Monstrueuses coïncidences

Alors que je cherchais l’adresse postale d’ami-e-s pour mon service de presse, en l’occurrence celles des auteur-e-s Hélène Vignal, Martin Page et Coline Pierré, l’organisation calamiteuse de mes archives m’a menée sur le blog de Monstrograph, maison de micro-édition créée par Martin et Coline, et j’y ai découvert :

1. Ce minuscule article paru dans Le Monde le 13 novembre 2018 sur Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger ? (que je vous présentais ici) ;

2. Les réponses au questionnaire de – devinez qui ? Hélène Vignal

As-tu vraiment besoin de manger, Hélène Vignal ?

Eh oui, la vie me comble toujours d’échos et de coïncidences.

Bibliomobi (la vraie suite)

Le premier épisode de ma micro-série Signes est disponible sur l’application Bibliomobi. Dans cette histoire en quatre épisodes destinée aux adolescents, ma narratrice mène une enquête intimiste qui la fait constamment osciller entre occultisme et sentimentalisme. Dans le premier épisode, RAC 207, l’on trouve même, comme annoncé ici, un Chalet du Nord remarquable.

Mes petites amoureuses au Botanique

Le samedi 2 février, à 17h, Clémentine Collette et moi aurons l’honneur de jouer Mes petites amoureuses au Botanique, à Bruxelles, dans le cadre du festival LGBT Tels Quels. Pour en savoir plus, cliquez ici. Un concert de Clémix suivra, au même endroit, dès 20h.

Sommaire (évolutif)

1. Autumn in New York
2. Factuel
3. Kitsch et lutte des classes :

Rideaux et Voilages ;
L’appel de la montagne : Chalets du Nord ;
L’appel du large ;
Mascottes du Nord : Des chiens ;
Mascottes du Nord : Des chevaux ;
Mascottes du Nord : Des lions ;
Mascottes du Nord : Des oiseaux ;
L’art : collections privées du Nord ;
L’art : collectivités du Nord ;
Des Mickey du Nord ;
Autres fenêtres du Nord ;
Zéphyrs embrasés ;
Imagin’Hair ;
California Dreaming (des palmiers du Nord).

4. National Geo :

Trois enclaves
Notes sur Mons-en-Barœul
Loos Oliveaux
Charleroi
Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise
Maubeuge
Haubourdin-Sequedin : encore une voie ferrée
Loos-Sequedin : des arrière-mondes variés
Comines-Warneton
Villeneuve-d’Ascq
Emmerin
La Roche-sur-Yon
La Roche-sur-Yon vs Villeneuve-d’Ascq
Rotterdam
Projet de jumelage Rotterdam-Lomme
Londres
11/19
Cysoing-Cobrieux
Pinchonvalles
Flore de Wattignies

Travaux en cours

J’ai décidé de conserver ce blog, quoique dans une version nouvelle considérablement allégée, plutôt que d’opter pour un site – il me semble que ce serait un cadre trop rigide pour ce que je veux en faire. Le point sur les travaux effectués cette semaine et sur les projets à venir dans le cadre de cette restructuration.

1. J’ai supprimé presque toutes les catégories, ainsi bien sûr que leur contenu, à l’exception des suivantes :

a – Factuel : je continuerai d’y mettre en ligne des infos concernant mon actualité.
b – National Geo, où j’ai réuni en un seul long billet les séries initialement consacrées à chaque ville, de sorte que nous avons désormais un seul article sur Rotterdam, Charleroi ou Maubeuge ; j’ai plaisir à faire ce genre de bêtises et je ne vois pas pourquoi y renoncer.
c – Autumn in New York, qui est un National Geo format géant, mais qui subira prochainement un important ravalement.

2. J’ai ajouté la catégorie Kitsch et lutte des classes, thème qui n’apparaissait jusqu’alors qu’en filigrane. A l’intérieur de cette rubrique, j’ai réduit à un unique billet d’anciennes catégories, chacune étant donc devenue un catalogue non exhaustif (loin s’en faut) susceptible d’évoluer – sans que je signale pour autant les mises à jour. Ces billets sont, pour le moment :

Rideaux et Voilages ;
L’appel de la montagne : Chalets du Nord ;
L’appel du large ;
Mascottes du Nord : Des chiens ;
Mascottes du Nord : Des chevaux ;
Mascottes du Nord : Des lions ;
Mascottes du Nord : Des oiseaux ;
L’art : collections privées du Nord ;
L’art : collectivités du Nord ;
Des Mickey du Nord ;
Autres fenêtres du Nord ;
Zéphyrs embrasés ;
Imagin’Hair ;
California Dreaming (des palmiers du Nord).

Ce sont en quelque sorte des synthèses des anciennes rubriques. Outre l’important travail de tri qu’ont requis ces transformations, j’ai passé un temps fou à retoucher les images les plus anciennes, quand c’était possible – les flous et les perspectives tordues ne me dérangeaient vraiment pas aux débuts de cette petite aventure (je ne prétends pas qu’il n’en reste pas…)

Ces divers billets ont été mis en ligne juste avant celui que vous êtes en train de lire.

3. Bientôt ici.

Dans les semaines qui viennent, j’inaugurerai une nouvelle rubrique, voire deux, dont le(s) titre(s) reste(nt) à définir, et dans la- ou lesquelle(s) nous retrouverons notamment (toujours dans le même principe du best of) les rubriques suivantes :

– La géométrie ;
– L’habitat ;
– L’arrière-monde ;
– Presque la campagne ;
– Les zones (parcs d’activités / zones industrielles, etc.) ;
– Les voies ferrées ;
– Jambes en l’air (la ville vue du dessous) ;
– Mal assis, là.

Par ailleurs, l’intégralité de mon exposition Ligne 18 fera l’objet d’une page (dans le menu supérieur, donc).

Je réfléchis encore à ce que je vais faire des Upper rooms & kitchens passés. Par ailleurs, j’envisage de les reprendre chaque semaine en adoptant une formule proche de l’hebdo généraliste quoique pieux : une espèce de Pèlerin très personnel, en somme.

Pour le reste (notamment les instantanés urbains de toutes sortes), j’attends qu’une idée me vienne, qui me permettrait de les agencer d’une manière intéressante, amusante ou les deux.

Des Mickey du Nord

Le Mickey maison n’est pas une spécialité locale, nous en avons trouvé lors de fouilles archéologiques dans une friche hospitalière de Menin mais aussi dans des civilisations très avancées, notamment à Brooklyn. Cependant, la métropole lilloise en recèle vraiment beaucoup : des sédentaires, des saisonniers, des itinérants. En voici un échantillon.

1. sédentaires

– Mickey

L’un de mes préférés vit à Lomme Délivrance. Je me suis prise de passion pour ce quartier en novembre 2016. Sur le plan ci-dessous, on peut admirer le tracé elliptique de ses rues ; sur place, l’on est saisi par un rare sentiment d’étrangeté – assez semblable à celui que l’on éprouve quand on se perd dans les corons du bassin minier.

C’est donc dans ce quartier que l’on trouve le plus émouvant Mickey maison de la métropole lilloise, celui-là même qui a suscité en moi l’amour que l’on sait pour les Mickey maison.

L’autre de mes Mickey préférés nous a hélas quitté-e-s, sa boîte aux lettres ayant été repeinte en blanc (sans doute les enfants étaient-ils devenus trop grands pour répondre « Bonjour Mickey ! » quand ils arrivaient à la maison). Sans lui, Faches-Thumesnil ne sera plus jamais aussi lumineuse – même si l’on trouve encore, à cent mètres de là, un arbre taillé en Tintin que l’on peut admirer dans notre catalogue Imagin’Hair.

– Minnie (en bonne compagnie)

2. saisonnier

Mickey en Père Noël (chut !)

Minnie promène une paille géante en ski sous un ciel Coca-Cola ; elle va attraper la crève

Que la similitude entre les bulles qui constituent le sapin et celles du ciel Coca-Cola ne vous induisent pas en erreur : ces Mickey de saison ne sont vraisemblablement pas de la même main puisque quatre kilomètres les séparent, à vol d’oiseau.

3. zéphyr embrasé itinérant (+ chaperonnage Picsou)

4. quelques amis de Mickey

Les villes aiment particulièrement Blanche-Neige et les Sept Nains ; celles de la métropole lilloise n’y font pas exception, voici quelques fleurons de l’art dont ils et elle sont les huit muses.

art ferroviaire

techniques mixtes

+ moulin considérable (hors cadre, merci de vous référer à la rubrique adéquate, à savoir celle des Chalets du Nords – et apparentés : moulins, sabots de façade, puits, pompes à eau manuelles, etc.)

Mais parfois on trouve aussi un vieil oublié, un de ces personnages qui sont à la bande de Mickey ce que Joey Bishop était au Rat Pack. Ici, Dingo.

5. Fiesta

Mickey + Donald + Titi et Grosminet + Blanche Neige, Atchoum, la méchante sorcière + Bambi (+ Rideaux et Voilages avec cygnes dans paysage bucolique)

6. Apparentés

Un de mes amis, que Mickey ne connaît pas, s’appelle Gou. Je le présentais ainsi dans un billet de janvier 2017.

La course à pied, c’est ma vie parallèle, celle où je suis libre et heureuse. J’y ai aussi pas mal de camarades atypiques, vraiment chouettes. Tout à l’heure, j’ai croisé Gou.

– Salut ! il m’a dit.
– Salut Gou. Et bonne année !
– Ah non, tu ne vas pas t’y mettre…
– Quoi ? Petit moral ?
– Je vais te dire mon problème : moi, j’aurais voulu être Gouniche, depuis toujours.
– Ah oui.
– Oui. Et ce n’est pas encore cette année que ça risque de m’arriver.
– Bon, ça va encore…
– C’est un sarcasme ?
– Mais non ! Regarde, moi, j’aurais voulu être cantatrice, ou danseuse.
– Ah merde. Et ?
– Justement : je suis écrivain, c’est déjà pas mal, non ?
– Arrête ! Classe ! Tu as eu le Goncourt ?
– Mais. Mais non, enfin, Gou. Ce n’est pas ce qui définit un écrivain.
– Ah, ok.
– Qu’est-ce qui te fait sourire ?
– Non non, rien.
– Attends, mais tu t’es vu ? On ne sait même pas quel animal tu es censé représenter !
– Et alors ? T’choupi non plus.
– Quoi, T’choupi ? T’choupi, c’est une star, il a des tas d’albums rien qu’à lui.
– Eh, ma parole que si tu écris un livre sur ma vie, tu décroches le Goncourt.
– Chiche ? Ah ah ah !
– Ah ah ah !
– Enfin, n’empêche que ce n’est pas une finalité, tu vois ?
– C’est clair…

Ici, un ancêtre de Gouniche (puisque nous en parlons) attesté par l’art rupestre ; je l’ai découvert sur un mur de Loos, le long de la voie ferrée. Comparez Gouniche (ci-dessus) à son ancêtre présumé (ci-dessous). Je tiens à préciser que Gouniche (de Delphine Durand) est l’un des livres que j’ai le plus souvent lus et offerts. Je l’aime, quoi.

Autres fenêtres du Nord

1. le North Far West

2. Rosemary’s baby was here

3. Watteau du Nord (en faïence peinte)

troubadour et bergère

nobliaux

4. clowns du Nord (beaucoup de clowns)

content (mais pas son assistante)

flippant (// Ça)

contents + flippants

+ galibot qui fume la pipe

4. les héros

intrépides à tout prix (+ moulin de Mickey)

à vendre (vente ponctuelle n’entrant donc pas tout à fait dans la rubrique le commerce de proximité, ci-dessous)

5. le commerce de proximité

du beau

du bon

Zéphyrs embrasés

Nous appelons zéphyrs embrasés les odes artistiques à l’amour qui fleurissent dans nos villes et villages, y créant un printemps perpétuel. Ici, je vous en présenterai quelques-uns glanés dans la métropole lilloise, mais vous pouvez en découvrir bien d’autres dans mes National Geo – zéphyrs de Charleroi, Rotterdam ou New York. Pourquoi ce nom ? Si vous posez la question, c’est que vous ne connaissez pas la magnifique Barcarolle des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach – je vous conseille alors cette version ; si vous n’avez pas envie de cliquer, voici au moins un extrait des paroles (elles sont de Jules Barbier) :

« Belle nuit, ô nuit d’amour,
souris à nos ivresses ;
nuit plus douce que le jour,
ô belle nuit d’amour !
Le temps fuit et sans retour
emporte nos tendresses
loin de cet heureux séjour,
le temps fuit sans retour.
Zéphyrs embrasés,
versez-nous vos caresses ;
zéphyrs embrasés,
Donnez-nous vos baisers.
Ah! »

1. zéphyrs en bas âge

l’amour, ça commence très tôt

nous recommandons aux plus jeunes d’entre vous d’éviter les porte-chandelle maléfiques – ne vous fiez pas aux colombes : si votre chaperon-ne a les yeux révulsés,

préférez la compagnie d’un cygne

non, ne faites pas ça, je vous en conjure : n’emménagez pas tout de suite ensemble

car très vite, vous serez gagnés par le flou que la vie domestique jette sur l’amour

un flou que même des moments privilégiés tels que la lecture à deux (y compris de Nous Deux) ne sauraient dissiper

un jour, vous vous apercevrez, jeunes gens, que votre passion a fini par s’écailler – quelle tristesse !

2. zéphyrs adultes (voire X)

la rencontre

un bal et on emballe, selon l’expression triviale

d’abord un premier baiser (vêtu)

puis LE baiser (dénudé – l’embrasement, ici, vous mène à un égoïsme tel que vous laissez le chat des Rideaux et Voilages agresser un innocent papillon)

et hop, vous voici sur les ailes de l’amour (mais pas sur celles du papillon, dont il ne restera bientôt rien : dans ton c*l, le papillon)

bientôt vous ne faites plus qu’un – au point, hélas, que vous finissez par vous perdre dans le couple et c’est un piège, au même titre que la vie domestique, croyez-moi – prenez garde

et voilà, vous n’aviez qu’à m’écouter

bon, ne vous pendez pas pour autant : tout espoir n’est pas perdu, on a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan, etc. (je dis juste que ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi)

3. zéphyrs animaux

a – beaucoup d’oiseaux

– face à face

l’un des deux peut parader en levant les ailes

voilà, comme ça

ou la tête

mais le rapport de forces n’est pas indispensable

– côte à côte

on note une plus grande complicité (oserai-je parler d’authenticité ?) une fois que la phase de séduction est passée (séduire = tromper)

je ne prétends pas qu’alors aucun danger ne menace le couple (ici, tigre) mais certain-e-s pensent qu’une bonne étoile (ici, oiseau chaperon aux ailes déployées, prêt à intervenir) veille sur les tourtereaux : « Tant que nous sommes ensemble », disent celles et ceux qui ont foi en l’amour et en ses zéphyrs embrasés, « rien ne peut nous arriver »

b – peu de pandas

(timidité ? jeu de mains ? chifoumi ?)

c – des oies : voir rubrique 5, ci-dessous

4. zéphyrs Mickey

classique (retrouvez le couple culte avec Picsou en chaperon dans Des Mickey du Nord)

mythique (// Bogart-Bacall)

5. zéphyrs angéliques

ce n’est pas parce qu’on n’a pas de sexe qu’on n’a pas le droit d’aimer (on est parfois même pas loin de MeToo)

voire de consentir à des acrobaties très coquines au cours de parties fines incluant des oies (les voici)

mais, encore une fois, ce n’est pas parce que ça reste platonique que ça ne peut pas être carrément bizarre

6. les lunes aussi peuvent s’aimer

la preuve

7. un avertissement

« Danger de mort, Zéphyr est passé par là », lit-on à la gare de Loos. Comment s’appelait-il ? demanderait Bogart à Bacall (l’un des deux cherche du feu pour allumer l’autre, comme on dit – ça fait longtemps que je n’ai pas vu ce film). Celui qui vous a tant fait souffrir, sous-entend-il.

Mascottes du Nord : Des oiseaux

A – en vitrine

1. basse-cour

2. canards

+ eyeliner

+ chapeau de paille

+ clown et montagnard sur assiette décorative

3. cygnes et assimilés

a – brouillé

b – utilitaires

– pots

+ moucheron mort

– vases

avec fleurs artificielles (+ marin sur assiette)

ou sans (donc potentiellement utilitaire)

c – pomme de pin

4. autres

très méchant

perdrix ? oiseau fabuleux ?

inévitables mouettes (il y en a une invasion dans la métropole lilloise mais elles se ressemblent toutes aussi ai-je choisi une photo unique pour les représenter ici, qu’elles veuillent bien m’en excuser ; vous en trouverez d’autres dans L’appel du large)

autruche en bikini avec chapeau, buvant une bière assise sur un tronc d’arbre : où bon goût rime avec imagination

B – à l’air libre

1. les méchants

– aigles

mal assis

en plein vol

monte la garde

– vautours

– faucon véritable, quoique mort (+ faux cochon)

corbeau

diable

2. les gentils

– collections privées

ange

coq entier

tête de coq

coq plat

– collectivités

pourquoi cette pie qui chante à Wattignies ?

parce qu’il y avait autrefois une usine La Pie qui Chante à Wattignies, tiens donc

pourquoi ce héron municipal à Villeneuve-d’Ascq ? parce qu’il y a vraiment des hérons (entre autres, il y a même des poneys pour les fessiers bourgeois) au Parc des Hérons à Villeneuve-d’Ascq

pourquoi une chouette empaillée au service des eaux de la Communauté urbaine de Lille (sise à Fléquières ?) Mystère

il y a aussi le mystère du poulet de Saint-André

et celui des oiseaux de Wattignies

et une oie géante à roulettes

Mascottes du Nord : Des lions

Les lions, ce n’est pas ce qui manque dans nos villes et villages. Comme chez les léopards de Bringing Up Baby (Howard Hawks, 1938), il y a des méchants et des gentils – plus que gentils : philosophes.

1. stoïques

voire sage

+ fin et racé

avec piercing (rite de passage ?)

contemplatif (bouche bée, même)

2. féroces

très féroces mais inoffensifs (par la force des choses) :

– sans corps

– enlisé

– derrière les barreaux

moins féroces (à moins qu’ils ne bâillent et ne soient pas du tout féroces)

3. avec écu

a. et féroces

quand même

+ aigle

b. mais pas trop féroces

plutôt benêts, de prime abord

tranquille (comme qui dirait, en mode véranda)