. Si j’ai boycotté la station pendant un an après l’exclusion d’Ariel Butaux en 2015, comment suis-je censée réagir au remplacement de toutes mes autres émissions préférées par des archives ? Le cri du patchwork, Le portrait contemporain, À l’improviste et Tapage Nocturne, liquidées au profit des Trésors de France Musique, où l’on pourra entendre des interviews de gens mort plutôt que de découvrir la foisonnante création contemporaine. Sera consacrée à cette dernière une soirée par semaine, le dimanche de 20h à 0h30 : un pudding contemporain. Au fil des années, France Musique a perdu tout contenu pédagogique, s’est dotée d’insupportables jingles et s’est séparée de certains de ses producteurs les plus passionnants et passionnés, pour ressembler de plus en plus à une vulgaire compilation Je n’aime pas le classique mais ça j’aime et accueillir prioritairement des super stars du classique pour être assurée de son audimat. Dégueulasse.

Exemple de ce qu’on ne risque plus d’entendre sur cette fréquence : Against Archives de Félicia Atkinson.