Paysages pauvres

Paysages pauvres est un essai poétique sur le paysage au 21ème siècle. Il est à la géographie ce que les cartes sensibles ou subjectives sont aux atlas officiels. Il regarde par-dessus les haies, sous les ponts, derrière les supermarchés, renverse l’endroit et l’envers pour questionner notre rapport aux topographies mais aussi notre rapport aux autres (humains et non-humains) au sein des paysages dessinés pour nous, qui sont un incessant bras de fer entre l’humain et la nature.

Depuis une dizaine d’années, j’explore différents types de paysages avec mon appareil photo et mon carnet. Au fil de ces errances, je consigne des observations de divers ordres – esthétiques, écologiques, urbanistiques, sociologiques et philosophiques.

J’ai choisi des cas d’étude très variés pour esquisser une description des grandes villes, des petites villes, des zones périphériques, particulièrement des lotissements et de la ZUP, des espaces interstitiels, des zones frontalières, de la campagne, etc. Mes observations portent sur les topographies mais aussi sur la manière dont elles sont occupées, ressenties, pratiquées au quotidien par les individus, humains et non-humains, qui vivent dans leur intimité.

Il s’agit d’études subjectives, auxquelles je donne une forme poétique plutôt que scientifique ou académique – même si par endroits je joue des lexiques, notamment des codes de l’urbanisme. J’invente ma propre méthode, mes paradigmes de recherche. L’écriture du paysage s’accompagne donc d’une dimension épistémologique, même si la tonalité générale est dominée par l’humour – et l’ironie.

Il est aussi beaucoup question de la perception de l’espace et des diverses manières dont le passage du temps modifie l’un et l’autre, le paysage et son appréhension. Aux mutations du premier s’ajoute le travail de la mémoire, qui est en quelque sorte un travail de fiction. Je m’intéresse enfin à la manière dont les lieux que nous traversons et notre regard sur eux s’apprivoisent, s’influencent, voire s’affectent mutuellement.

Toutes ces notes, telles que je les ai agencées, constituent une espèce d’atlas modeste de l’occupation de l’espace et de l’inscription des êtres vivants dans ses diverses dimensions, à notre époque, en Occident.

Paru en avril 2026 au Castor Astral

Ci-dessous, l’autrice petite fille, au look déjà impeccable.

Paysages pauvres en images (1)

Je vous propose ci-dessous une mini sélection de photos que j’ai prises en courant dans les petites villes de la métropole lilloise, entre 2016 et 2019, alors que j’écrivais les premières notes de ce qui allait devenir Paysages pauvres. Pas facile de piocher parmi des milliers de photos ; elles illustrent dans le désordre quelques-uns des chapitres de mon livre – des arrière-mondes, un chalet postal, des villes nouvelles, des lotissements, des ZUP, des détritus, des Mickey maison, des brise-bises, presque la campagne, de l’art de fenêtre, etc. Je me pencherai bientôt sur une sélection de photos prises dans le bassin minier, pour compléter cette page.