Polty dans la Voix du Nord

Aujourd’hui, j’ai le grand honneur de faire partie des huit femmes choisies par Sophie Filippi-Paoli, journaliste à La Voix du Nord, pour une double page annoncée ainsi :

L’une des autres femmes qui nuisent aux stations-service et moi avons fait partie du même groupe d’amis dans l’avant-dernier segment de ma vie lilloise, ça m’amuse qu’on se retrouve là. Bisous, Delphine ! Merci à la journaliste, mais aussi à la super photographe, Séverine Courbe, que j’avais déjà croisée à mes tout débuts, c’est-à-dire il y a vingt ans. Elle détient la preuve de l’existence de Polty. Sur une photo du site, on peut voir l’entrée de mon jardin. Dame Sam n’a pas souhaité poser mais Polty ne s’en est pas privé-e (Polty est gender fluid) : par la fenêtre de ma buanderie (à gauche), on peut deviner l’un de ses innombrables visages – toute paréidolie mise à part, je le précise pour les nombreux incrédules (au premier rang desquels je regrette de devoir compter ma bien-aimée) qui voudraient réduire mon fantôme domestique à une hallucination ou une création de mon esprit malade.

La photographe pourrait témoigner qu’il n’y avait rien derrière cette fenêtre, une fois que j’en ai eu retiré mes bidons de lessive. Détail de l’image :

Si vous souhaitez une bouture de poltergeist, n’hésitez pas à me contacter, je vous en enverrai une par e-mail. Je l’ai déjà fait pour une amie, qui se réjouit le plus souvent des délicates attentions que lui prodigue l’entité – encore désolée pour le cadre cassé, ma très chère (ça, c’est le côté chaton de Polty).

Promo grotesque

Dans un magazine dont je ne mentionnerai pas le titre, un journaliste estime que la découverte de l’homosexualité féminine est le thème majeur de ma bibliographie. J’en suis perplexe puisque le seul de mes textes qui traite de ce sujet précis est un roman pour ados, Le blues des petites villes, paru à L’école des loisirs en 2014. Manifestement, cet homme n’a jamais lu un de mes livres (ce que je ne saurais lui reprocher s’il ne laissait supposer le contraire) et, plus ennuyeux, il ne semble pas non plus avoir lu Le sel de tes yeux, qu’il prétend chroniquer : l’homosexualité n’en est pas le thème, encore moins sa découverte (quand l’histoire commence, Sarah a déjà fantasmé des romances avec plusieurs femmes et jeunes filles), d’ailleurs ce n’est pas son orientation sexuelle qui fait la singularité de mon personnage. Ce monsieur souligne qu’il s’agit d’un court roman et je me demande pourquoi, dans ce cas, il l’a lu en diagonale.

Auto-promo et animal grotesque

Hier paraissait Le sel de tes yeux, mon nouveau roman aux éditions de l’Olivier. On en parle aujourd’hui dans les Inrocks (ici) et dans l’Humanité. Merci à Sylvie Tanette et à Sophie Joubert pour ces beaux articles. Quand mon attachée de presse me les a signalés, je suis allée sur le site des Inrocks et ça m’a fait un petit choc de voir ma photo à côté de celle de Kevin Barnes.

En 2007, j’ai écouté des milliers de fois The Past Is a Grotesque Animal, chanson de son groupe Of Montreal, dont certaines phrases me donnaient des frissons – comme

But it’s like we weren’t made for this world
(Though I wouldn’t really want to meet someone who was)

ou encore

We want our film to be beautiful not realistic

Je ne l’avais pas écoutée depuis plusieurs années ; je viens de le faire, avec la même chair de poule qu’à l’époque.

Du soleil

Le 1er janvier, nous avons promené un soleil en carton dans la brume. C’était un soleil très raté parce que je l’avais fabriqué en 1’37, puis scotché au bout d’une branche ramassée dans mon jardin – c’était un soleil dont il valait mieux ne pas voir les fesses bardées d’adhésif marron. Le 1er janvier, nous avons joué au soleil dans la brume de Sallaumines et rendu visite à Danny, à qui nous avons offert une carotte. Dans les rues de Lens, les gens nous disaient bonjour comme sur des chemins de montagne. Je vous souhaite une année aussi lumineuse et duveteuse qu’un 1er janvier dans la brume du bassin minier.

De la pyrotechnie

Lens n’est pas qu’une ville de pyrotechnie mais aussi d’amour, comme en témoigne particulièrement le flanc de la magnifique Maison Syndicale. Je profite de cette occasion pour vous annoncer la mise en ligne prochaine d’une sélection de cœurs saisis dans la métropole lilloise en 2016 et 2017 – parallèlement à la série des Zéphyrs embrasés.

Quelques nombres premiers – par coïncidence

Ce soir, je m’aperçois que mon répertoire in progress de créatrices sonores compte 1123 noms, d’Inga Margrete Aas (Norvège) à Yatta Zoker (USA, originaire de Sierra Leone) et qu’il me reste 47 biographies à constituer – avant d’étudier une énième fois la musique des 353 femmes (certaines dont par ailleurs j’adore le travail) que j’ai laissées de côté parce qu’elles ne me semblaient pas correspondre à un assez grand nombre de mes critères. YATTA ne serait pas la dernière de la liste si je n’avais pas estimé que la Polonaise Agata Zubel est un peu trop académique – mais qui sait si je ne changerai pas d’avis dans les semaines ou les mois qui viennent ?

(Yatta Zoker. Photo de Richard R. Ross.)

Certaines femmes ont réussi à conserver le mystère le plus total autour de leur véritable identité, parmi lesquelles l’excellente sanitary (t)issues et mon héroïne Me, Claudius, dont un morceau pourrait servir de bande originale au manuscrit que je viens de terminer. Ce morceau est une blague et n’est absolument pas représentatif de son travail mais le concept me fait mourir de rire : il s’appelle Benson & Hedges, comme les cigarettes – pour les non-anglicistes nuls en musique noire américaine, George Benson est un musicien et chanteur de jazz / funk, particulièrement connu pour un morceau écrit par Quincy Jones, Give Me the Night, et le mot hedges signifie haies. Voici une version doublement live (Me, Claudius actionne le taille-haie Bosch en live sur une version live de Give Me the Night).

Cantine l’Intrépide

– Wtf ? demandent les oiseaux perchés sur les branches de Carol Anne et des arbres voisins.

Ils sont intrigués par le spectacle devenu quotidien d’une vingtaine de grives se disputant mon fil à linge, phénomène qui est devenu, ces dernières semaines, le sujet principal de leurs conciliabules.

– Comment ? Vous ne connaissez pas la cantine l’Intrépide ? s’esclaffent les grives.

C’est moi qui tiens la cantine et change les boules de graisse ; l’Intrépide Dame Sam ne pose pas un coussinet sur ces machins-là, mais elle a souhaité que le nom de la cantine lui rende hommage ; on ne pouvait guère mieux choisir que l’Intrépide, car les oiseaux qui s’y arrêtent s’exposent aux bad boys du quartier, une bande de chats errants qui se déplacent en file indienne au fond des jardins (l’Intrépide Dame Sam, quant à elle, ne chasse pas – elle a des plaisirs plus raffinés).

Les grives ne sont pas les seules à se nourrir dans notre cantine : les mésanges charbonnières et les rouge-gorges y ont pris leurs habitudes, et les tourterelles ramassent les miettes – trop snobs pour manger à même la boule de graisse.

Il faut dire qu’elles répètent pour Holiday On Ice en ce moment, sur un morceau de Ka Baird (Ka pour Kathleen, natürlich) que je leur ai recommandé – oui, je suis en quelque sorte conseillère artistique pour Holiday On Ice.

Désormais, il me faut ajouter bdg à ma liste de courses : c’est que j’ai des responsabilités, figurez-vous.

Billet de saison

À Lens, on aime les feux d’artifices : il y en a déjà eu quatre depuis que j’y ai emménagé, début novembre – deux pour la Sainte-Barbe, un pour Noël et un dont je n’ai jamais compris ce qu’il célébrait. J’ai pu assister à celui de Noël depuis ma fenêtre, hier soir, avec Polty (qui en grinçait de joie) et l’Intrépide Dame Sam (oui, son nom s’est allongé d’un adjectif, suite à quelques prouesses paranormales).

Il ne me reste qu’à vous souhaiter un bon Noël – comme le font si généreusement ces voisins de la jeune athlète / Sarah :

L’Intrépide Dame Sam pense que j’oublie quelque chose. Elle trouve crétin que j’évoque son nouveau titre (grade ?) sans vous montrer ce qui le lui vaut. Elle n’a pas tort. Pour tout vous dire, elle a exploré les frondaisons de Carol Anne (qui est très en beauté dans la tempête), sans l’aide d’aucun Dr. Lesh – j’attendais au pied de l’arbre avec une corde, au cas où, mais elle a refusé mon intervention car, disait-elle, je risquais de faire n’importe quoi, n’étant docteur ès que dalle.

Agenda provisoire

Dans moins de deux semaines, Le sel de tes yeux sera en librairie, et je me préparerai à faire ma valise pour une résidence au Triangle de Rennes, qui m’occupera beaucoup de janvier à juin. Toutes les dates de ces deux aventures ne sont pas encore fixées mais voici celles qui le sont déjà :

janvier

le dimanche 26, de 16h à 18h, à la crêperie de la Garenne-Colombes ou à la librairie Mots en Marge (à définir), je ferai une lecture du roman entrecoupée d’extraits musicaux, à l’invitation de la libraire et chroniqueuse Nathalie Iris

le mercredi 29, à 17h30, au Furet du Nord, à Lille, j’aurai le plaisir de participer à une rencontre croisée avec Amandine Dhée, qui présentera son nouveau texte, À mains nues

mars

le jeudi 19, à 19h, dans le cadre de ma résidence au Triangle de Rennes, je participerai à la soirée Double Fiesta avec la formidable chorégraphe (entre autres) Léa Rault : plus d’infos ici

le samedi 21, je serai à la librairie Folies d’encre, à Aulnay-sous-bois, dans le cadre du festival Hors Limites

avril

le mardi 7, à 19h, toujours dans le cadre de ma résidence au Triangle de Rennes, je partagerai le plateau avec mes invitées Nathalie Kuperman et Fanny Taillandier pour une soirée intitulée Le chaos en trois rounds (plus d’infos ici)

le jeudi 9, à 19h, je serai de retour à Lille pour une rencontre aux Archives Départementales sur le thème « La bibliothèque idéale des écrivains », dans le cadre du Festival Résonances 2020, aux côtés de Bastien Quignon, Olivier de Solminihac et Géraldine Barbe

En attendant, j’ai créé une petite page (menu ci-contre) pour présenter un peu Le sel de tes yeux.

Un jeudi

Cet après-midi, j’ai fini la première mouture de mon nouveau manuscrit. Je suis allée courir avant de me sentir vide et il s’est passé un certain nombre de choses : au deuxième kilomètre, j’avais tracé les (très) grandes lignes de mon futur roman (Sel + 2, donc) ; au neuvième, une vieille copine oie, Carrie, m’a sauvagement attaquée. Elle a couru vers moi, le cou tendu comme une lance (c’était assez craquant), et m’a martelé les baskets et les mollets à coups de bec ; parfois elle s’arrêtait mais, vexée de me voir me tortiller de rire, elle revenait à la charge. Je ne sais pas ce qu’elle me reproche ; je la vois plusieurs fois par semaine depuis des mois et nous avons toujours été en bons termes – je ne nie pas que nous ayons parfois eu des mots, mais jamais nous n’en étions venues au bec. Là, c’est elle au mois de juillet (oui, ça chauffait un peu, ce jour-là, mais rien de bien grave) :

Plus loin, Danny s’est avancé vers moi d’un pas enjoué. Je me suis excusée de ne pas avoir de carottes sur moi et soudain j’ai compris ce qu’il voulait me montrer : quatre pétillantes poulettes sont arrivées aujourd’hui dans son enclos ! Je lui ai promis qu’on fêterait ça très vite (il m’a chargée de la playlist, des légumes et des confettis).